Bienvenue chez moi ! Sur ce blog, je dis ce que je pense. Bonne visite...

Vous pouvez aussi consulter ma page auteur Amazon ou explorer mon profil https://www.facebook.com/editionsimaj et ses groupes associés, où vous découvrirez l'actualité de mes ami(e)s blogueurs littéraires, auteurs, illustrateurs, etc : une enthousiasmante communauté de plus de 4 000 passionnés du livre.

On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


Invitations au voyage

dimanche 9 avril 2017

POURQUOI JE PUBLIE DES TEXTES COURTS




Celles et ceux qui me suivent depuis un certain temps m'ont vue débarquer sur Amazon avec un gros pavé : l'Intégrale 1 de ma saga SF/fantastique Élie et l'Apocalypse, plus de 800 pages.

Ensuite, j'ai publié dans la foulée mes romans de jeunesse, dont Autant en emporte le chergui, qui pèse tout de même ses 500 et quelques pages.

Et bien sûr, je continue à vous proposer la suite d'Élie et l'Apocalypse, même si, à raison d'environ 400 pages par volume avec beaucoup de recherches documentaires, cela ne va pas très vite. 

Alors, pourquoi me suis-je à présent spécialisée dans les publications courtes voire très courtes (entre 10 et 50 pages) : Apéribooks et feuilletons ?

Eh bien, pour de multiples raisons, que je vous livre ici comme elles me viennent.


Faciliter la tâche des chroniqueurs.

Blogueurs et auteurs-chroniqueurs ont des PAL (Piles À Lire) si vertigineuses que bien souvent, les délais pour rendre un avis sur un roman de taille moyenne atteignent, voire dépassent 6 mois.

Or, nous autres auteurs, c'est dès la parution qu'on a besoin d'avis, que ce soit pour rectifier le tir ou pour faire connaître son livre !

Alors une « petite bouchée gourmande », comme dit la blogueuse Cali Marion Carlier (Le Calidoscope), ça peut se caser pendant les transports, lors d'une pause, dans une salle d'attente ou avant de s'endormir les soirs de grosse fatigue. 

Aussitôt eu, aussitôt lu. Et tout le monde y gagne : 
les chroniqueurs (et hop, un livre de moins !) ; 
les auteurs, qui obtiennent un retour ultrarapide sur leur travail ; 
et les lecteurs, qui n'ont pas besoin d'attendre pour avoir l'avis de la blogo sur une nouvelle parution.


Maintenir l'intérêt des lecteurs.

C'est la suite logique du point précédent. Si vous proposez une histoire très longue, vous constaterez qu'en dehors de vos « fans », beaucoup de lecteurs se demanderont quand et où caser cette copieuse lecture.

À moins de disposer de beaucoup de loisirs, ils liront par petits bouts, le soir, le weekend... avec cet inconvénient : devoir, à chaque fois, s'extirper de l'ambiance du livre et s'y replonger. Ou alors, et nous avons tous connu ça, ils devront passer des nuits blanches !

Si vous publiez une suite, c'est encore pire. Les lecteurs vont devoir l'attendre pendant toute une année (rarement moins, souvent davantage). Grosse frustration. Et dur dur de se réapproprier un univers après en être resté éloigné si longtemps... 
L'expérience d'Élie et l'Apocalypse, énorme chantier qui dure depuis 2007, m'a sensibilisée à ce problème que représentent les séries pour les lecteurs.

Conséquence logique, ils sont de plus en plus nombreux à déclarer qu'ils évitent d'emblée les romans en plusieurs tomes. À moins d'être sûrs d'avoir l'audience d'un George R. R. Martins, les auteurs feraient bien d'en tenir compte.

Ce n'est pas pour rien que la plupart des grands écrivains ont été feuilletonnistes : ils publiaient dans des journaux, à un rythme hebdomadaire voire quotidien. L'intérêt du public restait stimulé sur le long terme, sans overdose – et à l'inverse, sans risque de les oublier.


Soutenir sa motivation en tant qu'auteur.

Se lancer dans un roman-fleuve, c'est bien beau, mais on part sur du long, parfois du très long terme ; surtout qu'à l'écriture proprement dite il faudra ajouter le temps des corrections et des bêta-lectures. Le risque de découragement est proportionnel à la durée de l'aventure.

