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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


Invitations au voyage

mardi 6 décembre 2016

Sommes-nous, oui ou non, des auteurs LIBRES ?

Pour ceux qui s'interrogeraient sur ce choix d'image, j'avoue avoir vu là une bonne illustration de la scène : l'éditeur tout-puissant dispensant (ou non) sa divine condescendance, les auteurs en prière dans l'espoir d'être élus et le staff de mBS en grands prêtres très soucieux que tout se passe bien. Suis-je taquine, tout de même ! 😉  


Il y a quelques jours, je me suis retrouvée à débattre publiquement avec Florian Lafani, responsable du pôle digital aux éditions Michel Lafon, suite à la parution de son interview par le site monBestSeller.

Je n'ai en aucune façon bousculé monsieur Lafani, ce n'est pas dans mes manières ; je l'ai prié de bien vouloir éclaircir l'une de ses réponses.

Aussitôt, j'ai vu fleurir un certain nombre de commentaires visant de toute évidence à apaiser l'ego, supposément blessé, de mon interlocuteur. Lequel me répliquait pourtant avec aisance, et, dirais-je, une certaine mauvaise foi (mais cette interprétation n'engage que moi).

Cela m'a donné l'envie de vous écrire ce petit billet à propos des rapports auteurs-éditeurs.


L'édition dite « traditionnelle », à compte d'éditeur, est une entreprise commerciale. Son but, afin de subsister et si possible de prospérer, est de faire du profit. Une maison d'édition fonctionne avec de nombreux employés dont elle doit assurer la rémunération ; même si elle emploie aussi de nombreux intervenants payés une misère pour la lecture des tapuscrits (cher Bernard Morin, j'emploie ici à dessein ce mot inventé par l'écrivain François Nourissier : car il ne s'agit en l'occurrence ni de manuscrits – écrits à la main – ni de fichiers enregistrés au dictaphone, mais bien de pages tapées sur ordinateur ou machine à écrire ^^).

Je suis déjà intervenue ici pour expliquer que non, les éditeurs ne saignent pas scandaleusement les auteurs en leur attribuant, en moyenne, 8 à 12% de droits d'auteur. Les frais généraux d'une maison d'édition à compte d'éditeur sont énormes. Et je vous invite à méditer sur le graphique republié ci-contre, lequel prouve que sur le prix d'un livre, l'éditeur est très loin de se tailler la part du lion.

Tout au plus peut-on dire que les éditeurs se sucrent avec les formats numériques, bien moins coûteux à produire, mais sur lesquels ils rechignent à réévaluer les droits d'auteur. 

Bon, on peut le comprendre : ils ont tout simplement profité de cette manne pour rééquilibrer leurs comptes. Sur le dos des auteurs, c'est vrai. Du moins, tant que ces derniers le leur ont permis. 

Car désormais, les auteurs édités défendent de plus en plus âprement leurs droits numériques – allant même, lorsqu'ils se sont déjà autopubliés, jusqu'à demander à les exclure du contrat d'édition (ce qui est à conseiller). 

Et les éditeurs, d'un point de vue comptable, ont bien fait de faire du gras quand ils le pouvaient, parce que, sonnez trompettes ! voici venu pour eux le temps des vaches maigres.


Donc, première réflexion :

Au lieu de se plaindre des éditeurs, il convient plutôt de négocier. Bien sûr que ce ne sont pas des saints, bien sûr qu'ils cherchent à vous exploiter. C'est leur rôle ; leur devoir, oserai-je dire, vis-à-vis de leur entreprise.

Mais vous, vous n'êtes pas obligé de vous laisser faire.

Vous pouvez négocier :

● Le montant des droits d'auteurs sur le papier ET le numérique. Voire, vous réserver l'exploitation numérique, comme évoqué plus haut ; il est de toute façon fortement recommandé de ne s'engager que sur la version imprimée, et de négocier à part les droits numériques ainsi que les droits de traduction et d'adaptation.

● Les conditions de votre engagement : durée, nombre de livres, etc. 

