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Invitations au voyage

jeudi 25 février 2016

UNE VRAIE PORCHERIE !


Aujourd'hui, j'espérais vivre enfin une journée sans stress, mais peine perdue : CET ARTICLE m'a fait sauter au plafond !
Pardonnez-moi d'y répondre très longuement, parce que le sujet l'impose.



Outre le style verbeux et le ton supérieur d'un propos « philosophisant » aussi indigeste que prétentieux, il y a maintes raisons de s'indigner haut et fort à la lecture de cet ignoble faux-plaidoyer.

Pour commencer, il faut savoir que l'auteur, madame Jocelyne Porcher, travaille pour l'INRA, l'Institut National de la Recherche Agronomique, qui soutient bien entendu à fond l'un des piliers de notre économie nationale, l'élevage faussement dit « industriel » (je reviendrai sur ce terme).

Ancienne éleveuse de chevaux de loisirs (à titre personnel et non pour les vendre, je le précise), j'ai lu dans les années 90 d'innombrables brochures de cet organisme. Et j'avais écumé d'indignation en y découvrant un conseil éclairé aux éleveurs de chevaux de boucherie : utiliser en hiver « l'effet accordéon ».

Ce nom musical recouvre une notion ô combien sordide : l'effet accordéon consiste, tenez-vous bien, à économiser le fourrage en laissant tout simplement le cheptel dépérir pendant l'hiver ; puisque, expliquait la brochure, les chevaux possèdent une remarquable capacité à « se rattraper » ensuite au printemps grâce à la pousse de l'herbe, ce qui les rend fin prêts pour l'abattage nonobstant les substantielles économies réalisées précédemment !!!

Sans commentaire... parce que je dirais des choses très désagréables. 
Mais que l'on se rassure, je vais tout de même en dire pas mal.

Bien que sachant, hélas, où madame Porcher veut en venir et pour quel camp elle monte à l'assaut, l'on reste confondu par l'ahurissante mauvaise foi dont elle fait preuve dans l'ensemble de son article.

Notre « sociologue » commence par étayer son raisonnement sur un sophisme : Les défenseurs de la cause animale veulent libérer les animaux du joug humain, or sans animaux l'Homme est fort marri, et sans l'Homme, que deviendraient les malheureux animaux ?...

À en croire dame Porcher, donc, lesdits défenseurs sont au mieux des irresponsables, au pire d'affreux égotistes qui ne cherchent qu'à se faire mousser au dépens de la belle, millénaire, et même sacrée, relation entre l'être humain et son compagnon préféré.

Voilà qui me rappelle l'horrible argument des pro-viande, ou pro-élevage d'animaux de compagnie, qui vous déclarent : « Si on n'élevait pas de chevaux de boucherie (ou : s'il n'y avait pas d'élevages de chiens), certaines races auraient disparu, tu te rends compte !... »

La belle affaire ! Le cheval qui se retrouve dans le couloir de la mort, ou le chiot abandonné peu après Noël, préféreraient sûrement, s'ils avaient le choix, que leur race se soit éteinte bien avant leur naissance. 

C'est par le vécu que je me suis ralliée à la cause animale, aussi je n'ai pas lu les théoriciens que critique Jocelyne Porcher. Mais quand elle écrit pour les ridiculiser :
« Telle qu’elle est traitée, la question des frontières entre « humanité » et « animalité » qui mobilise intellectuels et médias est aporétique. Elle occulte une autre question, beaucoup plus pressante et moins rhétorique, qui est celle des liens entre humains et animaux, celle de la construction de la subjectivité humaine par la relation aux animaux »
j'ai envie d'appeler aux armes.

Car pour quoi se battent-ils, les défenseurs des animaux, sinon pour l'amélioration des liens entre homme et animal, en appelant le premier à porter sur le second un regard plus responsable et compatissant ?
Si ce n'est pas vraiment le cas des penseurs cités par madame Porcher, alors elle a délibérément choisi de mauvais exemples... Mais je n'en crois rien.