En plus, ce qui nous motive, ce sont les interactions avec nos lecteurs. À moins d'avoir publié précédemment un best-seller, on risque de se retrouver coupé du monde pendant notre long travail. 
Non seulement on manquera parfois de courage, mais aussi de stimulation, car bien souvent l'on enrichit son imaginaire au fil des échanges.

Écrire plus court, c'est publier plus souvent, interagir en permanence, bref rester actif, créatif, mobilisé et présent auprès des lecteurs.


Varier les plaisirs.

Avantage supplémentaire, cela permet aussi de varier les plaisirs en passant plus rapidement d'un ouvrage à l'autre, voire d'un genre à l'autre. 

Pas de routine, pas d'émoussement de l'inspiration, on peut explorer tous les terrains de jeu possibles et en faire profiter nos lecteurs. En avant, toute !

D'accord, la pratique du feuilleton n'est pas dénuée de contraintes ; mais il est toujours moins difficile de s'atteler à un épisode d'une dizaine de pages qu'à un roman. Alors si vous êtes sujet à l'angoisse de la page blanche, écrivez plutôt des textes courts, vous m'en direz... des nouvelles. :-)


Promouvoir un juste rapport qualité-prix.

Voilà longtemps que je me bats pour que les indés ne se croient pas obligés de se brader. 0,99 €, prix plancher sur Amazon, pour un roman de 2 ou 300 pages, c'est dévaloriser le travail d'un auteur qui y a mis tout son cœur, son savoir-faire, et y a consacré des centaines voire des milliers d'heures.

De plus, proposer son ouvrage à bas prix ou gratuitement, comme le font beaucoup d'auteurs dont la seule ambition est de rencontrer leurs lecteurs (je l'ai fait aussi au début, je vous l'avoue), c'est hélas pénalisant, car bien des lecteurs ont à l'esprit l'amalgame « pas cher = pas bon ».

Certes, les livres publiés par éditeur sont souvent trop chers pour les petits budgets. Alors publier des textes courts, mais très soignés (toujours ce concept de « bouchée gourmande ») me paraît un bon compromis pour respecter à la fois les lecteurs et les auteurs.

Au départ, un ami auteur m'a mise en garde contre la tendance des lecteurs à évaluer plutôt un livre en fonction du rapport prix-nombre de pages. Je constate néanmoins que jusqu'ici, un seul lecteur (auteur aussi) a fait savoir qu'il trouvait mon texte trop court pour le prix.

Du « bon » plutôt que du « long », si cela devenait courant, cela arrangerait tout le monde, compacterait les budgets lecture, et accréditerait l'idée que les textes autoédités ont eux aussi de la valeur.



S'adapter aux nouveaux modes de lecture.


Il n'y a pas que les blogueurs littéraires qui lisent de plus en plus dans les transports ou pendant leurs pauses. C'est le cas des lecteurs en général, et ils le font de plus en plus sur liseuse, tablette ou smartphone, outils avec lesquels il est pénible de parcourir un pavé de bout en bout. 

Je suis convaincue que les modes de lecture rapide, feuilletons ou nouvelles, vont devenir majoritaires dans l'avenir. Nous sommes à l'ère du zapping, ne l'oublions pas... 


Alors, répondre à ce besoin constitue, à mon sens, un enjeu d'avenir pour l'indésphère, capable de plus vite s'adapter aux nouvelles tendances que l'édition traditionnelle.

Un mois et demi après la publication de cet article, j'ai trouvé la confirmation de mes certitudes dans cet article.

Il y est dit que le feuilleton, en particulier, a un beau renouveau en perspective, comme je l'avais écrit en conclusion ci-dessous. 
Je n'en ai jamais douté : en 2012, j'avais même créé le projet d'un site dédié à la lecture sous forme d'épisodes.






Enfin, un petit critère technique tout bête...

qui ne vaut sans doute que pour le vieux machin que je suis : j'ai pris l'habitude de publier sur KDP (Amazon) en format .html, très facile à mettre en œuvre à partir d'un fichier open document.