Attention, s'engager sur plusieurs livres n'est pas forcément une bonne idée. 
Vous vous retrouverez ligoté à un éditeur qui, après le bilan de votre premier ouvrage, peut décider de moins investir dans la promotion du suivant, voire de prendre tout son temps pour le publier. Ses motivations seront complexes et multifactorielles : ventes jugés insuffisantes, ouvrage « concurrent » à favoriser au sein de la maison, etc.

À ce petit jeu d'usure, vous serez perdant, soyez-en sûrs. Et vous aurez le plus grand mal à reprendre votre liberté. C'est pourquoi de plus en plus d'auteurs négocient également une clause de sortie plus souple, s'évitant de devoir, le cas échéant, apporter (parfois devant les tribunaux) la preuve que l'éditeur n'a pas respecté ses engagements.

Vous pouvez négocier aussi le montant de l'à-valoir (sans pousser le bouchon aussi loin que moi dans cette aventure), les remaniements apportés à votre œuvre, et bien entendu, les droits de traduction et d'adaptation.

Sur ce sujet, je vous renvoie vers les conseils de la SGDL et à cet article, par exemple.

En résumé, vous pourrez presque tout négocier. Sauf, bien sûr, si la seule idée qu'un éditeur puisse enfin avoir la bonté de vous prendre en considération, vous rend tellement ému(e) et reconnaissant(e) que vous êtes prêt(e) à le gratifier de la danse des sept voiles pour obtenir un contrat, n'importe lequel.

Et c'est là l'objet véritable du présent billet.

J'ai conscience que je m'engage dans une voie périlleuse, étant donné que nombre d'intervenants de l'indésphère ont des intérêts communs, ou croisés, que sais-je, avec l'édition tradi. Mais peu importe, comme toujours, je dis ce que je pense : ne suis-je pas libre


Mes chers ami(e)s, vous êtes pour la plupart des « autoédités ». Après des années désespérantes à ne recevoir de l'édition que des réponses négatives, vous vous êtes autopublié(e)s au prix de maints efforts et maintes prises de tête.
(En l'occurrence, bien entendu, je ne m'adresse pas aux auteurs libertaires de mon espèce, qui ont sauté sur l'aubaine du numérique et des plateformes de publication pour s'autopublier « par vocation », pourrait-on dire).

Vous portez donc désormais, avec fierté je l'espère, la belle appellation d'« auteurs indépendants ».

Est-ce que ce mot revêt un sens à vos yeux ? Attardez-vous un instant, promenez-le sur votre langue, prononcez-le à haute voix. Vous êtes libres, vous aussi. 
Et vous avez tout intérêt à le rester.

Pourquoi ?

Parce que le match engagé il y a seulement quelques années entre l'édition traditionnelle et l'édition indépendante est, d'ores et déjà, très défavorable à la première.

Comme je vous l'ai rappelé plus haut, l'édition tradi a des impératifs de rentabilité. Or, ses marges diminuent.

Dans un environnement de plus en plus difficile, avec de moins en moins de lecteurs aux budgets de plus en plus serrés, les éditeurs en sont venus à délaisser leur vocation de découvreurs de talents pour rechercher les ouvrages les plus « bankables », comme on dit ; en français, les plus rentables. Des page-turners industriels, des confessions de vedettes, des prix littéraires assez souvent (voyez comme je suis diplomate ! ^^) bidonnés. 
Ne parlons pas des subventions et de la manne de l'édition des manuels scolaires (la Recherche s'autoédite, à présent : et hop, une manne de moins...) Très artificiel, tout cela. Et pas très durable. 



Ce qui veut dire, pour commencer, que vous, auteur autopublié, vous avez très, très peu de chances de l'intéresser, cet éditeur providentiel réduit à l'état de mythe.

Et qu'il est donc inutile de déployer vos grâces et d'abdiquer toute fierté pour séduire un homme d'affaires qui ne vous regardera même pas, trop occupé à déployer son gros parapluie pour garantir les dividendes de ses actionnaires.



La vérité, la voici :

● Si votre manuscrit est « inabouti » (qu'il reste trop de travail, que vous ne maîtrisez pas suffisamment votre écriture ou votre intrigue) vos chances sont proches de zéro.

Si votre histoire n'est pas « porteuse » – le genre qu'un vaste public s'arrachera, comme les confessions sulfureuses de Nabilla –, vos chances sont proches de zéro.

