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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


samedi 21 avril 2018

Autoédition : la check-list "écriture-présentation"



Je vous avais promis il y a déjà quelque temps un récapitulatif (non exhaustif) des fautes et maladresses les plus fréquentes dans les manuscrits.

Un aperçu trop succinct vous était proposé dans ce billet.

Voici maintenant une petite check-list des scories qu’il faut à tout prix rectifier avant publication.

Nous supposerons, bien entendu, que l’auteur sait déjà rédiger dans le ton qui convient.


1) LES BANALITÉS.

Même si certains genres littéraires, comme la romance, sont fondés sur des « codes » que leur lectorat se plaît à retrouver d’un livre à l’autre, il me semble que tout auteur devrait mettre un point d'honneur à éviter les poncifs et à faire preuve d’originalité.

C’est particulièrement vrai pour les autoédités, libres d’écrire ce qui leur chante au lieu d'être obligés, par un méchant éditeur aux doigts crochus armés d'un fouet, à pondre à la chaîne du blockbuster stéréotypé. 😁

Ceux qui hésiteraient encore à bousculer un lectorat somme toute très routinier, devraient se rappeler que si la littérature industrielle produit des best-sellers en presque aussi peu de temps qu'il ne faut pour les lire, chacun d’eux est aussi vite oublié qu’il fut vite écrit.

Alors, si vous espérez marquer les esprits et satisfaire des lecteurs plus exigeants que la moyenne, lâchez-vous ! Votre imagination vaut mieux que les moules, littéraires ou cinématographiques, dans lesquels vous pourriez être tentés de la figer malgré elle.

Même si nul ne s’affranchit tout à fait de l’influence de ses prédécesseurs, mieux vaut s’inspirer des écrivains qui se sont distingués par leur originalité que des nombreux nanars qui font recette… et disparaissent des mémoires. (Sauf, pour certains, en tant que contre-exemples ! Parions que 50 NG restera dans les esprits comme la pire daube à succès de l’histoire de l’édition. Quant à ses fans, parions aussi qu’elles échoueraient déjà à en citer une seule phrase…)

Pour ne pas subir un tel sort, ne vous engouffrez pas, emplis d’espoir et vidangés de votre talent bien à vous, dans une réplication vénale des grands succès du moment. Soyez différent ! Les ventes passent ; les écrits restent. Mieux vaut ne pas en avoir honte.

Cela vaut pour les intrigues : on dit que tout a déjà été été écrit, mais chacun peut imaginer sans trop de peine un scénario qui ne donnera pas l’impression d’être la énième variante d’un roman convenu.

Cela vaut aussi pour la formulation : il y a mille et une manières d’éviter d’écrire « Le ciel était bleu et le soleil brillait. » S’y exercer, c’est enrichir son écriture et acquérir le « métier » indispensable pour ne pas se contenter d’être un vulgaire imitateur. Une grande partie de la satisfaction qu’un auteur peut tirer de l’œuvre accomplie est le fait d’avoir, au lieu de céder à la facilité, défriché des sentiers intéressants, testé des approches qui ne soient pas rebattues. L’auteur, être créatif par excellence, doit rester un inventeur, un explorateur.

Petite astuce : relisez-vous en traquant les banalités. À chacune, demandez-vous comment vous pourriez formuler autrement, de façon inédite ou, du moins, peu commune. Vous allez vous étonner !

Vous pouvez aussi voir ou revoir ce billet sur l'originalité en littérature.


2) LES INVRAISEMBLANCES DANS L'INTRIGUE

Voir ce billet.


3) LE MANQUE OU L'EXCÈS DE MATIÈRE

● Faites-en assez…

Il faut « nourrir le lecteur ». Cela signifie qu’il faut développer suffisamment nos univers, nos personnages, pour qu’il y trouve tout ce dont il est friand.

Comme les goûts de vos lecteurs seront aussi variés que leurs personnalités, rien ne vous obligera à faire l'impasse sur tel ou tel élément, sous prétexte que les descriptions de paysages vous font piquer du nez ou que votre bêta-lecteur a horreur des dialogues.

Frédéric Soulier, un auteur de thrillers que je crois promis à une belle carrière, a beaucoup aimé dans Autant en emporte le chergui les aventures de Vic, mon personnage masculin, mais a trouvé ennuyeuses celles d'Ève avec ses chevaux. Pourtant, ces dernières ont été plébiscitées par les lectrices. J'aurais pu choisir d'écrire deux livres pour cibler des lectorats précis ; j'ai préféré faire un livre à plusieurs facettes, cohérent à mes propres yeux, et laisser chacun y puiser ce qui l'intéresse.

