Bienvenue chez moi ! Sur ce blog, je dis ce que je pense. Bonne visite...

Vous pouvez aussi consulter ma page auteur Amazon ou explorer mon profil https://www.facebook.com/EBKoridwen et ses groupes associés, où vous découvrirez l'actualité de mes ami(e)s blogueurs littéraires, auteurs, illustrateurs, etc : une enthousiasmante communauté de plus de 4 000 passionnés du livre.

On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


mardi 15 novembre 2016

Commentaires Amazon : le grand malentendu.




La mésaventure arrivée tout récemment à une autoéditée m'inspire ce court article qui me trotte dans la tête depuis longtemps.

Pourquoi, nom d'un incunable (rassurez-vous, ce n'est pas une grossièreté) les commentateurs sur Amazon, y compris lorsqu'ils sont eux-mêmes auteurs, confondent-ils évaluation et impression personnelle ?

Non, ce n'est pas du tout la même chose.

Évaluer un livre, c'est dire si vous l'avez trouvé bien écrit, sans fautes, « fluide » (compliment suprême, de nos jours !), traité avec pertinence, bien documenté, bien mené, haletant, subtil...
ou au contraire mal bâti, mal orthographié, doté d'un style indigent, d'une intrigue invraisemblable, etc.

Bien entendu, ce constat est personnel, chacun le fait avec les outils dont il dispose : sa formation, son expérience littéraire, et dans une certaine mesure, ses propres goûts.

Mais dans cette démarche, on est très loin de l'attitude, trop répandue, qui consiste à dire « J'ai adhéré (ou non) à cette histoire, j'ai éprouvé telle ou telle chose, j'aime (ou pas) ce style, je me suis identifié(e) à ce personnage (ou non)... ».

Pourquoi la seconde option n'est-elle pas la bonne ?

Eh bien, parce que les commentaires Amazon servent à indiquer aux autres clients du site s'ils peuvent se risquer à acheter tel ou tel livre.
Comme vous ne connaissez pas leurs goûts, et qu'ils sont peut-être très différents des vôtres, vous ne leur rendrez aucun service en disant « J'adore ! » ou « Je déteste ! ».

N'avez-vous jamais grincé des dents en voyant en commentaire d'un article, par exemple une lampe de poche, un commentaire 1 étoile du genre « Très déçu : il n'y a qu'une couleur et je n'aime pas ce vert » ?

Eh bien, c'est la même chose. Savoir qu'un autre consommateur a adoré ou détesté un article ne nous aide en rien à estimer s'il va nous plaire, à nous, et répondre à nos attentes. Ce dont nous avons besoin, c'est d'éléments objectifs : « Cette lampe est trop lourde, pas pratique, elle n'éclaire pas assez, elle s'est cassée au premier choc... » ou au contraire « Elle est solide, efficace... ».

Revenons-en au « Pourquoi, nom d'un linotype  » ? (oui, il faut varier les plaisirs. ^^)

Je dirais que c'est l'effet d'un malentendu.
Dans notre monde de grande solitude, les consommateurs ont sauté sur l'occasion de donner leur avis en ligne comme s'il s'agissait, non d'évaluer un produit en tant que client, dans un but purement pratique, mais de s'exprimer en tant qu'individu. Je note, donc j'existe.

La fréquente revendication des chroniqueurs littéraires : « un blog, c'est comme un journal intime » reflète le même malentendu, moins criant, mais aussi dangereux et potentiellement injuste pour les auteurs. 
Surtout sachant que certains lecteurs se contentent de regarder la note globale, ou le nombre de commentaires 1 étoile ; voire, lisent uniquement les commentaires négatifs, jugés (à tort) plus fiables.

Toute évaluation publique d'un objet proposé à d'autres personnes, qu'il s'agisse d'un tire-bouchon ou d'un livre, qu'il soit vendu ou offert gratuitement, a une influence sur son devenir.

Ce que l'on écrit dans un journal intime est délicieusement défoulatoire, mais n'a aucune incidence sur le téléchargement des Mémoires de Tonton Jeannot. 
En revanche, il est évident qu'écrire sur un blog « C'est nul, j'ai détesté ce style de vieux, et puis ça n'est pas intéressant du tout » peut avoir des effets désastreux, y compris sur le moral de l'auteur.

Eh oui, un auteur, c'est fragile, pétri de doutes, et même s'il ne faut certes pas le nourrir avec des commentaires de complaisance, il ne faut pas non plus s'acharner dessus. Surtout à coups de pseudo-arguments subjectifs qui ne reflètent que des impressions personnelles, des « ressentis », au lieu d'aligner des éléments formels.

Alors, bien sûr, si vous l'avez aimé, ajouter que les Mémoires de Tonton Jeannot vous a rappelé vos vacances chez votre grand-mère, que vous avez retrouvé des émotions oubliées, c'est la touche de vie ; le petit quelque chose qui, peut-être, donnera à votre commentaire toute sa saveur aux yeux d'un autre lecteur.

Mais de grâce, maniez avec une grande prudence les impressions négatives, et jamais sans les accompagner d'une véritable, honnête et précise évaluation.


Voilà, c'était mon petit coup de clairon du jour ! Là-dessus, je retourne à mes travaux d'écriture. :-)