Bienvenue chez moi ! Sur ce blog, je dis ce que je pense. Bonne visite...

Vous pouvez aussi consulter ma page auteur Amazon ou explorer mon profil https://www.facebook.com/EBKoridwen et ses groupes associés, où vous découvrirez l'actualité de mes ami(e)s blogueurs littéraires, auteurs, illustrateurs, etc : une enthousiasmante communauté de plus de 4 000 passionnés du livre.

On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


vendredi 8 décembre 2017

Nous allons tous mourir





L'actualité nationale est au deuil. Et si je compatis à la peine des familles des disparus, j'avoue que je suis toujours effarée par la propension humaine à rendre un culte aux personnes après leur mort.

Nous allons tous mourir. Pourtant, la plupart d'entre nous se comportent comme si la mort n'était pas inéluctable. Comme s'il suffisait de ne pas y penser avant d'y être contraint ; puis, quand elle frappe autour de nous, de se répandre en rituels et en gerbes de fleurs sous le prétexte de rendre hommage à des êtres qui, cependant, n'en sauront jamais rien.

Loin de moi l'idée de nier l'importance du processus de deuil quand on est touché par la perte d'un être cher. 
En revanche, les grands deuils collectifs orchestrés par les médias ne sont qu'une manière pour chacun de nous de se laisser aller à la nostalgie, de se désoler de vieillir et d'être lui-même périssable.

La crise d'émotion morbide, cela a quelque chose de défoulatoire, d'accord… On peut aussi évoquer une forme de solidarité, parfois sincère. 
Mais c'est du vivant d'une personne qu'il faut l'honorer et la chérir ! n'est-ce pas ?

Si, au lieu de se voiler la face, on accordait à la mort sa vraie place, celle d'un événement inéluctable mais pas tragique pour autant, chacun serait plus attentif à sa vie et à celle des autres.


La mort n'est pas un drame en soi, sinon pour ceux qui restent et qui souffrent de l'absence de la personne aimée. Cela, c'est une vraie tragédie, bien qu'il puisse y avoir, là aussi, matière à apaisement le moment venu.

Quand on n'est pas directement concerné, en revanche, il y a dans ces regrets éternels une sorte d'erreur fondamentale.

La vie doit être chantée ; et pas seulement la nôtre. Œuvrons à en faire une ode au bien-être (dans tous les sens du terme), plutôt qu'un choeur de lamentations.

Le drame inacceptable, celui qui devrait mobiliser nos larmes et nos actes, c'est la souffrance, qu'elle soit physique ou psychologique. C'est là-dessus que devraient porter tous nos efforts.

Pleurons, par exemple, la fin atroce des disparus du sous-marin San Juan, parce que c'est affreusement injuste que des êtres encore jeunes aient dû subir cette mort-là, précédée d'une terreur à laquelle on préfère ne pas penser. Pensons-y, justement ! Ils le méritent.

Pleurons aussi le calvaire de tous ceux qui, dans le monde, souffrent sans pour autant mourir. Ce n'est pas ce qui manque, hélas !

Mieux encore : efforçons-nous de faire changer les choses.

D'une manière générale, il existe des choses bien plus révoltantes que la disparition de personnes qui ont eu une belle vie et étaient arrivées au bout de leur chemin…

Le fait qu'on s'acharne à garder en vie contre leur gré des malades condamnés et qui souffrent le martyre.

Le fait qu'on laisse des malheureux croupir dans la misère, l'isolement, la douleur, sans rien faire de déterminant pour leur venir en aide.

Le fait, tout simplement, que nous ne occupons pas assez de nos proches : on ne prend pas assez soin d'eux, on n'essaie pas assez de soulager leurs peines, on ne leur dit pas assez qu'on les aime.


Alors…
Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday sont arrivés au terme d'une longue et passionnante existence. Cessons de les plaindre ostensiblement pour exorciser notre peur de mourir aussi. Eux, en tout cas, ne sont plus à plaindre : ils reposent en paix, et pour cause. Souvenons-nous des paroles de Brassens, ce grand sage qui ne mâchait pas ses mots : « J'aurai plus jamais mal aux dents… »


Rapprochons-nous plutôt de ceux qui nous entourent. Faisons pour eux et éventuellement, pour d'autres, tout ce que nous pouvons afin de soulager leurs maux et d'ensoleiller leur quotidien pendant qu'il en est encore temps.

Ne croyez-vous pas que c'est cela qui donne à l'existence toute sa valeur : s'intéresser à d'autres vies plutôt qu'à la mort – autrement dit, soyons honnêtes, à sa propre mort… ?

Admettons que nous allons mourir. 
N'oublions pas de vivre et d'y aider autrui. 
Au lieu de statufier la mort, respectons (intelligemment) la vie.



lundi 13 novembre 2017

Le NaNoWriMo : utilité et limites pour les auteurs autoédités



Après des années d'observation dubitative, je me suis lancée cette année dans le très médiatisé challenge du NaNoWriMo. Allez hop ! À l'eau, ma poule…

Et je dois dire que je m'en félicite. Non que je m'autocongratule de remplir mon objectif quotidien ; en fait, je suis enchantée de m'être finalement donné ce grand coup de pied au c… roupion.


Le NaNo (pour les intimes 😉), c'est quoi ?


Un défi international (mais oui mais oui) qui consiste à pondre au moins 50 000 mots entre le 1er et le 30 novembre.

Je ne vais pas vous faire un topo là-dessus, les organisateurs et les participants chevronnés sont bien plus compétents. Donc, direction :

Le site officiel, en anglais.





Le NaNo, en quoi est-ce que cela peut aider ?


Premier cas : le mien (tant qu'à faire).

J'ai commencé à rédiger Élie et l'Apocalypse en 2007. Mais comme c'est une saga qui exige un énorme travail documentaire, et que je suis du genre perfectionniste qui tourne sept fois sa phrase dans tous les sens avant de la laisser – provisoirement – tranquille, il m'a fallu 5 ans pour publier (d'un coup) les 3 premiers volumesEt encore, parce que l'éditeur m'avait fouettée avec des orties. Oui messieurs-dames. Même que je lui en suis éternellement reconnaissante, et pourtant je ne suis pas maso. Non, je vous assure ! Ne m'objectez pas qu'en ce moment, avec le NaNo, je m'inflige avec enthousiasme ma dose quotidienne de coups de pied au croupion. Ce n'est pas du masochisme, mais de l'intérêt bien compris.

Pourquoi ? Parce que ces coups de pied à répétition, ils me permettent de prendre ENFIN un rythme de travail personnel, moi qui ai toujours travaillé davantage pour les autres auteurs que pour moi. Me consacrer chaque jour à mes écrits, ça n'allait pas du tout de soi.

En plus, vous le savez, je suis une vieille petite chose maladive. Alors, si je savais m'atteler aux textes d'autrui – c'est toujours plus facile de se bouger le croupion pour les autres – j'avais un mal fou avec mes propres textes.

Du coup, j'attendais d'avoir la forme. Et là : « tu peux toujours rêver, ma belle », me narguait mon petit corps souffreteux en me sortant de son chapeau un beau vertige bien glauque ou une petite pyélonéphrite de derrière les fagots.

