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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


samedi 10 février 2018

Autoédition : intrigues, enjeux et mode d'emploi



Élément d'intrigue pas très convaincant.



Le métier d'auteur, c'est en grande partie une affaire d'intrigues.
Vous voulez des preuves ? En voici. 

En 2016, j'ai corrigé, remanié ou réécrit bénévolement plus de 5 000 pages pour aider des auteurs autoédités à optimiser leur « bébé ». Mais la tâche est immense, et tous les auteurs confirmés de l'indésphère n'y suffiraient pas. 😭

Consternée de rencontrer, sur Amazon ou ailleurs, tant de torchons bâclés qui pénalisent l'image de l'autoédition, et plus navrée encore de voir un excès de fautes d'orthographe ou de syntaxe amoindrir les chances de succès d'œuvres prometteuses, voire bourrées de talent, j'ai commis de très nombreux billets pour supplier les auteurs débutants (ou pas) de soigner la forme de leur prose. Voir par exemple ici, ou ici.

Il est temps d'évoquer un autre élément décisif pour le succès d'un livre : l'histoire elle-même, avec sa ou ses intrigues.


J'ai parcouru récemment l'extrait Amazon d'un thriller édité. Oui, vous avez bien lu : « édité ». Comme quoi, l'édition n'est pas toujours à donner en exemple. Amis autoédités, rengainez vos complexes !

Un autre ouvrage de cet auteur m'était déjà passé sous les yeux ; j'avais zappé, peu friande de cette invitation du genre « roulons-nous gaiement dans le sang, le sperme, la merde et tout ce qui effarouche le bourgeois » – ou parfois le fait vibrer, il est vrai, quand il lit ces choses-là bien au chaud sous sa couette.

(À l'inverse, quiconque s'est frotté aux réalités du monde aspire plutôt à l'évasion, à l'humour, bref à une légèreté qui n'exclut pas la profondeur. Rappelons-nous cette formule d'Alphonse Daudet, reprise à son compte par Alexandre Jardin : « Il faut traiter les choses légères avec sérieux et les choses graves et sérieuses avec légèreté ».)

PS : suite à un commentaire sur facebook, je précise ma pensée. Par "légères", je ne fais pas du tout allusion à de la romance ou des écrits "bisounours".
Exemple : Monteilhet (Néropolis, etc) traite des sujets dramatiques et même passablement gore, mais il le fait sur un ton ironique, distancié, persifleur, provocant, bref, irrésistible – et avec une étourdissante (érudite, disons-le tout net) connaissance de son sujet.
Ce qui m'exaspère, ce sont ces jeunes auteurs qui se piquent d'enfoncer le nez du lecteur dans la merde : "Tiens, regarde, ignare, la vraie vie c'est ça." 
D'abord, la plupart du temps ils n'en savent rien – comme l'auteur dont il est question ici, et qui affirme avoir bourlingué, mais, vu l'innocent irréalisme de ses scènes, semble avoir seulement enchaîné les road trips d'un zoo marginal à l'autre, sans risquer sa peau autrement qu'en fumant des joints.
De plus, la réalité intéressante, ce n'est pas le sang, etc. Ce sont les raisons pour lesquelles il coule, et sur ce point, nos auteurs en barboteuse se montrent d'une insoutenable vacuité.

Revenons à nos intrigues. Alléchée par une chronique dithyrambique sur le dernier thriller de l'auteur en question, je me suis dit que j'avais peut-être raté une belle rencontre. Hélas, non.

Suis-je simplement de l'espèce des littéraires réactionnaires, ceux qui tirent à vue sur la production de nos écrivains en devenir, comme des octogénaires paranoïaques flinguent les délinquants juvéniles ? Je suis persuadée du contraire, mais pour en avoir le cœur net, j'ai soumis l'extrait à ma fille – qui lit de tout et, encore postée à bonne distance de la trentaine, ne peut être qualifiée de vieux tromblon élitiste. Verdict : « C'est nul. On dirait de la mauvaise série télé. » 😕

Pourtant, dans ce texte, aucune faute ne sautait aux yeux comme un canard sur un hanneton ; le style ne cassait pas trois pattes à notre copain palmipède, mais c'est l'usage dans ce genre de littérature : rien ne doit y freiner la course du lecteur, cavalant après l'intrigue avec le souffle court et la boule au ventre, genre Mémé Juliette quand Julien Lepers, avec sa mine bouleversante de gentil garçon propre sur lui, lui balançait en pleine poire ses questions existentielles, fût-ce par tévé interposée.

C'est là que…
Lepers se prend la porte au profit de Samuel Étienne, le moteur cale, la mayonnaise tourne, l'arme s'enraye et le lecteur dépité se crashe sur sa descente de lit. Vous avez compris l'idée générale : y'a un os dans la moulinette.