On écrit d'abord pour soi, sinon l'on vivrait dans une frustration quasi permanente. Il ne faut pas pour autant oublier que les lecteurs, à l'autre bout de la ligne, ont leurs propres attentes ; et que mieux vaut y répondre, du moment que cela ne vous fait pas violence.

En grande partie pour des motifs mercantiles, la mode d’aujourd’hui est à des livres que le lecteur parcourt ventre à terre, uniquement préoccupé de l’intrigue. Le but est que le consommateur ait fini le plus tôt possible, pour passer sans traîner à l’achat suivant.

Par conséquent, il faut vous poser cette question : visez-vous ce type de lectorat, allez-vous publier un livre après l’autre en vous souciant surtout de rédiger sans perte de temps et de toucher le plus possible de lecteurs ? Dans ce cas, il vous faudra éviter les digressions, les longueurs, et aller à l’essentiel.

Si, au contraire, vous cherchez à satisfaire des lecteurs « old style » désireux de vivre une expérience littéraire aussi riche et durable que possible, préoccupez-vous plutôt de soigner la forme et le contenu afin de leur donner tout le plaisir qu’ils espèrent.

En matière de romans, rien n’est plus rébarbatif qu’un ouvrage sec et pragmatique, sans « chair » ni charme.

Or, cela arrive souvent lorsque l’auteur suit sa pensée en ligne droite, pressé de dérouler son raisonnement sans en oublier une miette – comme on le fait presque immanquablement au cours du premier jet.

Ensuite, il faut se relire et étoffer, expliquer, enrichir, de façon à faire de la lecture une expérience plaisante où les lecteurs pourront se promener agréablement, à leur rythme, en savourant chaque passage s'ils le souhaitent.


● … Mais n'en faites pas trop !

Un roman trop lent, trop documenté, comportant des descriptions touffues, peut lasser les lecteurs habitués aux ouvrages dits « fluides » (je dirais volontiers : minimalistes).

L'excès de matière est aussi préjudiciable que le fait de laisser son lectorat périr d'inanition.

En vous relisant, dégraissez : faites la chasse à l'inutile, aux redondances, aux précisions superflues qui alourdissent les phrases.

N'oubliez pas que vos lecteurs aimeront aussi être libres de faire jouer leur imagination, plutôt que de subir une avalanche de détails qui leur couperait les ailes.

Côté intrigue, bannissez les péchés d'insistance, les platitudes appuyées, les clefs évidentes et les gros clins d'œil qui donneraient à penser que vous croyez vous adresser à des enfants.

Préférez émoustiller l'intelligence du lecteur en faisant de votre histoire un jeu de piste assez facile à suivre, mais ni trop balisé, ni prévisible.

Pour les moyens d'alléger votre texte, voir ce billet et celui-là.


4) LES PERSONNAGES INCONSISTANTS

C’est une erreur fréquemment rencontrée : les personnages secondaires sont à peine esquissés, et parfois d’une banalité affligeante ; des faire-valoir, rien de plus. Cependant, il est difficile de mettre en valeur ses personnages principaux avec des personnages secondaires pâlots : ils ressortiront bien mieux, l’intrigue sera bien plus consistante avec toute une galerie de personnages d'arrière-plan intéressants et bien campés, qui se prêteront à de passionnantes interactions avec vos héros.

Il est tout à fait possible, bien sûr, de réduire ses personnages à un ou deux, environnés de vide ou d’un flou artistique. C’est un parti-pris littéraire comme un autre. En pareil cas, il est vivement recommandé de porter une attention d’autant plus pointilleuse à la qualité du ou des personnages centraux : pas de clichés, pas de niaiseries, pas de copié-collé ou de recours à toute autre forme de facilité. Ils doivent être forts, marquants, et recéler toute la profondeur de caractère et de comportements souhaitable.

À ce propos, l'on peut décrire un personnage de plusieurs manières, avec lesquelles vous pourrez jouer à loisir :

● En le décrivant, tout simplement.

Jules Lemercier était grand, avec un visage pourvu d’un long nez. Il portait un monocle.

● En utilisant des métaphores évocatrices.

Il débarquait au magasin dès l’ouverture, frais comme l'aube.

● En suggérant une attitude ou un trait de caractère plutôt que de les présenter explicitement.

Au fil des heures, sa gravité pateline gagnait en hauteur.

● En laissant deviner ce qui peut l'être (ici, l'élévation sociale et le besoin de la mettre en scène). 

Plus trace des lorgnons originels : un monocle lui faisait un œil de cyclope.

● En exprimant plusieurs choses en une seule.

De tout là-haut, vous toisait un visage d’ascète aux lèvres trop minces pour sourire, sinon par contrainte.

