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samedi 22 avril 2017

POUR NE PAS SE TROMPER : le verbe "s'avérer"



La langue française contient pas mal de mots très souvent employés de travers, qui écorchent les yeux des lecteurs et la réputation de l'auteur.

Parfois, je vous l'accorde, ces fautes passent inaperçues. C'est que les publicités et les médias nous ont habitués à quantité d'abominations.

Par exemple, on entend souvent dire « la gente masculine » par confusion avec l'adjectif gente comme dans « gente dame » (aimable ou noble : même racine que « gentille »), alors qu'il s'agit du nom gent (l'espèce) comme dans « la gent Trotte-menu » de La Fontaine.

Dans un autre registre, celui de la prononciation fautive, on entend moelleux prononcé « mouéleux » au lieu de « moileux » (pourtant, rassurez-moi : personne n'évoque la moelle en disant  « mouéle », mais bien « moile », n'est-ce pas ?)

De même, on entend prononcer œsophage, œnologie, œdème, œstrogènesŒdipe, etc, « eusophage, eunologie... » au lieu de « ésophage, énologie... » (eh oui, il faut un « u », comme dans « oeuf », pour faire le son « eu » après un « œ ») !

Bon, il n'y a pas mort d'homme, mais c'est déprimant de voir une pub pour du jambon industriel altérer notre belle langue au mépris des règles de prononciation.


À l'écrit, l'erreur est plus grave. Tout le monde ne remarquera pas vos péchés d'auteur, mais contrairement à une faute de prononciation, il resteront exposés durablement aux yeux de tous les passants. 
Et tôt ou tard, ils révulseront certains lecteurs – dont, à coup sûr, ceux des comités de lecture que vous pourriez courtiser (nous parlons bien sûr des éditeurs compétents, pas des maisons à compte d'auteur dont traite l'un de mes billets).

Dommage, tout cela : car par ailleurs, votre ouvrage est peut-être excellent. 
Mais ne dit-on pas que l'habit fait le moine ?

Alors votre devoir d'auteur, c'est d'éliminer ces fautes qui pourraient vous porter tort.


Parmi les mots sur lesquelles on trébuche encore plus souvent qu'un auteur germanopratin sur les croche-pieds de ses petits camarades, il y a le verbe s'avérer.


S'avérer, du latin verus = vrai, c'est « se révéler exact ».


Donc, n'écrivez jamais : « L'information s'est avérée exacte » : pléonasme.

Ou pire, « s'est avérée vraie » : pléonasme absolu, comme l'oreille du même nom ! Un record olympique du plantage littéraire, un peu comme la chute d'une star sur le tapis rouge du festival de Cannes, enfin vous voyez le genre. Et si vous n'êtes pas encore une star, ça fait tout aussi mal aux fesses, mais on s'en remet moins bien. 

La bonne formulation, c'est « L'information s'est avérée ». Eh oui, ça sonne riquiqui. Question d'habitude. :-)

Si décidément vous trouvez la tournure trop brève, écrivez « L'information s'est révélée exacte ».


Écrivez encore moins, sinon vous encourrez au moins l'écartèlement en place publique, « Cette information s'est avérée fausse ». Là, vous êtes dans le contre-sens, et jusqu'au cou !

Vous pouvez certes ruser en écrivant « Il s'est avéré que l'information était fausse », mais reconnaissez que c'est à la fois tiré par les cheveux et pas très léger. À moins de vouloir pasticher un rapport de police du XXIe siècle, on évitera. 

Quand on se refuse à utiliser « s'avérer » tout seul, le pauvre diable, son remplacement par un autre verbe (comme « apparaître » ou « se révéler ») est donc de mise.


Sont tolérés les glissements du genre « Cela s'est avéré utile ». Un puriste vous les reprochera peut-être, mais vous aurez la conscience tranquille : l'adjectif n'est pas en contradiction avec le sens du verbe « s'avérer ». 
Enfin, de mon côté, j'évite aussi. Les gens sont si méchants !... Je plaisante : c'est parce que je suis aussi un peu puriste sur les bords, et surtout, j'aurais l'impression de voir tiquer mes parents. :-)


Voilà, mes ami(e)s : c'était encore une petite info (avérée ^^) à glisser dans votre écritoire si vous la jugez utile.

Bon travail à toutes et à tous !