Ou alors, j'attendais l'inspiration. Vous savez, cet élan irrésistible qui vous fait sauter sur votre clavier : « Là, maintenant, tout de suite, je vais écrire un chef-d'œuvre. Oh, je le sens, je le sens bien ! Tu le sens, toi aussi, chef-d'œuvre ? Dis-moi que tu viens. Oh oui, dis-le-moi !… », etc. Vous connaissez ça, je l'espère pour vous. Ben, pas moi. En littérature, j'entends. 😜

Les idées, OK, ça me vient à la pelle, surtout les jours où je pète le feu (si, si, ça arrive). Mais l'inspiration créatrice dans toute sa fougue juvénile, celle qui suppose une vraie santé de cheval sur le long terme pour passer du concept à la réalisation, bernique ! Il fallait toujours que j'espère l'express de minuit, le miracle soudain d'une évasion de ma pauvre carcasse : la tête libre, l'esprit clair, le corps alerte. Et que je croise les doigts pour que ça dure. Sinon… eh bien, la Cendrillon du clavier regagnait vite fait son lit de douleur – et les trois misérables lignes péniblement gravées sur sa citrouille finissaient dans un dossier « projet » parmi beaucoup trop d'autres.

Autrement dit, je faisais du surplace.

Le NaNo a changé ma vie. Le premier jour, j'ai souffert, ah, combien j'ai souffert ! Mais comme je m'étais lancé un défi à moi-même, et que pour bien me mettre le pied dans les reins, je l'avais intrépidement annoncé sur facebook, pas le choix : quand faut y aller, faut y aller.


Et c'est justement l'avantage n° 1 de ce challenge : on est obligé de se mettre à sa table de travail TOUS LES JOURS. Les excuses, ya pas. À l'assaut, les gars. Haut les cœurs ! Et ainsi de suite. 💪


L'avantage n° 2, c'est qu'on s'aperçoit que finalement, 1 666 mots par jour, c'est loin d'être insurmontable. Même pour un escargot comme moi, affligé d'une tendance perverse à ratiociner sur chaque tournure… 

Pour tout vous dire, c'est même de plus en plus facile. 

Du coup, non seulement j'aurai bouclé le volume 5 avant la fin du mois, mais j'ai bien progressé sur le 6 (histoire de varier les plaisirs) et je sais désormais que, sauf mort subite, j'aurai sans doute publié le 5 pour Noël et le 6 en début d'année prochaine. Hourrah !


L'avantage n° 3, c'est justement que l'on apprend à pondre un premier jet sans barguigner. 

Parce que, voyez-vous (et là, c'est vraiment personnel, désolée), quand on est réécriveur, on est spécialisé dans la partie peaufinage. Par conséquent, si l'on doit écrire pour soi, la partie rédaction relève de la corvée suprême. 

Les réécriveurs ne sont pas les seuls auteurs à connaître ce genre de blocage. Alors qu'on devrait jeter ses idées sur l'écran, on se projette malgré soi dans ce que le texte devrait être une fois achevé. On repolit ses phrases en leur faisant des excuses pour les avoir si mal pondues au départ (Vous l'avez remarqué, ce billet est placé sous le signe de la volaille. Il doit y avoir une raison occulte ; je consulterai mon astrologue). 

Bref, on n'avance pas et on se décourage, parce que tout ce qui n'est pas abouti vous semble nul. 

Le NaNo m'a permis de sortir de cette spirale négative.

Et je me suis enfin fourré dans le crâne qu'il n'y a pas de honte à rédiger un premier jet, même si par endroits il tient du brouillon. On ne trahit pas la Littérature avec un grand L, ni soi-même. Personne ne guette par-dessus notre épaule pour soupirer « Ben dis donc, poulette, là, tu ne t'es pas foulée ». Nul n'est tenu de rester sur sa copie jusqu'à ce qu'il n'en ait plus honte. Au contraire. Le but d'un premier jet, c'est ça et seulement ça : ALLER AU BOUT.


L'avantage n° 4, c'est que pondre un premier jet, ça permet de boucler tout un ouvrage, au moins au niveau préparatoire. Et là, bingo !

a) Voilà, paf, c'est fait. Aaaaahh ! (soupir d'extase).

b) Vous avez écrit tout le roman d'une traite (s'il fait plus de 50 000 mots, eh bien il suffit de continuer sur sa lancée en décembre). Ce qui évite de devoir se relire, se torturer les méninges ou fouiller dans ses notes pour se souvenir que Cunégonde, au chapitre 3, elle avait déjà coulé Enguerrand dans le béton après qu'il l'ait salement trompée avec Aldeberte, et qu'il est donc inopportun de les décrire au chapitre 20 en train de dîner chez belle-maman.

c) Une fois tout le premier jet achevé, cocorico ! Vous pouvez vous accorder une minute d'autosatisfaction bien méritée. 
C'est-y pas mieux, les aminches, que de suer sang et eau (oui, c'est justement le titre du volume 5 d'Élie et l'Apocalypse – auquel je m'attaque 2 ans après la ponte du volume 4, honte sur moi) pour accoucher aux forceps d'un chapitre supposé abouti, et de mettre un mois à s'en remettre ?

d) Yapuka passer aux corrections et à ce que j'appelle « autoréécriture ». Les retouches, quoi. Et là, vous pourrez prendre tout votre temps sans culpabiliser : votre livre, il est écrit.
Point d'impatience, donc, ni de frustration. Place au vieillissement en fût de chêne, aux remaniements et re-remaniements après mûre réflexion, voire aux longues pauses entre deux relectures. Rien ne presse, au contraire. Le manuscrit est passé du dossier « projets » au dossier « finition », c'est rudement bon pour le moral, vous ne trouvez pas ?

L'avantage n° 5, c'est que j'ai pu rassurer mes lecteurs, qui devaient commencer à se dire que je ne bouclerais jamais cette fichue saga.


Deuxième cas : plus général (auteurs débutants ou non).


Avantage n° 1 : Le NaNo est un fameux remède contre l'angoisse de la page blanche. Mieux que les anxiolytiques, ça c'est sûr ! 

Il vous apprendra à foncer dans le tas, et vienne que pourra. Le résultat ne sera peut-être pas le prochain Goncourt, mais tant pis. Surtout qu'être acheté « parce que c'est le Goncourt » et finir à la cave sous cellophane d'origine, bof. 

En tout cas, vous aurez découvert que l'écriture, c'est comme l'appétit : l'inspiration vient en écrivant. Plus on écrit, plus c'est facile, et (en général) meilleur c'est. 

Désormais, quand vous voudrez écrire, vous saurez qu'il suffit de s'y mettre. Capito ?


Avantage n° 2 : Vous vous rendez compte qu'écrire autant, tous les jours, c'est possible (bis). 

Eh oui, sans vous en rendre compte, vous étiez un marathonien de l'écriture, capable de rendre votre copie sans barguigner. 

