Bienvenue chez moi ! Sur ce blog, je dis ce que je pense. Bonne visite...

Vous pouvez aussi consulter ma page auteur Amazon ou explorer mon profil https://www.facebook.com/EBKoridwen et ses groupes associés, où vous découvrirez l'actualité de mes ami(e)s blogueurs littéraires, auteurs, illustrateurs, etc : une enthousiasmante communauté de plus de 4 000 passionnés du livre.

On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


dimanche 11 décembre 2016

PROJET DE SITE DES AUTEURS INDÉPENDANTS : encore plus de détails




La proposition que nous portions depuis 2016, Alexy Soulberry et moi-même (mettre gratuitement à la disposition des auteurs un embryon de fédération des auteurs indépendants que ces derniers pourraient s'approprier, ainsi qu'un site-vitrine qui permettrait aux lecteurs de trouver en quelques clics, de façon précise et multicritères, les livres autoédités correspondant à leur recherche), a provoqué quelques réactions de dernière minute, peu nombreuses mais catégoriques, qui ont mis fin au consensus. 

Les auteurs en question rejetaient définitivement l'idée de la démarche qualité fondée sur le volontariat, réclamée par de nombreux auteurs.

Comme notre but était de rendre service et non de créer des tensions, j'ai décidé de me recentrer sur mes propres écrits.

Pour autant, je ne supprime pas les articles que j'avais consacrés à ce projet, par respect pour leurs commentateurs et pour les auteurs que de tels sujets intéressent.

Ni Alexy ni moi n'oublions les très nombreux adhérents du site originel. Tout est au point mort, mais seulement parce que notre projet reposait sur une large mobilisation volontaire, et qu'il apparaît
 impossible d'obtenir cette adhésion collective sans provoquer des polémiques (dernière chose que nous souhaitions).

Si une solution est trouvée pour faire avancer les choses, nous ne manquerons pas de le faire savoir.
Par ailleurs, si d'autres initiatives correspondant à notre vision éthique nous semblent répondre aux besoins des auteurs, c'est avec joie que nous y joindrons nos forces. 

Article originel :

Une ou deux réactions à mon billet sur la liberté des indés m'ont montré que certains auteurs ne comprennent pas les enjeux de la situation actuelle, ni les raisons pour lesquelles je m'efforce de vous mobiliser.

Cela me chagrine beaucoup, car nous avons grand besoin de nous fédérer plutôt que de nous diviser. Par conséquent, je vais vous exposer encore plus en détail ces enjeux et raisons.


En premier lieu, un site centralisateur, tel que je vous l'ai décrit, sera très utile aux auteurs indépendants dans l'avenir. Il faudra du temps pour le développer complètement, j'en suis consciente, mais cela ne dépendra que de notre mobilisation.

Il accueillera les nouveaux autoédités et les aidera à trouver les informations et les conseils bénévoles dont ils ont besoin ; il permettra aux indés qui gèrent déjà des blogs ou des groupes facebook de conseils aux auteurs, de les rendre plus facilement accessibles dans l'intérêt général ; il rationnalisera notre mode de fonctionnement pour le rendre plus efficace dans tous les domaines.

Surtout, cette « maison commune » pourra servir de base pour permettre l'organisation du mouvement des auteurs indépendants sous une forme du genre syndicat, ou du moins, association de grande envergure : seul dispositif qui nous permettrait de faire valoir notre existence, nos besoins, et de changer une donne politico-économique (je parle de politique au sens large, « gestion des systèmes humains ») qui nous actuellement très défavorable.

De tous temps ont existé des mouvements nés sous l'impulsion d'un désir de liberté. Seuls ont contribué à changer le monde ceux qui ont su s'organiser, se transformer en force agissante, en révolution ou simplement en lobby influent  vilain mot à de nombreuses oreilles, mais qui peut, en ce cas précis, recouvrir un concept des plus vertueux.

[Au fait, j'annonce d'ores et déjà qu'en pareil cas, je ne serais candidate pour aucune fonction quelle qu'elle soit : je ne souhaite retirer de ce projet aucune position particulière, ni avantage supposé.]


