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jeudi 20 avril 2017

POUR NE PAS SE TROMPER : -ai ou -ais ?





Cette première rubrique sur les principales fautes à éviter va traiter d'une erreur extrêmement fréquente : parfois, les auteurs ne savent plus s'il convient ou non de mettre un « s » final aux verbes du premier groupe conjugués à la première personne : je mangeai, ou je mangeais ? Je mangerai, ou je mangerais ?

Pour le déterminer, il faut définir le temps qui convient à cet instant de la narration ; et pour cela, l'auteur doit clairement faire la distinction entre le passé simple et l'imparfait, ou entre le futur et le conditionnel.

(Ce soir-là,) je mangeai : passé simple.
(À cette époque,) je mangeais : imparfait
(Demain,) je mangerai : futur.
(Si je le pouvais,) je mangerais : conditionnel.


Le choix imparfait vs passé simple  est assez facile : en cas de doute, remplacez le verbe du premier groupe par un verbe du troisième groupe, quitte à modifier un peu le récit. L'erreur éventuelle vous sautera aux yeux.

Texte d'origine : Ce soir-là, je mangeai tôt.
Substitution : Ce soir-là, je sortis/sortais tôt. (Choix correct : 1e proposition « je sortis » : il s'agit d'une action ponctuelle, il faut employer le passé simple.)

L'imparfait doit bien sûr être employé dans une phrase telle que « Ce soir-là, je mangeais une pomme lorsqu'il arriva » : « je mangeais une pomme » exprime une action qui durait au moment où s'est produite l'action ponctuelle « il arriva ».

Texte d'origine : Adolescent, je mangeais beaucoup.
Substitution : Adolescent, je sortis/sortais souvent. (Choix correct : 2e proposition « je sortais » : il s'agit d'une action qui a duré dans le temps, alors l'imparfait s'impose.)


L'alternative futur vs conditionnel peut se révéler plus compliquée, car le temps à employer peut dépendre d'un sens sous-entendu.

« Je pourrai vous tuer » (sous-entendu « quand je le voudrai » = action future.)

Mais on peut écrire aussi :
« Je pourrais vous tuer. » (sous-entendu « si je le voulais » = conditionnel.)


En présence d'une condition clairement établie, le temps à employer dépend normalement du temps de cette condition :

« S'il le fallait, je pourrais sauter par la fenêtre. » (condition pure et simple.)

« S'il arrive, je pourrai sauter par la fenêtre. » (la condition « s'il arrive » a valeur d'événement préalable, donc l'action reste à venir = futur.)

Dans l'exemple précédent, on peut aussi, selon le contexte, admettre une formulation plus moderne, moins académique :

« S'il arrive, je pourrais à la rigueur sauter par la fenêtre » (bien que la condition reste formulée au présent pour mieux traduire l'inquiétude ou l'imminence, « à la rigueur » – ou toute autre expression propre à renforcer la condition –, détermine alors le sens de la phrase = le conditionnel s'impose).


D'une manière générale :

Employez le conditionnel (terminaison en -ais) pour exprimer :
Une hypothèse incertaine : « Je pourrais déménager »
Un regret : « Je n'aurais pas dû »
Un désir : « J'aimerais vous revoir » (sous-entendu : si c'était possible)
Un doute : « Je pourrais peut-être accepter » (sous-entendu : si tout se passait bien)
Une suggestion  : « J'irais vous chercher ce soir-là » (sous-entendu : si vous étiez d'accord)
Des égards : « Je craindrais de vous choquer » (sous-entendu : si je faisais cela)

Employez le futur (terminaison en -ai) pour exprimer... le futur, bien sûr, mais aussi :
Une hypothèse probable : « Tout bien réfléchi, je me serai fait avoir »
Une injonction courtoise : « Je vous prierai d'en tenir compte ».

En cas de doute, remplacez « je » par « nous » : 
« Nous pourrions déménager », « Nous n'aurions pas dû », « Nous aimerions vous revoir », « Nous pourrions peut-être accepter », etc ;
mais « Tout bien réfléchi, nous nous serons fait avoir » et « Nous vous prierons d'en tenir compte ».


En conclusion, plutôt que de rabâcher des règles, je vous propose un petit texte pour illustrer les différents cas de figure :

Avec cet orage, je me sentais nerveux. (action qui dure = imparfait) Une porte claqua et je sursautai. (Action brève/ponctuelle/soudaine = passé simple) Je me demandai/demandais qui m'avait suivi. (2 possibilités au choix selon ce que l'auteur veut exprimer : action ponctuelle = passé simple, ou action qui dure = imparfait). Une voix cria : « Je te trouverai tôt ou tard (futur), et s'il y avait une justice, je te trouverais mort ! (conditionnel) ».


Voilà, j'espère que ce premier petit billet aura été utile à quelques-un(e)s d'entre vous.
Bonne écriture à toutes et à tous !