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lundi 26 novembre 2012

J'aime la politique... Je ne l'aime pas.

Je m'insurge toujours quand j'entends exprimer la haine des politiques - un excès très en vogue. 

D'abord, il faut bien des volontaires pour gérer la collectivité ; or je connais peu de gens qui accepteraient d'assumer ces tâches-là, dévoreuses de vie et payées d'ingratitude. 

Le pouvoir corrompt peut-être - sans doute. Mais pour quelques stars politiques détenant un réel pouvoir, il est une foule immense d'humbles élus qui œuvrent bénévolement au bon fonctionnement des moindres rouages du pays et à la bonne santé de la démocratie. 

Rendons plutôt hommage à ces besogneux mal-aimés, motivés par le louable désir d'apporter leur aide ou d'exprimer leurs convictions. Quand je les vois ramer contre vents et tempêtes, j'éprouve de la reconnaissance. 

Et j'aime la politique parce que même si ses représentant y échouent trop souvent, elle incarne l'art de faire vivre les Hommes ensemble et d'inventer des solutions d'avenir.

En revanche, je ne l'aime pas quand elle offre le spectacle navrant des faiblesses humaines : l'avidité, la duplicité. Ou la lâcheté, la compromission. Ou encore la médiocrité absolue de l'égocentrisme. 

Mais soyons réalistes : pourquoi les hommes et femmes politiques seraient-ils globalement meilleurs ou pires que la moyenne des autres ? Certains sont meilleurs. D'autres, pires. On retrouve en politique la même proportion de gens de bonne volonté et de profiteurs du système que dans tous les domaines, à chaque niveau. 

Ce que l'on reproche si âprement à l'animal politique, c'est sa condition humaine ! Alors résistons à la tentation de faire de nos représentants des boucs émissaires pour tous les maux de la société. Ils ne font que refléter nos propres imperfections...  

vendredi 23 novembre 2012

Littérature : l'artiste et l'artisan



Depuis que je hante la blogosphère littéraire, je vois des blogueurs, souvent jeunes (mais pas toujours) s'extasier devant un nouvel ouvrage en le qualifiant de « génial ». Bon, le mot signifie maintenant « c'est excellent, j'ai adoré » (encore un verbe qui a dérivé bien loin de son sens originel). 
Tout de même, cela m'inspire une petite réflexion mélancolique sur la différence entre l'art et l'artisanat - en matière littéraire, car pour le reste je suis incompétente.

On parle souvent d'alchimie pour l'art d'écrire, or l'alchimie était un long processus de laboratoire fondé sur le savoir et la dextérité. Le hasard conduisait à l'échec. Tels les inventeurs, les meilleurs alchimistes recombinaient le fruit de leurs expériences et testaient des voies inédites, mais toujours méthodiquement, comme un artisan s'aventure dans de nouvelles techniques, de nouvelles approches esthétiques. Et là, nous frôlons peut-être l'art - mais l'art procède d'une inspiration indépendante de tout travail, quand l'artisanat, même créatif, repose sur un savoir-faire.

L'art, c'est le don de faire éclore des phrases qui touchent les sens, l'esprit, le cœur et l'âme. On peut évoquer un art de la formule, des « trouvailles », du style au sens artistique du terme - celui qui revisite la langue pour mieux véhiculer l'idée ou l'émotion. Bien au-delà de la simple créativité, ce résultat naît d'un élan qui coule de source, même quand la mise en forme exige du labeur comme en peinture, sculpture ou musique. 
Dans ses formes les plus irrésistibles, cet élan - l'inspiration - mérite le nom de génie. Rimbaud était un génie. Il avait le don de faire comprendre et ressentir des choses nouvelles et bouleversantes, rien qu'en jetant au vent une coulée de mots qui s'agençaient avec autant de naturel que d'évidence.

Nous sommes bien loin de cela s'agissant de « best-sellers » et plus généralement, de livres dits « grand public ». Là, il n'est pas question d'art, encore moins de génie, mais de la réalisation industrielle de produits de grande consommation. 
Dans les pays anglo-saxons, on apprend dès le collège à « fabriquer » un livre-produit. En France, pays d'Art par tradition, c'est plus souvent le fruit du cheminement personnel d'un auteur soucieux d'efficacité. 

