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dimanche 17 janvier 2016

Polémique-mac : par ici la sortie !

J'aimerais beaucoup passer à d'autres sujets, mais la polémique enfle tellement que je voudrais, moi aussi, pousser mon petit cri d'orfraie en forme de synthèse.
Alors allons-y, j'ouvre les vannes !

OUI, il existe des auteurs qui ne sont pas « doués » pour écrire, selon les critères communément admis ou selon des critères propres à chaque lecteur ; critères qui, les uns et les autres, valent ce qu'ils valent mais ne sont pas discutables.
Ce n'est pas une raison pour mépriser ces auteurs, mais aussi bien, ne pas aimer ce qu'ils écrivent est une raison légitime pour ne pas les lire.

OUI, il en existe d'autres (parfois les mêmes) qui ne prennent pas la peine de corriger leurs textes, ou estiment qu'à l'ère des sms, on peut aussi bien les lire tels quels.
Je trouve cela fort dommage pour l'avenir de leurs écrits, et si j'étais blogueuse littéraire, j'aurais, je le crains bien, tendance à considérer cela comme un certain manque de respect envers le lecteur ; mais je reconnais aux auteurs le droit de s'exprimer comme ils l'entendent.

OUI, c'est également le droit des blogueurs de ne lire que ce qu'ils veulent.
Spamer leur BAL, les harceler, s'énerver quand ils refusent ou ne répondent pas, c'est inexcusable !
Les uns ont le droit d'écrire, les autres de ne pas lire : voilà une évidence bonne à rappeler.

OUI, les blogueurs ont aussi le droit de critiquer les livres qui ne leur plaisent pas.
C'est leur travail, gratuit en plus, alors on ne va pas s'en plaindre ! D'ailleurs toute critique, même TRÈS sévère, est utile.
Il est donc indispensable que l'on respecte aussi le droit des blogueurs à critiquer.

OUI, il arrive (très rarement) de tomber sur une critique où le blogueur a paru prendre plaisir à tabasser l'auteur.
On préférerait voir à l'œuvre un principe de réciprocité : « J'ai le droit de ne pas te plaire – Tu as le droit de le dire – Restons corrects et n'attaquons pas l'autre en tant que personne ».
Surtout, n'oublions jamais que l'immense majorité des blogueurs se donne beaucoup de mal pour construire des critiques pertinentes et argumentées, malgré ce que cela représente en temps non rémunéré.

Alors, NON, les auteurs ne sont pas des génies incompris et maltraités, et ils ont le devoir impératif de respecter en toutes circonstances ceux qu'ils sollicitent,

NON, les auteurs autoédités ne sont pas non plus des médiocres, des aigris, des « refoulés » dans les deux sens du terme.

De leur côté, NON, les blogueurs ne sont pas des bénévoles, nuance : ils œuvrent gratuitement, mais pas par charité. Rien ne les y oblige, ils font cela pour leur plaisir, ne doivent rien à personne, et personne ne leur doit rien. Sauf, là encore, une politesse réciproque.

Par ailleurs :

OUI, quand on lit un article qui vous met en colère, on a le droit d'y répondre. Qui sème le vent récolte la tempête.
Cela vaut pour ceux qui ont trouvé l'article de Sophie Adriansen méprisant pour les auteurs ; j'en fais partie.
Cela vaut aussi pour ceux qui se sont indignés du terme de « liste noire » choisi par Alan Spade ; je le trouve beaucoup trop provocateur.
Mais peut-être était-ce un choix stratégique de la part de l'un et l'autre ? Auquel cas, en sur-réagissant, nous les aidons à faire le buzz.

Car OUI, il faut reconnaître que certains blogueurs « se payent » tel ou tel pour faire le buzz. La polémique, c'est vendeur !
Mais comme je ne suis pas dans leur tête, je serais bien incapable de discerner, après mûre réflexion, si Sophie Adriansen et Alan Spade ont pondu leurs articles respectifs pour se faire mousser ou pour exprimer une colère. Quoi qu'il en soit, peu importe : c'est leur droit et je le respecte.



Cela étant posé, NON, le propos des auteurs dans cette affaire n'était pas de renier le droit des blogueurs à lire ce qu'ils veulent.

NON, il n'était pas non plus question de se plaindre que les blogueurs fassent de mauvaises critiques. C'est leur rôle d'en faire quand ils le jugent bon.

Pour finir :

OUI, je trouve que l'idée d'Alan Spade, quelle que soit sa motivation, ainsi que le débat qui fait rage, aussi désolant qu'il puisse être, ont tous deux une utilité. Ne dit-on pas que de la discussion jaillit la lumière ?