Plus d'excuses pour écrire timidement à la petite semaine ou pour vous demander, tout tremblant « serai-je jamais capable de devenir un auteur ? »


Avantage n° 3 : C'est en écrivant qu'on devient écriveron. Pas écrivain, ce serait trop facile. Mais au moins, qu'on forge sa capacité à traduire des idées en mots, à raconter des histoires. 

Même si ce que vous aurez écrit pendant ce mois de novembre, vous devez le balancer à la poubelle parce que c'est trop nul, dites-vous bien que le seul moyen de devenir auteur, c'est de « pisser de la copie », comme on dit des journaleux ; d'acquérir une discipline de travail, d'apprendre à ne pas vous disperser ; de cracher des lignes tant et plus, jusqu'à ce que ça coule de source…

À CONDITION de ne pas en rester au stade du premier jet et d'être prêt à consacrer dix fois plus de temps au peaufinage, si nécessaire.


Avantage n° 4 : vous faites peut-être partie des auteurs autoédités qui veulent juste écrire pour écrire, sans se soucier de la qualité du résultat.

Soit parce qu'ils n'ont pas l'intention de publier (et ça se respecte : l'écriture a toutes sortes de vertus sur les plans du développement personnel, de la thérapie et autres, sans même parler des textes que l'on ne souhaite partager qu'avec ses proches).

Soit parce qu'ils revendiquent le droit de publier des textes inaboutis. Je viens encore de lire une déclaration solennelle sur la noble spontanéité des textes écrits comme ça vient, sans souci de ces encroupionnages de mouches ringards que sont l'orthographe et la syntaxe, sans parler de la cohérence, etc. (Je cite, ou presque).

Si c'est le cas – et je trouve cela vraiment dommage, comme chacun sait –, eh bien, à la fin du mois de novembre, youpi, vous aurez rempli votre mission : pondre un livre à l'état brut. Champagne ! Oh, pardon aux militants de l'inabouti : le champagne est un produit fini, donc ringard. Disons plutôt : eau de source. Santé !


Remarques

• Le NaNo est un outil, pas un contrat à honorer. 

Il n'est pas fait pour vous mettre la pression, mais pour vous encourager à vous fixer des objectifs. Que vous les remplissiez ou pas n'est qu'une affaire entre vous et… vous.

Dans cet esprit, le compte final de 50 000 mots n'est en rien une obligation. Si vous avez bouclé le premier jet de votre ouvrage en 20 000 mots, rien ne vous oblige à en écrire davantage.


De même, si vous n'écrivez pas 1666 mots par jour, ou si vous sautez un jour (comme je l'ai fait aujourd'hui pour écrire ce billet, et le ferai encore mercredi pour cause d'hôpital), quelle importance ? La psychorigidité ne donne rien de bon en écriture.

• Je n'ai pas fait état de l'ambiance, des soutiens, des forums, etc. Tout cela pourra sans doute aider certains auteurs. Personnellement, j'ai plutôt pris le NaNo comme une obligation que je me suis donnée à moi-même.

• Bien entendu, le NaNo ne prône pas l'écriture express de romans inaboutis. 😀Les organisateurs invitent d'ailleurs les participants à rallier en janvier et février un nouveau défi : finaliser leur premier jet. Là, je vous le dis tout net, je suis plus sceptique. La phase de peaufinage, cela ne doit pas avoir de dead line – en tout cas, pas si courte.

• Il n'est pas non plus question de se laisser aller à mettre vingt mots là où cinq suffiraient, dans le seul but de « faire du chiffre ». L'objectif n'est pas l'emphase littéraire, mais, je le répète, le bouclage d'un premier jet.

• Un fil facebook saturé par des proclamations d'auteurs « j'ai écrit tant de mots aujourd'hui !… » peut sans doute agacer. Je ne me joindrai pas aux critiques, car je comprends très bien, pour l'avoir fait aussi, que l'on ait envie de publier sa performance du jour comme… une poule qui chante, toute à la joie d'avoir pondu son œuf ! 😉

• Ce dont il faut se souvenir, c'est que les grands auteurs du passé comme du présent avaient/ont une discipline de travail : s'asseoir à leur bureau et écrire quoi qu'il arrive. Cela, c'est un bon réflexe à acquérir pour les débutants, qui pourraient avoir tendance à attendre l'inspiration. Et pour les vieux routiers aussi, j'en suis la preuve.


Qu'est-ce que le Nano ne fera pas pour vous ?


La réponse est simple : vous inoculer le talent.

Oui, navrée de faire pleurer dans les chaumières, mais le talent n'est pas un droit inscrit dans la Constitution.

Ce n'est pas non plus quelque chose qu'on acquiert forcément avec le travail, hélas non.

Mais une chose est sûre : sans travail, pas de talent. Le génie qui pond un chef-d'œuvre presque par mégarde, tout en lutinant sa voisine ou en promenant son chien, mon œil !

Un livre réussi, c'est 10 % de talent et 90 % de travail. Alors…


… Alors, tentez l'expérience du NaNoWriMo si cela vous chante, contentez-vous de vous auto-imposer une discipline d'écriture, ou continuez à faire comme vous faites d'habitude/aimez/pouvez (rayer la mention inutile) en vouant aux gémonies les challenges d'écriture, ces diaboliques incitations à la surenchère quantitative. Je plaisante ! Sur ce dernier point, je vous renvoie à l'excellent article de Nila Kazar et à ses commentaires, non moins intéressants.

Peu importe ce que vous déciderez, au fond, du moment que vous vous amusez et que vous prenez du plaisir en tant qu'auteur ou aspirant auteur. Oui, même ceux qui se refusent catégoriquement à peaufiner, et que je flagelle en place publique chaque fois que l'occasion m'en est donnée. 😈

Comme il me semble l'avoir écrit dans un précédent billet, l'important reste d'écrire, écrire, écrire…
Chacun à sa manière et comme il l'entend.

Excellent travail à toutes et à tous !




lundi 30 octobre 2017

Plus qu'un jour !


Le promotion Amazon "Le mois des Indés" s'achèvera demain. Si vous n'avez pas encore découvert ces ouvrages offert à 0,99 €, profitez-en vite…

lundi 16 octobre 2017

Trop nombreux pour être honnêtes



Bonjour mes ami(e)s ! Histoire de vous épargner quelques migraines, voilà longtemps que je voulais vous pondre une petite bafouille à propos de cette prise de tête récurrente :
L'accord du verbe avec un sujet collectif ou un adverbe de quantité.

Ce sujet est désormais disponible sur le site monbestseller.com, ici.

samedi 14 octobre 2017

Petit guide de promotion à l'usage des auteurs débutants



Le grand souci des auteurs autoédités, c'est bien sûr de trouver des lecteurs.

Après avoir testé pendant près de deux ans les différents moyens de se rendre visible, je vais aujourd'hui, comme promis il y a quelques mois, vous exposer le résultat de ces expériences. 

Attention, mes conclusions n'engagent que moi, et peut-être certaines approches qui m'ont paru sans intérêt donneront-elles des résultats dans votre cas précis.

