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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


jeudi 14 juillet 2016

La bêta-lecture, c'est malin !


Sur monBestSeller, un excellent article de Yannick Fradin qui explique bien l'importance cruciale de la bêta-lecture, en amont de la ou des correction(s). Un bêta-lecteur pointu et tâtillon est une perle, comme l'a souligné l'auteur Alice Quinn dans les commentaires !




J'encourage sans relâche les auteurs de mes groupes facebook à soumettre leur travail à la critique, afin de ne mettre en ligne que des textes aussi aboutis que possible. Un regard extérieur, encore mieux : plusieurs, sont indispensables. 
Aucun auteur, aussi expérimenté soit-il, n'a le recul nécessaire sur ses écrits pour les auto-corriger autant qu'il serait souhaitable. En relisant des romans rédigés il y a une, deux, trois décennies, et revus depuis à plusieurs reprises, j'y trouve encore moult défauts et maladresses.



Pour Les trois Sages, le tome 1 de ma saga fantastique Élie et l'Apocalypse, qui sortait de mon registre habituel, j'ai recherché très activement des bêta-lecteurs ; de préférence des personnes aux profils et goûts très diversifiés, pour m'assurer de ne pas être gratifiée d'un consensus mou, mais de critiques actives venant d'angles variés.

Personne ne perçoit un texte de la même manière. Chacun a un regard particulier : l'un sera exigeant sur le style, un autre remarquera des incohérences dans l'intrigue, un autre encore critiquera la psychologie des personnages... Les uns verront certains coquilles, mais passeront sur d'autres sans les remarquer...




Malgré cette posture de solliciteuse, je n'ai pas tenu compte de toutes les remarques de mes bêta-lecteurs. J'essayais instinctivement de faire valoir mon point de vue, ce qui est puéril et contre-productif. 
Et puis, à froid, quelques années plus tard, j'ai réalisé que certaines critiques étaient bel et bien fondées, et j'ai tout réécrit de fond en comble. "Les trois Sages" demeure encore améliorable, j'en suis sûre, mais bon, il faut bien décider de s'arrêter un jour !





Tout auteur investit dans son œuvre beaucoup de lui-même, y enfouissant toujours un petit morceau de son âme. Dès lors, il est douloureux de voir critiquer le fruit de tant d'efforts. 
Mais il ne faut pas oublier que bientôt, cet "autre nous-même" sera offert en pâture au public, qui risque fort d'être moins bienveillant. Alors, inutile de se mettre en boule !



Il est indispensable, au contraire, de faire preuve d'une grande ouverture d'esprit et d'une grande humilité. On peut débattre avec ses bêta-lecteurs du bien-fondé de telle ou telle remarque, voire ne pas en tenir compte in fine ; mais cela ne doit pas découler d'un a priori négatif, du fait que l'on se trouve sur la défensive. Les B-L sont nos alliés, et plus ils sont critiques, plus ils se montrent exigeants, plus ils nous poussent à l'excellence. Grand merci à eux !




Je remarque qu'il devient difficile, aujourd'hui, de trouver des bêta-lecteurs. 



On entend çà et là des retours d'expérience de B-L qui se sont heurtés à l'incompréhension, voire l'hostilité des auteurs ; peut-être est-ce pour cela qu'ils se risquent moins volontiers à cet exercice délicat.



Peut-être y a-t-il davantage de candidats pour des littératures de genre, comme la romance, qui suscitent des fan-clubs avides de dévorer un grand nombre d'ouvrages. Je ne suis pas sûre, cela dit, que leurs avis soient très critiques.



Je pense aussi que les volontaires ont de moins en moins de temps, qu'ils soient seulement lecteurs, ou auteurs et lecteurs à la fois, comme Colette Bacro qui m'a fait l'amitié de bêta-lire en urgence Autant en emporte le chergui. La vie nous entraîne et nous bouscule, et nous trouvons peu de loisir pour nous-mêmes, alors il devient acrobatique d'en trouver pour les autres.





Le résultat, c'est que l'on travaille souvent en solitaire, sans filet, et même si l'expérience apprend à prendre du recul sur ses textes, c'est beaucoup plus difficile dans ces conditions de rendre une copie aussi aboutie qu'elle pourrait l'être.
Raison de plus pour être reconnaissants à l'égard de ces bénévoles qui nous aident à perfectionner peu à peu des ouvrages forcément, au départ, très imparfaits.