Il existe depuis longtemps un annuaire des éditeurs. Il est indispensable aux auteurs débutants, qui peuvent ainsi s'abstenir de solliciter ceux qui, à coup sûr, ne seraient pas intéressés par leurs écrits.
Gain de temps et de peine pour les uns, comme pour les autres.

Un répertoire des blogs littéraires serait tout aussi utile.

Bien sûr, les blogueurs ne devraient pas y être inscrits d'office, mais seulement à leur demande.

Bien sûr, il ne s'agirait pas d'une « liste noire », mais d'un outil de travail.

Et naturellement, le meilleur de tous les outils reste encore la courtoisie, quel que soit le cas de figure.

Bref, si toute cette polémique aboutit à un tel résultat, alors je remercierai bien bas Sophie Adriansen et Alan Spade de l'avoir lancée...




samedi 16 janvier 2016

Blogueurs-auteurs : du rififi chez les "amateurs"...

L'article de Sophie Adriansen que j'ai commenté dernièrement,
est en train de susciter un vif débat, 
de même que l'article d'Alan Spade intitulé « La liste noire des blogs qui ne vous chroniqueront pas" :

Je n'avais moi-même vu dans cette liste qu'une manière, conçue dans l'urgence, d'informer les auteurs autoédités des blogs qu'il serait inutile et même inconvenant de solliciter. 

Si Alan Spade critique sévèrement Sophie Adriansen, et si le terme de "liste noire" est provocateur, la liste elle-même ne se présente pas comme une liste de "mauvais blogueurs", mais seulement une liste de blogueurs qui ne lisent pas les autoédités. 
Alan Spade signale d'ailleurs les "accueils sympa" et conclut en évoquant la rédaction d'une liste "positive" de blogueurs qui acceptent de chroniquer les autoédités - ce que je trouve effectivement une meilleure idée, à terme...

Comme je vois beaucoup de colère et d'incompréhension fleurir de part et d'autre, je tiens à préciser quelques points, en tant que personne qui, comme chacun le sait, soutient depuis longtemps aussi bien les blogueurs littéraires que les auteurs indépendants :

Tout d'abord, sur le groupe d'autoédités où a été publiée la liste d'Alan Spade, les auteurs ont longuement souligné le problème de qualité des textes autoédités, et le fait que certains auteurs abusent effectivement de la patience des blogueurs, auquel un hommage a été rendu.

Ce n'est que secondairement que Sophie Adriansen a été critiquée pour ses propos blessants ; plusieurs auteurs l'avaient d'ailleurs spontanément soutenue avant de relire son article.

Car ce que l'on reproche à cette dame, ce n'est pas de manifester publiquement son exaspération (encore qu'il eût été moins polémique d'indiquer sur son blog « désolée, je ne lis pas les autoédités »), mais de se montrer méprisante :

- en partageant le fameux "test" qui ridiculise les autoédités ; 

- avec ses petites phrases assassines : si l'on est autoédité, "il s'agit de prendre ses responsabilités", "que l'on ne s'impose à personne"... 

- avec la reproduction publique, fort peu charitable, d'une demande - maladroite, certes, mais qui lui avait été adressée en privé par cet auteur ! 

- et enfin, à travers un passage que personnellement, je trouve odieux : 
"Sans compter les messages qui implorent, s’il vous plaît, de me donner ma chance, moi que les médias boudent parce que je suis auto édité, moi à qui les maisons d’édition n’ont même pas daigné répondre, moi qui ai vécu des choses suffisamment difficiles pour ne pas que s’y ajoute le silence autour de leur récit, toi qui as un blog et, peut-être, le pouvoir d’enfin faire exister mon livre. Qui peut croire que la pitié est une incitation à la lecture ?" 

Là, Sophie Adriansen piétine simplement l'auteur en tant qu'être humain, dans ce qu'il a de plus vulnérable, de plus touchant. C'est pourquoi je suis moi aussi montée au créneau !

Malheureusement, des propos blessants entraînent des réactions épidermiques, et tout cela fait boule de neige. 
J'espère que les esprits s'apaiseront rapidement.

Une grande partie de l'institution littéraire - éditeurs, critiques et autres "professionnels" - se plaît encore à mépriser les auteurs indépendants et les blogueurs littéraires. 
Forts de ce point commun, ces "amateurs", souvent fort talentueux, devraient se sentir incités à se serrer les coudes...




jeudi 14 janvier 2016

Les blogueurs littéraires sont-ils harcelés par les auteurs indépendants ?