« La construction de la subjectivité humaine par la relation aux animaux » 
Aaargh !!! À lui seul, ce genre de vomissure pédantesque fait que l'on brûle d'administrer à l'auteur une correction bien méritée. À la pile à bœufs, pourquoi pas... (D'accord, je ne suis pas fière de cette brusque soif de violence, mais que voulez-vous : c'est un réflexe animal... oh, pardon : un réflexe humain !)

La suite laisse encore plus perplexe. Ou bien madame Porcher, malgré son nom, ne connaît ni les animaux ni les éleveurs, ou bien elle est décidément machiavélique.

« Ils font partie de notre famille, ils sont notre corps et notre âme même » 
Re-Aaargh !!! Mais où a-t-elle vu jouer cela ? Qu'elle aille donc observer des exploitations ! J'ai passé la plus grande partie de ma vie à la campagne, j'ai arpenté des dizaines de marchés aux bestiaux pour acheter des chevaux ; je connais la terrible réalité. Dans ce monde-là, les animaux, tout le monde s'en contrefiche, à de rarissimes exceptions - que, d'ailleurs, je suppose sans les avoir jamais rencontrées.

Pour commencer, soyons clairs : ce ne sont pas les industriels qui ont dépossédé les agriculteurs d'un savoir-faire respectueux en matière d'élevage, mais les agriculteurs eux-mêmes qui sont passés à l'élevage intensif par appât du gain. Qu'ils n'aient peut-être pas eu le choix pour sauver leurs exploitations, c'est un autre débat.

Je respecte les agriculteurs, j'ai des amis parmi eux. Mais ils ont bon dos, les « industriels » qui incarnent un capitalisme déshumanisé auquel tous les maux seraient imputables ! En l'occurrence, l'élevage dit « industriel », il est l'œuvre de la filière agricole, pas du grand capital. Ce sont des hommes, des braves « paysans de chez nous », pas des « actionnaires », qui ont jugé bon de caser des centaines, voire des milliers d'animaux dans des espaces concentrationnaires, afin de doper le rendement et leur profit. Hé oui ; là encore, c'est la nature humaine !

Un autre sophisme utilisé par Jocelyne Porcher : dans ces élevages concentrationnaires, on traite l'animal comme un produit, c'est mal, reconnaît-elle, et cela prouverait à ses yeux qu'il ne faut surtout pas dissocier l'animal de l'Homme !...
Bon sang (si j'ose dire), de qui se moque-t-on ??? 

Malhonnêteté suprême, madame Porcher feint de constater que le traitement inhumain réservé aux animaux en cas d'épizootie confirme une dislocation du lien entre humain et animal.
Sous-entendu : dislocation imputable à ces penseurs déviants qui, en exigeant la reconnaissance de l'animalité, voudraient « établir une frontière entre humanité et animalité ».
Sous-sous-entendu : lesdits penseurs seraient en fait à la solde du système existant, et ils pousseraient au divorce entre l'Homme et l'animal pour que les choses puissent continuer en l'état...

Alors là, c'est le pompon ! Madame Porcher qui, elle, travaille effectivement pour le système en place - l'élevage de masse représentant de colossaux intérêts économiques -, accuse les défenseurs de la cause animale de faire le jeu de ce même système en voulant éloigner l'homme de l'animal !!
Je suis tentée d'applaudir, comme au cirque. Bien joué. Very clever. Avez-vous d'autres tours de ce genre dans votre sac à malice, chère madame ?

Oui-da :
« Travailler avec les animaux, cela veut dire produire, mais cela veut dire aussi vivre ensemble, se construire, s’épanouir. » 
Re-re-Aaaargh ! QUI se construit, QUI s'épanouit, nom d'un chien ? Certainement pas l'animal. « VIVRE ENSEMBLE » ! Ben voyons !

Toute salariée de l'INRA que vous soyez, madame Porcher, vous êtes sociologue, et non une « citoyenne de la ruralité ». Avez-vous jamais quitté votre bureau douillet pour mettre les pieds dans une cour de ferme ? Avez-vous vu tuer un cochon, ou visité un site de production d’œufs en batterie ? 
Mais nous y reviendrons.