Des méthodes plus novatrices seront expérimentées dans le cadre de l'association à but non lucratif que je suis en train de réactiver.
Objectif : faire de cette structure, de son site et de sa maison d'auteurs, d'une part un point de rencontre entre les auteurs, la blogosphère littéraire et les professionnels du livre, d'autre part une vitrine de la production autoéditée et micro-éditée.



1) FAIRE DE LA PROMO SUR FACEBOOK

Le profil

Au commencement était le profil. Oui, mais !… Facebook ne se contente pas de faire la chasse aux profils sous pseudo ou nom d'auteur, il clôture aussi ceux où se déroule une activité commerciale : la pub d'auteur doit être réservée à votre page auteur ou à celle(s) dédiée à votre ou vos ouvrages. À partir de ces pages, vous pouvez sans problème partager sur votre profil et dans des groupes.



Les pages

Page auteur seulement, ou page(s) livre(s) aussi ? Beaucoup de pionniers de l'édition recommandent de se contenter d'une page auteur pour simplifier sa communication : time is money… 
Mon approche est différente.

Comme je répugne à partager dans les groupes de promo, poster dans ma page auteur ET dans une page livre permet à ma publication d'apparaître dans le fil d'actualité à 2 reprises (3 avec le partage sur le profil) : une manière de communiquer davantage sans pour autant se rendre trop omniprésent.

Je vais plus loin en matière de pages livres. Comme j'écris dans des genres et thèmes extrêmement variés, une page livre par univers, sinon par opus, me paraît indispensable.
J'ai donc créé une page livre pour ma saga Élie et l'Apocalypse, une page pour ma trilogie littéraire Marges forcées (Les émigrés, Autant en emporte le chergui et la suite à venir), une page pour Zone franche (qui se rapporte à cette trilogie mais en est un dérivé plus « romance »), une page pour mon feuilleton Au bonheur des dames, une page pour mon feuilleton Toscan…
C'est beaucoup plus de travail, il est vrai, mais cela permet aux différents amateurs de s'y retrouver.



Les groupes

Est-il opportun de créer soi-même un groupe ? Beaucoup d'auteurs le font, par calcul ou par goût. Groupe réservé à vos fans ou groupe d'intérêt général, tout dépendra de la notoriété de votre livre et de vos motivations.

Quelques auteurs se contentent de créer un groupe exclusivement dédié à leur ouvrage ; je pense qu'il faut avoir une importante communauté de lecteurs pour pouvoir se le permettre sans risquer que cela soit contre-productif.

Certains créent des groupes de promo. Parfois dans le but d'y mettre en avant, plus ou moins discrètement, leurs propres ouvrages. La plupart, en revanche, se donnent la peine de fonder et gérer un groupe de promo pour mettre une vitrine de plus à la disposition de tous les auteurs. Au fur et à mesure de leur découverte, je liste ces groupes de promo sur mon blog, ici, avec des liens cliquables pour vous faciliter la tâche.

Préoccupée de contribuer à faire avancer les choses pour les indés, je me suis attachée par ailleurs à créer de si nombreux groupes d'intérêt général que c'est devenu un sujet de plaisanterie. Voici la liste.

Vous ne trouverez là que 2 groupes de promo proprement dits : Auteurs, faites comme chez vous et Mon point de partage pour les publications des auteurs et des blogueurs
Les autres ont plutôt un objectif utilitaire et d'entraide, comme le très populaire Auteurs cherchent avis, chronique ou bêta-lecture
Mes groupes dans leur ensemble s'adressent à tous les intervenants du monde du livre, des blog'litt aux prestataires de services, mais en restant centrés sur la blogosphère littéraire, l'indésphère et la micro-édition.

La promo dans les groupes facebook est-elle efficace ? Je vais vous faire une réponse de Normand : oui et non.

Oui, si vous vous attachez à faire une promotion très régulière et, surtout, originale : vous finirez par vous faire remarquer et susciter lectures, chroniques et commentaires. 
En mars 2016, j'ai fait connaître Zone franche en partie grâce à un véritable « battage » dans les groupes de promo facebook, expérience qui m'a convaincue que cela peut vraiment fonctionner, surtout couplé à une promotion alléchante.

Non, si vous ne procédez pas avec méthode et régularité, en publiant dans de nombreux groupes, ou si vous vous contentez de partager sans adjoindre un commentaire apte à éveiller l'intérêt. Soyez drôle, provocateur, sentimental, peu importe, mais soyez sincère, soyez vous-même, lâchez-vous !

Diverses circonstances peuvent donner lieu à un partage massif dans les groupes facebook de promo :

L'annonce d'une parution peut attirer l'attention, surtout si l'ouvrage relève d'un genre apprécié comme la romance ou le thriller, ou représente la suite d'un précédent livre.

L'annonce d'une promotion fonctionne en général très bien, et cela, d'autant plus que cette promotion sera intéressante. Dans le cas de Zone franche, je proposais 3 jours de gratuité.

Le partage d'un commentaire ou d'une chronique est un bon moyen d'ouvrir l'appétit des lecteurs. Évitez de publier des textes trop longs, quitte à couper les passages moins significatifs en insérant des (…).

La promo publicitaire pure et simple me laisse très sceptique, sauf au cas où, comme celles de l'auteur Frédéric Soulier, encore inconnu au printemps 2016, elle « vend » l'auteur lui-même d'une façon originale, humoristique voire provocante, propre à le faire remarquer.

Principal reproche fait aux groupes facebook : on y rencontre surtout… des auteurs. Bon, mais ce sont aussi des lecteurs ! Parce que tout auteur lit avec passion, mais aussi parce que de plus en plus de lecteurs assidus s'essaient à l'écriture et à l'autoédition. Je connais des auteurs qui se sont fait connaître uniquement à travers l'indésphère. Bien entendu, nous parlons là d'un succès d'estime, pas de milliers d'exemplaires vendus.

Le vrai problème des groupes facebook, c'est que la plupart du temps, chacun y partage en rafale sans prendre le temps de lire les publications de ses petits camarades. Néanmoins, vos publications apparaîtront sur le fil d'actualité, où elles pourront intéresser d'autres facebookiens…


La pub payante sur facebook

Pour l'avoir testée par acquis de conscience, je dirai que les résultats sont tout sauf probants, même si le faible coût de départ est très incitatif. À réserver éventuellement à quelques publications essentielles et bien ciblées, en ayant soin de délivrer un message percutant, propre à susciter des clics.

Inutile de vous indiquer la marche à suivre : facebook nous relance tous avec assiduité. Pour simplement partager une publication existante afin de vous faire une idée, il vous suffira de suivre la procédure indiquée.

Si, au contraire, vous voulez réaliser une « vraie » pub conçue pour être efficace, prenez garde au ratio entre le texte et l'image, laquelle doit être prépondérante. 
Voici un article qui pourra vous aider.

Un conseil : définissez le plus précisément possible les catégories de facebookiens visées. Si vous visez trop large, vous serez immanquablement déçu par le résultat.



2) FAIRE DE LA PROMO SUR LES AUTRES RÉSEAUX SOCIAUX

J'ai testé Twitter, dont certains sont inconditionnels, et je n'ai pas été convaincue. Ce réseau me semble fait davantage pour réagir à l'actualité ou poster de brefs communiqués, que pour soutenir une activité d'auteur.