J'ai pris connaissance ce matin d'un article à propos duquel il y a beaucoup à dire, et à redire.


POUR :

Sophie Adriansen a raison de considérer qu'en autoédition, l'on trouve une plus grande proportion de textes mal corrigés ou, osons le dire, carrément mauvais, qu'en édition traditionnelle.

Ce fait avéré rend les lecteurs suspicieux à l'égard des autoédités dans leur ensemble, et nourrit le dédain de l'édition traditionnelle (laquelle sait très bien, malgré tout, prendre dans son giron ceux qui sont jugés rentables, ayant déjà fait leurs preuves sur Amazon ou autres).

D'un autre côté, il y a un principe qui mérite d'être défendu : la liberté.
On ne va tout de même pas restreindre le droit des gens à publier, même un ouvrage médiocre, voire atroce, ou qui n'intéresse personne : car là, on touche à la fragilité de la personne humaine, à son ego, ses drames, ses souffrances. Tout le monde peut avoir quelque chose à écrire, et c'est légitime. 

Il faut donc s'attacher à garantir la libre expression de celui qui veut écrire, même juste pour ses proches, ou pour lui seul. Et au-delà, s'attacher à respecter le droit de cet auteur amateur à être évalué s'il y aspire, car c'est une demande honorable et même courageuse. 

Bon, mais comment séparer, aux yeux du public, les amateurs qui revendiquent de l'être, des « bons » auteurs simplement épris d'indépendance? Je dirais bien : par un label de qualité. Cependant, qui va décider ? Selon quels critères ? Avec quelles garanties de compétence, d'indépendance, de représentativité ?
Le problème reste entier.

Quoi qu'il en soit, pour être respectée, l'autoédition devra absolument regarder ses faiblesses en face et s'efforcer d'y remédier. Sans pour autant devenir, comme le reste du système, une machine à broyer les « faibles » (= ceux qui n'ont pas de relations) et les « inadaptés » (pas seulement ceux qui n'ont aucun talent - car, qui peut dire ce qu'est le talent ? -, mais ceux dont les ouvrages sont trop longs, trop courts, trop différents, pas assez vendeurs, etc).



CONTRE :

Même si je comprends son exaspération face à certains comportements, Sophie Adriansen a tort de réagir comme un particulier qui serait harcelé par un vendeur à domicile.

Un blog est, par définition, un espace d'expression public. Et les blogueurs littéraires se définissent, non sans raison, comme une catégorie de critiques - amateurs, soit, mais qui ne réservent pas leurs avis au cercle privé.

Les critiques professionnels sont harcelés de demandes, alors pourquoi pas les blogueurs ?



D'accord, certains auteurs abusent visiblement, mais la majorité se comporte, j'en suis sûre, avec politesse, mesure et dignité. Alors pourquoi jeter le bébé avec l'eau du bain ?

Je peux me permettre cette réflexion, car depuis que je ne suis plus un auteur édité, les blogueurs inconnus que j'ai sollicités sont au nombre de... deux. Des blogueurs dont j'ai remarqué, justement, les critiques pertinentes et sans complaisance, dans un domaine relatif aux thèmes qu'aborde ma saga.

Car un auteur a besoin de situer son roman, d'avoir des regards extérieurs, et que serait-il donc censé faire : en appeler à un critique professionnel, qui l'ignorera purement et simplement ? Payer pour un service de relecture et de conseils ? Je n'ai rien contre, j'affirme même depuis longtemps que c'est dans ce rôle d'agents littéraires que se reconvertiront les éditeurs traditionnels. Seulement, tout le monde n'a pas les moyens de s'offrir de tels services, et cela conduirait à une déplorable sélection par un tout autre critère que le talent.

Alors, j'aurais tendance à dire : si l'on ne veut pas être sollicité par les auteurs, pourquoi ne pas inscrire en tête de son blog :
"Je n'accepte aucune demande de critique de la part des auteurs, autoédités ou non ; je choisis moi-même mes lectures".
Ce serait clair, courtois et n'ajouterait pas une caution de plus, aussi modeste soit-elle, à la campagne de discrédit que subit l'autoédition.

J'ajouterai que si les blogueurs influents traitent ainsi de haut les autoédités, l'on risque de voir se développer tôt ou tard, comme dans la critique professionnelle, un véritable « trafic d'influence » : certains auteurs s'efforceront désespérément « d'acheter » des avis – favorables, tant qu'à faire – auprès de blogueurs dont quelques-uns, la nature humaine étant ce qu'elle est, finiront peut-être par céder à la tentation...




Enfin, madame Adriansen a également tort quant à sa perception de l'édition traditionnelle.