Je partage tout à fait le point de vue exprimé par Guy Morant en commentaire de mon billet sur la liberté des auteurs autoédités.

Notamment quant à l'intérêt matériel des maisons d'édition dans leurs relations avec les libraires : en effet, ces derniers leur tiennent lieu de variable comptable hautement stratégique, via le système de l'office et aussi via la diffusion/distribution, secteur appartenant majoritairement aux grands groupes d'édition.

Pour ce qui est du numérique, je suis néanmoins plus optimiste que Guy.


Le projet que je porte n'est pas forcément la meilleure idée possible, mais c'est une piste parmi d'autres, et qui à mon avis exigerait moins de travail, toutes proportions gardées, que la solution que Guy Morant évoque avec beaucoup de pertinence concernant les librairies.

Je pense en effet qu'il n'est pas du tout nécessaire de créer une plateforme de vente concurrente de celles existantes, Amazon et autres (cela serait sans espoir, en effet) ; mais seulement de mettre en place un site-portail suffisamment médiatisé, avec un moteur de recherche très efficace, pour que le grand public ait le réflexe d'y rechercher ses lectures.

J'ai travaillé il y a quelques années avec l'inventeur d'un moteur d'annuaire qui pourrait très bien remplir cette tâche. Il se trouve que c'est un grand idéaliste, impliqué dans différentes causes ; je gage qu'il nous apporterait son soutien.


Le site ne proposerait pas la vente directe des ouvrages, mais leur classification très fine, avec des éléments permettant aux lecteurs de faire leur choix avec efficacité et sans perte de temps, au lieu de chercher indéfiniment dans l'énorme masse des ouvrages autopubliés çà et là.

Car l'un des principaux problèmes de l'indésphère, c'est à la fois :

l'éparpillement des lieux de publication, qui oblige les lecteurs à des recherches fastidieuses pour trouver ce qu'ils souhaitent autrement que par hasard ou en se fiant aux critères purement commerciaux des plateformes existantes,

et justement, l'inefficacité des systèmes de classification sur ces plateformes :

- notamment un manque de sous-rubriques très précises, comme l'a justement souligné il y a quelque temps la pétition de Cyril Godefroy ;

- mais aussi l'absence de la moindre sélection permettant de répondre à la demande des lecteurs exigeants, et en même temps, de démontrer facilement au grand public, aux médias, aux libraires que l'indésphère, loin d'être un ramassis de ratés de l'édition, produit également une littérature de qualité équivalente à celle de l'édition elle-même.



Sur le site, en regard de chaque ouvrage, la présence de liens vers les plateformes de vente permettrait ensuite aux lecteurs d'aller effectuer leur achat.

Quelques clics de plus, certes, mais beaucoup de temps et d'efforts économisés par rapport à une recherche au hasard, ou au résultat incertain qui, nous venons de le voir, découle des classements sur les plateformes existantes.

Car, oui, il est primordial d'aider les lecteurs à trouver ce qui les intéresse, pas seulement en termes de genres, sous-genres et sous-sous-genres, fonction insuffisamment remplie par Amazon à l'heure actuelle ; mais en permettant aux plus exigeants d'entre eux d'aller directement, au-delà de la classification par genres, à des ouvrages bien présentés ou encore « littéraires ».

Dans ce but précis, tous les critères d'accès appropriés sont envisageables, via l'utilisation de divers mécanismes d'évaluation qui pourraient faire intervenir aussi bien des avis de la blogosphère que des prix littéraires propres aux indés, des labels, etc.

La juste formule reste à déterminer, mais je fais confiance à la communauté des indés pour la faire émerger.


Je sais que certains d'entre vous sont très hostiles à cette démarche qualitative. Elle sera pourtant indispensable pour permettre une évolution favorable du regard porté sur l'indésphère par le grand public, les médias et les acteurs du monde du livre tels que les libraires.

Aucun système n'a jamais fonctionné efficacement sans mettre en avant le « meilleur » ou le plus original de ce qu'il propose ou produit, et sans en faciliter l'accès.

Chaque lecteur, qu'il soit exigeant en termes de qualité ou à la recherche d'un thème précis, doit pouvoir trouver facilement son bonheur. Cela, aucune plateforme ne le propose efficacement à l'heure actuelle. Nous avons là une carte maîtresse à jouer pour améliorer la position de l'indésphère dans le monde du livre.



