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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


jeudi 14 janvier 2016

Les blogueurs littéraires sont-ils harcelés par les auteurs indépendants ?

J'ai pris connaissance ce matin d'un article à propos duquel il y a beaucoup à dire, et à redire.


POUR :

Sophie Adriansen a raison de considérer qu'en autoédition, l'on trouve une plus grande proportion de textes mal corrigés ou, osons le dire, carrément mauvais, qu'en édition traditionnelle.

Ce fait avéré rend les lecteurs suspicieux à l'égard des autoédités dans leur ensemble, et nourrit le dédain de l'édition traditionnelle (laquelle sait très bien, malgré tout, prendre dans son giron ceux qui sont jugés rentables, ayant déjà fait leurs preuves sur Amazon ou autres).

D'un autre côté, il y a un principe qui mérite d'être défendu : la liberté.
On ne va tout de même pas restreindre le droit des gens à publier, même un ouvrage médiocre, voire atroce, ou qui n'intéresse personne : car là, on touche à la fragilité de la personne humaine, à son ego, ses drames, ses souffrances. Tout le monde peut avoir quelque chose à écrire, et c'est légitime. 

Il faut donc s'attacher à garantir la libre expression de celui qui veut écrire, même juste pour ses proches, ou pour lui seul. Et au-delà, s'attacher à respecter le droit de cet auteur amateur à être évalué s'il y aspire, car c'est une demande honorable et même courageuse. 

Bon, mais comment séparer, aux yeux du public, les amateurs qui revendiquent de l'être, des « bons » auteurs simplement épris d'indépendance? Je dirais bien : par un label de qualité. Cependant, qui va décider ? Selon quels critères ? Avec quelles garanties de compétence, d'indépendance, de représentativité ?
Le problème reste entier.

Quoi qu'il en soit, pour être respectée, l'autoédition devra absolument regarder ses faiblesses en face et s'efforcer d'y remédier. Sans pour autant devenir, comme le reste du système, une machine à broyer les « faibles » (= ceux qui n'ont pas de relations) et les « inadaptés » (pas seulement ceux qui n'ont aucun talent - car, qui peut dire ce qu'est le talent ? -, mais ceux dont les ouvrages sont trop longs, trop courts, trop différents, pas assez vendeurs, etc).



CONTRE :

Même si je comprends son exaspération face à certains comportements, Sophie Adriansen a tort de réagir comme un particulier qui serait harcelé par un vendeur à domicile.

Un blog est, par définition, un espace d'expression public. Et les blogueurs littéraires se définissent, non sans raison, comme une catégorie de critiques - amateurs, soit, mais qui ne réservent pas leurs avis au cercle privé.

Les critiques professionnels sont harcelés de demandes, alors pourquoi pas les blogueurs ?



D'accord, certains auteurs abusent visiblement, mais la majorité se comporte, j'en suis sûre, avec politesse, mesure et dignité. Alors pourquoi jeter le bébé avec l'eau du bain ?

Je peux me permettre cette réflexion, car depuis que je ne suis plus un auteur édité, les blogueurs inconnus que j'ai sollicités directement sont au nombre de... deux. Des blogueurs dont j'ai remarqué, justement, les critiques pertinentes et sans complaisance, dans un domaine relatif aux thèmes qu'aborde ma saga.

Car un auteur a besoin de situer son roman, d'avoir des regards extérieurs, et que serait-il donc censé faire : en appeler à un critique professionnel, qui l'ignorera purement et simplement ? Payer pour un service de relecture et de conseils ? Je n'ai rien contre, j'affirme même depuis longtemps que c'est dans ce rôle d'agents littéraires que se reconvertiront les éditeurs traditionnels. Seulement, tout le monde n'a pas les moyens de s'offrir de tels services, et cela conduirait à une déplorable sélection par un tout autre critère que le talent.

Alors, j'aurais tendance à dire : si l'on ne veut pas être sollicité par les auteurs, pourquoi ne pas inscrire en tête de son blog :
"Je n'accepte aucune demande de critique de la part des auteurs, autoédités ou non ; je choisis moi-même mes lectures".
Ce serait clair, courtois et n'ajouterait pas une caution de plus, aussi modeste soit-elle, à la campagne de discrédit que subit l'autoédition.

J'ajouterai que si les blogueurs influents traitent ainsi de haut les autoédités, l'on risque de voir se développer tôt ou tard, comme dans la critique professionnelle, un véritable « trafic d'influence » : certains auteurs s'efforceront désespérément « d'acheter » des avis – favorables, tant qu'à faire – auprès de blogueurs dont quelques-uns, la nature humaine étant ce qu'elle est, finiront peut-être par céder à la tentation...




Enfin, madame Adriansen a également tort quant à sa perception de l'édition traditionnelle.

Celle-ci n'est pas chargée de tous les péchés, loin s'en faut, et je l'ai déjà défendue sur ce blog : elle regorge de gens compétents, souvent passionnés. 
Néanmoins, impératifs économiques et copinage étant ce qu'ils sont, pêcher des perles inconnues ne peut pas être sa préoccupation première...
Il serait donc faux de croire que, comme l'affirme Sophie Adriansen, « un bon texte jamais ne passe à la trappe ».

Bien sûr, peut-être tout texte a-t-il sa chance si son auteur a le temps et les moyens d'envoyer des centaines d'exemplaires de son manuscrit à des centaines d'éditeurs, qui répondront 4, 6 mois plus tard... ou pas du tout. 
Il faudra aussi que l'éditeur qui accepterait ce texte ne veuille pas à tout prix le « formater » pour le rendre compatible avec l'une de ses collections. 
Reste qu'il sera peu probable que le premier roman d'un auteur inconnu bénéficie d'une vraie promotion, et reste dans les bacs plus de quelques semaines... 

Tout cela a pour conséquence, n'en déplaise à notre blogueuse influen...cée ?, que n'importe quel auteur, même courtisé par l'édition, peut se trouver en fin de compte tenté par l'aventure de l'autoédition.


Pour conclure, aucun milieu, professionnel ou amateur, n'est blanc comme neige ; rien n'est parfait ; et faire le jeu des « pro » au détriment des « amateurs » n'est pas forcément un signe d'indépendance et de discernement.


Les auteurs doivent être libres d'aller où ils veulent, de fonctionner comme ils l'entendent, sans craindre d'être la cible de doléances ostentatoires, ou de ces généralités condescendantes qu'on lit çà et là.

Et il serait bien dommage, chère Sophie, que vos propos un peu vifs portent autant de tort à la blogosphère littéraire, majoritairement bien intentionnée à leur égard, qu'aux auteurs indépendants.