Dans le cas susdit, manque de bol, il n'y a pas qu'un gros fémur décidé à faire obstruction (genre, un ton narratif faussement dégagé qui pue l'artifice de bout en bout), mais aussi une belle collection d'osselets non moins perturbateurs : des clichés à gogo, des répliques qui sonnent faux et des combats hautement comiques sans le vouloir, tirés tout droit – ma fille avait raison – d'une série télévisée pour machos du dimanche et ménagères en manque d'adrénaline.

D'accord, je tape dur, alors qu'au fond, je n'ai rien contre lesdites séries et leurs admirateurs. En revanche, je suis très contrariée de voir des auteurs gâcher leur potentiel en se laissant aller à la facilité, et des blogueurs leur rendre le bien mauvais service de les encenser sans discernement.

Voici donc quelques éléments de réflexion pour les perfectionnistes désireux de s'informer, voire de se remettre en question.


Qu'est-ce qui fait qu'une intrigue tient la route ? Quelle en est la recette ? « … Et d'abord, peux-tu affirmer qu'il en existe une, toi qui nous donnes si volontiers de leçons ? » m'interpellerez-vous peut-être, les poings sur les hanches.
La réponse est oui. 

Je ne vous livrerai pas de recette miracle, mais des règles de bonne conduite qui ne s'arrêtent pas à la recherche d'originalité, traitée ici.

Pas non plus de méthodes toutes faites, ces fameux moules dans lesquels l'édition industrielle coule sans vergogne ses produits de grande consommation ; seulement quelques pistes assorties de petits conseils qui, je l'espère, vous seront utiles.


• Avant de vous mettre aux fourneaux, prenez soin de vous entourer d'une brigade – non pas de commis de cuisine, encore moins de sapeurs-pompiers, mais de BÊTA-LECTEURS.

En goûtant votre manuscrit, ces précieux auxiliaires vont vous permettre de vérifier que tout baigne. Ils pourront peut-être même vous conseiller, ou, qui sait ? vous tirer d'une impasse. En tout cas, ils « essuieront les plâtres » avant que vous ne risquiez votre bébé à portée de fusil des lecteurs-acheteurs. 😈

Choisissez ces bêta-lecteurs de formations culturelles et inclinations littéraires très diversifiées : chacun verra des fautes, des défauts, des incohérences que le reste de l'équipe n'aura pas remarquées.

Attendre les retours vous larde d'impatiences ? Tenez bon ! Vous n'espérez pas participer au prochain Goncourt, ni n'avez besoin de sauter dans le train de la rentrée littéraire.
En revanche, la bêta-lecture est une étape cruciale.

(Je sais : « faites ce que je dis, pas ce que je fais. » Ben oui. Lorsque, me risquant pour la première fois dans la littérature fantastique, j'ai utilisé la case micro-édition, l'une des vertus de mon éditeur – handicapé par une équipe minimaliste – fut de m'encourager à prendre des bêta-lecteurs. C'est grâce à eux, et à son propre avis de lecture, qu'EELA est passé du stade de vade-mecum pour initiés au stade de roman publiable. Aujourd'hui, ils me manquent.)

Au cas où, malgré un racolage intensif parmi vos proches et sur votre lieu de travail, vous n'escompteriez qu'une dizaine de ventes de votre chef-d'œuvre, vous aurez peut-être l'impression de compromettre votre classement au Top 100 Amazon en transformant certains d'entre eux en pré-lecteurs gratuits. 😉 
Là aussi, faites-vous violence : ces avis préliminaires vous éviteront sans doute des réactions moins diplomates émanant de lecteurs payants.

Rappelez-vous : l'enjeu consiste à publier un ouvrage aussi abouti que possible et qui séduira le plus possible son lectorat.
Le temps perdu (raisonnablement) avant publication est TOUJOURS du temps gagné.


Pour tout le reste, c'est simple, demandez à votre oncle Jean-Bernard, cuistot à l'« Auberge du Poney Fringant », place Toussauze à Bree. 😊 Il vous révélera ce qu'il faut pour tortorer une bonne mitonnée de bouquin sauce lauriers bien goûtue :



• UTILISEZ DES INGRÉDIENTS DE QUALITÉ.

Ce qui exclut les clichés, lieux communs et autres expédients frelatés ou qui sentiraient trop le réchauffé. Vous n'êtes pas un gâte-sauce tricheur ou trop pressé, que diantre !

(Cette dernière expression est un hommage à La joueuse de théorbe de Patrice Salsa, un auteur qui ne mâche pas ses mots – je l'avais prié de quitter l'un de mes groupes, c'est dire – mais qui manie la langue française comme un chef, si bien que depuis lors, je l'ai invité dans un autre.)

PETIT CONSEIL N° 1 :

Ne cessez jamais de lire. Le plus grand tort que puisse s'infliger un auteur, surtout non confirmé, c'est de penser qu'il doit consacrer tout son temps et son énergie à écrire.

Même un athlète de haut niveau continue à s'améliorer en observant les autres. Pour quelqu'un qui veut faire de l'écriture son métier, c'est encore plus incontournable.