Enfin, vos chances sont également proches de zéro si votre style est « littéraire », donc tout sauf « grand public » ; et qu'en même temps, comble de déveine, vous n'avez aucune introduction vous permettant de coiffer au poteau la multitude d'écrivains germanopratins qui capitalisent sur leurs relations (tiens, je vous conseille de lire cet ouvrage de Michel Déon, Lettre à un jeune Rastignac : il date, mais vaut toujours en tant que peinture des mœurs de ce microcosme très spécial).

Au mieux, vous pourrez espérer tomber sur l'un des rares passionnés qui hantent encore quelques couloirs, et bénéficier d'un tirage confidentiel ; de ceux par lesquels, de temps à autre, l'édition tradi toute entière se donne bonne conscience. Mais était-ce bien votre objectif, le rêve de votre vie ?...


Bref, si vous croyez qu'un grand éditeur va soudain fondre sur l'ouvrage dont vous semez avec ferveur des exemplaires à tous vents, et se mettre en devoir de le transformer en best-seller, vous vous fourrez le doigt dans l'œil, désolée de vous le dire aussi crûment.

Ah, me répliquera-t-on, mais monsieur Lafani dit lui-même que les éditions Michel Lafon recrutent des auteurs autoédités pour en faire des stars. Puis-je dire « joker » ? Non ? Bon, tant pis, je vais vous répondre. 

Là encore, le but de cette entreprise est de récupérer des ouvrages déjà best-sellers sur le Net, publiables presque en l'état et assurés d'une importante fan-base, à partir de laquelle l'éditeur compte faire ses choux gras (c'est son rôle) en ajoutant sa touche professionnelle : léger remaniement et diffusion/distribution en librairies assortie de la publicité d'usage. 

Remplissez-vous ces conditions ? Si oui, tentez votre chance. Même pas la peine : l'éditeur viendra à vous. 

Si vous n'êtes pas sûr(e) de la réponse, je vous suggère d'enquêter auprès des autres gagnantes potentielles de cette mirifique loterie, et vous constaterez qu'il y a beaucoup d'appelés (à voix très basse) et extrêmement peu d'élues. 

Je ne citerai pas de noms, mais celles qui ont bénéficié d'une telle aventure avaient déjà vendu sur internet des milliers d'exemplaires. 
Or, rappelons-nous qu'un livre imprimé vendu 15 € rapporte un peu moins à son auteur que le fait de vendre lui-même sur le Net un ebook à 2,20 €. 

Eh bien, il ne reste plus qu'à espérer que l'éditeur sera capable de persuader beaucoup, beaucoup de lecteurs d'investir 15 € dans « votre » format broché (d'où une épopée à la 50 shades of Grey, par exemple. Mais votre ouvrage entre-t-il dans cette même catégorie des livres qui se vendent comme des petits pains, et présente-t-il le même effet de nouveauté ?...).

Si des ventes massives ne sont pas au rendez-vous, à quoi bon avoir aliéné vos droits ? À moins, bien sûr, que votre seul but, là encore, soit de passer dans quelques médias et de pouvoir vous dire avec satisfaction « je suis un auteur édité »



Et si votre réponse à la question « remplissez-vous ces conditions ? » était « ben non », vous aurez davantage de chances auprès d'un petit éditeur. Il y a encore parmi eux des gens habités par la foi des origines. 

Attention, il y en a bien davantage qui sont disposés à publier avidement tout ce qu'on leur propose.

● Soit parce qu'ils ont des intentions coupables. On ne le répètera jamais assez : prenez garde à ne pas tomber sur une fausse maison à compte d'éditeur, qui ne tardera pas à vous proposer des services payants pour tout ce qui serait normalement pris en charge par un « vrai » éditeur. 

Bien sûr, payer pour ces services peut être votre décision, votre choix ; mais là encore, soyez très vigilants quant à leur qualité. D'innombrables auteurs se mordent les doigts d'avoir payé pour des corrections approximatives et des mises en page guère meilleures, voire pires, que celles qu'ils auraient pu réaliser avec quelques conseils et un bon didacticiel.

