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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


Invitations au voyage

mardi 12 juillet 2016

Vouloir être édité ? Mais pourquoi, nom d'un chien ?



Oui, c'est une question qui me hante : pourquoi donc les auteurs tiennent-ils tant à se faire éditer ? 
Ce matin, j'ai entrepris d'y répondre en commentant l'excellente synthèse d'Alan Spade sur la négociation avec une maison d'édition. 
Détaillons un peu...


Pour davantage de visibilité ? C'est un leurre. Hormis pour les stars littéraires (ou les stars tout court - suivez mon regard noir), la vie d'un livre dans les rayons des librairies n'excède pas quelques semaines. Cela vaut-il la peine d'aliéner vos droits et votre liberté ? Je ne le pense pas, et vous ? 

Pour se doter d'une tutelle, à la fois père/mère protecteur, et obstétricien patenté qui vous aidera à accoucher du meilleur ouvrage possible ?

Alors là, laissez-moi vous ouvrir les yeux :

Si vous éprouvez ce besoin, c'est que, vous le sentez, votre « bébé » n'est pas la perle rare, le livre parfait, génial, bref improbable, que tout éditeur espère sans guère y croire.

Si malgré tout, l'on vous offre un contrat – je parle d'un éditeur de renom, bien entendu, pas d'une toute petite maison qui vous « paternera » peut-être, mais n'assurera à votre livre qu'une diffusion très limitée –, c'est parce que le bébé a du potentiel : il colle à l'actualité, par exemple, ou traite un sujet à succès.

Il y a alors neuf chances sur dix pour qu'on vous le fasse réécrire. Par un tiers, le plus souvent, parce qu'il sera bien moins long (donc bien moins coûteux) de mettre à l'œuvre un « nègre » de la maison, que d'amener un auteur à remettre entièrement son travail en question... si tant est qu'il le puisse, car c'est plus que difficile.

Ce sera peut-être pour le plus grand profit de l'ouvrage et le vôtre. Mais aussi bien, cette opération peut vider votre bébé de sa substance, car le but est de le « lisser », c'est-à-dire le rendre digeste – donc simpliste, n'ayons pas peur des mots –, et conforme aux goûts et opinions du plus grand nombre. Votre pamphlet flamboyant, au style inspiré, se sera transformé à votre corps défendant en « page-turner » oublié aussitôt que dévoré. L'édition est avant tout une entreprise : au suivant !

Ce n'est peut-être pas exactement ce que vous espériez.


En attendant que les éditeurs soient forcés de se reconvertir en agents littéraires (ce serait utile, et ils y viendront tôt ou tard), on aimerait voir se créer des synergies d'auteurs où les plus expérimentés :

- conseilleraient les nouveaux venus sur le plan de l'écriture (pour le reste, l'entraide fonctionne déjà bien dans certains groupes), 
- repéreraient et soutiendraient les talents,
bref, aideraient l'édition indépendante à fonctionner de façon autonome.


J'appelle de mes vœux une telle organisation, et j'ai même (ne rigolez pas, s'il vous plaît !) créé en ce sens un groupe, oui, encore un : « Communauteurs ». Mais la nature solitaire et souvent autocentrée propre aux artistes en général est un obstacle à l'expansion de cette pratique, j'en suis consciente.



Récemment débarquée dans l'édition numérique, je n'ai pas le savoir-faire technologique et commercial des indés plus expérimentés dans ce domaine.

Néanmoins, je suis très heureuse d'avoir permis à un jeune auteur de porter son premier roman de l'état de manuscrit non abouti à celui d'un ebook publié sur Amazon. 

Si loin du soleil a entamé une carrière prometteuse en restant 2 semaines n° 1 du top Romance fantastique. La suite ne dépend plus que des lecteurs... 

J'avais repéré ce manuscrit en 2013 quand j'animais L'Écurie littéraire, mon association de bêta-lecture et de conseils aux auteurs. J'ai coaché Morgan jusqu'en mai 2016, après quoi elle m'a confié la réécriture complète de son ouvrage.

De son côté, Morgan avait sollicité un certain nombre d'éditeurs. Aucun n'avait donné suite avant que Si loin du soleil n'ait rencontré un début de succès sur Amazon. 
Comme quoi, Alan Spade a raison : se rendre visible en s'autopubliant est le meilleur moyen d'attirer un éditeur dans de bonnes conditions. Ce qui ne signifie pas qu'aupublier n'importe quoi soit un sésame pour l'édition, très loin de là...

Concernant Si loin du soleil, la belle histoire s'arrête là en ce qui me concerne, son auteur originel ayant renié notre accord sur les conditions de réécriture. 

Je n'en suis pas moins ravie de voir ainsi prouvé aux autoédités le fait que seul un travail d'amélioration très poussé permet qu'un livre rencontre le succès. D'où mes petits billets sur l'auto-réécriture, publiés à leur intention.


Mais revenons-en à la question initiale : pourquoi donc se faire éditer ?

Je répondrai a contrario : pourquoi ne pas s'abstenir, hein, dites-moi ?

Ne serait-ce que pour cet aspect qui me semble essentiel : lorsque votre livre édité (s'il parvient à l'être) aura vécu sa courte vie en librairie, qu'adviendra-t-il de ce précieux condensé de vous-même, censé vous conférer une parcelle d'immortalité ?

Oublions bien entendu le cas exceptionnel où il serait devenu un best-seller, traduit dans le monde entier et porté à l'écran avec Nabilla dans le rôle principal... Vous finiriez dans les manuels scolaires, on mettrait peut-être une rue à votre nom... 

Ne rêvons pas, ça fait trop mal ! :-) Revenons plutôt aux dures réalités.

Dans le meilleur des cas, le surplus de stock finira au pilon, et vous réussirez peut-être à récupérer vos droits – non sans beaucoup de temps et d'énergie perdus.
Retour à la case départ.

Dans la pire hypothèse, celle où votre ouvrage garderait à ses yeux quelque intérêt (je sais, cela semble contradictoire...), votre éditeur conservera un petit stock, ou republiera au compte-gouttes. Et vous ne récupérerez jamais vos droits sur un livre que, de son côté, il aura cessé de mettre en avant depuis belle lurette.

Adieu tous vos espoirs d'auteur - du moins, avec ce livre-là.

Tandis que, autopublié, votre bébé restera accessible à jamais sur les plateformes, et vivra tant que vous vous battrez pour le faire connaître. Vous rencontrerez toujours de nouveaux lecteurs, ce qui, avouons-le, est le but premier d'un auteur. (Si votre but à vous était de gagner de l'argent, reconvertissez-vous plutôt dans le tricotage de cache-sexes pour nudistes, vous aurez de meilleures chances de faire fortune).


Alors ? Toujours tenté(e) de vous prostituer vendre à un éditeur ?



Heu, petite précision : ceci n'est pas une invitation à m'appeler, moi. C'est une allégorie de l'auteur draguant l'éditeur. Soyons clairs, ok ?

PS : J'ajoute que le terme de prostitution est une petite provocation sans intention blessante : je veux juste rappeler aux auteurs désespérés qu'ils ne doivent pas accepter n'importe quoi de n'importe quel éditeur plus ou moins bien intentionné.
Ouf, je vais peut-être éviter d'être lynchée. Pour cette fois, en tout cas.