Lisez de bons livres en abondance. Des livres qui ont des choses à vous apprendre, de préférence : riches et bien construits. Et lisez-les avec votre esprit d'analyse, en vous intéressant aux moyens mis en œuvre par leur auteur.

Laissez tomber les classiques si vous y êtes allergique (dommage, mais c'est affaire de goûts). De remarquables romans sont parus au XXe siècle, si, si ! Et ce n'était tout de même pas la préhistoire… 
Ces auteurs-là, les romancières anglo-saxonnes et les poètes de mes vertes années ont fait le plus gros de mon éducation.

Délaissez aussi les écrits « littéraires » si, à tort ou à raison, vous les jugez prétentieux, alambiqués, abscons. La bonne littérature dite « de genre » est tout aussi fréquentable. Si vous ne savez où en trouver la quintessence, demandez conseil à un libraire ou bibliothécaire passionné. 

(Je ne suis plus très à la page, mais il y a eu des romans de genre magnifiquement écrits. En SF/fantastique, je révère Theodore Sturgeon ; dans le polar, m'ont marquée : Hubert Monteilhet, Sébastien Japrisot, Boileau-Narcejac ; et même si cela peut sembler dater, l'épopée d'Albertine Sarrazin, délinquante tôt incarcérée, prouve avec brio que l'on peut mêler l'argot et des sujets triviaux, à une prose virtuose.)

Il vaut parfois mieux, surtout quand on débute, lire avant tout des ouvrages relevant du genre dans lequel on écrit. L'important, c'est leur qualité. N'allez pas à la facilité, colletez-vous avec le talent, voire le génie des autres. Cet exercice (gratuit, au contraire du coaching ou des ateliers d'écriture) rend lucide, évite bien des ridicules et permet de progresser vers l'excellence.

Parcourez aussi les sites et blogs d'aide à l'écriture.

Tapez dans votre moteur de recherche les mots « clichés », « lieux communs », « poncifs », « truismes », « tropes scénaristiques », pour découvrir les articles consacrés à la banalité en écriture.
Vous y trouverez une foule d'exemples à ne pas suivre et affûterez votre clairvoyance en la matière.


• CONCOCTEZ DES SAVEURS AUTHENTIQUES…

… de celles qui réjouissent le palais et grâce auxquelles le dégustateur ravi retrouve ses souvenirs d'enfance, quand Papi lui faisait lécher la casserole, ou qu'il volait à la petite voisine un premier baiser parfumé à la fraise Tagada. 😋

En clair :


Vos dialogues doivent être crédibles.

Recherchez le naturel ; ne vous contentez pas de répliques stéréotypées ou, pire, invraisemblables.

Soyez particulièrement attentif si vous employez de l'argot, des grossièretés ou autres originalités : quand on sort des sentiers battus, il est facile de se tromper ou de produire un rendu artificiel.

Si vous voulez pousser plus loin le perfectionnisme, veillez à faire s'exprimer vos personnages dans les différents registres qui leur conviennent. C'est du travail, mais cela en vaut la peine. Rien n'est plus dommage qu'un livre prometteur où tout le monde s'exprime de la même manière, au mépris des réalités.

PETIT CONSEIL N° 2 :

Lisez vos dialogues à voix haute devant des tiers. Choisissez des répliques isolées (si vous lisiez des morceaux plus étendus, vos auditeurs pourraient être pris par l'histoire et se montrer moins vigilants). Demandez-leur si cela leur paraît sonner juste.
L'avis des bêta-lecteurs est, là aussi, inestimable.


– Les passages « techniques », notamment les scènes d'action, ne doivent pas avoir l'air d'une parodie ratée.

PETIT CONSEIL N° 3 :

Amis auteurs, ne vous fiez pas au cinéma et à la tévé pour vos scènes d'action ! À de rarissimes exceptions près, il ne s'agit là que de bidouillage.

La plupart du temps, l'action dans un film n'a rien à voir avec le réel, mais alors, rien du tout… Les malheureux qui ont vraiment cru qu'ils pourraient sauter du haut de leur immeuble, envoyer valdinguer d'un ch'ti coup de volant le chauffard qui leur prenait la tête, ou projeter trois sièges plus loin, d'un coup d'un seul avec leurs soixante kilos tout mouillés, le grand balèze qui leur bouchait l'écran, ont fini à l'hôpital ou à la morgue.

Si vous voulez approfondir le sujet de façon plus ludique, les vidéos de Suricate : Movies vs Life sont une amusante illustration de cette erreur fondamentale.

Bref, l'objectif au cinéma est de « faire comme si », de leurrer les spectateurs sans recourir à de nombreuses prises ni mobiliser un budget faramineux. Surtout qu'une scène réaliste est rarement spectaculaire, souvent trop longue, et toujours difficile à filmer de façon convaincante. Curieusement, du « comme si » chorégraphié avec soin fait beaucoup mieux illusion !

Moyennant quoi, le prestidigitateur, pardon : le metteur en scène, nous fourgue vite fait bien fait une interprétation très approximative, le plus cinégénique possible, et les non-initiés n'y voient que du feu.

