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dimanche 23 janvier 2022

Stop !

 


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Petit à petit, des ressorts de la crise actuelle commencent à être décryptés par certains des commentateurs qui se laissaient manipuler.

Le rôle sordide des enjeux financiers et de la corruption devient flagrant.

Les observateurs les plus avertis entrevoient les objectifs politiques, stratégiques, embusqués derrière les premières évidences.

Mais je suis sidérée de constater que personne ne prend en compte l'un des facteurs aggravants de cette entreprise criminelle : au-delà du mépris, de l'égocentrisme, il y a la cruauté. La jouissance d'écraser les faibles, ceux « qui ne sont rien » et, de ce fait, se trouvent à la merci de leurs bourreaux tout-puissants.

Engoncés dans le confort (encore relativement douillet) d'une société tout en trompe-l'œil, beaucoup de citoyens demeurent inconscients des réalités de la nature humaine. Malgré les scandales récurrents de viol et de pédophilie – d'ailleurs largement sous-exposés –, ils ignorent l'effrayante prévalence du sadisme dans les cercles de pouvoir. *

Nous ne parlons pas ici d'un petit jeu sexuel entre partenaires consentants, mais de la pire des perversions : un authentique plaisir à faire souffrir des victimes impuissantes et, pour finir, à les anéantir.

Depuis bientôt 2 ans, on maltraite nos vieillards, on maltraite nos enfants. Les tentatives de suicide ont triplé chez les jeunes. Des enfants de 6 à 9 ans passent à l'acte, et trop d'entre eux n'y survivent pas. Tragédie sans précédent – comme l'est leur souffrance quotidienne… si facile à ignorer, puisque le plus souvent intériorisée, ainsi que le sont tant de violents traumas psychiques.

Vous vous bercez de l'illusion que tout cela émeut nos élites ? Apprenez que, bien au contraire, cela excite très fort une partie d'entre elles. Voilà pourquoi une frange complotiste évoque leur « satanisme ». Sans endosser ce vocabulaire, je souscris au constat. Oui, ces sombres pulsions  existent, et sont même assez répandues. Alors ne comptez pas trop sur nos dirigeants mondiaux pour s'extraire volontairement de leur dirty trip.

Réveillez-vous. Dites stop. Protégez les innocents.



* Et à tous les niveaux de la société, bien sûr. Mais l'exercice du pouvoir peut décupler à la fois les mauvais instincts et le sentiment d'impunité, tout en procurant les moyens d'assouvir sa cruauté.



samedi 1 janvier 2022

« 22, v'là l'éthique ! »…

 

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Mes chers amis,

Pourquoi, pour titrer ce billet, ai-je choisi un avertissement sarcastique aux damnés voleurs de nos vies ?

Parce que je veux vous exprimer davantage que les vœux d'usage, à l'aube de cette année 2022 qui s'annonce celle de tous les dangers – non pas en termes sanitaires (au stade où nous en sommes, quelle personne sensée et un tant soit peu informée croit encore en l'épouvantail anxiogène du Grand Méchant Virus ?), mais en termes de rapt délibéré des libertés fondamentales.

Je vous exprime du fond du cœur mon soutien, ma sympathie, ma compréhension ; y compris envers celles et ceux qui, abusés par des pouvoirs politico-médiatiques ayant perdu en chemin toute humanité et tout sens de leurs devoirs, ont été amenés à se dresser de bonne foi contre leurs frères et sœurs humains plus lucides ou moins dociles, désormais considérés comme d'infâmes perturbateurs, voire comme des dangers publics.

Je vous exprime ma compassion pour toutes les contraintes absurdes, souffrances psychologiques, violations de droits et même privations de soins que vous avez subies jusqu'à aujourd'hui, et qui sont malheureusement appelées à s'accentuer si la résistance à ces maltraitances arbitraires reste ponctuelle, marginalisée, au lieu de devenir légitimement un immense ras-de-bol populaire.

Mes pensées vont aux familles endeuillées au cours des 2 années passées, que ce soit à cause de la covid faute d'administration de traitements précoces (pourtant exigés par la bonne pratique médicale, comment peut-on l'oublier ?), ou suite aux effets indésirables d'une réponse « de santé publique » prétendument miraculeuse.

Le miracle n'est que financier, pour une industrie avide et sans scrupules qui tire de votre souffrance des profits démesurés, sans encourir pour autant le moindre risque juridique, grâce à la complicité de nos élites dévoyées.

Le miracle n'est aussi que politique (en version totalitaire), pour les élites en question – depuis les gouvernants, pantins dociles en même temps qu'addicts à leurs misérables pouvoirs, jusqu'à leurs puissants donneurs d'ordre, mus par des objectifs aussi pervers que démentiels.

… « Miracles » purement matérialistes, donc dérisoires et, soyons-en sûrs, provisoires : l'avenir finira par donner tort à ces sinistres Machiavels, et ils paieront le prix de leur folie…

Mais quelle consolation en tireront les innombrables victimes qu'ils auront détruites au passage ? À quel point aura régressé l'humanité, réduite par leurs soins à une sous-condition qui – au nom d'un « progrès » technologique transformé en instruments de contrôle des masses et en solutions délirantes pour milliardaires affolés par l'idée de leur propre mort – aura nié des millénaires d'évolution accomplie pas à pas, au prix du sang, en termes d'éthique et de droits de l'Homme ?