● Soit parce qu'ils veulent se constituer rapidement un catalogue d'auteurs tant soit peu crédible (parfois pour y camoufler la production littéraire du ou des fondateurs, lesquels, désespérant eux aussi d'être édités, ont trouvé cette astuce pour fourguer très officiellement leur prose aux diffuseurs/distributeurs/libraires).

Et là, je re-beugle : attention ! Car être sur le catalogue d'un micro-éditeur, pouvoir serrer sur sa poitrine le premier « exemplaire auteur » de votre livre chéri, cela ne veut pas dire trouver des lecteurs, notre seul vrai but à tous. 
Voilà précisément où se situe le principal problème de la petite édition, et plus encore de la micro-édition.

Beaucoup de ces éditeurs vous exhorteront à trouver vous-même des lecteurs, à arpenter les salons et démarcher les petites librairies. Mais cela, permettez-moi de vous rappeler que vous pourriez le faire pour votre propre compte, en gardant pour votre pomme 100% des royalties ou des bénéfices sur le format imprimé.

D'autres feront de leur mieux, mais leurs moyens seront limités.

Alors, si encore une fois votre seul but est de pouvoir dire « je suis un auteur édité », si vous souhaitez intégrer une petite structure sympathique, avec un vrai micro-éditeur de bon conseil qui vous soutiendra moralement dans les affres de la création et prendra en charge tout l'aspect technique, je vous dis : oui, cela existe ; soyez prudents et sélectifs, mais vous devriez pouvoir trouver votre bonheur.

Seulement, si votre but est véritablement d'aller à la rencontre d'autant de lecteurs que possible, de donner à votre ouvrage toutes ses chances de « percer », permettez-moi de vous dire que vous faites fausse route.


Vous avez le moral dans les chaussettes ? Ce n'était pas mon intention, bien au contraire. Reprenez-vous, nous abordons maintenant la partie réjouissante.


La grande édition, elle, ne voudra sans doute pas de vous, disais-je tout à l'heure. Alors, pourquoi voudriez-vous d'elle ? C'est une belle et noble profession, qui a porté à bout de bras la littérature française. Presque une institution. Mais pas tout à fait. À cause des impératifs de rentabilité.

À cause d'eux, nous l'avons vu, l'édition toute entière est en train de glisser sur une pente très savonneuse, vers toujours plus de course au fric et toujours moins de culte du talent.

À cause d'eux, l'édition que vous fantasmez, celle que vous imaginez vous entourant, vous auteur inconnu, de ses ailes compétentes et protectrices pour vous emporter vers les hauteurs, est devenue un mythe.

À cause d'eux, la grande édition nous craint, nous traîne dans la boue, nous autres autoédités ; non seulement parce que notre mauvais exemple pourrait bien insuffler des désirs d'indépendance à ses galériens d'auteurs sous contrat, mais parce que dans ce marché en perpétuel rétrécissement, nous représentons à ses yeux une redoutable concurrence. Le pire de toutes, même, parce qu'elle propose une offre très abondante, très diversifiée et à très bas prix, ou même gratuite.

Du fait de ces contraintes, la suite est inéluctable : hormis quelques coups fumants (qui de toute façon, nous l'avons vu, ne concerneront guère que des Nabilla et des Rastignac), l'édition tradi, grande ou petite, va peu à peu dériver vers l'activité qui s'annonce la plus rentable... sa seule planche de salut à long, voire à moyen terme... réfléchissez... mais oui ! La vente de services, comme dans l'édition à compte d'auteur déguisé. 

À la différence que la grande édition, elle, possède en ce domaine d'inestimables compétences à vous vendre, depuis ses savoir-faire littéraires et techniques jusqu'à son carnet d'adresses dans les médias.

Nous nous retrouverons donc tôt ou tard face à de super-agents littéraires, aptes à nous proposer toute une gamme de prestations, à nous, énorme réservoir de clients potentiels pour leur business. 

Rappelez-vous : 2,5 millions de Français ont un manuscrit à publier ! Aux États-Unis, dès 2011, le volume d'ouvrages autoédités avait dépassé celui des livres publiés par éditeur. (Les derniers chiffres annonceraient, nous dit-on, une inversion de cette tendance. Ils sont trompeurs : en fait, de plus en plus d'auteurs s'oganisent sous une forme juridique de micro-éditeurs, seuls ou en coopérative, ce qui fausse les statistiques).