Le problème, c'est que dans le cas d'un long ouvrage, les lecteurs doivent pouvoir naviguer grâce aux repères que constituent les chapitres dans la table des matière analogique. 
Or, cette table n'est pas générée à partir du format html ; pour cela, il faut insérer sur KDP du format ePub ou .mobi. Cela nécessite de passer par divers outils de conversion et de vérification. 
Et moi, je n'ai pas assez de pratique dans ce domaine pour faire cela vite et sans prise de tête.

Avec un texte court, la table des matières n'est pas aussi indispensable, alors je publie en .html comme je l'ai toujours fait : en deux clics, mon fichier est sur KDP, et j'évite de perdre du temps et de stresser sottement. Voilà, je l'ai dit !


Publier tant que je le peux encore.

Ça aussi, c'est un critère très personnel : avec ma petite santé, je ne sais jamais si j'arriverai à publier tous mes fonds de tiroir et mes nouveaux manuscrits en cours d'écriture.

Alors en publiant des histoires courtes, faciles à boucler sans bâcler, ou en découpant mes plus gros ouvrages inédits en épisodes de feuilleton, je peux avancer plus vite et sans me sentir trop dépassée par cette vaste entreprise.


Oui mais...

Vous m'objecterez, avec raison, que des ebooks vendus 0,99 € n'ouvrent pas droit aux offres éclair Amazon, véritable Graal pour les auteurs.

J'entends déjà les couplets contre le géant américain. Moi aussi j'aimerais bien que nous disposions d'autre solutions, je me suis beaucoup battue pour cela, mais soyons réalistes : à l'heure actuelle, il n'y a qu'Amazon pour nous offrir l'occasion d'une réelle visibilité. Alors se priver de cette opportunité, bien sûr, ça donne à réfléchir.

Pour moi, la solution est simple : je publie des formats courts (Apéribooks ou épisodes), et le moment venu, je les réunirai en intégrales : ce n'est pas nouveau, Chris Simon, par exemple, est une habituée de cet exercice sur Kindle.

J'ajouterai des bonus inédits pour le plaisir de mes lecteurs, et les intégrales leur seront proposées en lecture gratuite via les abonnements Amazon, pour ne pas désavantager ceux qui auront déjà téléchargé les épisodes.
Pour cela, je devrai inscrire ces intégrales à KDP Select, ce qui empêche de les proposer sur d'autres plateformes. Contrainte mineure à mes yeux.

L'intégrale me ramènera dans les clous du prix initial exigé pour les offres éclair : « Et voilà », comme dirait The Mentalist en français dans le texte.

J'en profiterai pour proposer aussi une version papier : ayant publié suffisamment pour satisfaire mes lecteurs et faire baisser ma PAP (Pile À Publier), je pourrai me consacrer à la mise en page soigneuse d'un fichier pour impression
Sans devoir bâcler ma tâche (par exemple, j'essaie de respecter scrupuleusement les règles de césure, ce que ne font pas les traitements de texte) ; ni avoir l'impression de l'accomplir au détriment de l'écriture et de la publication numérique. Que du bonheur...


Pour finir, la question du prix...

Quand j'ai lancé la formule Apéribook, un ou deux auteurs ont prédit que le prix serait un obstacle.

Sur Amazon, le prix minimum est de 0,99 €, impossible d'aller en dessous ; et les auteurs en question pensaient que les lecteurs trouveraient ce tarif excessif pour quelques dizaines de pages. 
J'avais alors répondu à leurs craintes dans le billet : Un auteur doit-il se brader ?

Aujourd'hui, d'autres indés se sont mis aux formats courts, et je pense que la question n'a plus lieu de se poser. De mon côté, à part un commentaire assassin laissé par un auteur sur deux de mes ouvrages, je n'ai enregistré aucune réaction négative quant au rapport prix/quantité.



Chers ami(e)s auteurs, j'espère que ce bref tour d'horizon vous aura apporté quelque chose d'utile. Je suis d'ailleurs convaincue que la résurgence du format feuilleton, qui a tant fait pour la popularisation des auteurs classiques, fera beaucoup, dans l'avenir, pour la reconnaissance des auteurs autoédités. 
Chers ami(e)s blog'litt, vous êtes déjà nombreux à m'avoir signifié que ce format court vous arrange : j'en suis très heureuse. Après tout, si on lit ou écrit, c'est en grande partie pour cela : communiquer par livre interposé, dans l'espérance d'une mutuelle satisfaction.