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mardi 16 janvier 2018

Autoédition : De l'originalité en littérature




Pour décomplexer les auteurs sans éditeur, qui assument seuls une besogne ingrate et me font part de leur découragement, j'ai expliqué dans un article déjà ancien que Harry Potter, trop souvent pris pour modèle, est l'exemple typique d'une littérature industrielle au triomphe quasi inéluctable : les ouvrages fabriqués « en usine » à partir d'éléments empruntés à de grands succès de librairie.

L'intertextualité est un phénomène normal en littérature, chaque auteur étant forcément inspiré par ses lectures. Il est d'ailleurs très difficile, et même impossible selon une étude sur laquelle je ne parviens pas à remettre la main, d'inventer un sujet totalement original.

On peut parler de recyclage lorsqu'une équipe s'emploie à créer une œuvre grand public en utilisant les ingrédients d'un ou plusieurs « blockbusters », ou d'ouvrages sous-exploités qui recèlent des éléments prometteurs.

Ainsi, en plus de s'inspirer de best-sellers antérieurs, Harry Potter réaccommode indéniablement des éléments tirés de livres moins connus, comme L'île du Crâne d'Anthony Horowitz (l'histoire d'un petit garçon qui entre à l'école des sorciers, roman dont HP reprend de très nombreux points), ou The legend of Rah and the Muggles, de Nancy Stouffer, qui raconte les aventures de « Larry Potter » et présente aussi de troublants points de concordance avec la saga signée JK Rowling. Voir par exemple ce lien ; et je vous invite aussi à découvrir ces ouvrages et à vous faire votre propre opinion. 
Mais au fond, peu importe : HP est entré dans l'histoire de l'édition et de la littérature de genre parce qu'il est très bien fait et méritait son destin.

S'inspirer d'un autre ouvrage n'est pas répréhensible, sauf si ces sources d'inspiration sont sciemment passées sous silence, si les auteurs originaux sont lésés (il faut savoir qu'il est très difficile pour l'auteur original de faire reconnaître son préjudice devant les tribunaux, sauf en cas de plagiat pur et simple), ou si, comme dans le scandale de La bicyclette bleue, un auteur plagie plus ou moins une œuvre célèbre.

[Explication : La bicyclette bleue est une transposition d'Autant en emporte le vent à l'époque moderne : la seconde guerre mondiale remplace la guerre de Sécession. Rien ne très blâmable en soi, même si l'on peut déplorer ce manque d'originalité. L'ennui, c'est que le roman comporte, ou comportait à sa parution, des phrases entières extraites telles quelles du livre de Margaret Mitchell : on se rapprochait dangereusement du délit de plagiat. Lorsque ce fut remarqué, l'éditeur s'empressa de dire que c'était là le fruit d'un pari innocent avec son auteur, Régine Deforges. Oui, mais le pari avait paru, si j'ose dire, et sans que lecteurs ni critiques eussent été avertis de ce petit jeu de décalquage. De tels procédés font un peu désordre. Par ailleurs, il est dommage qu'un éditeur pousse un auteur à l'imitation en espérant un succès facile – sur ce point, pari gagné ! –, au lieu de l'inciter à aller jusqu'au bout de son propre talent de romancier.]


Rien de trop flagrant concernant Harry Potter, qui possède son ton à lui, fort plaisant, de même qu'une atmosphère réussie dans un univers très cohérent. Transposition ou pas, usine à bestsellers ou pas, c'est une œuvre de qualité ; il m'importe seulement qu'aucun auteur ne se désole d'échouer à faire aussi bien dans son coin, avec les moyens du bord, en croyant qu'une mère de famille sans le sou a vraiment rédigé HP à la sauvette sur le coin de table d'un pub où elle allait réchauffer sa pauvre carcasse.