En tant qu'auteur qui s'est donné beaucoup de mal pour réécrire son dernier roman dans une forme plus ludique, j'apprécie que l'on respecte ce savoir-faire. D'autant plus que la production estampillée « art littéraire » ne m'inspire plus le même enthousiasme que du temps des Boris Vian, Albert Cohen ou Jean Anouilh (pour ne citer que quelques auteurs parmi tous ceux véritablement géniaux). J'avoue même que le plus souvent, elle me paraît limitée aux élucubrations auto-satisfaites d'une « élite » germanopratine repliée sur son nombril, les uns encensant les autres en un cercle qui n'est pas sans rappeler d'autres pratiques de la même faune. Pas de quoi foncer chez le libraire.

Mais l'édition numérique et le web aidant, les petits éditeurs indépendants se multiplient, et la grande édition elle-même s'empresse avec raison de briguer les faveurs des lecteurs plutôt que de l'intelligentsia parisienne. 
La confection de l'immense majorité des livres est désormais une alchimie au sens artisanal du terme : un patient processus de mise en œuvre qui exige à la fois un bagage de connaissances pratiques, le respect des règles de construction et d'écriture, et souvent de la créativité - même si certains excellents romans se contentent d'appliquer méthodiquement une recette éprouvée.

Le style approprié est l'absence de style-art, c'est-à-dire un langage fluide, simplifié, sans la moindre fantaisie risquant de vous distraire ou vous déconcerter. Le plan est essentiel, car un suspense bien distillé permet d'entraîner le lecteur à courir de page en page - sans trop se poser de questions : la complexité de l'existence provoque un appétit exponentiel pour des ouvrages à gober sans effort. 

Je suis tombée des nues quand j'ai vu pour la première fois des blogueurs déclarer qu'ils lisaient « pour se vider la tête ». Moi qui m'obstinais à lire pour me la remplir ! Je n'adhère pas aux livres creux, ils m'ennuient quel que soit leur rythme ou leur adresse. Mais je comprends la mode actuelle (en phase avec une époque de malbouffe et de malculture) des romans vite concoctés, prédigérés, pas dérangeants. Le livre devient une évasion au Club Med sans complications superflues, et les éditeurs une agence de voyage, vendant des parenthèses dans une réalité morose. Je suis sans doute un peu folle et outrancièrement optimiste de préférer partir à l'aventure, en m'invitant chez l'habitant...

Toutefois je me calme en vieillissant, et me tourne de plus en plus vers le plaisant dépaysement de la littérature fantastique, fût-elle « jeunesse ». J'ai dévoré Harry Potter - un travail remarquable, même si je préfère l'engagement philosophique de Pullman ou l'expertise diplomatico-géopolitique de Robert Jordan. 
Alors, oui aux produits-livres ! Mais des produits pertinents, de qualité, et dont on n'aura pas oublié le contenu dès la sortie médiatique d'un nouveau best-seller éphémère. 

Et surtout, de grâce, que l'on fasse bien la distinction entre production de masse et Art. Sinon, alors que les nouvelles technologies permettent enfin l'avènement d'une infinité d'auteurs pour tous les goûts, y compris les plus rares, le niveau d'exigence baissera si fort que plus personne ne saura apprécier la littérature en tant qu'art, ni même en tant qu'artisanat de qualité. Et pour espérer être lus, tous les auteurs se verront acculés à l'obligation sans fin de faire de la copie bas-de-gamme plutôt que de développer leur propre singularité. Car l'art aussi bien que le bon artisanat, c'est aussi cela : le chant de la singularité...

jeudi 22 novembre 2012

Haro sur "le système"

Moi qui ai beaucoup vécu sur le continent africain, je suis navrée de voir, dans notre beau pays, cracher si volontiers sur la démocratie - que tant d'autres nous envient parce que c'est tout de même le moins pire des régimes, sinon le meilleur.


Je refuse de me joindre au concert des imprécations contre "le système" : objectivement, je ne vois pas comment on parviendrait à le changer davantage que par des améliorations de-ci de-là, dont chacune exige une volonté et une énergie considérables. Car les défauts du "système" sont tout bonnement les défauts humains ; et il n'y a pas de système parfait, car l'être humain ne l'est pas... 