On peut décider, au nom de ses convictions égalitaires, que tout le monde doit rester dans l'ombre et végéter avec une poignée de lecteurs ; mais – pardon pour ce que je vais dire, car il y a des personnes que j'apprécie beaucoup parmi celles défavorables à une démarche qualité cela me semble plutôt égoïste et même assez irresponsable en termes d'intérêt général.

Peut-être ceux qui ont ce réflexe n'éprouvent-ils tout simplement pas le besoin d'aller à la rencontre de nouveaux lecteurs. Cependant, il faut qu'ils réalisent que ce n'est pas le cas de la majorité des auteurs.


Reste à nous entendre sur ce que signifie « le meilleur ». Là, je nous suggère de dépasser les blocages d'ordre idéologique ou libertaire. Et de nous interroger honnêtement sur la possibilité d'introduire des critères multiples, garantissant l'application de divers angles d'approche non discriminants, tout en permettant aux lecteurs de distinguer facilement entre les brouillons illisibles que l'autoédition permet de mettre en circulation, et les oeuvres intéressantes que beaucoup d'indés produisent sans pour autant parvenir à trouver leur public.

Vous pouvez considérer que c'est sans importance, que tout ce qui compte, c'est d'être libres d'écrire et de publier ; je réponds que sauf à vivre dans un monde radicalement différent ou d'oublier tout désir de trouver ses lecteurs, on ne peut pas demander aux auteurs autoédités d'adopter collectivement un point de vue aussi éloigné des réalités.

Oui, il y a un « marché » à conquérir, mot qui fait grincer des dents certains d'entre vous, mais ce marché ce sont les lecteurs, les êtres humains que nous voulons atteindre à travers nos écrits, auxquels nous rêvons de nous adresser.



Combien d'entre nous écrivent pour leur seul plaisir ? La plupart d'entre nous écrivent pour communiquer. Et pour cela, il faut trouver le moyen de porter nos ouvrages jusqu'aux yeux de ceux qui auront plaisir à les lire.

Actuellement, ce n'est pas le cas, sauf pour une poignée d'entre nous. À ceux d'entre vous, mes ami(e)s, qui font partie de ces privilégiés, je demande de ne pas se satisfaire de la situation présente :

Dans la mesure où elle demeure défavorable à la majorité, brimant des auteurs qui mériteraient de trouver, à leur tour, leur lectorat.

● Dans la mesure, aussi, où elle laisse aux auteurs une seule solution pour « percer » : employer des méthodes commerciales. Autrement dit, asservir leur production intellectuelle à des procédés économiques qui dépendent de leurs ressources financières, comme l'usage de la pub, ou qui exigent une adaptation « mercenaire » aux créneaux porteurs (démarche souvent dénoncée par les mêmes amoureux de la liberté).

Exactement ce qui est en train de causer la décadence de l'édition en tant que vecteur culturel. Voulons-nous suivre le même chemin, ou préserver ce qui fait précisément la vertu de l'édition indépendante ?


Un site-portail présentant l'ensemble de la littérature indé avec un moteur de recherche très performant est donc, à mon humble avis, le seul moyen :

● d'amener rapidement à chaque auteur le public précis qui s'intéressera à son ou ses ouvrages ;

● de redorer le blason de l'autoédition en montrant qu'elle publie aussi de la qualité, et en donnant aux lecteurs les moyens d'accéder à cette qualité en quelques clics ;

● enfin, d'éviter aux auteurs de n'avoir d'autre recours, pour trouver leurs lecteurs, que toutes ces méthodes marketing, voire ces tricheries caractérisées qui répugnent à tant d'entre vous, et à juste titre.



Récapitulons : tout devrait être mis en œuvre afin que cette plateforme de la littérature indé soit, non seulement un répertoire aussi exhaustif que possible de la production indé, mais également un instrument de tri répondant à toutes les attentes possibles de la part des lecteurs : aussi bien ceux qui chercheront par exemple un ouvrage primé, ou impeccablement présenté, que ceux qui chercheront un ouvrage sur un sujet très précis et marginal, sans souci de sa qualité de présentation.