Autre morceau de bravoure :
« Cela veut dire accepter de les transformer, mais accepter également d’être transformé par eux. »
Donnant-donnant, bonnes gens ! Les animaux seront gagnants. On les transforme en salami, ils ont l'insigne honneur de transformer leurs éleveurs en... en quoi, au fait ? Pas en personnes meilleures, en tout cas ; ça, c'est sûr.

Après quoi Jocelyne Porcher resserre le tir, accusant les penseurs et journalistes précités de travailler non par amour, pour l'amélioration du sort de l'animal, mais pour rendre service à un obscur lobby, lequel trouverait plus pratique de faire son beurre, si j'ose dire, avec du lait de soja « délocalisable » qu'avec du steak bien de chez nous.

Je ne sais pas si c'est pure mauvaise foi, là encore, ou si réellement certains penseurs ne sont pas totalement irréprochables. J'ai mon idée, mais on pourrait m'accuser d'être partiale... :-)

Quoi qu'il en soit, le problème est ailleurs. On en revient au sempiternel, mais toujours aussi absurde « élevons des animaux pour les manger, sinon ils vont disparaître ».

Qu'à cela ne tienne ! Remplaçons une société prisant l'animal de boucherie par une société prisant l'animal de compagnie. Pour éviter les inévitables dérives, affûtons l'arsenal législatif pour vérifier que ces animaux, pourvus de véritables droits, seront dignement traités...

Et si la population d'animaux domestiques diminue de ce fait drastiquement, pourquoi s'en désoler ? Mieux vaut peu d'animaux bien traités, qu'une multitude martyrisée. Qui en souffrira ? Les éleveurs ? Oui, les conséquences économiques seront pour eux un réel problème, qu'il faut prendre à bras-le-corps et traiter efficacement. Mais évoquer leur souffrance d'être séparés des animaux est un véritable foutage de gueule, et je n'ai pas l'habitude d'être grossière ! 

Pour conclure, je vais peut-être vous choquer en expliquant que bien que devenue végétarienne, je ne suis pas a priori contre le fait que l'on tue pour vivre. Tout être finit par mourir ; et je ne suis pas sûre qu'il soit plus confortable pour un animal de mourir vieux, blessé à mort ou dévoré vivant par un prédateur, que d'être tué rapidement, sans peur ni souffrance.

La vraie question, c'est : une mort sans peur ni souffrance est-elle réalisable ? Oui, mais à une échelle « artisanale », dans la cadre d'une relation personnelle entre l'animal et son exécuteur ; relation que madame Porcher feint de croire habituelle, mais qui est, en fait, plus qu'exceptionnelle.

Mon ex-mari, qui aime la viande mais aussi les animaux, professe que l'on devrait s'astreindre à tuer soi-même ce que l'on mange. Quand nous vivions à la campagne, il tuait donc des volailles achetées chez des éleveurs bio (qui, eux, les égorgeaient par l'intérieur du bec, méthode courante car jugée « esthétique », mais effroyablement douloureuse).
Lui, il pratiquait une minuscule incision à la jugulaire, tout en choyant sa victime. J'ai pu constater que cela se passait, disons « au mieux ». Certes, les oiseaux devaient vivre un moment peu agréable au moment où l'irrigation décroissante de leur cerveau, sans être assez importante pour les plonger en syncope, l'était déjà assez assez pour qu'ils se sentent mal à l'aise ; mais je n'en ai vu aucun s'affoler ou se débattre.

En toute conscience, je ne crois pas qu'une telle mort soit pire à endurer que les douleurs rhumatismales, les défaillances cardiaques, et tous les maux de la vieillesse. Je n'approuve pas pour autant le fait de prendre une vie innocente pour le seul plaisir de manger de la viande, mais une telle démarche, une telle philosophie se respectent. Les personnes qui attendent la dernière minute pour piquer leur animal de compagnie souffrant sans espoir de guérison sont, de mon point de vue, tout aussi coupables, voire davantage.  

Par ailleurs, je ne fais pas partie des naïfs qui pensent que la vie d'un animal de compagnie est idéale, non plus que je n'imagine que la vie d'animal sauvage est une sinécure.