Ce serait d'ailleurs méconnaître le fait que même en cas d'auteur unique et authentique, les éditeurs remanient profondément les romans qui les intéressent, surtout s'il est possible de les bestselleriser : là encore, bien des auteurs sont choqués lorsque, sitôt signé le contrat tant attendu, ils voient leur ouvrage passer à la moulinette des réécriveurs. Or, amis auteurs, votre moral m'importe, parce que je ne sais que trop combien nous l'avons fragile…

Aussi, ne vous flagellez pas si votre roman ne vous paraît pas l'égal d'un grand succès de librairie ; l'important, c'est de rendre aux éditeurs une bonne histoire, correctement rédigée ; ou, en autoédition, de peaufiner votre copie autant que faire se peut avant publication : les lecteurs jugeront, et vous pourrez toujours faire mieux la prochaine fois. Il est impossible de se battre à armes égales avec la grosse machine éditoriale, qui, en plus de son expérience, a les moyens de ses ambitions. Être un bon artisan, c'est déjà plus qu'honorable !


Revenons à nos moutons, c'est à dire au mimétisme littéraire. Il est intéressant de remonter la filiation d'une œuvre à l'autre ; c'est pourquoi je vous propose aujourd'hui d'observer comment les inventions d'un grand auteur tel que Tolkien ont été transposées, entre entres, par Robert Jordan, autre grand auteur de fantasy, puis réemployées dans Harry Potter – oui, encore lui 😁– avec le succès sans précédent que l'on sait.

Chacune de ces œuvres, je le répète, a sa qualité intrinsèque. Elles sont, d'ailleurs, très différentes malgré leurs points de similitude. Mais en réfléchissant à ce phénomène, chacun de nous peut s'interroger sur ses propres emprunts (ou tentations d'emprunt) à ses devanciers et, peut-être, choisir de « recuisiner » radicalement ces éléments d'intrigue, ou de s'en écarter autant que possible pour produire une œuvre originale.

Personnellement, j'encourage les auteurs débutants à aller dans ce sens : soyez vous-mêmes, ne cherchez pas à imiter les best-sellers, creusez votre propre sillon ! Bref, résistez à la facilité. C'est de ce terreau différent qu'émergeront peut-être, au-delà de la mode du roman industriel stéréotypé (aussi réussi soit-il), les chefs-d'œuvres futurs.

Voici donc un petit exposé, non exhaustif bien sûr, des points de concordance entre Le Seigneur des Anneaux, La Roue du Temps et Harry Potter, ou seulement entre La Roue du Temps et Harry Potter. Remarque : lorsque vous verrez deux dénominations pour des éléments de LRDT, c'est que je me réfère aux deux traductions existantes.

Vous verrez à quel point les bonnes idées font carrière d'auteur en auteur, alors que l'on serait plutôt tenté de croire que le but en littérature est de faire preuve de nouveauté !

Il ne manquera pas de vous venir à l'esprit d'autres œuvres où figurent quelques-uns des éléments cités. Dans certains cas, il s'agit de clichés caractérisés, très redondants en littérature ; autrement dit, à éviter au maximum dans nos manuscrits ! Bien sûr, un petit clin d'œil est toujours possible, ou une allusion satirique, mais il est à craindre que des lecteurs ne les prennent au premier degré. 

D'une façon générale, préférons le hors-pistes aux routes bien balisées, peut-être confortables pour une partie du lectorat (c'est une théorie très sérieuse) mais peu passionnantes pour les auteurs. 

Sans compter qu'il est bien plus difficile de "percer" au milieu d'une foule de romans stéréotypés, où les auteurs déjà connus ou bien introduits (non, je ne fais pas allusion à la promotion canapé, même si elle joue son rôle) sont quasiment les seuls à tirer leur épingle du jeu.


1 – Les grandes lignes du scénario :

● « Un jeune héros, qui se croit ordinaire, est arraché à son petit monde après avoir été identifié comme étant l'élu destiné à lutter contre les forces du Mal. Au cours de sa tâche, il sera entouré de quelques fidèles compagnons d'aventure. » (LSDA → LRDT → HP)

En fantasy, il s'agit là d'un scénario archiclassique. Si caricatural, même, qu'il est tentant de jouer à le revisiter. Je me suis imposé l'enjeu de partir de là dans Élie et l'Apocalypse ; mais seulement pour mieux m'appliquer à réorienter tout le reste, par exemple en situant l'histoire dans un futur proche et dans le monde réel, ce qui m'oblige à me baser sur des détails véridiques ou aussi crédibles que possible – d'où l'étiquette real fantasy conçue par mon éditeur de 2012. Oui, j'aime me compliquer la tâche, c'est mon côté maso… 😋Surtout, mes lecteurs savent combien j'aime pratiquer le multigenres. J'avoue que là, ce n'était pas un mince défi, et que ces contraintes ralentissent beaucoup l'écriture de la saga.