La brièveté des messages réduit leur portée en empêchant les partages autres que ceux de liens – mais qui prendra la peine de les ouvrir lorsqu'il s'agit d'une chronique, ou pire, d'un lien vers une plate-forme de vente ?

Le fil se déroule à une cadence si rapide que pour être remarqué, il faudrait intervenir plusieurs fois par jour (mais je ne suis pas une spécialiste en la matière, alors je ne sais sans doute pas exploiter toutes les opportunités).

J'en conclus que Twitter constitue un monde à part, qui nécessite un savoir-faire particulier. Or, s'il est une chose importante pour un auteur – sachant qu'il doit avant tout continuer à écrire et publier –, c'est de ne pas trop se disperser. 

Je partage systématiquement mes articles sur Google +, parce que c'est très simple à partir de Blogger. Je n'y croyais pas trop, mais je dois reconnaître que cela a nettement accru le nombre de pages lues sur mon blog. 

Beaucoup d'autres réseaux sociaux : Linkedin, Instagram, YouTube (dont je reparlerai plus loin) etc, font parler d'eux à un moment ou un autre. Même si je suis inscrite sur tous pour pouvoir suivre à l'occasion ce qu'y publient auteurs ou chroniqueurs, je trouve que l'on ne peut pas être partout et qu'il vaut mieux choisir un seul réseau et y être présent. C'est déjà trop chronophage !



3) LA PROMOTION SUR AMAZON

Le géant américain focalise l'hostilité de pas mal d'auteurs, qui le considèrent comme responsable du déclin des petites librairies. 

Je me garderai bien de trancher ce débat du point de vue d'une lectrice, même si, aussi méritoire soit-elle, la solution alternative mise en place par les libraires : le site librairiesindependantes.com, me semble encore assez peu pratique. 

En revanche, je suis contrainte de trancher en tant qu'auteur indépendant : jusqu'au jour (très lointain, étant donné l'attitude belliqueuse de l'édition traditionnelle envers l'autoédition) où les libraires accorderont une place, ne serait-ce qu'au meilleur de la production indé, Amazon restera incontournable. Et je ne doute pas que si la multinationale fait assidûment la part belle aux indés, c'est parce que ses dirigeants ont une conscience aiguë de la situation. 

Des solutions alternatives sont à l'étude, là encore, et tant mieux ; mais d'ici à ce qu'elles nous rendent un service équivalent, il coulera de l'eau sous les ponts. Le service gratuit proposé aux auteurs autoédités par Amazon (enfin par KDP, son interface de publication) reste à ce jour inégalé : la procédure est simple et rapide, les royalties tombent à 60 jours aussi sûr que le soleil se lève, le service clients dédié aux auteurs, sympathique et réactif, est le meilleur que j'aie jamais connu… 

Enfin, la boutique en ligne d'Amazon touche un nombre de lecteurs potentiels à faire pâlir d'envie les plus grands éditeurs, aussi bien pour les livres « papier » que pour les formats numériques à lire sur une liseuse Kindle ou sur les applications pour tablette, smartphone, PC ou Mac (oui, le format « propriétaire » .mobi est un handicap : par exemple, il n'est pas accessible sur Kobo ; mais vous pouvez annoncer à vos lecteurs qu'ils n'ont pas besoin de posséder une liseuse Kindle pour le lire, car il suffit de télécharger une appli gratuite dans le menu d'Amazon).

Malgré tout cela, autant vous avertir que pour qu'un livre devienne un gros succès sur Amazon, mieux vaut qu'il soit de genre et de style « grand public ». Si vous écrivez de la romance, des thrillers ou des ouvrages pratiques, n'hésitez pas : optez en priorité pour cette plateforme de publication.


L'option KDP Select

Amazon vous propose d'y souscrire en arguant qu'elle vous procurera les avantages suivants :

1°) Un taux de redevance à 70 %… pour les ventes que vous réalisez au Japon, en Inde, au Brésil ou au Mexique. Peu attractif, donc ! Vous bénéficiez déjà de ce taux dans les zones géographiques habituelles, pourvu que votre ebook soit vendu au moins 2,99 €.

2°) L'option KDP Select, qui vous permet de (et vous oblige à) faire entrer vos livres dans les bibliothèques de prêt gratuit Kindle. (Lesquelles, souligne KDP, sont disponible dans une liste de pays à faire pâlir d'envie… si l'on est disposé à croire que nos œuvres immortelles vont passionner les lecteurs japonais ou brésiliens. 😄)

Moi, j'apprécie cet aspect de KDP Select, parce qu'il me permet de faire découvrir certains de mes ebooks et génère des redevances non négligeables. Le mode de calcul du site double pratiquement le nombre de pages « KENPC » pris en compte par rapport à la taille réelle de l'ebook, ce qui rend la formule plus attractive pour l'auteur.

Malgré tout, prudence ! Ces redevances ne seront substantielles que pour des pavés ou des ouvrages à succès. Pour une nouvelle ou un mince opuscule, songez que chaque page KENPC lue ne vous rapportera qu'environ 0,0029 € au tarif actuel – lequel tendra sans doute à baisser inexorablement, puisqu'il résulte d'un savant calcul entre le chiffre d'affaires Kindle et le nombre total de pages lues ; or, le nombre d'auteurs et de publications croît sans aucun doute plus vite que le nombre de lecteurs… (Aux dernières nouvelles, il paraît que ça remonte quand même, ô joie ! Profitons de cette embellie.) 

En contrepartie, vous serez empêché de placer votre ouvrage dans une autre vitrine, par exemple gratuitement sur des sites comme Scribay ou Monbestseller. En effet, l'option KDP Select vous interdit de proposer votre ouvrage ailleurs (y compris sur votre propre site) ; du moins, en format numérique. Eh oui, c'est ballot ! Réfléchissez bien au rapport avantages/inconvénients, et si vous optez pour KDP Select, soyez très attentifs à ne pas violer cette règle, car cela vous ferait encourir la fermeture de votre compte auteur.

Avertissement : l'option KDP Select se souscrit par périodes de 3 mois. Si vous prévoyez d'en sortir, pensez à décocher la case de renouvellement automatique (dans l'interface KDP, onglet Bibliothèque, bouton « Promotion et publicité » en face de votre livre, puis bouton « Gérer votre inscription à KDP Select »).

3°) Deux outils de promotion « remarquables » d'après KDP : « l’outil Kindle Countdown Deals, qui vous permet de proposer votre livre à prix réduit pour une durée limitée tout en percevant des redevances ; et l’outil de promotion Livre gratuit, qui permet à vos lecteurs du monde entier d’obtenir gratuitement votre livre pour une durée limitée également. »

Le premier de ces 2 outils n'est pas encore disponible pour le marché français.

Le second, Livre gratuit, est nettement plus intéressant. Amazon vous permet de mettre votre livre en promotion gratuite jusqu'à 5 jours par période de souscription à l'option KDP Select, donc par trimestre
Cela peut permettre de donner un coup de projecteur sur un ouvrage, le temps d'attirer l'attention des lecteurs.