L'idéal, c'est bien entendu une vie d'animal de compagnie pourvu de droits attentivement respectés, ou d'animal sauvage sous étroite surveillance, notamment pour éviter des souffrances inutilement prolongées.

Des reporters qui filment, sans intervenir, un éléphanteau se faisant éventrer et manger vivant par des hyènes, cela me révolte. La nature n'est pas cruelle, mais pas compatissante non plus.  Alors, relâcher tous les animaux et les laisser se débrouiller entre eux sans intervention humaine serait certes une solution déresponsabilisante, mais pas du tout généreuse.

Tout ceci pour dire que je ne prends pas le contre-pied de madame Porcher par principe, car l'idée de tuer des animaux ne soulèverait pas autant mon indignation si l'on pouvait être certain qu'ils ne souffriraient ni n'auraient peur. Le problème, c'est que de telles conditions NE PEUVENT PAS être assurés de façon systématique et généralisée.

Je me sens donc d'autant plus habilitée à dire que l'article de Jocelyne Porcher est un véritable monument de malfaisance, qui feint d'être objectif et soucieux de "vraie morale", alors que son véritable but est de torpiller sournoisement l'une des plus belles causes de l'histoire de l'humanité.  

Pour mieux embobiner ses lecteurs, madame Porcher décrit d'une plume bucolique une charmante scène rurale. Qui n'existe pas. Nulle part. Ou n'existe plus, en tout cas ; il y a sans doute eu, dans le passé, des éleveurs à très petite échelle relativement respectueux de leurs bêtes. Je dis bien « relativement ».

Car au moment de l'abattage, qui se souciait vraiment d'inciser seulement les jugulaires en épargnant la trachée, pour éviter que l'animal ne se noie dans son sang ? Qui prenait soin de ne pas abattre plusieurs animaux d'affilée, pour que l'odeur du sang et la hâte des humains ne stresse pas les victimes suivantes ?...

Personne, évidemment : l'homme fait toujours passer ses intérêts avant ceux des êtres qu'il domine. Et, c'est une évidence : le paysan qui trimait de l'aube au crépuscule dans de rudes conditions, qui savaient que ses enfants pouvaient mourir en cas de mauvaise récolte, ne considérait pas les animaux comme des membres de sa famille, contrairement à ce que prétend notre auteur si joliment lyrique quand ça l'arrange.

Soyons réalistes. Sachons ce qu'il se passait, ce qu'il se passe. Même pour les chiens, « le plus fidèle compagnon de l'homme ». Un chien de ferme en fin de vie devenu une « bouche inutile », ou même quand son maître concevait la louable intention d'abréger ses souffrances, était (et cela se pratique encore) le plus souvent pendu. Hé oui. Parce que ça ne coûte rien, alors qu'une cartouche, on doit l'acheter...

Je ne jette pas la pierre à quiconque. Mais il est absurde de prétendre que les agriculteurs entretiennent une relation d'amour avec leurs animaux, alors que forcément, l'humain prime ; que l'animal n'est qu'un « produit d'exploitation » auquel même les enfants les plus sensibles sont sommés de ne pas s'attacher, sachant qu'il sera mis à mort à brève échéance...
Et de toute façon, combien de fois l'ai-je entendu : « Ce n'est qu'une bête »...

Jocelyne Porcher se permet de donner une ultime leçon aux défenseurs des animaux en prétendant que leur engagement procède du même mécanisme de supériorité condescendante que, jadis, la défense des femmes ou des esclaves.
Très habile, en vérité ! Mais vraiment pas glorieux. Ne trouvez-vous pas désolant, en vérité, madame Porcher, de vous abaisser à tirer d'aussi grosses ficelles ?

En conclusion :

Si l'on en juge par cet écrit, madame Jocelyne Porcher appartient à la catégorie de ce que l'on appelle « un pervers manipulateur ». Elle en a toutes les tactiques, sans exception. Pain bénit pour ses employeurs ! Ils doivent se régaler, quand ils lâchent cette experte en désinformation sur les doux idéalistes de la défense animale.

Honte à vous, madame, d’employer vos ressources intellectuelles, de toute évidence brillantes, pour œuvrer sournoisement à torpiller une juste cause.