Vous me direz que dans un thriller ou un polar, le but est le même qu'au cinéma : emballer le spectateur à peu de frais. Telle une belle-de-nuit retroussant sa minjupe sur un bout de cuisse évocateur, l'auteur n'aurait donc qu'à trousser une scène pas trop absurde pour que le tour soit joué, le « client » convaincu.
Vous n'avez pas tort : la plupart du temps, ça marche. 😢

Oui mais… êtes-vous prêts à recevoir des tomates pourries dans le cas contraire ?



• NE LÉSINEZ PAS SUR LE LIANT QUI VA HOMOGÉINISER LE TOUT.

En l'occurrence, nous aurons : d'une part, une tasse de maïzena – la vraisemblance générale –, d'autre part un gros jaune d'œuf – ce surcroît d'agrément et de densité qui bétonne l'ouvrage en y diffusant votre bonne connaissance du sujet.
Bien répartir et faire réduire à petit feu, le temps de prendre du recul sur l'ensemble de votre travail.


– La vraisemblance, d'abord.

Elle ne dépend pas seulement des éléments cités plus haut (absence de tropes scénaristiques éhontés, dialogues « justes », scènes réalistes). Eh non, ce serait trop facile !

Elle dépend aussi de l'intrigue, qui, en plus d'être réaliste, doit aussi être distillée de façon subtile, logique et bien rythmée.

Rien ne tue plus sûrement un roman qu'une intrigue bancale, mal ficelée, avec des maladresses psychologiques à foison, des longueurs par-ci et des passages trop évasifs par-là. A fortiori si elle est également incohérente, bourrée de contradictions, voire d'erreurs.

Un petit florilège ? Allons-y.

La fin en queue de poisson qui donne l'impression que l'auteur ne savait plus comment s'en sortir, ou qu'il avait décidé de boucler son livre ce jour-là pour pouvoir partir à la pêche.
Exemples.
On court après un assassin pendant 200 pages, et à la dernière, ô surprise : c'était un parfait inconnu, parachuté in extremis comme un GI sur le bocage normand en 44, pauvre homme.
Ou bien : on ne saura jamais qui c'était, parce qu'en fait, ben ça devait pas être tellement intéressant. En tout cas, pas pour l'auteur, qui avait des prétentions plus métaphysiques. Je vous jure, cela existe !

Le ressort d'intrigue qui ne tient pas la route. 
(Le ressort d'intrigue, c'est comme sur un piège à souris, avec le lecteur dans le rôle de la proie.)
Exemples.
« Sigismond, ivrogne invétéré, s'envoie dix bouteilles de vodka qui le poussent à tuer sa voisine. » Hélas, chargé à ce point, il n'encourt pas le passage au crime, mais seulement le coma éthylique terminal.
Ou encore : le coupable était en réalité la cousine Martha. Hélas, un lecteur qui n'avait encore sombré dans le coma s'aperçoit qu'en vérité, ça ne tient pas debout, parce que Martha, clouée à son fauteuil roulant, n'aurait pas pu parcourir dix kilomètres à travers bois à l'allure d'un TGV.

Le personnage secondaire qui meurt au chapitre 3 et ressurgit au chapitre 20probablement parce que l'auteur planifiait sa partie de pêche, avait trop bu, était tombé dans le coma (rayez la mention inutile). 
Ou, pire : prend les lecteurs pour des cons 😡et se satisfait de pisser du jus de navet à la cadence infernale de cinquante pages/jour. Mais vous, heureusement, vous ne mangez pas de ce pain-là, sinon vous ne seriez pas en train de me lire.

Etc, etc.

Dans ce domaine, je suis désolée, seule l'expérience acquise avec de bonnes lectures peut vous guider. Agatha Christie était un maître en la matière ; d'autres écrivains célèbres n'attendent que votre visite pour vous délivrer leurs inappréciables enseignements.

S'il est trop tard pour les lectures édifiantes, si votre manuscrit est déjà prêt à poster, déchirez l'enveloppe à belles dents et soumettez d'urgence son contenu à des avis autorisés : bêta-lecteurs au regard implacable, coach qualifié, enseignant, auteur d'expérience.

Enfin, la vraisemblance dépend également de la qualité des personnages : si le lecteur y adhère, il collera à l'histoire comme un diptère sur un papier tue-mouche (à cette différence près que le lecteur, lui, doit survivre à cette expérience pour resservir 😜).

Mais les personnages méritent un billet à part entière, aussi, nous en reparlerons une autre fois.


La connaissance du sujet est indispensable.

Rappelez-vous : il s'agit de notre 
« jaune d'œuf » qui contribuera à épaissir la sauce. Cet œuf-là est rarement pondu en plein air – si fallait n'écrire que sur ce que l'on a vécu, ce serait moins drôle –, mais la lumière d'un écran ou d'une lampe de bureau fera très bien l'affaire.