Attention, cependant ! Les lecteurs qui engrangent des livres gratuits sont souvent très, très longs à les lire – quand ils les lisent : c'est un peu comme d'acquérir pour quelques euros, dans une brocante, des gadgets que l'on sera surpris de retrouver un jour au fond d'un placard. Par conséquent, lancer une promotion gratuite pour récolter rapidement des commentaires peut se révéler une mauvaise idée.

J'ai testé la promo Livre gratuit à plusieurs reprises. Le résultat fut spectaculaire pour Zone franche, puisque cela l'a propulsé à la 6e place du top Littérature sentimentale et à la 30e place du top 30 général, soit une visibilité dont mon livre a tiré profit pendant 3 semaines avant retomber dans les abysses. 

Souvent, il n'en faut guère plus pour que les ventes s'envolent durablement. La mayonnaise aurait pu prendre, elle ne l'a pas fait. Pourquoi ? Parce que ce roman a beau être une histoire d'amour, ce n'est pas le roman à l'eau de rose dont les lectrices Amazon sont majoritairement friandes ; bien au contraire, Zone franche en viole à peu près tous les codes, pour plutôt camper deux héros forts et tourmentés luttant pour s'en sortir dans un monde impitoyable, tout en se jouant de ses règles jusqu'à franchir la ligne pour de bon. Résultat : après une ruée sur le titre suscitée par la couverture très « romance », les ventes se sont effondrées.

Petite leçon à en tirer : veillez à bien annoncer la couleur, car un lecteur trompé sur le contenu, même involontairement, risque de vous le faire payer.

D'autant plus que, curieusement, le lectorat des promos gratuites est tout sauf indulgent. Pour Zone franche, trois amatrices de romance pure et dure m'ont gratifiée de commentaires pour le moins vachards. D'autres auteurs m'ont rapporté des mésaventures comparables suite à des promos gratuites.

Dans le même ordre d'idées, je ne suis plus du tout favorable à une tactique que j'avais beaucoup testée moi-même à mon arrivée chez Amazon sous un pseudo inconnu : mettre son livre au prix plancher de 0,99 €. Là encore, il se confirme que les acheteurs à prix cassés font souvent peu de cas de leurs achats : ces ebooks ne sont parfois jamais lus, parfois critiqués avec une aigreur disproportionnée. 

Toutefois, une promo à 0,99 € peut être un moyen élégant de faire découvrir votre roman à vos collègues auteurs, qui font beaucoup d'efforts pour soutenir leurs camarades, se donnent la peine de commenter, voire chroniquer leurs ouvrages – et rarement dans le cadre d'un échange lecture contre chronique, comme c'est le cas pour les blogueurs ; beaucoup d'auteurs mettront un point d'honneur à acheter votre livre, comme ils aimeraient qu'on le fît pour les leurs ; or, personne n'a un budget extensible à l'infini. Une petite promo de temps à autre permet de s'entre-lire sans se ruiner.

Il y a aussi la formule que j'ai choisie : faire découvrir mes différents styles et genres en proposant pour 0,99 € des histoires courtes (Apéribooks) ou des épisodes de feuilletons. Il y aura toujours des grincheux pour se plaindre que c'est cher payer pour 40 pages en moyenne, oubliant qu'il est question de plusieurs jours de travail pour le prix d'un pain au chocolat industriel et que par ailleurs, Amazon n'autorise pas les prix inférieurs à 0,99 € ; mais tout est dans le soin que vous apportez à votre texte, car beaucoup de lecteurs, heureusement, préfèrent une bouchée gourmande à un pavé indigeste. Quoi qu'il en soit, ces écrits à déguster sur le pouce partent comme… des petis pains. 😉

Pour conclure, je peux attester que j'ai vu quelques-uns de mes autres ebooks entrer dans le top 50 général et dans les tops 10 des catégories grâce à des promotions gratuites. Aucun miracle ne s'est ensuivi, mais encore une fois, je suis un auteur littéraire, attaché au style, au message et non à ratisser large ; mon véritable lectorat n'est qu'un infime micoscosme au sein du vaste public d'Amazon.


Au final, faut-il ou non souscrire l'option KDP Select ? Ma réponse perso est oui, uniquement pour vos ouvrages vendus au moins 2,99 € ; autrement dit, éligibles aux fameuses offres éclair.

Car nous allons maintenant évoquer les principaux avantages d'Amazon : les promotions exceptionnelles.


L'offre éclair

Ne me demandez pas par quel procédé exact sont choisis les heureux participants à ces ventes flash – les promotions les plus intéressantes qui soient, puisque Amazon met sa colossale puissance de frappe au service de 3 livres seulement par jour : 3 heureux élus qui sont placés en point de mire pendant 24 h, moyennant une baisse de prix d'au moins 70 %.

Il n'est pas rare que ces promos se traduisent par des centaines de téléchargements dans la journée. Par conséquent, une offre éclair peut faire entrer un livre « grand public » directement dans le top 10 général, et à coup sûr en très bonne place dans les tops des rubriques et sous-rubriques (par exemple « Littérature sentimentale – Contemporaine ». Le Graal, quoi !

Cerise sur le gâteau, ce miracle n'est pas éphémère. Le bénéfice ne s'arrête pas aux téléchargements du jour J : les pages lues s'envolent aussi, et le tout (ventes + pages lues) mettra en général plusieurs mois à atterrir. J'ai eu la chance, en janvier dernier, de bénéficier d'une offre éclair pour 2 ebooks à 2 jours d'intervalle ; j'en ai fait mes choux gras jusqu'en juin. 

Quelles sont les conditions de participation ? C'est simple :

– Avoir son ebook inscrit à KDP Select.

– Le vendre au moins 2,99 €.

– Avoir au moins 2 commentaires représentant une note moyenne d'au moins 3 étoiles.

– Ne pas avoir pratiqué de baisse de prix sur cet ouvrage depuis au moins 4 mois. Ce dernier point impose une précaution élémentaire : ne JAMAIS baisser le prix d'un ebook éligible à l'offre éclair. En revanche, vous pouvez bien sûr le baisser si vous espérez prolonger ainsi l'effet d'une offre éclair… juste après en avoir bénéficié.

– Enfin, proposer un format broché en plus de l'ebook est un plus qui , lors de la sélection des heureux élus par l'algorithme, peut faire pencher la balance en faveur de votre livre.


Le Mois des Indés

Sorte de pendant amazonien à la rentrée littéraire de l'édition traditionnelle, cette toute nouvelle promotion fonctionne de la même manière qu'une offre éclair ; mais au lieu de ne mettre en avant que 3 ouvrages par jour, Amazon met en compétition des centaines d'ouvrages autoédités pendant tout le mois d'octobre. Autant dire qu'il est pratiquement aussi difficile de s'y faire remarquer que dans le concours Les Plumes francophones, dont je parlerai plus loin.