Honte à vous d'apparaître aussi trivialement vendue à vos donneurs d'ordres, le puissant lobby agro-alimentaire - c'est-à-dire, soyons simples, cette importante fraction du monde agricole et industriel qui, sans états d'âme, tire profit de la souffrance !...

Si vous n'étiez pas seulement une pseudo-penseuse dévoyée, une « zootechnicienne » avant tout froidement technicienne, une « sociologue » moins préoccupée de la relation entre l'Homme et les animaux que de sociologie économique au sens le plus désenchanté du terme, si vous étiez simplement humaine, madame, je vous le dis tout net : vous ne pourriez pas relire votre infâme pamphlet sans courir vous offrir vous-même en sacrifice expiatoire dans le premier abattoir venu.

Songez-y, à l'occasion ! Cela vous permettra, en vous mettant dans la peau de l'autre, d'enfin éprouver pour de bon, jusqu'à sa conclusion brutale, la vérité du lien humain-animal. Ce lien très normalement sanctifié par la mort, à vous croire, puisque justifié par « l'amour ». Ce lien intime, quasi mystique, que vous décrivez avec des accents si émouvants...

mardi 16 février 2016

À REGARDER JUSQU'AU BOUT, SANS FAILLIR !


Dans le prolongement de mon dernier article, je vous engage à regarder cette vidéo. Jusqu'au bout, quoi qu'il en coûte. 

Non, ce n'est pas facile à voir. 
Mais, oui, il faut s'y obliger : c'est le moins que l'on doive aux victimes...

Oui, on se sent coupable, ou du moins complice. Mais, non, ce n'est pas inéluctable : question de prise de conscience... 

Il nous suffit de dire : 
NON à la barbarie.
OUI à l'amour, c'est-à-dire à la Vie.




jeudi 11 février 2016

ARRÊTONS LE MASSACRE !


Je suis consciente de la souffrance animale depuis mon jeune âge, grâce à mes parents qui m'ont élevée dans un véritable refuge et dans le culte de la compassion - même si l'on croyait encore, à cette époque, que la viande est indispensable à la santé.


Progressivement, j'y ai renoncé ; et par un juste retour de karma, cela a considérablement retardé la destruction rénale complète que les médecins prédisaient à très court terme quand j'étais adolescente. Pas seulement, j'en suis convaincue, parce qu'un régime allégé en protéines et en graisses m'a été plus profitable. 

Je me suis toujours acharnée à démontrer autour de moi qu'une source de nourriture arrachée à un animal fou de souffrance et de terreur, prélevée, avant ou après sa mort, sur une victime si stressée qu'elle en est malade au sens propre du terme, NE PEUT PAS être bonne pour la santé.

Seulement, du fait de ma thrombophilie, les légumes riches en vitamine K me sont interdits, et l'état de mes reins m'impose de limiter strictement ma consommation d'algues (riches en protéines, iode, calcium, sodium, potassium... l'idéal, mais pas pour moi, hélas !), ce qui rend les choses très compliquées.

J'ai donc continué à consommer en bio des œufs de plein air et des laitages de chèvre. Ça paraît correct, non ? Eh bien, pas du tout. Car bio ne veut pas forcément dire "élevage non industriel", et même une exploitation de taille modeste n'est pas forcément synonyme de "bons traitements", comme le révèle ce témoignage.

http://lafermedesrescapes.over-blog.org/

Il est grand temps de réveiller nos consciences. Ce que nous faisons subir aux animaux, nos petits frères d'existence, est 100% injustifiable. Cette cruauté délibérée nous précipite au dernier rang des espèces en termes de valeur morale. Morale dont justement - non, injustement ! - nous prétendons qu'elle nous rend supérieurs à tous les autres êtres vivants...

MANGER DE LA VIANDE TUE. 
Des innocents - et, petit à petit, nous-mêmes.
NE L'OUBLIONS PAS.


lundi 8 février 2016

« RÉFORME » DE L'ORTHOGRAPHE : et si le problème était ailleurs ?