Celle-ci n'est pas chargée de tous les péchés, loin s'en faut, et je l'ai déjà défendue sur ce blog : elle regorge de gens compétents, souvent passionnés. 
Néanmoins, impératifs économiques et copinage étant ce qu'ils sont, pêcher des perles inconnues ne peut pas être sa préoccupation première...
Il serait donc faux de croire que, comme l'affirme Sophie Adriansen, « un bon texte jamais ne passe à la trappe ».

Bien sûr, peut-être tout texte a-t-il sa chance si son auteur a le temps et les moyens d'envoyer des centaines d'exemplaires de son manuscrit à des centaines d'éditeurs, qui répondront 4, 6 mois plus tard... ou pas du tout. 
Il faudra aussi que l'éditeur qui accepterait ce texte ne veuille pas à tout prix le « formater » pour le rendre compatible avec l'une de ses collections. 
Reste qu'il sera peu probable que le premier roman d'un auteur inconnu bénéficie d'une vraie promotion, et reste dans les bacs plus de quelques semaines... 

Tout cela a pour conséquence, n'en déplaise à notre blogueuse influen...cée ? que n'importe quel auteur, même courtisé par l'édition, peut se trouver en fin de compte tenté par l'aventure de l'autoédition.


Pour conclure, aucun milieu, professionnel ou amateur, n'est blanc comme neige ; rien n'est parfait ; et faire le jeu des « pro » au détriment des « amateurs » n'est pas forcément un signe d'indépendance et de discernement.


Les auteurs doivent être libres d'aller où ils veulent, de fonctionner comme ils l'entendent, sans craindre d'être la cible de doléances ostentatoires, ou de ces généralités condescendantes qu'on lit çà et là.

Et il serait bien dommage, chère Sophie, que vos propos un peu vifs portent autant de tort à la blogosphère littéraire, majoritairement bien intentionnée à leur égard, qu'aux auteurs indépendants.

vendredi 8 janvier 2016

Devenez un super-héros, sauvez une petite maison d'édition !


Les temps sont horriblement durs. Pour vous, pour moi, pour les victimes du Bataclan, les mamans seules et leurs enfants, les vieillards et les migrants, les thons rouges et les ours blancs. Pour tout le monde, tout simplement. (Enfin, pas vraiment, mais passons).


Pour oublier un instant ce contexte déprimant, pourquoi ne pas nous adonner à un loisir réjouissant :

Sauver une maison d'édition qui fait tout différemment, et qu'on aime pour ça, justement.


L'occasion de devenir super-héros pour un instant... 


<ahref="http://fr.freepik.com/vecteurs-libre/quelques-superhero_761391.htm">Conçu par Freepik</a>


En l'occurrence, il s'agit des Éditions Hélène Jacob, un pétillant duo d'auteurs qui en a aidé plein d'autres, avant de passer de l'autre côté de la barrière et de continuer à faire des heureux.

Pour lire leur appel et faire un don (à partir de 5 €) 

Alors foncez ! Ils comptent sur vous !
Merci pour eux. 

mardi 5 janvier 2016

Amazon, l'ami des libraires ?



Je viens de lire sur facebook une bonne nouvelle :

Après cinq ans de baisse, le chiffre d'affaires des libraires a progressé de 1,5 %.

Cela me semble être un argument de plus à opposer aux anti-Amazon. 

Je ne suis pas une pro-Amazon fanatique. Amazon ne remplacera jamais l'incomparable atmosphère d'une petite librairie : l'odeur de l'encre et du papier. Le bruissement des pages feuilletées (quand les livres ne sont pas livrés sous plastique, bien sûr). Et surtout, les précieux conseils du libraire. Il y a encore de vrais libraires enthousiastes un peu partout, même s'ils ont du mal à survivre.

On accuse précisément Amazon d'acculer à la ruine ces derniers héros du monde littéraire. 

Je pense que le "géant" mal-aimé fait surtout du tort à ses concurrents directs, les grandes surfaces dites "culturelles" genre FNAC, et que lesdits concurrents ne sont pas étrangers au battage anti-Amazon.

Certes, cette hégémonie (Virgin et Chapitre.com ont succombé, d'autres suivront) a quelque chose de choquant. Mais elle a aussi ses vertus, même involontaires.

Amazon, que tant de libraires et même de lecteurs passionnés voient comme le grand méchant loup, démocratise la lecture en la rendant toujours plus abordable à tous points de vue : achat en un clic depuis chez soi, envoi gratuit, forfaits lecture... 