2022 sera l'heure du choix. Il est encore temps de dire « stop ! » à ces dérives dystopiques. Dérives dont, moi qui suis au bout de ma vie, je ne verrai sans doute pas les conséquences. Je formule ardemment l'espoir que vous ne les verrez pas non plus, ni nos enfants, parce qu'elles auront échoué comme elles le méritent.

J'ai dû prendre mes distances avec mes proches pour les tenir à l'écart de mes propres positions : chacun agit et agira, ou non, comme il le souhaite. Mon rôle n'est pas d'appeler à la sagesse, à l'éveil des consciences, d'exhorter à s'informer sainement au lieu de se laisser bourrer le mou par des intervenants manipulateurs, pourris de conflits d'intérêts. Je crois à l'autodétermination de chaque personne.

Bien sûr, vous, mes amis, faites aussi comme vous l'entendez, dans un sens ou dans l'autre : seul compte votre libre-arbitre intégral, assumé. Aujourd'hui, quelle que soit la cause de votre mal-être ou de vos craintes, je veux juste vous dire : tenez bon. Gardez courage. Le pire n'est jamais certain, et la vie est infiniment plus forte, en fin de compte, que tous les tyrans « hors sol » qui prétendent en disposer.

Adressez une pensée fraternelle, plutôt qu'agressive, aux personnes qui ne partagent pas votre point de vue : chacune a ses raisons, que vous les jugiez ou non raisonnables ; chacune en paie ou en paiera le prix d'une manière ou d'une autre. Au bout du compte, la division, l'affrontement sont le plus à craindre : ils ne font jamais que des perdants.

Prenez soin de votre santé. Attachez-vous à profiter de chaque instant de l'existence. Veillez tendrement sur le moral des plus vulnérables, comme nos aînés et nos jeunes, et ne laissez pas des injonctions stupides et mortifères vous éloigner des personnes que vous aimez. Je me suis résignée à cette extrémité pour des motifs impérieux ; vous, il faut vous y refuser. Nous avons, ils ont besoin d'amour et de contacts physiques, tout comme de nature, de rires, de projets…

Bref, restez intensément vivants. C'est cela aussi, résister.

Bonne chance à toutes et à tous. 

 

dimanche 31 octobre 2021

Enfer et damnation

 

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Mes parents sont morts trop jeunes. Du moins, je le pensais jusqu'à ces derniers temps. Intègres, altruistes, désintéressés, ils se dévouaient passionnément à des causes qui ne rapportaient qu'épuisement et désillusions, mais leur procurait le sentiment si chaud, si nourrissant, d'avoir au moins fait de leur mieux pour améliorer quelque chose. Grâce à quoi je n'ai jamais vu les vicissitudes amoindrir leur flamme admirable.

Cependant, ils l'auraient perdue au spectacle des grandes manœuvres actuelles – et ne s'en seraient pas remis. Ils auraient souffert mille morts. J'imagine leurs yeux incrédules, leurs soupirs d'angoisse, leurs cris de réprobation. Ils sont certes partis beaucoup trop tôt, mais dans une bienheureuse ignorance de la dérive en cours. Aussi en suis-je venue, moi qui crève à petit feu d'endurer cette situation jour après jour, à éprouver un sentiment impensable : me réjouir qu'ils ne soient plus là.

Sans être dupes des hypocrisies du système ou de ses profondes injustices, mes parents se savaient encore en démocratie. Bien que tout sauf naïfs, ils étaient pétris des valeurs qu'ils faisaient rayonner à leur modeste échelle et voulaient les croire plus ou moins partagées par les dirigeants. Ils savaient ces derniers retors, velléitaires, corrompus, avant tout soucieux de faire perdurer leur pouvoir et leur rente ; mais pas dévoyés à ce point.

Quelle torture ce serait pour eux de constater ce qu'il se passe ! De voir combien nos « élites » méprisent leurs peuples et les craignent… au point d'avoir ourdi la mise en tutelle, implacable et irréversible, de populations au complet, de la Terre entière si possible, dans le misérable objectif d'assurer la pérennité de leurs privilèges. Sous les anciens régimes, les pires tyrans n'auront jamais fait preuve d'autant de machiavélisme ni de bassesse, que ce soit faute de moyens ou seulement aux fins d'éviter leur propre perte.

Hélas, la technologie rend les tyrans actuels sûrs de détenir très bientôt une capacité inédite : celle d'annihiler toute réaction et de faire régner à jamais un ordre sans faille, aussi injuste et arbitraire qu'ils le jugeront nécessaire. Nous assistons donc à ce phénomène inouï : la révolution des élites contre leurs administrés. 

Si les coalisés – politiciens, hauts fonctionnaires, dirigeants de multinationales, sous la houlette des richissimes corrupteurs qu'ils ont en commun – s'accordent le temps et prennent la peine de donner à leur putsch anti-démocratique une apparence juste, égalitaire, vertueuse, en un mot (qu'ils aiment tant brandir) « progressiste », ce n'est sans doute pas uniquement par prudence : ce luxe est parfois l'apanage des psychopathes qui, ne voyant plus aucun obstacle à leur folie criminelle, s'offrent le luxe pervers de l'affubler de fausses prévenances et de hautes motivations.