Poursuivons la comparaison :

● « Le Seigneur des Ténèbres, mis hors d'état de nuire grâce à une action passée de l'élu (qui ne s'en souvient pas), s'apprête à retrouver toute sa puissance avec l'aide de ses suppôts, dévorés d'ambition mais terrifiés par leur maître. » (SDA → LRTD → HP)

● « Une prophétie annonce que seul le jeune héros pourra arrêter définitivement le représentant du Mal, aidé de ses compagnons. » (SDA → LRDT → HP)

● « L'élu doit mourir pour sauver le monde du Mal, mais en fait il ne mourra pas vraiment, ou renaîtra. » (LRDT → HP) 
Bon, admettons que là encore, l'idée n'est pas nouvelle… 😁

● « Le Seigneur des Ténèbres va chercher à enrôler l'élu avant de se résoudre à le détruire, bien qu'il sache dès le départ que le destin de cet élu est de le détruire lui-même. » (LRTD → HP)

● « L'élu est entraîné dans cette aventure par un magicien. » (SDA → LRTD → HP) 
Dans LRDT et HP, ce magicien fait partie d'une école de magie où il emmène/envoie le jeune héros (HP) ou ses amies (LRDT).

● « Une partie de l'action se situe dans une école de magie où l'on enseigne la maîtrise des Pouvoirs (Tar Valon / Poudlard) et où les jeunes héros ne respecteront pas toujours les règles. » (LRTD → HP)

● « Les jeunes héros ont tendance à ne pas faire confiance aux adultes, à s'énerver de leurs conseils et à prendre des initiatives désastreuses ou complètement crétines, qui les mettent en danger mais aussi, les font progresser. » (LRTD → HP) 
C'est un schéma bien connu du roman initiatique.

● « Des agents du Mal se dissimulent parmi les enseignants de l'école de magie. » (LRTD → HP)

● « Les autorités du monde extérieur sont divisées entre celles qui font confiance à l'élu et celles qui veulent le mettre hors d'état de nuire. » (LRTD → HP)

● « Une élite autoproclamée (les Aes Sedai formées par la Tour Blanche / les sorciers de naissance) manifeste mépris et hostilité envers ceux qui ont découvert leur Pouvoir fortuitement (les Irrégulières ou Sauvages / les Sang-de-Bourbe) et voudrait qu'ils ne soient pas acceptés au sein de l'école. » (LRTD → HP)

● «  Tout ou partie de la population humaine "normale" ignore l'existence de la magie ; ceux qui sont au courant en ont très peur. » (LRDT → HP) 

● « Certains initiés (Aes Sedai /sorciers) croient que les suppôts du Mal (Réprouvés / Mangemorts) sont des légendes ou ont disparu. »


2 – Les analogie entre certains personnages :

● La double trilogie des héros de la Roue du Temps (3 garçons, 3 filles) semble bien avoir inspiré la trilogie mixte de HP : l'Élu rongé de doutes (Rand → Harry), les filles surdouées et férues de connaissances (Egwene, Nyneave & Elayne → Hermione), le garçon moins doué qui enchaîne les bourdes et se montre brave presque par erreur (Mat → Ron).

● Le héros est orphelin de mère (LRDT) / orphelin tout court (HP).

● On découvre peu à peu : son statut d'adolescent capable de canaliser le Pouvoir et de héros qui a vaincu le Mal dans un autre âge (LRDT) / son statut de sorcier et d'enfant qui a vaincu Voldemort étant bébé (HP). 
Dans les deux cas, l'orphelin se révèle d'ascendance prestigieuse et combattante : une lignée royale et des parents guerriers pour Rand (LRDT) ; des parents surdoués, héros de la lutte contre Voldemort, pour Harry Potter.