Pour que le moteur d'annuaire puisse fonctionner, il faudrait bien entendu renseigner le dispositif avec précision. Mais la tâche peut être automatisée et effectuée pour l'essentiel par chaque auteur lui-même.

Ensuite, pour les ouvrages dont les auteurs seraient volontaires, il conviendrait de rajouter certains critères de sélection qualitatifs au terme d'un ou plusieurs processus d'évaluation ou de labellisation.


Une partie des indés, nous l'avons vu, refuse cette idée de démarche sélective ; mais personne ne serait obligé de s'y soumettre, et l'on ne peut pas empêcher les auteurs désireux de briguer un label, un prix ou une évaluation de jouer le jeu. À mon avis, ils seraient plus nombreux que l'on ne croit.



Resterait à mettre en place un pilotage collégial de toute cette organisation, par des personnes au-dessus de tout soupçon d'intérêt personnel, qui idéalement seraient élues par leurs pairs si les indés se décident, dans leur propre intérêt, à se constituer en association de type syndicat.

Un tel système est tout à fait possible, puisque la démocratie fonctionne dans bien d'autres domaines que le nôtre...

Là est, me semble-t-il, la seule voie rapide pour permettre de drainer le grand public vers la littérature indé, de façon fluide et conviviale, sans prétendre concurrencer les sites déjà existants.



Pour ce qui est de la présence en librairies des formats imprimés, la triple démarche :
 
● regroupement des auteurs sous une forme de syndicat ou de représentation quelle que soit son nom,

organisation d'une base de données,

● action médiatique pour faire valoir la littérature indépendante,

devrait déverrouiller pas mal de blocages. Le reste serait alors du domaine de la négociation.



Car comme Guy Morant l'a souligné à juste titre dans son commentaire, les libraires sont actuellement les dupes du système instauré par la grande édition. Cette dernière contribue à maintenir ce secteur en vie, mais ne peut empêcher sa lente dégradation, notamment en ce qui concerne les petites librairies. La généralisation de la vente en ligne, que rien ne pourra enrayer, accentue l'effritement de leur activité et la mise en péril de leur existence.

Que viennent s'offrir aux libraires d'autres solutions, éventuellement liées à un système plus léger tel que l'Espresso Book Machine (qui pourrait les affranchir des coûts et contraintes physiques de la gestion de stock), et la position dominante de l'édition serait vite remise en question...

À condition bien sûr que l'indésphère puisse proposer aux librairies un catalogue d'ouvrages de qualité aptes à compléter ou, en cas de pressions ou représailles exercées par l'édition sur les libraires, à remplacer provisoirement les ouvrages édités, à des conditions de gestion plus avantageuses. C'est tout à fait possible.



Ce que j'essaie d'exprimer, c'est que nous nous trouvons à une charnière historique. Un système qui ne survit qu'à coups d'abus de position dominante et de pratiques contestables, et dont une bonne partie ne remplit plus décemment son rôle culturel, est en train de vaciller du fait d'une évolution économique et technologique qui lui est de toute évidence très défavorable.

Nous pouvons ne rien faire du tout et laisser les choses perdurer encore jusqu'à complet effondrement.

Ou bien nous pouvons prendre notre destin en main et utiliser les facteurs qui nous sont favorables :

● le nombre écrasant des autoédités, en expansion constante ;

la situation difficile de la petite librairie, porte ouverte vers d'autres équilibres où elle trouverait son salut ;

● la possibilité, offerte par internet et le numérique, de mettre en place un système entièrement différent ;

● et la loi immuable selon laquelle le pouvoir de changer les choses appartient à ceux qui possèdent la force (le nombre) et la détermination.


Le choix est entre nos mains. Entre les vôtres. J'ai lancé l'idée, amis auteurs ; le 18 décembre, un embryon de site sera à votre disposition.

Si vous êtes assez nombreux à vous y inscrire gratuitement de façon à rendre cette démarche crédible, l'étape suivante sera un appel massif aux grands médias pour affirmer notre existence, nos atouts, nos besoins (notamment en matière fiscale).

Ensuite, à vous de transformer l'essai !