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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


Invitations au voyage

lundi 17 février 2014

Tous à poil ou tous en main ?


Ma réaction à propos d'un article sur "Tous à poil !"

« Les idées creuses, la faiblesse d'inspiration, l'indigence culturelle, les clichés narratifs, la paresse intellectuelle, le travail bâclé, la laideur et la vulgarité, font partie des rencontres possibles et fréquentes dans les pages de la littérature de jeunesse »
Et alors ? On rencontre aussi cela dans la vie de tous les jours, depuis les idées creuses jusqu'aux pensées les plus laides et les plus insanes. C'est la (peu) glorieuse incertitude de l'humain. 

Je ne nie pas non plus que la littérature jeunesse et les manuels scolaires puissent être un terrain de grandes manœuvres politiques. 
Et alors ? À chacun de nous d'apprendre, et d'apprendre à ses élèves ou enfants, à décrypter les intentions, et à ne se laisser influencer qu'en connaissance de cause. C'est ainsi que l'on forme des citoyens éclairés.

Ce qui me dérange dans cet article, comme dans l'ensemble du tapage autour de « Tous à poil ! » (livre sans intérêt à mes yeux), c'est qu'il présuppose exactement l'inverse.
On y perçoit en filigrane l'idée trop répandue qu'on ne peut pas faire confiance aux lecteurs – en l'occurrence, aux enseignants et aux parents – pour choisir de lire ou de faire lire un ouvrage, ou pour aider un enfant à lire en prenant le recul parfois nécessaire ; l'idée qu'il faut absolument, sous peine de laisser la société courir étourdiment vers d'insondables catastrophes, protéger le bon peuple de lui-même, guider ses moindres décisions, lui tenir constamment la main.

Cette dérive est à l’œuvre partout, dans tous les domaines. Dormez tranquilles, bonnes gens, on veille sur vous. On vous épargnera tout tâtonnement, erreur, déception – et du même coup, toute découverte heureuse, expérience inattendue. Vous ne mangerez ni ne lirez plus que des produits dûment approuvés par Ceux Qui Savent. Et tant pis pour vous si vous n'êtes pas d'accord avec eux : c'est signe, sans aucun doute, que vous êtes « une mauvaise machine », comme dans la phrase-culte de Midnight Express : un être qui pense par lui-même au lieu de souhaiter que l'on pense pour lui.

Moi, c'est dans cette situation-là, privée de mon libre- arbitre, que je me sentirais vraiment « à poil »...