Donc, exit l'édition. À plus ou moins long terme ; mais à mon humble avis, pas si long que cela. Gardez en mémoire le sort des « majors » de l'édition musicale.


Avec votre permission, je reprends ma petite démonstration : 

Puisque la grande édition ne voudra sans doute pas de vous, et qu'en prime elle est appelée à disparaître en tant que telle, pourquoi ne vous réjouissez-vous pas tout simplement de faire partie de ce gigantesque mouvement, que dis-je, cette lame de fond ?

N'est-il pas excitant de participer à cette révolution qui est en cours dans le monde du livre et bien au-delà : l'avènement d'une société de micro-auteurs en prise directe avec leur public, mettant en œuvre grâce à internet un mode de communication affranchi des pouvoirs médiatiques, et libre d'inventer de nouveaux modes de rétribution des auteurs ? D'accord, ce ne sera pas "the Age of Aquarius", mais tout de même, quelles perspectives !

Bref, ne rayonnez-vous pas de fierté d'être un auteur sans maître, lancé dans une magnifique aventure : l'édition indépendante ?...


Je connais déjà la réponse : par moments, vous êtes découragé. « Mais où sont les lecteurs ? Pourquoi n'ai-je que trois ventes par mois, alors que je me démène comme un fou/une folle ? »

Eh bien, je vais vous répondre. Les lecteurs, ils sont en partie préemptés par l'édition tradi, c'est vrai. Elle monopolise quasiment les réseaux de diffusion/distribution (quand elle ne les possède pas) ; elle a ses entrées dans toutes les librairies qui nous dédaignent ; elle a accès aux médias pour promouvoir sa production, fût-elle infâme.

Mais cela ne va pas durer.


Certains d'entre nous maîtrisent de bout en bout les méthodes permettant de trouver des lecteurs, d'être vendus en librairie, de faire absolument tout ce que ferait un éditeur (à condition qu'il le veuille ; et pas forcément mieux).

En me battant pour que l'indésphère s'organise, j'espère aussi que cette organisation favorisera la mutualisation de ces connaissances, accroîtra la compétence individuelle des auteurs, et par un effet de levier, amplifiera aussi l'influence de notre mouvement sur les pouvoirs publics, les libraires, les médias.

Dès lors, que pourrions-nous encore attendre d'un grand éditeur ?
Rien du tout, sinon, pour ceux qui le souhaiteront et qui en auront les moyens, des services payants appelés à se multiplier, et par conséquent à devenir de plus en plus abordables.

Nous serons enfin délivrés de cette dépendance envers le « papa-éditeur » tout-puissant.


Aussi, de grâce, ami(e)s auteurs, ne vous croyez pas obligés d'amadouer les éditeurs comme l'on déposerait des offrandes au pied de statues des dieux pour désamorcer leur supposé courroux et s'attirer leurs bonnes grâces.

Comme les dieux en question, les éditeurs de la grande édition ne vous voient pas, ou alors, c'est pour bien rigoler de toutes ces tentatives d'apprivoisement. 

Ils n'en ont cure, de votre esprit conciliant, de vos courtoises révérences. Ce sont des entreprises à but exclusivement lucratif et elles ont, par force, l'oeil rivé sur la courbe de leurs profits. (Et si le regard d'un éditeur s'égare sur les vôtres, amies auteuresses, n'espérez pas être enfin distinguées dans le troupeau. Ce n'est que l'éternelle comédie de la promotion canapé, marché de dupes le plus souvent ; vous valez bien mieux que cela). 

Pour ces entreprises, disais-je, votre livre est rentable ou non ;  l'auteur n'est qu'un accessoire, voire même un accessoire gênant, à moins d'être lui-même exceptionnellement « vendeur » de par son physique, sa personnalité, ses relations. Croyez-moi, si les éditeurs pouvaient signer directement avec votre manuscrit... (quitte à lui trouver ensuite un père ou mère officiel, photogénique et médiatiquement correct ; mais bon, j'ai déjà traité ce sujet-là).

Oui, mes ami(e)s, vous valez toutes et tous beaucoup, beaucoup mieux que cela. Vous êtes des auteurs indépendants
Créatifs. Autonomes.
LIBRES.