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mercredi 1 mars 2017

OURS DOLENT À VOTRE SERVICE : RETOUR SUR LE PROJET DE SITE(S) ET DE FÉDÉRATION DES AUTEURS INDÉPENDANTS



Comme un vieil ours (pas grincheux, mais bien dolent), je me suis vue contrainte de sortir de ma tanière avant-hier, à l'appel d'auteurs inquiétés par la promotion ubi et orbi du site de l'AAIF ; autrement dit, d'un second projet de représentation des auteurs indépendants, qui faisait doublon avec le projet de Fédération des Auteurs Indépendants lancé en décembre par Alexy Soulberry et moi-même.

J'ai expliqué en long et en large, ces derniers jours, pourquoi deux structures allaient affaiblir la représentation de l'indésphère, et donc nuire à sa capacité de se faire entendre : l'autoédition est si mal perçue qu'il faudra à tout prix s'unir et parler d'une seule voix pour s'affirmer dans le monde du livre.

Après quelques jours de débats, Julien Simon (Neil Jomunsi), créateur de l'AAIF, en a convenu et nous avons décidé qu'il joindrait son énergie et ses compétences aux nôtres pour mettre en œuvre la FAI avec toutes ses composantes, dont bien sûr, s'ils le souhaitent, la fraction d'auteurs ralliés à ses propres vues.

Il n'y a aucune raison pour que différentes approches ne cohabitent pas au sein d'une même structure. Cette diversité est même indispensable à un débat fructueux. Surtout, une structure représentative, quelle qu'elle soit, se doit de faciliter l'expression de toutes les opinions, toutes les tendances, toutes les visions. C'est son devoir, et sa richesse.

Pour cette raison même, le projet FAI (pour simplifier, car le « syndicat » lui-même n'en était que l'un des pôles) avait été conçu de façon à la fois fédératrice et modulaire. Certains commentaires au cours des récents débats m'ont fait comprendre que je n'avais encore été assez claire dans mes présentations. 
Je vais donc m'employer à tout récapituler dans cet article.

Avant de commencer, je répète que je ne serai candidate à aucun poste quel qu'il soit, salarié ou non. Je mène cette démarche par souci de l'intérêt général, et par réflexe conditionné de mettre de l'ordre dans le chaos. Oui, c'est compulsif, mais je me soigne. ;-)

Bon, on y va !


PÔLE SYNDICAL 

Fédération des Auteurs Indépendants proprement dite.

De quoi est-il question ?

D'une association à but non lucratif.

Objectif :

Représenter les auteurs autoédités vis-à-vis du monde du livre, des médias, du grand public ; défendre leurs droits et leurs intérêts, notamment sur les plans juridique et fiscal.
Nous parlons donc bien d'un syndicat, même si ce terme en soi ne fait pas l'unanimité.

Certes, les auteurs peuvent directement s'affilier au SNAC (Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs). C'est une piste à étudier. 
Je pense qu'une structure associative regroupant les indés serait néanmoins très utile, ne serait-ce que pour organiser en interne le travail de réflexion sur nos problèmes spécifiques et pour préparer l'avenir ; mais c'est aux auteurs d'en décider de façon collégiale.

Mise en œuvre :

Il suffit de 2 ou trois membres fondateurs pour créer la structure. Ensuite, les membres de l'association éliront leur bureau.
Réponse à certaines remarques : oui, des personnes compétentes peuvent être salariées pour gérer les aspects les plus pointus, mais nous n'en sommes pas là ; il faudra déjà que l'association s'en soit donné des moyens (cotisations) et ait organisé son fonctionnement.


PÔLE RESSOURCES : 

De quoi est-il question ? 

D'un site-portail permettant aux auteurs autoédités d'accéder facilement, à partir d'une adresse web unique, à toutes les informations, ressources, initiatives relatives à l'autoédition.

Mise en œuvre :

Le principe est que chaque auteur d'un article, possesseur d'un blog ou gestionnaire d'une initiative, poste lui-même sur le site ses propres articles, liens ou informations dans la rubrique correspondante.
Cela devrait se faire facilement, puisque tous autant que nous sommes, nous partageons partout où cela peut être utile.