C'est à tort que le peuple de Rome soupçonna Néron d'avoir fait brûler sa ville « pour le bien commun »  – eh oui, le prétexte n'est pas neuf.

Il en est tout autrement de nos incendiaires d'aujourd'hui, à l'œuvre de par le monde pour nous précipiter dans l'enfer qu'ils ont conçu : celui de la cybersurveillance, du crédit social à l'occidentale, de la décroissance pour les « sans-dents » et d'une éternelle néoféodalité pour la caste pluripartite du capitalisme de connivence.

Gavés de nourritures industrielles, de biens de consommation et de loisirs superficiels, les peuples de ce siècle-ci n'ont malheureusement plus assez d'esprit critique ou d'énergie vitale – on y a doublement veillé – pour un sursaut massif. Ils subissent, procrastinent, ratiocinent. Pire : ils se dressent les uns contre les autres ou individus contre individus… Et se réveilleront trop tard, abusés jusqu'au point de non retour. 

« Ceux Qui Savent » étant méthodiquement empêchés de les éclairer (pour certains, veuillez m'en croire, c'est même tout à fait inenvisageable), qui leur ouvrira les yeux, les tirera de leur torpeur ?

Il faut toutefois garder confiance, mais ce n'est pas facile. Peut-être une crise financière sans précédent coupera-t-elle tôt ou tard les ailes de nos élites si sûres de leur triomphe. On en viendrait presque à l'appeler de nos vœux, bien qu'un tel chaos ne soit pas décemment souhaitable. En tout cas, votre humble servante compterait sans regrets au nombre des dommages collatéraux. Je ne mourrais pas l'esprit serein, comme mes innocents parents, mais au moins avec l'espérance d'une vraie grande réinitialisation. Non pas un « reset » artificiel opéré à son profit par la grande mafia des tireurs de ficelles, mais une chance exceptionnelle, pour la société humaine, de repartir sur de meilleures bases…

Ou pas. Nous verrons bien. Au moins, après nous avoir menés en enfer sans l'ombre d'un scrupule, nos arrogants bourreaux connaîtraient-ils enfin une forme de damnation. Car, je vous l'assure : privés de leur confort et de leurs prérogatives, ces « hors-sol » trop longtemps shootés aux régimes d'exception souffriraient beaucoup plus que leurs anciens administrés si tout le monde se trouvait renvoyé en bloc à l'ère pré-industrielle.

En résumé ? Mes amis, regardons avec clairvoyance ce qu'il se passe, mais restons jusqu'au bout aussi intacts que possible. Quoi qu'il advienne, tenons-nous-en fermement à notre ultime privilège : non pas la vie, ni un semblant de prospérité, ni le moindre pouvoir, mais le plus précieux d'entre tous, l'humanité. On peut nous museler, nous assigner à résidence, nous piquer comme du bétail (en ce qui me concerne, je le répète, il faudra un fusil hypodermique pour y parvenir), réduire à néant nos dernières libertés, nous déposséder de tout, nous serons encore en mesure d'exercer nos prérogatives inviolables : indépendance d'esprit, lucidité, solidarité, compassion, dignité, courage.

Tenez bon, mes amis. Rien n'est encore joué, et quand bien même ! Vous pouvez à bon droit garder la tête haute. Nous avons, nous aurons toujours ce qu'ils n'ont pas : une conscience.

 

PS : après coup, je prends connaissance d'un article qui ne manquera pas de nourrir votre réflexion. Pour y accéder, copiez le lien dans votre navigateur, puis remplacez les portions entre parenthèses par les signes indiqués et  les astérisques par des a.
https(2 points)(slash slash)www(point)limpertinentmedi*(point)com/post/le-s*nit*ire-est-un-pr%C3%A9texte-%C3%A0-une-gouvern*nce-tot*lit*ire?postId=846aefad-fa86-4a0f-8272-5e9a34af05f6

 

 

samedi 11 septembre 2021

Le sens de la vie

 


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Les gens se croient immortels.

Les puissants qui oppressent leurs populations semblent croire qu'ils profiteront éternellement de leur pouvoir, de leur argent, de leur train de vie. Ils vivent dans l'instant, enivrés de leur force éphémère comme s'il devait en être ainsi pour l'éternité.

Beaucoup de leurs victimes sont convaincues qu'il faut faire profil bas pour profiter plus longtemps, plus sûrement, du peu qu'on leur laisse. Elles se sentent en sursis, alors elles baissent la tête pour ne pas attirer la foudre dont on les menace.

Mais tout cela n'est qu'une situation transitoire. Pour les uns comme pour les autres, tout a une fin. Rappeler cette évidence paraît inutile, candide ! Et pourtant, tout le monde se comporte plus ou moins comme s'il allait se survivre à jamais.

Le confort matériel n'est rien ; la vie, peu de chose. Ce n'est qu'une brève parenthèse qu'il est vain de vouloir prolonger par principe.

En revanche, ce que l'on place entre ces parenthèses, chemin faisant, possède une valeur absolue.