Pour parler comme nos jeunes, elle me gave, cette affaire. Oui, grave !... 
Essayons d'y voir plus clair, un angle d'approche après l'autre.
Je vais être un peu longue, alors les impatients pourront sauter directement à la conclusion. :-)



Évolution de la langue : devait-on se précipiter ?

Oui, certaines graphies sont désuètes, voire absurdes. Oui, toute langue évolue ; il est ridicule de le nier, de prétendre s'y opposer ; et je comprends certains esprits logiques qui brûlent de rectifier de vieilles aberrations.

(Tiens, à propos... "Bruler" sans accent circonflexe, ça fait tiède, je trouve. Et "l'abime" manque de profondeur...)

Le français évolue de lui-même, au fil des décennies, des siècles. C'est un phénomène naturel. Décréter qu'il faut tout changer, là, maintenant, c'est aussi vain que présomptueux. Laissons plutôt agir le temps, ce grand maître...

Et si je puis me permettre un petit mouvement d'humeur, je suis beaucoup plus choquée de lire ou d'entendre la façon dont on maltraite notre belle langue dans les médias, la pub etc.



Dans les écoles : un cadeau empoisonné...

Je crois sincèrement que les instituteurs ont mieux et plus urgent à faire que d'imposer les nouvelles règles dans leurs classes. Ils ont assez de problèmes sans en créer de toutes pièces, vous ne croyez pas ?

Concernant les enseignants qui n'approuvent pas cette directive, veut-on vraiment leur envoyer le message « on s'en fiche de ce que vous pensez ? »

Alors, je vous le demande, pourquoi ne pas se contenter de faire œuvre de pédagogie, en expliquant le caractère désuet de certaines exceptions pour préparer les Français à leur abandon progressif, tout en faisant la promotion d'une tolérance totale vis-à-vis de l'une et l'autre graphie ?


Dans la société : l'art de cliver pour pas grand-chose !

Les conséquences seront énormes. Le fossé entre les « Anciens » et les « Modernes », vieux comme le monde, se creusera encore.

Les parents qui tiennent à l'ancienne graphie se sentiront remis en question par le système scolaire, et verront leurs enfants penser ou dire qu'ils ont tort. 
Les familles saignent déjà de nombreuses blessures, fallait-il vraiment ajouter un autre point de désaccord entre générations ?

Dans le monde du travail, les jeunes employeurs ou cadres adeptes de la nouvelle graphie ne seront-ils pas tentés de juger dépassés, incapables d'adaptation, les auteurs de lettres de candidature « ancienne graphie » ?

Et ainsi de suite. Il ne sert à rien de se moquer des personnes qui protestent à l'annonce de cette mesure. Leur réaction signifie tout simplement que ladite mesure est « clivante »...


Question de principe : pourquoi donc passer en force ?

Sur le plan de la légitimité, comme je le répondais à un (fort aimable) partisan du changement de graphie, un ministre est une « tutelle », c'est-à-dire qu'il doit protéger et guider le secteur dont il est en charge, pas déclencher des crises en foulant aux pieds la volonté des opposants.

Est-il légitime d'imposer ces dispositions ? Est-ce juste ? Un droit fondamental de l'être humain est-il en jeu, ou une question de justice, d'égalité ?

Non, au contraire ; on attente à la liberté des gens, puisque, certes, ils pourront toujours pratiquer la graphie ancienne, mais, qu'ils soient parents, formateurs, employés, auteurs..., ils encourront, nous l'avons vu, le risque d'être jugés là-dessus.

Les personnes « coupables » de mal maîtriser les exceptions orthographiques étaient déjà victimes d'un jugement, va-t-on me répliquer. 
Certes. Et maintenant tout le monde sera jugé, qu'il use de l'une ou de l'autre graphie. Le beau progrès que voilà !

Si tant est qu'il ne s'agisse pas d'une simple manœuvre de diversion, comme il en surgit depuis toujours aux heures de grande instabilité sociale - mais ceci est une autre histoire -, imposer aux forceps une mesure non essentielle représente un viol politique, un déni de démocratie, ni plus ni moins.


Question qui fâche : s'agit-il d'une méprise idéologique ?