J'ai contacté quelques auteurs connus pour leur compétence, leur implication et leur bonne connaissance de l'indésphère, pour leur demander de garder un œil sur leurs rubriques de prédilection au sein du site, afin d'y ajouter eux-mêmes les liens ou articles encore absents.

D'autres activités sont prévues, à développer progressivement. Là encore, des postes salariés pourraient apparaître à terme, notamment pour l'aide aux auteurs. Ne brûlons pas les étapes, chaque chose viendra en son temps si nous restons unis et déterminés.

Alexy et moi avions proposé qu'au moins dans un premier temps, les forums soient externalisés sous forme de groupes facebook.
La gestion du site ne nécessiterait donc qu'un webmaster.

Je reviendrai un peu plus loin sur la raison pour laquelle nous avons commencé avec un site « amateur ».


PÔLE « QUALITÉ » :

Cet aspect de ma démarche a suscité de vives réactions ; en grande partie par incompréhension, me semble-t-il. Permettez-moi de préciser ci-après ce qui n'était pas assez clair.

De quoi est-il question ? 

Certainement pas de classer les ouvrages indés en « bons » ou « mauvais », ni de stigmatiser qui que ce soit. L'une des vertus de l'indésphère, c'est la liberté. Je suis pour le fait que chacun publie ce qu'il veut. Je sais aussi que tout le monde n'a pas les moyens de corriger ou faire corriger son texte.

Cependant, force est de reconnaître qu'on trouve de tout dans la littérature indé, de l'illisible et de l'excellent. Et le fait que les lecteurs exigeants ne puissent pas accéder directement à la littérature qu'ils souhaitent, contribue fortement à la réputation de médiocrité de l'autédition.
Exemple de réaction 
– et pas des plus virulentes...

(Petite parenthèse : ne me parlez surtout pas de la sélection par les lecteurs ! On sait très bien que, justement parce que leurs goûts et leurs motivations sont très variables, un livre peut très bien être un best-seller, ou caracoler en tête des tops Amazon, et révulser les amateurs de littérature.)

Cette mauvaise réputation, nous avons tous à y perdre. Or, pour la casser, il n'y a pas d'autre solution que de mettre en avant, ou du moins de rendre facilement accessibles, les ouvrages indés de qualité « édition » (je sais bien, on trouve aussi dans l'édition des ouvrages mal corrigés, ou purement commerciaux et pas très qualiteux ; mais vous comprenez ce que je veux dire).

Ce qui suppose de les identifier. Et donc, de créer des filières d'évaluation (là, j'entends certain.e.s hurler en chœur). Avec des prix littéraires, et/ou du moins l'attribution de critères permettant de classer les ouvrages susdits dans la catégorie où les lecteurs exigeants pourront aller faire leur marché.

Mise en œuvre :

Évaluation, disions-nous. Mais impartiale, bien encadrée, et surtout, uniquement sur demande des auteurs. Un auteur volontaire pour faire évaluer son livre n'a aucune raison qu'on le lui refuse, sous prétexte que d'autres auteurs sont, par principe, hostiles à l'évaluation (même si je comprends aussi cette philosophie).
Est-ce que cela apaise, chez quelques-un(e)s d'entre vous, la crainte de voir des comités d'épuration se constituer çà et là ? :-)


PÔLE « VISIBILITÉ » :

De quoi est-il question ?

D'un site-vitrine à part (voilà pourquoi j'ai écrit site(s) dans le titre de cet article) destiné à présenter au grand public l'ensemble de la production autoéditée.

Les lecteurs ont le droit de trouver ce qu'ils recherchent sans devoir pêcher à l'aveuglette dans un océan d'ouvrages indé qui enfle de façon exponentielle. Qu'il s'agisse, d'ailleurs, de qualité ou de sujets, thèmes, époques, etc. La classification d'Amazon est insuffisamment précise, nul ne le nie.
Voir la pétition de Cyril Godefroy.