On peut y entasser de la cruauté, de l'égoïsme, de la rapacité, de la duplicité, de la convoitise, de la jalousie, du mépris…

Ou de la lâcheté : le choix de ne pas intervenir, de ne pas choisir, de ne pas affronter ce qui nous paraît injuste ou révoltant…

On peut maltraiter autrui. Ou simplement raser les murs.

En fin de compte, qu'on le veuille ou non, on se retrouve vieux, malade, tremblant, désarmé, l'esprit en déroute.

Que l'on soit soigné par les meilleurs médecins de son pays ou confiné chez soi avec sa famille et du Doliprane…

Que l'on soit entouré d'une cour d'admirateurs ou allongé seul sur un trottoir, recouvert de cartons pour se protéger du froid…

Qu'aura-t-elle valu réellement, cette vie si courte et si dérisoire ?

1) Ce que nous emporterons avec nous, c'est-à-dire rien.

2) Ce que nous laisserons dans les mémoires. C'est déjà mieux… pour certains. Les autres seront deux fois morts. Ou pire : ils resteront exposés au pilori de l'Histoire.

3) Ce que nous aurons fait chaque jour, avec ou sans témoins. Voilà ce qui compte pour de bon.

La vraie valeur de l'existence, ce n'est en aucun cas ce qu'on en aura obtenu, parfois à coups de compromissions répugnantes ; ni ce qu'on aura réussi à conserver, parfois en se contentant de suivre scrupuleusement le fameux conseil des trois singes.

Non : ce qui compte, ce sont juste les petites pierres de sincérité, de courage, de compassion, de droiture, d'esprit solidaire, d'intelligence du cœur, qu'on y aura érigées en passant si vite, trop vite…

Et qui font tout le sens d'une existence. Et qui la justifient.

 

Courage à vous tous, mes amis. 


vendredi 27 août 2021

Icare vs "I care"



Chers ami(e)s,


Je vous partage aujourd'hui un extrait de l'ouvrage de Catherine Vidal (neurobiologiste, directrice de recherche honoraire à l’Institut Pasteur de Paris et membre du comité éthique de l’Inserm) qui s'intitule Nos cerveaux resteront-ils humains ?

L'article s'achève sur ces mots :

« Le cerveau humain est le résultat de millénaires d’évolution biologique qui ont permis l’émergence de la pensée. Cette connaissance semble échapper aux adeptes du transhumanisme qui, dans leur vaste majorité, sont des ingénieurs, des informaticiens et non des chercheurs en biologie ou en neurosciences. On ne s’étonnera pas que des sujets tels que la préservation de la biodiversité ou l’équilibre écologique de la planète ne soient pas leurs préoccupations majeures, ils préfèrent se déporter sur Mars et dans les stations orbitales… »

Comment ne pas identifier, dans ce que critique madame Vidal, la même dérive que celle à l'origine de la crise actuelle ?

Ce n'est pas un hasard si les milliardaires issus de la Silicon Valley ont massivement investi dans l'aventure en cours et se font juges et partie sur les réseaux sociaux. Ils n'agissent pas uniquement par intérêt, en vertu du principe selon lequel les individus parvenus au sommet de la chaîne alimentaire y ont été portés par des appétits matérialistes qui ne connaissent aucune borne. Ingénieurs, informaticiens, technophiles jusqu'au-boutistes, ces personnages sont aussi des fanatiques de l'innovation ; des hommes imprégnés de comics et de science-fiction, qui ont gardé leurs rêves de gosses et acquis les moyens de les réaliser – ou d'essayer. On peut très bien voir là un état d'esprit plutôt sympathique, en même temps qu'une opportunité pour l'humanité toute entière.

Oui, mais…


Baucher, célèbre écuyer du XIXe siècle, disait des éperons qu'il sont « un rasoir entre les mains d'un singe ». Il en est de même pour l'innovation.

Conçue et mise en œuvre avec prudence et longueur de temps, dans le souci de l'éthique et du principe de précaution, elle est source d'avancées bénéfiques à tous.

Élevée au rang d'un dogme qui ne souffrirait aucune remise en question, appliquée dans la hâte, au mépris d'éventuels dommages collatéraux, elle ne sert que ses inventeurs, leurs investisseurs et les fantasmes d'une minorité scientiste éprise de révolutions technologiques excitantes, quel qu'en soit le prix. « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme », écrivait Rabelais !

L'on doit aussi rappeler à ses adeptes de tous bords que le progrès n'est pas une vertu mais une « marche en avant », une « augmentation en bien ou en mal » qui peut donc conduire vers l'abîme tout autant que vers le mieux.


Pour finir, revenons sur les propos de Catherine Vidal : « Le cerveau humain est le résultat de millénaires d’évolution biologique qui ont permis l’émergence de la pensée. Cette connaissance semble échapper aux adeptes du transhumanisme qui, dans leur vaste majorité, sont des ingénieurs, des informaticiens et non des chercheurs en biologie ou en neurosciences. »

On pourrait les transposer, presque mot à mot, à ce qui est en train de se passer. « Des ingénieurs, des informaticiens et non des médecins de terrain dont le métier est de soigner 1 ou des éthiciens formés à veiller au respect du droit et des personnes ».

Je suis convaincue que nous sommes en train d'assister à un face-à-face historique entre technique et philosophie, entre profit et empathie, entre collusions stratégiques et valeurs universelles. De cet affrontement inégal dépendra la suite de l'Histoire.