Remarque concernant l'offre éclair et le Mois des Indés : si certains de vos livres sont éligibles, Amazon vous enverra un formulaire où vous devrez choisir lesquels vous allez proposer. 
Or, dans le document actuellement utilisé, vous ne pouvez pas définir un prix pour chaque ouvrage. Autrement dit : si, ayant 2 livres éligibles à des prix différents (par exemple, l'un vendu au départ 3 €, l'autre 6 €), vous espérez que les deux seront proposés en offre éclair, vous serez obligé de définir leur prix en fonction du moins cher : 3 € - 70% = 0,99 €, prix plancher sur Amazon. 
Et c'est ainsi qu'en janvier, puis actuellement pendant le Mois des Indés, je me retrouve avec Les trois Sages à 0,99 € alors que son prix de départ est 9,99 €. Bon, tant mieux pour les lecteurs ! Mais il s'agit là d'une petite lacune, volontaire ou non, dans le système KDP.


L'offre du mois

Il s'agit encore d'un autre genre de promotion : tous les mois, Amazon propose 100 ebooks soldés à au moins 50 % de leur prix de départ. Mon roman Autant en emporte le chergui en a bénéficié il y a un an, mais je n'ai pas vraiment constaté de miracle. En revanche, le formulaire de souscription était (en 2016, en tout cas) beaucoup plus détaillé que ceux des offres éclair ou du Mois des Indés, et j'avais pu y fixer un prix promo distinct pour chaque livre proposé.


Les Plumes Francophones

Je ne pouvais clore ce paragraphe sur Amazon sans évoquer son fameux concours ouvert aux auteurs autoédités.

Sur les chances de faire partie des trois vainqueurs, tout ce que je pourrai dire, c'est que ces derniers sont « élus » par un algorithme. Autant dire que la qualité littéraire n'entre pas en jeu a priori ; il s'agit là d'une loterie basée sur le nombre de commentaires, d'étoiles et bien sûr, de ventes – ce qui a le tort considérable d'inviter les auteurs à toutes les magouilles imaginables. Par conséquent, les palmarès sont extrêmement inégaux, pouvant consacrer aussi bien une daube mal ficelée qu'un roman de très bonne facture.

L'avantage des Plumes Francophones, c'est (en théorie) un regain de visibilité, dû aux efforts du site pour promouvoir les participants au concours. Je me suis inscrite en 2016 avec Autant en emporte le chergui, sans aucune retombée notable en termes de visibilité : il y avait, sauf erreur, plus de 1 000 participants – autant dire que vous serez une aiguille dans une meule de foin. Néanmoins, comme on dit, « ça ne mange pas de pain » !



4) LA PROMOTION SUR LES AUTRES PLATEFORMES

Sur ce point, j'avoue ma totale incompétence : auteur Amazon je suis, auteur Amazon je reste, davantage par souci de me simplifier la vie que par conscience du fait que cette plateforme est, à l'heure actuelle, la plus grosse machine de guerre dont puissent disposer les auteurs autoédités. 

Tout ce que je dirai, c'est que ceux qui souhaitent proposer leur ouvrage à titre gratuit de façon permanente se trouveront bien de sites tels que Monbestseller (assez puissant, avec une importante communauté, ce site attire quelques éditeurs « chasseurs de têtes » et propose aussi des services payants), Scribay (très convivial), Atramenta (avec mise à disposition gratuite d'outils comme Grammalecte), ou encore Wattpad (que j'entends beaucoup critiquer). Tous présentent des atouts et des faiblesses ; à vous de choisir celui où vous vous sentirez le mieux. 

Quoi qu'il en soit, attention à ne pas confondre ces sites de publication gratuite avec les sites d'édition en ligne – voire, pour certains, d'arnaque à l'édition – dont le but est, soit de prélever une partie de vos droits, soit de vous vendre des services de publication obligatoires, soit les deux. On pourrait débattre longuement sur les intentions et compétences des uns et des autres ; je me contenterai de répéter que ce ne sont pas des sites gratuits et qu'il ne faut s'y risquer qu'en connaissance de cause.

Pendant que nous y sommes, un détail vous intéressera peut-être : comment publier un livre gratuitement sur Amazon, où un prix minimal de 0,99 € est requis ? Ce qu'il faut, c'est publier sur Amazon – sans option KDP Select, bien entendu –, puis à titre gratuit sur l'une des plateformes citées plus haut, et avertir Amazon que l'ouvrage est proposé gratuitement sur un autre site (en joignant la preuve) ; Amazon s'alignera dans un délai assez court.
Il est préférable de faire passer cette information par une tierce personne, car Amazon n'aime guère ce genre de procédés et pourrait théoriquement sévir, surtout s'il s'agit de votre unique publication. Pour ce qui est des gratuités, disons, productives, comme lorsque le premier opus d'une série ou saga sert d'appât pour faire acheter la suite, une certaine tolérance a cours, mais prudence…


5) RÉALISER DES VIDÉOS (bande annonce, teasertrailer…)

Une bonne vidéo en dit plus qu'un long texte et donne davantage envie de découvrir le livre. 
À l'inverse, une vidéo ratée est contre-productive. 

Si vous en avez les moyens, je vous conseille de passer par un prestataire compétent. Si vous voulez faire votre vidéo vous-même (concocter ses couvertures ou ses trailers représente une grosse prise de risque, mais cela fait partie des tâches créatives qui pimentent l'aventure de l'autoédition), il existe des outils au moins en partie gratuits, comme le site Kizoa qui n'est pas exempt de bugs, mais rend bien service.

Partagez cette vidéo sur YouTube (lien direct depuis Kizoa), DailyMotion, ainsi que sur votre blog (où vous pouvez aussi l'intégrer) et vos réseaux sociaux, intégrez-la sur votre page auteur sur Amazon, etc.



6) AFFICHER SON OUVRAGE DANS LES BIBLIOTHÈQUES EN LIGNE

C'est indispensable, car non seulement ces sites sont très fréquentés par les lecteurs, mais ils sont souvent très bien indexés, ce qui fait que la fiche de votre livre apparaîtra dans les résultats quand quelqu'un tapera son nom dans un moteur de recherche.

Bibliothèques en ligne les plus connues : 
Babelio, BooknodeGoodreadsLivraddictMy library online

Mettre soi-même son livre sur ces sites ne fait pas très sérieux, même si certains auteurs s'y risquent, peut-être par ignorance des usages. D'autres se donnent la peine de prendre un pseudo pour ce faire ; en général, leur ruse est vite éventée. Le mieux, c'est de demander aux blog'litt qui chroniqueront votre ouvrage de bien vouloir s'en charger. Le plus souvent, ils le font spontanément.

Parfois, les blog'litt parleront aussi de votre livre dans des forums de lecture, comme par exemple Club de lecture ou Livr'Actu.


7) TENIR UN BLOG

C'est indispensable si vous désirez communiquer de façon plus permanente qu'à travers un réseau social, aussi bien avec vos lecteurs qu'avec les autres auteurs. 
Sur un blog, vos interventions ne finiront pas enterrées en quelques heures sous des kilomètres de fil de discussion ; elles seront classées par rubriques et par dates, et dans dix ans, vos visiteurs pourront toujours les découvrir s'ils le souhaitent.