Étant en longue maladie, je fais partie de ceux qui apprécient ces services. Et je réalise que pour d'innombrables personnes isolées, ou manquant de temps, ou de moyens, c'est le seul accès possible à la lecture.

Or nous savons tous que la lecture est un vice ;-) comme l'alcool et les paris. Qui a lu lira.

Et quiconque prend ce goût de lire, trouvera tôt ou tard le chemin de la librairie du coin...



samedi 2 janvier 2016

Likez-vous les uns les autres





Bon, eh bien... une année de plus ! :-)
Mon ancien éditeur disait « une de moins. » Pas très gai...

Cela dit, le monde n'est pas vraiment gai par les temps qui courent. Qui courent à notre perte, si ça continue.
Parce que...


Sur notre Terre merveilleuse où l'Homme, trop content de lui, a depuis longtemps oublié de révérer mère Nature,
il dévaste une splendeur immémoriale pour édifier des villes toujours plus grandes où s'entassent des gens malheureux, ou cultiver des champs toujours plus vastes qui servent le profit mais n'assurent plus la subsistance de tous.
Il défie des forces qui le dépassent, et pour son propre malheur, le sol gronde et se soulève, les eaux déferlent, les déserts s'étendent, tandis que forêts et océans se vident de leurs populations originelles.

L'on oublie qu'il n'y a pas de progrès sans racines,
et qu'aucun humain n'est assez grand, assez puissant pour se croire plus indispensable qu'un arbre.


Dans nos sociétés d'abondance où quoi que l'on prétende, la pauvreté recule vaille que vaille, où les siècles de noire misère, d'obscurantisme et de terreur sombrent peu à peu dans l'oubli,
l'essentiel est perdu de vue.
Au lieu de regarder autour de nous, de reconnaître et d'aimer la bonté comme une fleur précieuse et rare, au lieu de butiner les douceurs du partage et de l'affection, nous sombrons dans la méfiance, l'isolement, l'indifférence.
L'on entend dire que l'argent, le pouvoir et le sexe régissent le monde, comme s'il suffisait d'être pauvre, anonyme et sans désir pour être un doux innocent paré de toutes les vertus.

L'on oublie que ce n'est pas le statut qui fait l'homme, mais la nature humaine,
que celle-ci ne tend que trop à être égocentrique, mesquine, avide ou belliqueuse, 
mais que nous avons tous le choix de suivre ou non ces sinistres penchants.


Dans nos sociétés si préoccupées de bien-pensance qu'elles veulent modeler les pensées, museler leurs moindres déviances,
l'on ne pense pourtant pas assez bien, pas assez juste pour que s'ouvrent toutes les consciences, ni même que s'ouvrent tous les yeux.
Alors que prospère un énorme commerce visant les animaux de compagnie,
combien d'innombrables « bêtes », sauvages ou familières, sont encore chassées, égorgées, battues, torturées, ou tout bonnement traitées comme des objets sans conscience ?
Et comment peut-on supporter d'entendre dire que dénoncer l'odieuse violence dont elles sont victimes, ce serait faire injure à l'être humain, se détourner de ses maux ?

L'on oublie que quiconque est incapable de compassion à l'égard de nos petits frères d'infortune, est incapable de compassion à l'égard de sa propre espèce.


Dans nos sociétés hyper-connectées, mais où jamais la solitude n'a été aussi absolue,
tout le monde poste à tours de bras sur son mur.
Mais ces murs sont si hauts que l'on n'aperçoit plus guère ceux que l'on appelle ses « amis », et que l'on oublie bien souvent d'aimer ce qu'ils postent eux-mêmes.
Bien sûr, chacun de nous croupit plus ou moins dans la douleur, assourdi par ses propres cris, aveuglé par ses propres larmes, hanté par ses propres quêtes.

C'est pourquoi l'on oublie si facilement qu'il n'y a pas pas de vie sans échange, de consolation sans amour, de réussite sans partage, et que toute existence est vide si elle fait abstraction des autres, même involontairement.


Alors, en ce premier jour d'une année de plus, d'une année de moins,

Pour le moins, je vous en prie, likez-vous les uns les autres. 

N'oublions pas que nous tous, les êtres vivants, connaissons la souffrance de venir au monde, assaillis par le froid, le bruit, la peur. De lutter tout au long d'une vie - et ô combien cette lutte est dure !... Enfin, d'affronter tôt ou tard, inéluctablement seul, la grande injustice de la mort.

N'oublions donc plus jamais, jamais aucun des autres : notre prochain, notre semblable, notre compagnon de misère... 
et réchauffons-nous ensemble à la flamme commune de la Vie.



Meilleure année à vous tous !