● Un(e) sorcier(e) d'une forte trempe, qui dirige l'école de magie, essaie d'utiliser le héros et ses compagnons pour obtenir la réalisation de la prophétie, fût-ce à leur détriment, mais les héros ne lui font pas confiance : L'Amyrlin (LRDT) → Dumbledore (HP).

Autres personnages :

● Des géants sympathiques et proches de la Nature : Loial (LRDT)→ Hagrid (HP). 
Noter aussi que les Ents du SDA étaient devenus des Nyms dans LRDT.

● Il existe des êtres maléfiques dépourvus d'yeux  : Nazgüls (SDA) / Myrdraals/Évanescents (LRDT) / Détraqueurs (HP). 
Noter que Nazgüls et Myrdraals sont des lieutenants non humains ou « déshumanisés » des Ténèbres (ce que deviennent aussi les Détraqueurs à la fin de la saga).

Il existe des êtres dévoreurs d'âmes. Leurs victimes éprouvent des sensations de froid, de faiblesse et de désespoir : Nazgüls (SDA) / Dragkhars (LRDT) / Détraqueurs (HP).

● Des hommes se transforment en loups : Frères-loups (LRDT) / Loups-garous (HP)
On retrouve bien sûr ce thème ultra classique dans de nombres œuvres, y compris Game of Thrones, où il est exploité avec des variantes intéressantes (un lien enfants-loups, des humains thérianthropes et la capacité pour Bran de s'incarner en pensée dans un animal, en tant que chaman).

● L'un des serviteurs des Ténèbres possède une allure de couard humble et malingre : Padan Faine (LRDT) / Quirrell (HP). 
Noter aussi la ressemblance physique (petit, contrefait et vicié par ses crimes) entre Gollum (SDA) et Faine/Ordeith (LRDT).

● Enfin, n'oublions pas l'araignée géante du Seigneur des Anneaux, que l'on retrouve dans Harry Potter.


3 – Les analogies de style :

On constate dans LRDT et HP la répétition récurrente des expressions employées pour décrire les personnages :

● « Une main de la taille d'un gros jambon », « un doigt gros comme une saucisse » ou « des yeux grands comme des tasses à thé » pour les Ogiers (LRDT), deviennent « une main grande comme un couvercle de poubelle » ou « des doigts comme de grosses saucisses » pour Hagrid, « de grands yeux de la taille d'une balle de ping-pong» pour Dobby, etc (HP).

Il s'agit d'un « truc » couramment employé en édition industrielle pour « sécuriser » les lecteurs, qui apprécieraient, paraît-il, de retrouver ponctuellement les mêmes éléments descriptifs, un peu comme un décor familier (ou une berceuse !).

Mais autant il peut être amusant de retrouver au fil de l'histoire les tics gestuels ou verbaux de certains personnages, présentés en différents termes, autant je trouve pénibles ces redondances systématiques qui semblent nous prendre pour des enfants en bas âge. Enfin, ce n'est que mon point de vue…


4 – Les analogies entre divers éléments d'intrigue :

● Le Seigneur des Ténèbres « dont-on-ne-prononce-pas-le-nom » (LRDT → HP).

● Ses « assistants » humains : Amis du Ténébreux/Suppôts des Ténèbres (LRDT) / Mangemorts (HP), et une élite de fidèles particulièrement maléfiques et puissants.

● L'objet maléfique qui rend le porteur à la fois malade et dépendant, au point que ce personnage devient agressif envers son entourage, soupçonné de vouloir le lui prendre : l'anneau (SDA) / le poignard de Shadar Logoth (LRDT) / le médaillon transformé en horcruxe (HP).

● Les illusions générées par le ter'angral de l'épreuve des Acceptées à la Tour, qui montre ce que l'on redoute (LRDT) / les illusions générées par le miroir du Ris'ed, qui montre ce à quoi l'on aspire (HP).

● L'épreuve vécue dans ce ter'angréal par Nyneave (LRDT) préfigure celle du labyrinthe dans le tournoi des 3 sorciers (HP).