Évidemment, mieux vaut traiter des sujets d'intérêt général plutôt que de se borner à disserter sur soi-même, sa vie, ses livres. 
Cela paraît tomber sous le sens, je vous l'accorde… mais une quantité ahurissante de blogs semblent exclusivement voués à proclamer « mes livres sont les meilleurs, achetez-les ! ». La pensée positive et la méthode Coué fonctionnent très mal en l'occurrence : si, pour capter comme par magie un lectorat fasciné, il suffisait à un auteur débutant (ou pas) de se comporter comme s'il était un célébrissime écrivain dont les pensées profondes et le nombre de selles quotidiennes passionneraient la terre entière, croyez-moi, cela se saurait…

Wordpress est la plateforme la plus utilisée, mais le choix en la matière est assez vaste. J'ai opté pour Blogger, la plateforme de blog de Google : elle bénéficie forcément d'un excellent référencement. D'accord, les facéties de la mise en page me rendent souvent chèvre, mais j'imagine bien que ce n'est pas propre à Blogger. 
Du fait du lien naturel avec le réseau social Google+, le partage des articles se fait en un clic, et moyennant le réglage requis, les commentaires récoltés sur Google+ apparaissent sous mes articles avec ceux rédigés par les visiteurs de mon blog.

Comme je le mentionnais dans mon premier article sur ce sujet, vous pouvez prendre la précaution (incontournable, d'après les auteurs indés qui ont réussi) d'inclure sur votre blog un autorépondeur qui collectera les adresses email de vos visiteurs – avec leur accord, bien entendu : il y a des lois en la matière, votre blog doit s'y soumettre ; voir plus loin – et vous permettra de mettre en place une newsletter ou des envois groupés pour annoncer, par exemple, une promotion ou la sortie d'un nouveau livre.

Pour être sûrs de rester dans la légalité, voici un précieux article du fameux blog Presse-citron.


8) CONTACTER LES MÉDIAS LOCAUX

La plupart du temps, la presse régionale se fera un plaisir de consacrer à un auteur du coin un petit article dans ses pages locales ; surtout si vous donnez dans la littérature de terroir, ou si vous cultivez une originalité quelconque.

Parfois même, vous pouvez espérer passer sur France 3. Cela m'est arrivé pour une activité plus tonitruante, et à l'occasion d'un événement assez rare pour faire la Une de Point de Vue. Mais rien ne vous empêche de tenter l'aventure : qui n'essaie rien n'a rien…

Ce qui est souvent oublié, et peut pourtant vous valoir une audience non négligeable, ce sont les radios locales. Pour peu que vous ayez des idées intéressantes et une aptitude à tenir le micro de façon claire et vivante, vous serez bienvenu(e) sur leurs ondes.


9) DÉMARCHER LES MÉDIATHÈQUES ET LES LIBRAIRIES

Pour ce qui est des médiathèques, leur procédure d'achat est souvent très encadrée, ce qui prive de toute chance les auteurs autoédités.

Il arrive cependant que certaines fassent preuve de souplesse. L'association que je suis en train de refonder mettra à la disposition des auteurs une liste ouverte de médiathèques et blibliothèques qui acceptent les ouvrages d'auteurs indés.

De par leur lien forcé avec l'édition, qui considère l'autoédition comme de la concurrence déloyale, les librairies aussi sont souvent fermées aux indés. Certaines ont l'esprit plus large. Commencez par celles de votre ville ou quartier, en proposant de mettre quelques livres en dépôt ou, mieux, d'organiser une animation : séance de dédicaces ou conférence.

De grandes librairies comme la FNAC peuvent aussi accepter un ouvrage autoédité. Attention, il s'agit rarement de le mettre en rayon – même si certains auteurs y parviennent –, mais seulement de le référencer sur leur site, afin que des clients puissent le commander sur internet. 

Gardez à l'esprit que l'option KDP Select vous interdit une telle aventure.
J'ignore si a contrario, le fait d'être un auteur Kobo (la liseuse de la FNAC, comme Kindle est la liseuse d'Amazon) peut favoriser votre candidature.

Pour faire référencer votre livre en vue de le vendre via la FNAC, je vous conseille cet article qui vous démontrera, hélas, que cette démarche n'est pas forcément à conseiller.

Pour intéresser les médiathèques, les libraires – en dehors des rares petites librairies qui accepteront un dépôt de livres – et les sites de vente en ligne (FNAC, Chapitre.com, Decitre…), votre livre doit être référencé sur la base de données Dilicom ou sur Electre, qui accepte les livres autoédités. Voir par exemple cet article, qui évoque aussi le cas de la FNAC.

Par curiosité, vous pouvez aussi consulter cet autre article.

Mention spéciale pour le réseau Cultura, qui organise des séances de dédicaces d'auteurs indés.

Enfin, les centres culturels Leclerc mettent volontiers en avant les auteurs locaux.


10) PARTICIPER AUX SALONS DU LIVRE

Si vous avez la possibilité de vous déplacer, les salons du livre sont un excellent moyen de vous faire connaître et de vous frotter aux lecteurs. 

Les plus connus sont généralement fermés aux autoédités, bien que La Forêt des Livres, créé par feu Gonzague Saint Bris, ait donné le bon exemple. 

En revanche, il se crée de plus en plus de petits salons dédiés à l'autoédition, et il existe de formidables salons mixtes à taille humaine, parfois spécialisés dans un genre littéraire, comme le sympathique et dynamique Fantasy en Beaujolais. Là encore, une liste ouverte sera proposée par l'association. 

En attendant, voici un article à lire sur ce sujet.


11) PARTICIPER À DES CONCOURS

Les concours littéraires sont une manière directe et efficace de faire connaître un auteur. Parfois, ils peuvent lui permettre d'entrer dans l'écurie d'un éditeur – pas dans la grande édition ; mais Harlequin, par exemple, recrute régulièrement par ce biais.

Le plus souvent, il s'agit de concours de nouvelles. Beaucoup se déroulent sur internet, d'autres sont organisés par des communes, des médiathèques ou des associations. Vous trouverez des listes sur ce site.

Par ailleurs, beaucoup de micro-éditeurs pratiquent ce que l'on appelle des « appels à textes » : ce ne sont pas exactement des concours, mais ils débouchent sur une publication, la plupart du temps dans le cadre d'un recueil.


12) PISTES COMPLÉMENTAIRES

Il existe d'autres moyens d'envoyer votre livre à la rencontre de ses futurs lecteurs : le faire participer à une opération Livre Voyageur ; préparer et distribuer des affichettes (flyers) dans votre environnement ; lancer un concours ; organiser des conférences – les lycées sont souvent ouverts à ce genre de proposition ; etc.

La jeune auteur Céline Alanord a vendu des centaines de son premier roman en un temps record grâce à une promotion originale, menée tambour battant dans son département.

À vous d'imaginer votre manière de battre le tambour !



Voilà, ami(e)s auteurs, c'était tout pour cette fois. Excellente promotion à toutes et à tous, et faites de beaux rêves…