Un vieil aphorisme me vient en tête : « Qui veut faire l'ange fait la bête ». En prétendant voler vers le soleil, Icare n'avait fait que brûler ses propres ailes. En s'acharnant à bouter le feu aux nôtres – sous prétexte de reprogrammer nos capacités naturelles, et même de reculer les limites de la mort –, les apprentis sorciers du XXIe siècle pourraient précipiter la chute de l'humanité toute entière.

 

1 D'un point de vue médical, il est en train de se passer exactement ce que décrit la chercheuse à propos du transhumanisme.

L'organisme humain est d'une infinie complexité, ses mécanismes de régulation, de recherche d'équilibre (homéostasie), sont encore loin d'être tous connus et compris. Seule l'arrogance démentielle de technolâtres hors sol peut amener à prétendre qu'imposer à ce corps une substance ou un assemblage exogène (souvenez-vous de l'expression indéniablement mégalomaniaque « logiciel de la vie ») suffirait à résoudre tous les problèmes possibles et imaginables.

Ce concept simpliste sert les desseins d'une industrie qui, depuis des décennies, s'est détournée de la préservation de la santé au profit du développement de traitements coûteux ; lesquels ne font souvent que masquer les symptômes, tout en n'étant pas dénués d'effets secondaires plus ou moins graves.

Au lieu de miser sur la prévention, d'aider le corps à faire le mieux possible ce pour quoi il est très bien conçu et, si nécessaire, de l'y aider par des moyens aussi peu nocifs que possible, on s'adonne « quoi qu'il en coûte » aux délices du dépôt de brevets et d'une course effrénée à la cotation boursière. Dérive très lucrative, donc, opérée au nom d'une conception de l'humain tristement binaire, mais intellectuellement séduisante pour les adorateurs du dieu Innovation…





 

dimanche 18 juillet 2021

Réflexions sur l'arbitraire


Photo de Dimitri Svetsikas sur Pixabay – pas d'attribution requise


Bonjour mes amis,

J'avais commencé à vous pondre quelques réflexions personnelles sur la situation actuelle, mais je suis tombée sur un article qui me semble intéressant.

Deux articles, en fait : l'un tiré du site d'un anthropologue et l'autre, qu'il reproduit, tiré de la publication d'une psychologue.

Que ces deux experts me pardonnent de ne pas citer leur nom ni mettre un lien vers leurs blogs, afin de ne pas attirer la foudre sur le mien. Il suffira à mes lecteurs de copier-coller un bout de leurs textes pour les trouver via un moteur de recherche.

J'ai expurgé ce qui suit de tout autre nom honni et également de tout mot-clef, non sans regretter de devoir compliquer un peu votre lecture.

Bref, je soumets l'ensemble de ces textes à votre appréciation, et je reviendrai vers vous ultérieurement.

Bon courage à tous, et que la liberté d'esprit soit avec vous !



Je re-publie ici avec l’accord de son auteure et une vive gratitude à son égard l’article figurant en titre.

[Bip !] est normalienne (Ulm), philosophe, psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie, spécialisée dans l’étude de la manipulation, de la paranoïa, de la perversion, du harcèlement et du totalitarisme. Toutes qualités qui offrent des ressources d’analyse utiles face aux vents mauvais de l’Histoire qui se sont remis à souffler.

Nombreux sont ceux qui font référence aux années ’30 et au nazisme, d’une manière qui n’est pas toujours comprise ou suscite même de l’indignation en référence à une tragédie sans commune mesure il est vrai -au moins pour l’instant- avec ce que nous vivons.

Sans vouloir participer à ce débat compliqué, je me dois de relever qu’au-delà des comparaisons douteuses ou déraisonnables, ce sont bel et bien les processus et les procédés dont il est question. Bien sûr, la ségrégation contre les non-vaccinés n’est pour l’instant pas comparable au port de l’étoile jaune, mesure imposée alors que la solution finale avait déjà été décidée par le régime hitlérien et relève d’un ordre de barbarie devant interdire toute comparaison.

Par contre, toutes les caractéristiques phénoménologiques de la dérive totalitaire sont bel et bien là : déformation et instrumentalisation de la science et des données, pensée unique, désinformation médiatique et presse partisane, répression des opinions divergentes (même sensées ou pertinentes), prohibition de certaines hypothèses scientifiques, étiquetage et stigmatisation des sceptiques ou dissidents, appel à la haine, transgressions de l’éthique et du droit, atteintes aux droits constitutionnels et aux libertés fondamentales, personnelles et publiques…

Désinformées gravement par 18 mois de propagande, les populations sont pour l’essentiel captives d'un narratif fallacieux qu’aucun élément de réalité ni aucune voix ne semble pouvoir contrer ou nuancer. Les plus titrés épidémiologistes, infectiologues, cardiologues, l'inventeur des thérapies à ARN messager lui-même mettent-ils en garde contre les dangers de l’expérimentation génique en cours et la "suppression" en cours de la vraie science ? Tout le monde s’en cogne ou à peu près !