Si vous ne maîtrisez pas les éléments de votre histoire (époque, décor, contexte, personnages, etc), n'espérez pas vous en tirer au bluff, en vous présentant aux lecteurs comme un spécialiste : ça ne fonctionne pas, en tout cas pas avec ceux qui savent, et cela finirait par vous discréditer.

Documentez-vous plutôt avec sérieux. Internet vous facilitera grandement la tâche ; si cela se révèle insuffisant, n'hésitez pas à solliciter des experts et à courir les bibliothèques. 

Ce travail est un passage obligé, à moins que vous ne décriviez qu'un univers 100 % imaginaire.
(Et encore… Gare aux aberrations, notamment d'ordre scientifique, en SF et même en fantasy : sauf indication contraire – crédible, attention ! –, les lois de la physique devront s'appliquer aussi à vos Plutoniens ou à vos Orcs.)

Vous avez peut-être choisi l'autre solution de sécurité : camper votre roman dans un contexte qui vous est familier. S'il s'agit de la vie de tous les jours, 
ne perdez pas de vue que, certes, les lecteurs aiment pouvoir s'identifier aux personnages, mais ils aiment aussi rêver et être dépaysés.

Dernière option, plus risquée : rester vague, ne faire qu'esquisser le décor. Ça fonctionne si l'ambiance psychologique est très réussie, mais attention à ne pas laisser au lecteur l'impression de rester sur sa faim ou d'avoir été escroqué.

Comme celle des lectures formatrices, l'étape de la documentation est à accomplir de préférence avant de vous lancer. 
Si vous avez déjà rédigé votre manuscrit sous le coup de l'inspiration, prenez quand même tout le temps et donnez-vous tout le mal nécessaires pour vérifier que vous n'avez pas écrit de monstrueuses inepties.

Gros bonus : vous vous apercevrez que les informations glanées en vous documentant vous permettront d'enrichir votre histoire de détails vivants et intéressants qui feront toute la différence. 😃


En résumé, la littérature n'est pas du cinéma : une ambiance en trompe-l'œil n'abusera pas les lecteurs avisés ; ils se sentiront arnaqués.

Il n'appartient qu'à vous de « faire le métier » pour réussir votre mitonnage (à ne pas confondre avec le « mythonage », une ragougnasse que l'on abandonne de grand cœur à ceux qui s'en contentent).

Ne vous découragez pas devant l'ampleur de la tâche ; prenez les problèmes à bras-le-corps l'un après l'autre, faites-vous aider, et tout ira bien.


Chers amis auteurs, j'espère avoir pu vous rendre service avec cet aperçu des éléments d'intrigue à soigner impérativement.

Que les lecteurs me pardonnent : ils ne sont ni des souris, ni des mouches, mais des interlocuteurs bien-aimés auxquels nous ne rêvons que de complaire, dussions-nous exécuter la danse du ventre avec notre plus belle plume fichée dans le fondement.

D'ailleurs, ne sommes-nous pas tous des lecteurs, nous autres auteurs ?…

Excellente écriture et lecture à toutes et à tous ! 😘









lundi 5 février 2018

Autoédition : fleurir ou périr



Un courageux article de Nila Kazar a eu le mérite d'exposer on ne peut plus clairement, dans tous ses aspects, ce serpent de mer qui a déjà fait couler tant d'encre et provoqué tant de débats : le problème de la qualité en autoédition. 

Malgré tout, je constate en parcourant les commentaires facebook qu'il persiste encore des incompréhensions ; aussi vais-je apporter ma petite goutte d'eau au moulin de Nila en rebondissant sur ce sujet houleux, bien que je l'aie maintes fois traité et n'en aie guère retiré que des mauvais coups. 

Alors, pouce ! Rengainez vos colts, vos bâtons, vos plumes et votre goudron, et laissez-moi expliquer une fois de plus, aux auteurs qui pourraient à tort ou à raison se sentir visés, pourquoi des professionnels de l'écriture s'obstinent, ces frères et sœurs indignes, à vouloir leur donner des leçons (gratuitement, en plus ! quelle outrecuidance…).


Pour commencer, dans la mesure où l'écriture est leur métier et qu'ils possèdent ce trésor durement acquis que l'on nomme expérience, ouvrir leur grande g… est le meilleur service que les susdits puissent rendre aux autoédités, souvent débutants en écriture.

Ben oui. Parce que ce qui manque cruellement à un auteur débutant pour faire éclore son talent potentiel – même si tout le monde n'en possède pas, désolée pour les utopistes et les vendeurs d'illusions –, c'est un avis objectif sur le fruit de son travail.

Un livre n'est pas un bébé à propos duquel il serait impensable, sauf si l'on est un monstre de cruauté gratuite, de proférer "Ciel, qu'il est laid !". 
C'est, que cela nous plaise ou non, un produit fini (ou supposé tel) destiné à être proposé au public ; et ce dernier est en droit de ne pas se faire avoir.
Le livre se doit donc d'être aussi plaisant que possible. Au minimum, il sera propret et bien attifé.