Il est important d'évoquer la volonté idéologique qui, depuis plus de 25 ans, sous-tend la fameuse « réforme ».

Certains, dans leur générosité, aimeraient éradiquer de force l'orthographe « ancienne », « savante », qui, pensent-ils, permet à une « élite » de prendre de haut les « non-instruits », les jeunes, les personnes d'origine étrangère, etc.
Comme ils se trompent !

Mes grand-parents, en charge d'une école de campagne, en ont vu passer, des jeunes « paysans » - ainsi disait-on à l'époque - qui venaient, au prix d'une longue marche en sabots après la traite du matin, recevoir l'inappréciable don du savoir...
Les complexités de la langue française ne rebutaient pas ces enfants, et tous ont fait, parfois très brillamment, leur chemin dans l'existence.

Ils ont fêté chaque année leurs anciens instituteurs jusqu'à la mort de ces derniers. Jamais je n'en ai entendu aucun exprimer qu'il s'était senti humilié par les exigences de la langue, sous le prétexte qu'il ne la maîtrisait pas « de naissance ». 
Au contraire, conquérir cette maîtrise si ardue les emplissait de fierté.

Autres temps, me dira-t-on... D'accord. Mais je ne croirai jamais, au grand jamais, qu'abaisser la difficulté procède d'une démarche bienveillante envers les défavorisés.

Bien au contraire, c'est un geste condescendant.
C'est le choix de la facilité et de la démagogie.
C'est le parti-pris irresponsable de ne pas se battre de toutes ses forces pour élever le niveau de tous ; et par conséquent, de laisser prospérer, au détriment des humbles, les « nantis » qui ont les moyens d'acquérir un savoir « élitiste » et qui le cultivent entre eux, comme un signe de reconnaissance.


Question qui gêne : et si simplifier nous faisait du tort ?

Celle-là va me valoir les foudres de pas mal de monde, mais je m'en tamponne le coquillard, comme aurait dit un personnage d'Audiard.

Car enfin, au nom de quoi prôner la « simplification », quand on a la moindre idée des capacités cognitives d'un jeune cerveau ?

Pourquoi ne pas, au contraire, ouvrir ses ailes, si je puis dire, en lui permettant de se colleter avec des difficultés qui développeraient le nombre et l'efficacité de ses connexions cérébrales ? 
D'accord, nous ne sommes pas des animaux de laboratoire, mais nul ne peut nier que nous aussi, la difficulté nous rend plus performants.

Performance, un mot que détestent les idéologues ! Mais à moins que l'on n'instaure, d'un coup de baguette magique, un monde régi par des règles 100% différentes, penser efficacement est le seul moyen d'améliorer notre condition humaine – et je ne parle pas seulement d'amélioration matérielle, loin de là.




Pour conclure : le vrai problème est ailleurs...

Car je crains qu'il ne faille attribuer principalement cette pseudo-réforme à la pédanterie dantesque qui, pour le malheur de nos enfants - et donc le nôtre - sévit dans une certaine intelligentsia universitaire, en particulier chez les auteurs de manuels scolaires.

Puisque le prétexte est d'aller vers la simplicité, rappelons-nous « l'ancienne manière » d'enseigner les exceptions - par exemple, concernant l'accent circonflexe, l'inoubliable cime avec son chapeau de neige qui est « tombé dans l'abîme ».

N'était-ce pas plus simple, plus évocateur, plus facile à mémoriser que le jargon abscons dans lequel sont désormais rédigés les manuels ?

(Ne parlons même pas de ce que l'on enseigne aux futurs instituteurs, bombardés de formules à hurler de consternation, comme le tristement célèbre « référentiel bondissant », tellement plus gratifiant pour l'ego de son inventeur qu'un simple... ballon !)

Comment s'étonner de perdre en route une bonne partie des « sujets apprenants », oh pardon, des élèves ?...

Les parents eux-mêmes, quel que soit leur niveau d'études, s'effarent et se découragent devant ce galimatias, beaucoup plus traumatisant qu'une affaire d'accents circonflexes.

C'est peut-être là, plus que dans un arasement forcené des difficultés de la langue française, qu'il faudrait rechercher des marges d'amélioration.