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mercredi 12 avril 2017

Éditeurs, néoéditeurs... États d'âme.




Comme je ne peux pas résister à une occasion d'ouvrir ma grande g... pour me faire des ennemis, j'ai réagi en commentaire en tombant sur cet article pas du tout récent, mais qui a le mérite de poser un problème avec mesure et sans parti-pris.

Je ne cesse de l'écrire (et mes billets à ce sujet ont parfois déplu) : si l'on choisit de s'autopublier, n'est-ce pas pour... rester libre ? :-) 

Voilà longtemps que je prédis la multiplication des offres de services aux auteurs indépendants, y compris de la part de l'édition ; laquelle, pour des raisons économiques, sera bien obligée de se reconvertir au moins en partie. 

Dans ces conditions, qu'apportent les néoéditeurs en tous genres qui chassent l'auteur parmi les autoédités ? 


● Si la seule différence  entre les néoéditeurs et un éditeur tradi, c'est d'accepter tout le monde sans aucun tri sur des critères de qualité et (forcément !) sans garantir aucune vente derrière, je ne vois pas trop où est l'intérêt.

L'avantage, au moins, d'un éditeur tradi sérieux, c'est qu'une fois qu'il a décidé de publier votre livre, il a les moyens d'en vendre un peu.  


● Si la seule différence entre les néoéditeurs et un simple prestataire de services, c'est de capter une partie des droits de leurs clients lorsque par chance ils "cartonnent", quel est l'intérêt pour les auteurs ? 

Attention, je n'insinue pas que c'est le cas de Librinova, étudié dans l'article en question : je remarque qu'être à la fois prestataire de services et éditeur ou agent, c'est un peu vouloir le beurre et l'argent du beurre, et qu'on se rapproche alors bigrement de la notion d'édition à compte d'auteur évoquée dans cet article.


La question qui tue, c'est peut-être : est-ce que bon nombre d'auteurs ne s'autoéditent pas uniquement pour contourner les filtres de l'édition tradi ? 

Je crois que nous connaissons tous la réponse. 


● Si ce contournement vise à publier des ouvrages atypiques, qui peinent à entrer dans le cadre très formaté des publications de l'édition tradi ; 
ou simplement à s'éclater en toute liberté en prenant soi-même toutes les décisions (thèmes, forme littéraire, couverture, promotion, etc), 
alors les auteurs concernés seront, comme moi, parfaitement heureux de leur sort. 


● Si en revanche, le contournement ne vise qu'à éviter de se faire boycotter pour cause de fautes, maladresses stylistiques, manque d'originalité, incohérences dans l'intrigue ou autres péchés de débutant, provisoires ou non, qui envoient immanquablement un manuscrit au panier dans l'édition tradi, 
alors l'aventure de l'autoédition peut conduire à beaucoup de frustrations, car éliminer les obstacles devant un cheval ne fait pas de lui un compétiteur performant, et tôt ou tard il se retrouvera devant un obstacle bien plus redoutable : l'avis des lecteurs. (oui, je suis sous l'influence de Toscan, mon feuilleton équestre ^^)

Bien sûr, on aura beau jeu de me répondre que le niveau d'exigence des lecteurs a beaucoup baissé, et que l'on voit des livres consternants à tous points de vue se faire acclamer et se vendre comme des petits pains.

Tant mieux, dans la mesure où il est très bien que chaque auteur trouve son public, et inversement, chaque lecteur le type d'ouvrage qui lui plaît. 
C'est pour cette raison précise que j'appelle sans trêve à la création d'une plateforme (de vente ou de redirection, peu importe) avec un moteur de recherche permettant aux lecteurs d'accéder très finement à ce qu'ils voudraient dénicher dans la masse des publications. 

Tant mieux, donc. Mais ! (car il y a un mais...) il serait bien qu'un moyen permette aussi aux lecteurs exigeants d'accéder à la littérature autoéditée de niveau "édition tradi".
Un moteur tel que mentionné ci-dessus ferait l'affaire. Sauf qu'il nécessite une évaluation préalable des ouvrages par des volontaires impartiaux, à la demande des auteurs intéressés, et c'est là que je me suis fait crucifier. "Bouh, l'élitiste !" :-)


Le statut d'autoédité devient encore moins cool lorsque, non contents d'être des auteurs libres, les auteurs de livres qui sont en deçà du niveau d'exigence de l'édition tradi marinent dans l'espérance de pouvoir proclamer enfin, un jour béni entre tous : "Je suis un auteur édité".

Fondée sur un complexe que nous devrions  tous combattre avec ardeur, l'espérance en question me semble assez répandue, et c'est sur ce terreau fécond que prospèrent les néoéditeurs. 

Pour le meilleur, peut-être, dans certains cas. Si des prestataires sérieux sont capables d'aider des auteurs à s'améliorer, puis de distribuer leurs livres en leur permettant de se vendre, youpi !

Pour le pire, si cela conduit à la prolifération de "prédateurs" (formule employée dans l'article précité). Lesquels, comme l'a fait et le fait encore l'édition à compte d'auteur, ne songent qu'à exploiter des auteurs en quête de visibilité.

Et là, mes ami(e)s, danger !... 

Donc, auteurs débutants, un conseil : avant de laisser vos plumes aux anges de la néoédition, assurez-vous que leurs intentions sont pures, et qu'ils ont vraiment les moyens de vous porter au firmament.