Moralité : si, à votre grand dépit, quelqu'un de bien intentionné vous dit que votre bébé-livre est passablement mal foutu, ne vous affligez pas, ne perdez pas non plus votre précieux temps à piquer des épingles dans une poupée vaudou à son effigie ; courez plutôt à votre table de travail. 


La tâche est énorme pour l'auteur, car même un écrivain pro aura du mal à finaliser seul son texte sans oublier des coquilles, voire des bavures. Il faut recourir à un regard extérieur qualifié, et de préférence à plusieurs. Moi qui travaille sans correctrice ni, désormais, bêta-lecteurs, j'avoue n'avoir autoédité aucun ouvrage 100 % impeccable, et je ne relis jamais mes ebooks déjà publiés sur Amazon sans les retoucher aussitôt, le rouge au front. 

Dans l'édition, il existait jusqu'à nos jours (mais comme le rappelle Nila, cela tend à se perdre, hélas) l'avis souverain de l'éditeur et de son équipe, compétents pour améliorer un ouvrage ou, dans le meilleur des cas, aider l'auteur à le faire. Rien n'était publié, à moins de présenter ce que l'on pourrait appeler une qualité minimale requise, certes variable selon le genre, le public, etc.

Il y avait aussi les critiques littéraires, qui ne se gênaient pas pour descendre un livre en flammes s'il leur semblait faiblard. Du coup, les auteurs, même déjà "arrivés", se tenaient à carreaux et tournaient sept fois leur plume dans leur encrier avant de faire publier leur dernier-né.

Je viens de le dire, tout cela est en voie de disparition.

– Les grandes maisons d'édition se consacrent en priorité à produire et vendre de la soupe industrielle ;

– les petites pseudo-maisons d'édition fondées par des fumistes ou des escrocs prolifèrent à un rythme effarant ;

– l'ère des grands critiques littéraires n'est plus : les rubriques "livres" des médias ne sont guère plus aujourd'hui que des pages publicitaires. 

À moins de tomber sur un petit éditeur compétent (il en existe, heureusement) ou d'avoir écrit un véritable chef-d'œuvre (et encore…), il n'y a donc plus grand-chose à attendre de ce côté-là.


Cependant, miracle ! alors que l'édition tradi, ce dinosaure, s'acheminait vers l'extinction en toute inconscience, sont apparus les mammifères : les auteurs autoédités. 

Une glorieuse corne d'abondance mâtinée saint Graal, source providentielle de libre expression littéraire, s'est mise à déverser à jet continu, sur le lectorat hébété, des hectolitres de Beaujolais nouveau – je veux dire des milliers d'ebooks et de livres papier proposés directement du producteur au consommateur, sans l'aval d'aucun éditeur (ces cuistres bons pour la casse, lit-on çà et là, mais qui, allez savoir pourquoi, trônent toujours au firmament des rêves d'auteurs : pour la plupart des indés, "être édité" figure en tête de la wish-list à envoyer au Père Noël). 

L'autopublication était née.


Manque de chance pour les écriveurs en devenir, rien ne fonctionne comme dans l'édition de grand-papa. Notamment : en autoédition, les avis lecteurs (même quand ils sont authentiques, ce qui n'est pas toujours le cas) ne reflètent en rien la qualité littéraire. Cela ne vous gêne pas ? Ça devrait. 

Petite illustration.

Prenons deux ouvrages, un roman très littéraire et un roman de gare. L'un et l'autre peuvent être très bien faits, voire remarquables, et il n'est évidemment pas question en l'occurrence de dire que l'un "vaut plus" que l'autre : ils n'ont pas les mêmes codes ni le même public, voilà tout.

Moyennant quoi, lorsque l'un ou l'autre de ces livres atterrit entre les mains des clients de la grande machine Amazon (ou des blogueurs, malgré tout le respect que je leur dois), l'on voit, en fonction des préférences de lecture, tomber de nombreux avis du genre :

● "J'aime pas", "C'est nul"…

Qu'est-ce que cela signifie ? (En dehors, précisons-le, des démolissages en règle commis par des auteurs jaloux ou des mercenaires à leur botte. Si, si, ça existe.)

Eh bien, cela indique que les amateurs de littérature ont trouvé le roman de gare inepte, ou que les amateurs de romans de gare ont trouvé le roman littéraire illisible.

Il est évident que quand on se trompe de lecture à ce point, mieux vaudrait s'abstenir de commenter. Oui, mais allez savoir pourquoi, beaucoup de lecteurs/blogueurs se croient tenus de sacquer un livre qu'ils auraient dû tout bonnement écarter dès la lecture de l'extrait ou de la présentation. Irascibilité ? Désir de se faire mousser ? Nous n'allons pas verser dans la psychanalyse, alors laissons ces individus à leur fiel et passons au cas suivant.

● "Géniâââl !", "Super !", "J'adore", etc.