Cela n'empêche pas mon empathie pour les individus marginaux, victimes de l'ostracisme des systèmes quels qu'ils soient. Comme n'importe quel groupe humain, "le système" (c'est-à-dire nous tous en tant que société) rejette, méprise et craint quiconque échappe à ses critères ou se soustrait à ses règles. Simplement parce que l'individu différent est ressenti comme une menace pour la cohésion du groupe, pour la pérennité des règles, donc pour la survie de l'ensemble de la société. Je comprends ce processus, mais je ne l'accepte pas. Je le combats de toutes mes forces. 



Cependant il faut reconnaître qu'il n'y a qu'en démocratie que l'on peut combattre librement les imperfections du système. Alors soyons vigilants, militons pour nos convictions. Mais ne soyons pas ingrats. N'oublions ce qu'il en a coûté de luttes et de sacrifices pour qu'aujourd'hui, nous ayons le droit de critiquer sans frein notre propre système, et que chacun des crachats sur son visage débonnaire ne se paie pas au prix du sang. 

mardi 20 novembre 2012

Soir de brume...





Un coup de projecteur qui m'a mis les larmes aux yeux

Il y a quelques mois, une blogueuse a consacré une chronique à mon roman Élie et l'Apocalypse. 


Depuis, je la croise souvent sur la blogosphère littéraire, ce qui m'a permis de découvrir sa nature attachante, sa passion absolue pour les livres, son engagement touchant en faveur de mille autres causes. 



Je le proclame haut et fort, Cali du Calidoscope est une fille formidable !



Et je ne dis pas cela parce qu'elle m'a émue aux larmes avec cet article que je veux absolument pour mon oraison funèbre, le jour venu :


https://www.facebook.com/LeCalidoscope?fref=ts



C'est pétillant de chaleur humaine, c'est excessivement généreux, c'est... c'est Cali, voilà ! ♥






Le Salon Fantasy en Beaujolais

Rentrée cassée du Salon Fantasy en Beaujolais où j'étais déjà arrivée en miettes (voyage en train à multiples correspondances, en traînant une tonne de livres - on n'a plus vingt ans !), j'ai mis dix jours à m'en remettre avant de m'atteler au présent article. 
C'est pourtant un plaisir de l'écrire, car ce salon était un pur bonheur. 



Je récapitule : 


Un accueil chaleureux et attentionné, une organisation impeccable (merci Céline Kraaps et toute l'équipe des médiathèques de La Chapelle-de-Guinchay et de Crèches-sur-Saône). 

Un hébergement non moins chaleureux avec intéressantes discussions à la clé, chez mes charmants hôtes Françoise et Didier et en compagnie de Christian Perrot, un auteur à découvrir. 

Un site superbement décoré par les fées  de Sényrêves : Séverine et Séverine, aussi adorables que créatives. 

Des animations multiples et bien conçues (mention spéciale à la valeureuse troupe de la Maisnie du Chevalier Dragon, mais il faudrait citer tous les autres intervenants...) 

Sans compter le clou du salon, la merveilleuse Angèle et ses confitures magiques ! 

Pour finir, une pensée amicale à tous les exposants : auteurs, dessinateurs, éditeurs, plus sympa les uns que les autres. 






Les créations de Koa, un dessinateur plein de talent



Et bien sûr, mention spéciale au public : beaucoup de blogueurs et lecteurs venus tout exprès, parfois costumés (j'ai eu notamment le plaisir de rencontrer enfin la blogueuse émérite Mélusine de Ma Bouquinerie), mais aussi une foule de  visiteurs qui ont joué le jeu à fond en discutant volontiers de stand en stand, souriants et très motivés. On avait l'impression que personne n'était là en simple badaud, ce qui est rare sur un salon...




Un visiteur costumé


Cette impression a été particulièrement forte au cours de la conférence sur l'Apocalypse que m'avaient confiée les organisateurs : la participation a été si active que la séance, prévue pour durer une trentaine de minutes, s'est prolongée deux heures et demie, jusqu'à ce qu'on nous demande gentiment de laisser place au café-débat sur les vampires ! :-) Un très bon moment donc, et je remercie tous les participants pour leurs questions et interventions. 



Avec Mélusine de Ma Bouquinerie


En résumé : j'ai passé un merveilleux week-end au Salon Fantasy en Beaujolais, j'y reviendrai sans faute, et je le recommande à tous, exposants  ou visiteurs. Au plaisir de vous y rencontrer l'an prochain ! ♥