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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


jeudi 31 août 2017

Message aux débutants en autoédition



Je vais essayer d'être encore plus claire que d'habitude. Si, si, j'en ressens le besoin jusque dans la moelle de mes chaussettes, c'est dire.

Je ne critique pas Lévy, Musso et consorts par jalousie.
Ni par plaisir de critiquer.
Ni par élitisme.

Si je déplore la baisse du niveau d'exigence des lecteurs, ce n'est pas parce que je comprendrais mal la jeunesse, l'ère numérique, les enjeux du top Amazon et les ratons laveurs. Loin de là. C'est parce que les conséquences sont funestes. 

Pour vous, ami(e)s autoédités, en premier lieu. Parce que cela fausse votre vision et donc, vos chances. 

J'essaie (nous essayons, car je ne suis pas la seule) de faire passer un message aux auteurs débutants qui se ruent sur l'autoédition comme des naufragés sur une bouée de sauvetage. Et ce soir, tout spécialement à ceux/celles qui croient que le fin du fin dans l'existence, c'est d'être le mec ou la nana assis sur le trône de gloire du meilleur bouquin-vite-torché-mais-qui-tue-sa-race sur le Net.

D'abord, cette place-là, elle sera déjà préemptée par un.e plus mariole que vous. 

Défaitiste, moi ? Non, mais je connais la musique. Les dés sont pipés, sauf hasard miraculeux dont nous reparlerons plus tard. Désolée d'être une vieille conne réaliste qui sait que tirer des plans sur la comète, ça ne vaut que si ça permet d'avancer au lieu de stagner.

Mon message, le voici donc en clair :

Auteurs autoédités, arrêtez de rêver d'un destin à la Musso ou à la JKR. Vous ne savez pas du tout comment ces best-sellers-là sont fabriqués et promus. Dans l'autoédition, personne ne fait le poids avec l'édition industrielle, croyez-moi. Vous perdrez votre temps et vous irez vers des désillusions.

Arrêtez de vous dire que certains cartonnent sur Amazon avec n'importe quelle daube. Ça arrive (D'accord. Ça arrive souvent. 😜), mais ça s'appelle une erreur de casting ou du foutage de gueule, et ce truc-là se paie au prix fort un jour ou l'autre. 

Le plupart des succès sont dûs à 3 facteurs : une bonne histoire, du travail et de la patience.

C'est vrai, beaucoup de lecteurs se satisfont de livres bourrés de fautes, avec des intrigues mal ficelées. De même qu'ils avalent un McDo tout pourri : parce que ça se consomme vite, que c'est pas cher, que ça satisfait tout de même un besoin élémentaire.

Mais si vous pensez que ça suffira à vous faire connaître, tôt ou tard vous vous prendrez une dégelée d'un lecteur plus pointilleux que les autres – et les mauvaises réputations vont beaucoup plus vite que les bonnes :  on monte lentement, on dégringole très vite.

Alors par pitié, arrêtez de compter vos ventes dès votre première publication, de vous croire en compétition avec tout le monde et de vouloir copier le succès d'untel ou untel. 

Chaque auteur a son style, son originalité, il y en a pour tous les goûts. Vous pouvez trouver votre place.

N'ayez pas de complexes vis-à-vis des stars, qui ont peut-être percé pour de mauvaises raisons. Mais ayez de l'humilité : sachez vous remettre en question tout au long de votre travail.

Écrivez un bon livre, tout simplement. Original, bien construit, bien corrigé. Ne vous précipitez pas pour le publier avant qu'il soit publiable.

S'il est intéressant et bien fait, il trouvera tôt ou tard son public. 

Prenez le temps de devenir un auteur, au lieu de vous imaginer en marchand de soupe cousu d'or. Jamais vous ne pourrez rivaliser avec l'édition industrielle sur ce dernier point.

Mais vous pourrez déjà atteindre un objectif plus important que tous les autres : être satisfait de vous-même.

Et vous finirez par en atteindre un autre : trouver des lecteurs et les rendre heureux. Sans rougir à tout instant parce que quelqu'un vous aura reproché de publier un fichier bâclé.

Peut-être même que vous découvrirez un autre motif de satisfaction : savoir que vos lecteurs, vous leur aurez apporté quelque chose, et qu'ils n'oublieront pas votre livre sitôt refermé.

Tout bien pesé, ne croyez-vous pas que c'est beaucoup plus gratifiant ?…

Et le hasard miraculeux, dans tout ça ? Eh bien, il naîtra de la rencontre entre votre volonté de faire un (vrai) super livre, et le public à qui il donnera du bonheur. Un vrai bonheur, durable. 

De là découle le vrai succès, qu'on appelle le succès d'estime. 

Celui que le premier lecteur averti qui passe par là ne gâchera pas d'un commentaire navré. (Bien sûr, il y a des commentateurs méchants, mais si ce qu'ils dénoncent est vrai, vous n'allez pas vous sentir très heureux sur votre trône.)

Celui qui pourra se transformer en vrai succès si vous avez un peu de chance. V.R.A.I. (je me répète.) Pas celui d'une star accidentelle de téléréalité, dont tout le monde aura oublié le nom l'année suivante, ou dont on aura pitié, ou dont certains se moqueront en disant qu'elle n'était pas à sa place. Le monde est cruel.

Celui qui vous vaudra peut-être de rencontrer un éditeur, si c'est votre objectif. Pas le genre qui convoite votre audience sur Amazon, qui exploite votre livre et vous jettera à la poubelle si vous le décevez la fois d'après en termes d'audience. Non, le genre qui cherche à repérer des talents et nouera avec vous une collaboration fondée sur le respect mutuel. Ça existe, mais ce genre de gibier, on ne l'appâte pas avec de la daube.

Oui, le succès est accessible. Peut-être pas pour tout le monde, parce qu'il faut un minimum de talent, beaucoup de travail et une volonté constante. Tout le monde ne peut pas être Madonna. Mais tout le monde peut être respecté pour la qualité de son travail. 

Ça, personne ne pourra vous l'enlever.


P.S. : Quand je parle de Mc Do, je ne veux pas dire que les lecteurs sont cons, comme on me l'a aimablement suggéré, mais que de moins en moins d'entre eux sont exigeants. La lecture devient une activité de délassement, et la qualité n'est plus primordiale. Mais ce n'est pas pour autant que l'on perce plus facilement, surtout avec un livre bâclé ; parce que le nombre de livres en circulation augmente beaucoup plus vite que la demande.