Les remontées (largement défaillantes) de pharmacovigilance montrent-elles une véritable catastrophe post-vaccinale sans précédent dans l’histoire ? Les médias taisent l’information et les politiciens mentent de plus belle pendant que les médias n'invitent que les trois experts arrosés par l’industrie pharmaco-vaccinale pour produire des papiers de propagande !

Le Pr McCullough, épidémiologiste et cardiologue le plus référencé au monde dans le littérature scientifique soulignait par exemple qu’une campagne de vaccination contre la grippe avait été arrêtée il y a quelques années après le signalement suspect de 24 décès !

Pour les injections géniques expérimentales en cours, nous sommes à des dizaines de milliers de décès aux États-Unis et en Europe, se produisant à 80% dans la semaine suivant l’injection et attribuables à coup sûr à 86% à l’injection. Avec un million et demie (si vous avez bien lu) d’effets secondaires rapportés, dont plus d’un tiers de graves. Ceci alors que les nouveaux variants sont beaucoup moins agressifs que ceux de l’année passée et qu’il n’y a pratiquement plus de formes graves du Covid dans nos pays à l’heure actuelle…

Or que voit-on ? Des politiques comme Alain Berset ou Olivier Véran qui osent affirmer que le vaccin est parfaitement sûr et efficace (il n’est ni l’un ni l’autre) et mentent  comme des arracheurs de dents dans l’indifférence (ou plutôt la terreur) générale…

C’est dire si nous avons besoin du regard acéré d’une docteure en psychopathologie aguerrie aux processus de manipulation et de contrainte.

On m’objecte parfois que je tiendrais le même vieux discours du « tous pourris ! », opposition projective systématique et entêtée.

Mais comment nommer la toxicité, la brutalité voire la psychopathie de systèmes entiers ainsi que des malheureux ou des salopards (il y a des deux) qui les pilotent ?

C’est bien là où il convient que je m’efface devant les propos experts et implacables de [bip !]

 

Chroniques du totalitarisme 1 – La mise au pas du 12 juillet 2021

« Nous avons poussé si loin la logique dans la libération des êtres humains des entraves de l’exploitation industrielle, que nous avons envoyé environ dix millions de personnes aux travaux forcés dans les régions arctiques et dans les forêts orientales, dans des conditions analogues à celles des galériens de l’Antiquité. Nous avons poussé si loin la logique, que pour régler une divergence d’opinions, nous ne connaissons qu’un seul argument : la mort. »

Koestler, A. Le Zéro et l’Infini.

 

« Nous avons poussé si loin la logique dans notre politique sanitaire au nom de la santé pour tous, que nous persécutons les soignants, médecins et infirmiers, et les malades. Notre nouvelle définition de la santé est l’indifférence au consentement, le refus des soins adaptés et de la prescription par les médecins. Nous soignons les bien-portants (nous nommons malades des gens qui ne le sont pas) et délaissons les vrais malades. Le corps de chaque citoyen appartient désormais à l’État qui peut en jouir comme bon lui semble pour ses expérimentations médicales, et celui qui ne s’y soumettra pas, nous le négligerons, le maltraiterons puis le tuerons, qu’il s’agisse d’un malade qui désirait être soigné, ou d’un soignant qui désirait travailler », pourra tout aussi bien dire un haut cadre repentant du nouveau parti du totalitarisme sanitaire actuel.

Le discours d’*** du 12 juillet 2021 a opéré comme un coup de semonce dans la société française. Le pouvoir s’y est exprimé de façon tyrannique, clivant la société en deux catégories : les bons citoyens obéissants, et les autres. Sur les autres, la coercition sera exercée ; le pouvoir entend « soumettre ou démettre ». Nous nageons en plein harcèlement de masse, et je rappellerai la définition que j’en avais donné en 2006 : « Le harcèlement est un phénomène politique lié à l’histoire de l’humanité. Il « vise la destruction progressive d’un individu ou d’un groupe par un autre individu ou un groupe, au moyen de pressions réitérées destinées à obtenir de force de l’individu quelque chose contre son gré et, ce faisant, à susciter et entretenir chez l’individu un état de terreur » ([bip !], 2006). Mode d’expression de l’abus de pouvoir, de l’autoritarisme, de la tyrannie, il s’oppose à l’autorité comme le pouvoir injuste s’oppose au pouvoir juste. Il est la méthode parfaite d’asservissement utilisée par les paranoïaques dont je dis souvent qu’il est le « chef-d’œuvre » [1]. »

Bien entendu, un tel discours est traumatique et sidérant. Revendiquer le « choix de la liberté » en imposant de telles contraintes, avec une telle violence (chantage, menace etc.), sur les vies, serait un paradoxe risible, si cela n’entraînait pas des conséquences tragiques.

Que cherche le harcèlement ? [2] Conduire à l’autodestruction. Cette autodestruction débute par l’inflammation émotionnelle suscitée par les harceleurs : peur, colère, rage, impuissance, tristesse etc. Maîtrisons nos émotions. Qu’elles soient des guides, mais ne commandent pas. Car si les émotions commandent, elles nourrissent le sadisme des harceleurs. Elles font leur jouissance.

