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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


samedi 18 octobre 2014

Mon épitaphe

Il y a quelque temps, j'ai écrit mon épitaphe.


Je compte bien qu'elle ne servira pas avant plusieurs décennies. 

Néanmoins, je suis une femme prévoyante avec un grain de folie, donc cela m'a paru une bonne idée de prendre les devants ; ne serait-ce que pour éviter qu'une personne bien intentionnée ne fasse graver sur ma tombe quelque hommage conventionnel où je ne me reconnaîtrais pas.  


Vous trouverez sans doute ces vers très noirs. 

J'ai beaucoup donné dans la poésie noire, en ma jeunesse : entre 10 et 20 ans (voir l'article précédent), c'est presque un passage obligatoire, un genre de rite initiatique. On apprend à souffrir pour apprendre à vivre. Je ne dis pas que c'est bien, attention ! J'en ai vraiment bavé - comme, sans doute, pas mal d'entre vous. 


Ce que je voulais dire, c'est que la lucidité, si elle conduit à écrire des vers pessimistes, ne rend pas forcément grincheux. :-) Elle n'empêche pas l'optimisme de tous les jours, la belle humeur et un dynamisme à tout crin. J'espère que c'est le cas pour vous également, parce que justement la vie est courte, et qu'il serait dommage de ne pas profiter de ces précieux instants. 



Voici donc ce que je voudrais voir (enfin, façon de parler) gravé sur ma dernière demeure. Je compte sur les plus jeunes d'entre vous pour y veiller ! ;-)




À mon tour, je disparais
sous les sombres arches du Temps.
Mes pas s'effacent, ma voix se tait,
enfin s'éteignent mes tourments.

Plus de feintes indifférences,
d'efforts, de luttes, d'alarmes ;
je peux déposer les armes.

Adieu, solitude et souffrances !
Adieu conscience, morne veille
dans le charnier de mes pareils...

Libre de ne plus me navrer
en étant témoin de leurs transes
par le chant triste de mes stances,

j'oublie mon humanité
et me dilue sans regrets

dans ce luxe : l'inexistence.