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vendredi 8 décembre 2017

Nous allons tous mourir





L'actualité nationale est au deuil. Et si je compatis à la peine des familles des disparus, j'avoue que je suis toujours effarée par la propension humaine à rendre un culte aux personnes après leur mort.

Nous allons tous mourir. Pourtant, la plupart d'entre nous se comportent comme si la mort n'était pas inéluctable. Comme s'il suffisait de ne pas y penser avant d'y être contraint ; puis, quand elle frappe autour de nous, de se répandre en rituels et en gerbes de fleurs sous le prétexte de rendre hommage à des êtres qui, cependant, n'en sauront jamais rien.

Loin de moi l'idée de nier l'importance du processus de deuil quand on est touché par la perte d'un être cher. 
En revanche, les grands deuils collectifs orchestrés par les médias ne sont qu'une manière pour chacun de nous de se laisser aller à la nostalgie, de se désoler de vieillir et d'être lui-même périssable.

La crise d'émotion morbide, cela a quelque chose de défoulatoire, d'accord… On peut aussi évoquer une forme de solidarité, parfois sincère. 
Mais c'est du vivant d'une personne qu'il faut l'honorer et la chérir ! n'est-ce pas ?

Si, au lieu de se voiler la face, on accordait à la mort sa vraie place, celle d'un événement inéluctable mais pas tragique pour autant, chacun serait plus attentif à sa vie et à celle des autres.


La mort n'est pas un drame en soi, sinon pour ceux qui restent et qui souffrent de l'absence de la personne aimée. Cela, c'est une vraie tragédie, bien qu'il puisse y avoir, là aussi, matière à apaisement le moment venu.

Quand on n'est pas directement concerné, en revanche, il y a dans ces regrets éternels une sorte d'erreur fondamentale.

La vie doit être chantée ; et pas seulement la nôtre. Œuvrons à en faire une ode au bien-être (dans tous les sens du terme), plutôt qu'un choeur de lamentations.

Le drame inacceptable, celui qui devrait mobiliser nos larmes et nos actes, c'est la souffrance, qu'elle soit physique ou psychologique. C'est là-dessus que devraient porter tous nos efforts.

Pleurons, par exemple, la fin atroce des disparus du sous-marin San Juan, parce que c'est affreusement injuste que des êtres encore jeunes aient dû subir cette mort-là, précédée d'une terreur à laquelle on préfère ne pas penser. Pensons-y, justement ! Ils le méritent.

Pleurons aussi le calvaire de tous ceux qui, dans le monde, souffrent sans pour autant mourir. Ce n'est pas ce qui manque, hélas !

Mieux encore : efforçons-nous de faire changer les choses.

D'une manière générale, il existe des choses bien plus révoltantes que la disparition de personnes qui ont eu une belle vie et étaient arrivées au bout de leur chemin…

Le fait qu'on s'acharne à garder en vie contre leur gré des malades condamnés et qui souffrent le martyre.

Le fait qu'on laisse des malheureux croupir dans la misère, l'isolement, la douleur, sans rien faire de déterminant pour leur venir en aide.

Le fait, tout simplement, que nous ne occupons pas assez de nos proches : on ne prend pas assez soin d'eux, on n'essaie pas assez de soulager leurs peines, on ne leur dit pas assez qu'on les aime.


Alors…
Jean d'Ormesson et Johnny Hallyday sont arrivés au terme d'une longue et passionnante existence. Cessons de les plaindre ostensiblement pour exorciser notre peur de mourir aussi. Eux, en tout cas, ne sont plus à plaindre : ils reposent en paix, et pour cause. Souvenons-nous des paroles de Brassens, ce grand sage qui ne mâchait pas ses mots : « J'aurai plus jamais mal aux dents… »


Rapprochons-nous plutôt de ceux qui nous entourent. Faisons pour eux et éventuellement, pour d'autres, tout ce que nous pouvons afin de soulager leurs maux et d'ensoleiller leur quotidien pendant qu'il en est encore temps.

Ne croyez-vous pas que c'est cela qui donne à l'existence toute sa valeur : s'intéresser à d'autres vies plutôt qu'à la mort – autrement dit, soyons honnêtes, à sa propre mort… ?

Admettons que nous allons mourir. 
N'oublions pas de vivre et d'y aider autrui. 
Au lieu de statufier la mort, respectons (intelligemment) la vie.