Que craignent les harceleurs ? Que nous les envisagions tels qu’ils sont : des fous, des pervers ou des paranoïaques qui font des crises de tyrannie car ils n’ont pas grandi, et demeurent psychiquement immatures, sans capacité de maîtriser leurs pulsions de transgression et de meurtre. Et que nous puissions leur opposer notre indifférence, celle du parent qui ne cèdera pas au caprice. Les peuples doivent éduquer leurs gouvernants, et non le contraire. Les ministres sont étymologiquement, les serviteurs du peuple. Un gouvernement qui prétend éduquer son peuple bascule aisément en tyrannie.

Pour cela il faut bien réfléchir : sur quels pans de nos vies les harceleurs ont-ils une prise ? Il est inutile de crier sa colère à un harceleur : il s’en délectera. Certains s’imaginent qu’en éliminant le pouvoir harceleur, avec des méthodes révolutionnaires, le problème sera solutionné ! Rien n’est moins sûr, car le venin de la paranoïa s’est immiscé dans le corps social, la méfiance de tous contre tous, le clivage et la persécution des jugés « non-essentiels », inutiles, dangereux ou mauvais. Ce n’est pas nécessairement parce que l’on élimine le gourou de la secte que la secte s’arrête. Parfois, la tête du gourou repousse. Et même, ce peut être en pire.

En revanche, ne plus donner rien de soi, ceci est un long processus qui demande un travail de distanciation interne, mais nécessaire. Nous avons l’illusion de nous connaître. Nous croyons naïvement que si l’on nous supprimait nos repères, nous ne saurions pas faire face. Le totalitarisme risque de pousser de nombreuses personnes au fond de leurs retranchements, dans ce lieu de leur être où elles toucheront l’expérience de l’amour inconditionnel, de la transcendance, de la pulsion de vie, de l’énergie spirituelle comme le nommait Bergson, ce qui en retour leur donnera la foi, la force, le courage et la détermination.

L’heure de la persécution paranoïaque a sonné. Les ennemis semblent désignés, mais ne nous y trompons pas. Il ne faut jamais croire le langage de la perversion. Elle vous assure que, si vous consentez à faire ce que vous ne souhaitez pas faire, alors vous serez tranquille et tout ira bien pour vous. Elle exige que vous renonciez à un petit bout de territoire de vous-même. Puis, la boîte de Pandore étant ouverte, il vous sera toujours demandé plus, et encore plus. C’est le fonctionnement même de l’emprise perverse, de la mise en esclavage psychique et physique.

Alors, peut-être qu’aujourd’hui certains se rassurent, en se disant que, s’ils sont des citoyens obéissants, ils seront épargnés, puisque la vindicte désigne une catégorie d’individus en particulier dans un corps social désormais considéré malade, et qu’il conviendrait d’amputer. C’est une erreur.

Dans les systèmes harceleurs, tous ceux qui se soumettent docilement et font du zèle, espérant passer entre les gouttes, finissent par être persécutés puis exécutés.

Car la paranoïa est une folie raisonnante ; il faut entendre qu’elle n’a rien de rationnel et ne s’embarrasse pas de contradictions. Au diable la logique ! La logique devient ce que l’angoisse psychotique exige : de la persécution, du sang, des morts, pour se calmer, toujours temporairement. Aussi, cela procède à l’arbitraire, et par vagues. Tous les totalitarismes ont agi ainsi.

Soljenitsyne nota bien l’incrédulité des gens ; ils pensaient être de bons citoyens bolchéviques, n’avoir rien à se reprocher et pourtant, les rafles ne les épargnaient pas ! Cette incrédulité leur donnait ainsi l’illusion que quelqu’un s’apercevrait bien de leur innocence… mais rien n’est plus faux car leur erreur était la croyance aveugle en l’existence d’une rationalité, dans ce qui n’était qu’une folie empruntant de façon frauduleuse l’apparence de la raison.

 

Ne pas comprendre qu’il s’agit d’une folie au sens propre, d’une psychose paranoïaque qui perfuse sa contagion délirante dans le collectif, rend vulnérable.

L’individu perd du temps à tenter de justifier une logique rationnelle et raisonnable à ce qui n’est que langage infatué d’un délire ne s’embarrassant pas du principe de non-contradiction ! Ne pas se préparer psychologiquement au déferlement de la violence est une erreur, aussi. Car la paranoïa fait régresser les individus psychologiquement fragiles, et ils sont nombreux, dans la « banalité du mal » [3], celle que la charge traumatique du discours d’*** a autorisée cette semaine en France. J’ai recueilli plusieurs témoignages de refus de soins d’êtres humains dans des hôpitaux ou cliniques car ils n’étaient pas « ***nés », notamment celui d’un chantage aux soins pulmonaires contre obligation ***nale à un jeune non-***né, ou encore le refus de soins dentaires à un retraité non-***né, ou encore un ultimatum donné à une personne diabétique avec blessure : elle ne serait plus reçue, même en urgence, sans test ou sans ce que le pouvoir a convenu d’appeler un « ***in ».

Le peuple français est harcelé, et certains, pensant atténuer la violence du harcèlement sur leur personne, font du zèle pour devenir les instruments de persécution des autres. Ils n’ont vraisemblablement eux non plus pas compris comment cela fonctionne… L’arbitraire, la logique de quotas, la recherche du mouvement éternel permettant d’assurer un contrôle des masses sont les ressorts des passages à l’acte du pouvoir totalitaire. Combien de maltraitances, combien de détresse, combien de souffrances, combien de persécutions, combien de morts, ce nouveau régime laissera-t-il dans l’Histoire ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne s’arrêtera pas en si mauvais chemin.