Notre intérêt est donc de faciliter l'accès des lecteurs à ce qu'ils veulent. 
D'où le projet d'un site où TOUS les ouvrages indés pourraient être insérés par leurs auteurs, mais où un moteur de recherche, plus précisément un moteur d'annuaire, permettrait aux visiteurs une recherche multicritères extrêmement fine.

Par exemple : polar, écrit par une femme, histoire se déroulant entre 1820 et 1900 ; ou : roman historique, VIIIe siècle, qualité littéraire ; ou encore : livre pour enfants, aventures, ours (au hasard ^^), publié en 2015.
C'est possible. C'est nécessaire.

Mise en œuvre : 

Beaucoup plus facile qu'on ne le pense, car chaque auteur se chargerait, en insérant son livre, d'y accoler tous les critères correspondants.
Raison pour laquelle il faudrait une sorte « d'aval » (sinon de label) pour que l'auteur puisse éventuellement attribuer à son livre l'étiquette « qualité littéraire »...


SITE AND TALK (non, ce n'est pas une coquille)

Je dois maintenant vous expliquer pourquoi, contrairement à mes goûts et habitudes, nous avons démarré si vite – prématurément, disons-le – avec un site embryonnaire et insuffisamment représentatif (mais je remercie Alexy Soulberry de l'avoir bâti dans un délai impossible à tenir !).

Après un an de débats dans tous les recoins de l'indésphère, j'en étais arrivée à la conclusion qu'il n'allait émerger aucun consensus assez fort pour que des actes s'ensuivent avant la Saint-Glinglin.

Il fallait donc rassembler les auteurs en les mettant, pas devant devant le fait accompli mais presque : devant un embryon d'organisation, afin qu'ils puissent constater que la chose était possible, et par conséquent, aient envie de se mettre en mouvement.

Le site-portail que j'appelais de mes vœux était l'idéal pour ce faire ; mais je suis perfectionniste, je ne voulais rien oublier ni négliger. C'est pourquoi décision a été prise, grâce à Alexy qui s'y est collé, de bâtir vite fait un site provisoire pour montrer au moins quel était le principe.

Rassembler les auteurs sur ce site allait permettre de réaliser les étapes suivantes, notamment une action médiatique d'envergure, dès lors que nous serions en mesure de présenter une organisation sans faille (dont des sites aboutis). D'où la mise en veille du projet depuis les fêtes.

Vous comprenez l'inquiétude de nombre d'auteurs – et la mienne après coup – lorsque l'apparition de l'AAIF a fait voler en éclats la possibilité de sonner le clairon pour présenter au monde une indésphère unie et en ordre de marche, prête à montrer ce qu'elle sait faire.

Vous l'avouerai-je ? Mère Ours, dans un premier temps, s'était dit : bon, si l'AAIF fait ses preuves en tant que syndicat, voilà un pôle de moins à mettre sur pied ; nous allons proposer aux auteurs inscrits dans notre projet de se diriger vers l'AAIF pour cet objectif-là...

Mais les auteurs ne l'entendaient pas de cette oreille ! Nous allions donc vers la division, avec toutes ses conséquences dommageables.
Heureusement, Julien Simon s'est rallié à cette vue, et je l'en remercie. Il ne nous reste plus qu'à nous mettre au travail, tous ensemble !

Voilà, j'espère avoir fait un peu mieux le tour de la question. Je reste disponible pour toutes remarques, idées ou interrogations, et je vous donne rendez-vous dès que je serai remise de mon opération, pour qu'on continue à œuvrer ensemble si vous le voulez bien.

À l'heure où, au-dehors, hurle la tempête glaçante des affrontements électoraux, j'aimerais beaucoup que nous autres, communauté des auteurs indépendants, nous prouvions à tous ces crétins irresponsables grands experts en gestion de l'intérêt général, que nous pouvons faire entendre nos différences, nos créativités ou préoccupations respectives, et néanmoins avancer, soudés, vers le soleil couchant nos objectifs communs. Hugh ! Ours Dolent a parlé. Bonne fin de journée à tous !