Qu'est-ce que cela signifie ? Là, les choses se compliquent.

Oublions que l'on aimerait beaucoup voir l'adjectif génial retrouver son sens véritable : "qui a/qui démontre du génie", au lieu d'être employé dans le sens de "excellent", ou pire, de "je kiffe grave".

Contentons-nous de constater un fait élémentaire : la plupart des commentaires ou chroniques de livres autoédités sont rédigés par des lecteurs ou lecteurs-blogueurs qui, en tapant ces appréciations dithyrambiques, voudront simplement dire… "j'ai aimé". Grand merci à eux ! Mais c'est ainsi que s'établit un affreux malentendu. 

Car là, effectivement, nous sommes dans le domaine du subjectif. Les uns aimeront tel ou tel livre, et d'autres pas ; on pourrait en débattre à l'infini sans pouvoir leur donner tort ou raison, puisqu'ils ne font qu'exprimer un avis personnel. 

Les blogueurs, il faut d'emblée leur rendre cette justice, ont grand soin de prévenir que leurs avis sont purement personnels, n'engagent qu'eux et ne prétendent pas constituer un jugement de valeur.

Le problème, c'est que les auteurs autoédités en quête d'avis pertinents (autrement dit, ceux qui ont la sagesse de ne pas s'en tenir à l'opinion de grand-tante Julia ou du boucher de Chouilly-les-Brouettes) ne reçoivent guère d'avis présumés pertinents en dehors de ceux de leurs lecteurs ou lecteurs-blogueurs.


Or, les avis sont utiles pour prendre le pouls d'un lectorat, évaluer ses réactions, mieux comprendre à qui l'on s'adresse, discerner quel public n'adhérera pas à un certain style ou genre d'ouvrage.

Les avis sont, par ailleurs, indispensables pour aider les auteurs à se faire connaître. 
Quelques étoiles "valident" en apparence un livre parmi d'autres (bien que ce critère, on l'a vu, ne soit pas représentatif d'une vraie "valeur") ; et même l'algorithme Amazon en tient compte – en partie et parmi d'autres éléments – pour sélectionner les heureux élus aux opérations de promotion : offres éclair ou offres du mois.

Quant aux chroniques ds blogs dits "littéraires", dans la plupart des cas elles incarnent le seul moyen, pour un auteur autoédité, de bénéficier d'une mise en valeur de son ouvrage auprès des lecteurs. Nombre de blogueurs, loués soient-ils, s'investissent énormément et parviennent parfois à donner à un livre une véritable audience, remplaçant en apparence un canal de recommandation inaccessible à ces auteurs : les conseils d'un libraire.


Le problème, c'est qu'un avis de lecture, qu'il émane d'un lecteur lambda ou d'un blog très actif, n'est pas un avis de valeur littéraire.

L'appellation "blog littéraire" peut prêter à confusion, mais les blogueurs ne sont pas à blâmer ; c'est à nous, auteurs, de ne pas confondre un "avis consommateur" avec un verdict professionnel, et par conséquent de ne pas :

– Sombrer dans le désespoir lorsque l'on est confronté à des avis/chroniques négatifs, qu'ils traduisent de la hargne ou une simple erreur de casting.

– Se prendre pour un écrivain sur la foi d'une poignée, ou même de centaines, d'avis/chroniques dithyrambiques. 
D'autant plus que, très naturellement, des liens amicaux se nouent entre auteurs et blogueurs : ces derniers perdent alors leur capacité de recul. 
Plus grave, les auteurs se commentent en rond, mûs par une solidarité louable mais dévastatrice, puisqu'elle tourne presque immanquablement à l'échange de complaisances. 

– Modifier son texte en fonction de critiques non fondées sur la compétence littéraire (par définition, c'est le cas lorsqu'il s'agit d'avis de lecteurs, fussent-ils blogueurs).

– Croire que c'est une bonne idée de vomir des boulettes de daube à une cadence industrielle, parce que les historiettes bâclées semblent attirer comme un aimant les commentaires/chroniques positifs. 
Ceci, surtout si l'on est capable d'écrire quelque chose de plus personnel et de plus talentueux : là, ce serait vraiment du gâchis !


Autrement dit, amis auteurs, ne vous méprenez pas quand vous voyez mon amie Nila, d'autres écrivains chevronnés ou votre humble servante s'égosiller pour faire passer ce message :

D'accord, ce n'est pas très cool d'égratigner un ouvrage publiquement, même s'il est atrocement mal écrit. De mon côté, je préfère ne pas commenter et donner quelques pistes à l'auteur, par message privé, pour l'aider à revoir sa copie.

Oui, c'est carrément indécent lorsqu'il s'agit de l'une de ces critiques gratuites mentionnées plus haut : celles des aigris qui descendent un livre par plaisir ou par frustration, ou pire, les critiques tactiques des auteurs concurrents. 

MAIS, comme le rappelle Nila : publier, c'est s'exposer à la critique.