 

La psychose paranoïaque s’engage toujours au bout du déferlement totalitaire, avant d’agoniser en un râle exsangue, dans les mares de sang qu’elle a elle-même provoquées.

Puisque, depuis plus d’un an, nous ne parlons plus que de maladies et de morts, l’heure est venue pour ce type de questionnements métaphysiques : au moment de ma mort, aurai-je été en accord avec ma conscience concernant mon passé, mes actes, mes paroles ? Car il n’y aura rien d’autre que nous emporterons avec nous, que le scrupule moral dont notre conscience est le maître, et qu’elle nous oppose dans son miroir. « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn » [4]… est-ce cela que l’on désire pour soi-même ?

Le totalitarisme accule à un choix, le non-choix devenant un choix par défaut : soit accepter de se faire avaler dans la pieuvre géante, en renonçant à son intimité et à tout ce qui constitue son individualité (le sacrifice total exigé par la paranoïa), soit déclarer sacré l’être humain en tant que régi, non pas par les nouvelles lois de la nouvelle normalité totalitaire, mais par des lois transcendantes et immuables (ne pas tuer, ne pas transgresser).

Nous voici encore et toujours revenus à Créon et Antigone.

Où placer le sacré dans notre existence ?

« Il n’y a que deux conceptions de la morale humaine, et elles sont à des pôles opposés. L’une d’elles est chrétienne et humanitaire, elle déclare l’individu sacré, et affirme que les règles de l’arithmétique ne doivent pas s’appliquer aux unités humaines – qui, dans notre équation, représentent soit zéro, soit l’infini. L’autre conception part du principe fondamental qu’une fin collective justifie tous les moyens, et non seulement permet mais exige que l’individu soit en toute façon subordonné et sacrifié à la communauté – laquelle peut disposer de lui soit comme d’un cobaye qui sert à une expérience, soit comme de l’agneau que l’on offre en sacrifice. » [5]

 

Seule la Littérature est capable de restituer l’expérience totalitaire, car elle invite à retourner dans l’intime, cet intime que le pouvoir paranoïaque veut dévorer, de façon cannibale, en bloquant les issues de secours à l’incorporation, l’intime des sentiments, les états d’âme, la vibration de l’être en proie à ses doutes, à ses errances, à son désespoir mais également à sa volonté, à ses aspirations, à ses décisions, à ses convictions. dans le cadre des ateliers *****, qui auront lieu à partir du 12 août 2021, je mettrai notamment au travail l’œuvre de Koestler, Le Zéro et l’Infini [6].

Un dernier mot : nous ne sommes que de passage… dans ce « theatrum mundi », où nous jouons tous des rôles, desquels nous sommes plus ou moins dupes, où les uns et les autres se jugent (de mauvais citoyens mettant en danger les autres en n’acceptant pas les contraintes imposées par le gouvernement, de mauvais citoyens contribuant à la perte des libertés etc.), je suggère de revenir en ce moment à la méthode phénoménologique de Husserl dont je perçois de plus en plus qu’elle a été conceptualisée en réaction à l’idéologie totalitaire nazie : l’épochè

Qu’est-ce que l’épochè ? C’est la suspension du jugement, un antidote salutaire face à la surinterprétation paranoïaque qui a contaminé l’espace social. Suspendre son jugement face au délire, ne pas tenter d’y rentrer ni de le comprendre à tout prix, suspendre son jugement face à la surexposition des signes et des interprétations données. Suspendre son jugement et s’en distancer, pour ne pas sombrer dans les effets projectifs en miroir (que l’on voit si souvent dans les phénomènes harceleurs), et notamment, ne surtout pas sombrer dans « la fin justifie les moyens », adage politique selon lequel, pour se libérer du tyran, et au nom d’un autre idéal tyrannique (liberté et abolition de l’oppresseur « à tout prix »), il devient permis de devenir tyran à son tour en utilisant des méthodes similaires.

Ataraxie (suspension des émotions – absence de troubles émotionnels) et épochè (suspension du jugement) sont des outils de la philosophie, qui peuvent aider au témoignage, car c’est bien le témoin qui en définitive humanisera toute cette affaire, en ce qu’il inscrira les traces et la mémoire, et fera vivre l’adage latin « Homo sum humani a me nihil alienum puto » [7].

 

[Bip !], normalienne (Ulm), philosophe, psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie, spécialisée dans l’étude de la manipulation, de la paranoïa, de la perversion, du harcèlement et du totalitarisme.

[1] « Le harcèlement, chef-d’œuvre de la paranoïa », article paru dans Santé mentale n° 243, décembre 2019.

[2] Pour ceux qui souhaitent approfondir les mécanismes du harcèlement, je renvoie à ma somme sur le sujet

[3] Pour reprendre l’expression d’Hannah Arendt.

[4] Poème « La Conscience » de Victor Hugo.

[5] Koestler, A. Le Zéro et l’Infini.

[6] **********************

[7] Terence repris par Montaigne dans le célèbre « je suis un homme, et rien d’humain ne m’est étranger ».