● Des rêves peuvent être causés par l'intrusion d'un esprit maléfique. Il convient de s'en protéger, mais ils donnent par ailleurs des indications au(x) héros. (LRDT → HP)

● Notion de « gardes » contre les intrusions, les maléfices, etc. Notamment : des gardes contre les écoutes et la manière de poster des « gardes » magiques autour d'un campement (LRDT → HP).

● Mesaana maintient une Aes Sedai suspendue au plafond par des liens invisibles et essaie de la faire parler sous des tortures exercées avec le Pouvoir (LRDT), comme le fait Voldemort avec une sorcière capturée (HP). Les deux scènes présentent d'étroites similitudes.

● Les Voies/Chemins, les Pierres Portes/Pierres Portails et le Voyage ou le Planage/(je ne sais plus comment s'appellent ces deux méthodes dans la nouvelle traduction) sont, dans La Roue du Temps, 3 moyens de se déplacer dans le monde en utilisant des espaces-temps parallèles à la réalité ; de même que le réseau de cheminées, l'armoire magique et le transplanage dans HP.

● Il existe des baguettes et autres objets magiques porteurs d'un pouvoir intrinsèque (LRDT → HP). Il faut reconnaître que cet élément d'intrigue est extrêmement répandu !

● Il existe des affinités entre certains objets magiques et les maîtres qu'ils se choisissent. (LRDT → HP)

● Il existe des objets magiques dont le seul contact provoque la mort. (LRDT → HP)

● On peut provoquer une mort instantanée à l'aide du Pouvoir. (LRDT → HP)
Là aussi, c'est un élément très courant.

● Les gens dotée de pouvoirs s'imposent des limites par le biais de règles strictes : les vœux des Aes Sedai (LRDT), les sortilèges impardonnables et les nombreuses interdictions faites aux sorciers (HP).

● Dans HP, les sortilèges impardonnables sont directement inspirés des sortilèges employés par les Réprouvés dans LRDT : la torture pratiquée par Mesaana  le sortilège Doloris ; la Compulsion   l'Imperium ; et le sortilège de mort est également présent sous plusieurs formes, notamment le Malefeu, dans LRDT.

● Il existe un portique (LRDT) / une armoire (HP) où l'on risque de se perdre à jamais.

● Il existe des flammes noires : attributs d'Ishamael (LRDT) / protection de la Pierre Philosophale (HP).

Pour ne pas spoiler l'intrigue à ceux qui n'auraient pas encore lu Harry Potter ou La Roue du Temps, je ne m'étendrai pas trop sur un élément majeur commun aux deux trames : l'existence d'un lien puissant entre le héros et son pire ennemi terrestre, fusion partielle causée par un événement initial. (Je n'ai pas lu la fin de la LRDT, mais je subodore ce qu'il s'est passé).

Là encore, l'équipe de HP a gaillardement adapté une trouvaille de Jordan, en la modifiant avec astuce puisque, sauf erreur, dans LRDT c'est la magie du héros, et non celle de son agresseur, qui a entraîné ladite conséquence. Le résultat est assez réussi, quoique, me semble-t-il, plus tiré par les cheveux.


L'on pourrait citer bien d'autres exemples de ce phénomène du mimétisme littéraire (ou de la réadaptation), mais il ne servirait à rien de les énumérer in extenso.

Mon propos était seulement d'illustrer le fait qu'en littérature, l'originalité réside moins dans les sujets que dans leur interprétation.

Il faut bien sûr se garder de faire de la régurgitation pure et simple, ou de s'engouffrer dans des poncifs trop éculés. 

Cependant, pondre un thème 100 % original relève aujourd'hui d'une probabilité si faible qu'il convient, à défaut, de rester vigilants pour accomoder nos emprunts de la façon la plus novatrice possible.

Même si cela peut à première vue ressembler à un procédé gagnant, ne nous laissons pas aller à la facilité du copier-coller ! Nos lecteurs nous en remercieront.


Excellent travail d'écriture ou excellente lecture à toutes et à tous…