Alors, quand un livre mal rédigé s'attire des commentaires sévères, avant de crier au scandale, relisons-nous avec un œil plus sévère encore. Sollicitons des avis compétents, payants si nécessaire. Faut savoir ce qu'on veut, que diable : iriez-vous confier à un amateur le soin de vous apprendre à sauter en parachute ? 

Gare aux coachs littéraires ou correcteurs autoproclamés qui, eux aussi, prolifèrent dans le sillage de l'autoédition comme des requins derrière un chalutier. Vérifiez toujours attentivement leur qualification. Comme avec les éditeurs bidon, il suffit parfois de leur adresser quelques lignes (mineures, pour empêcher le recours à Google) d'un auteur reconnu. Crise de rire assurée.

À défaut de budget ou de prestataire fiable, demandez à un auteur confirmé de votre entourage, ou, au moins, à un professeur de français (il y en a beaucoup parmi les indés et les blogueurs) son avis sur une ou deux phrases qui vous semblent critiquables dans votre manuscrit. Rares sont ceux qui refusent un petit service bénévole. Si la personne sollicitée confirme votre mauvais pressentiment, appuyez-vous sur ce nouvel éclairage pour réévaluer l'ensemble de votre travail.


Et dorénavant, de grâce, banissez de votre argumentaire (parce que le déni ne vous rendra aucun service, même si dans un premier temps il paraît panser votre ego ; au contraire, il vous fera perdre du temps et vous causera grand tort) les idées toutes faites du genre :

– "La qualité, c'est subjectif." 
NON ET NON ! Il y a un minimum exigible.
Orthographe, grammaire, ponctuation, 
mais aussi vocabulaire, rareté des clichés, construction cohérente, vraisemblance, originalité de l'intrigue, etc, sont des éléments qui traduisent objectivement cette qualité minimale, signe de respect du lecteur.

– "J'ai passé dix ans à écrire ce livre."
Malheureusement, c'est le résultat qui compte. Peut-être faut-il en passer onze. Ou revoir votre approche, en vous faisant coacher si besoin est. Ou commencer par lire beaucoup, et pas n'importe quoi. 
Je sais, on se répète ! C'est que les principes de base sont souvent les plus utiles, mais les plus vite oubliés.

– "De toute façon, les éditeurs aussi publient des livres critiquables." 
C'est vrai, nous l'avons vu. Et alors ? Est-ce une raison pour s'attendre à ce que l'on plébiscite aveuglément les ouvrages indés, même très mal écrits ? Le fait que l'on puisse trouver (presque) aussi mauvais ailleurs ne constitue pas une excuse.

Parce que je me sens très solidaire des indés, je me refuse à les caresser dans le sens du poil lorsque, au contraire, ils ont besoin d'être aidés à remettre en question leurs premiers pas d'auteurs.

Croyez-moi, en tant qu'auteur "pro", on se remet en question sans trêve ; on n'est jamais pleinement satisfait de son œuvre. L'on ne verse pas pour autant dans le blocage d'écriture, perspective qui semble terrifier tant de débutants. Au contraire, le désir de faire toujours mieux est un ressort indispensable pour qui aspire à devenir (ou à rester) écrivain.


Pour finir, et au risque de me répéter jusqu'à vous paraître gâteuse : l'indésphère toute entière pâtit de l'impossibilité, pour les lecteurs "exigeants", d'accéder directement aux livres de qualité. 

Je dis bien "de qualité", pas "populaires", bien qu'un ouvrage puisse très bien être les deux à la fois. 

Tant que cette situation perdurera, tant que tout sera mélangé en un magma si inextricable qu'il faudra parcourir des centaines d'extraits,  parfois révulsants, pour découvrir une pépite, l'aventure si prometteuse que constitue l'autoédition échouera à faire ses preuves auprès des lecteurs.

Elle échouera encore davantage à prendre le relais de l'édition en devenant, comme elle le pourrait (au prix d'un petit effort d'organisation et en renonçant aux facilités de l'autocomplaisance), un vivier novateur de création littéraire, fonctionnant selon des règles plus saines que celles que l'on reproche, à juste titre, à l'édition d'aujourd'hui.

Voilà ce qui nous désole, Nila et moi, ainsi que d'autres passionnés.

Avec la publication numérique, une porte s'est ouverte sur des perspectives inespérées. À nous d'inventer – ou de saborder – le nouveau monde qui nous est offert. Sans même parler de démarche collective, il appartient à chacun d'apporter sa pierre.







vendredi 19 janvier 2018

Interviews (mise à jour) : mon point de vue sur l'autoédition



Marion du site routinologist.com

L'auteur Lara Lee Lou Ka

Katia Campagne (adopteunindé)

Le blogueur Lord Arsenik

La blogueuse Mélusine de Ma bouquinerie

monBestSeller (Christophe Lucius)

La blogueuse Plume Isandre

Marine Blogueuse

Just focus (Nathalie Autheley de Fleury)

La blogueuse Cali Marion Carlier

Le blogueur Théo Uhart