● En faisant transparaître un profil à travers des généralités ou à travers d'autres personnages.

L’influence d’un homme tient souvent à des détails aussi futiles que révélateurs.
ou encore
Cela terrifiait ses arpètes et tenait la concurrence en respect.

Le mélange de ces différentes approches aboutit à une description complète mais variée, comme par exemple celle-ci :

Jules Lemercier était gratifié par dame Nature d’une taille impressionnante. De tout là-haut, vous toisait un visage d’ascète aux lèvres trop minces pour sourire, sinon par contrainte. L’influence d’un homme tient souvent à des détails aussi futiles que révélateurs ; le propriétaire du Bon ton les cultivait avec art. Au sommet de son long nez, plus trace des lorgnons originels : un monocle lui faisait un œil de cyclope qui terrifiait ses arpètes et tenait la concurrence en respect. Lemercier débarquait au magasin dès l’ouverture, frais comme l’aube. Au fil des heures, sa gravité pateline gagnait en hauteur, jusqu’à revêtir, au moment de la présentation des comptes, une expression jupitérienne propre à en imposer à la Banque en personne.


5) LES DIALOGUES QUI SONNENT FAUX

Là encore, beaucoup d’auteurs pèchent par manque de perfectionnisme. Plusieurs points gagnent toujours à être vérifiés :

●  Les dialogues doivent être naturels.

Pour vous en assurer, lisez-les à haute voix. Rien n’est plus pénible que des échanges artificiels, lourdingues, peu crédibles ou trop littéraires. C’est pourtant une faute très fréquente.

Un jeune délinquant ne s’exprime pas comme une grande bourgeoise, cela tombe sous le sens. Assortissez le registre de langage à chaque cas, ou, si cela vous paraît trop compliqué, adoptez un style médian qui sonnera le plus juste possible dans tous les cas de figure.

Attention si vous usez d’argot ou d’expressions du langage courant : tout se démode à une vitesse effarante. Parfois, mieux vaut inventer ses propres tournures…

En règle générale, Ton fric, mémé ! sera plus crédible que Donnez-moi votre sac, madame, et en vitesse ! 😉

Il ne faut pas pour autant émailler vos dialogues de répliques éculées du genre de celles-ci, que leur auteur doit regretter amèrement :

— Je suis votre pire cauchemar.
— Tu vas regretter d'être née.
— Tu fais moins la maligne, hein ?
— Tiens, cadeau !

et autres perles plus répandues qu'on ne saurait l'imaginer.

Attention aussi à ne pas laisser passer des expressions ou portions de phrases qui détoneraient avec le reste. Il faut choisir un registre (pour chaque personnage, le cas échéant) et s'y tenir.

Bref, le recours au langage parlé – comme, à l'inverse, à un registre soutenu – peut être périlleux si l'auteur n'y est pas familiarisé ou calque machinalement ses répliques sur les poncifs du genre. 

Dernier conseil : si vous faites s'exprimer l'un de vos personnages d'une manière inhabituelle, veillez à ce que vos lecteurs sachent pourquoi et l'acceptent.

●Rappelez-vous que dans le fil d’une conversation, un personnage se livre rarement à des explications sans fin, a fortiori si elles tombent sous le sens. 

Pourtant, peu d’auteurs résistent à la facilité de profiter d’une ligne de dialogue pour glisser, mine de rien, une tonne d’infos qui n’ont rien à y faire. 
Exemple :

— Rendez-vous à cinq heures.
— J’ai hâte d’y être. Ne vous trompez pas d’heure, surtout que vous débarquez de New York pour rencontrer votre futur associé. Avec le décalage horaire et cet air fatigué que je vous vois, mieux vaut que je vous appelle un peu avant à votre hôtel, le Plazza, n'est-ce pas ? Est-ce qu’une heure avant le rendez-vous, cela vous suffira ? Oui, vous voyez, je suis très organisée !

Déjà, le lecteur a pris en grippe cette emmerdeuse incapable de confirmer simplement le rendez-vous. Tout ce qu'il lui demandait, c'était un partage d'émotion…

L'auteur, lui, voulait seulement truffer cette pauvre réplique de petits éléments pour plus tard : son héros arrive de NY, il va rencontrer son futur associé, il loge au Plazza ; son héroïne le trouve fatigué, elle est très organisée – et carrément insupportable, mais cela, il ne l'avait pas prémédité !

Moralité : si toutes les informations stratégiques ne sont pas déjà parvenues à la connaissance du lecteur, glissez-les avant ou après (et à petits doses subtiles), mais, de grâce, pas dans la conversation… à moins d'être sûr et certain que cela passera comme une fleur !

● N'abusez pas des verbes de parole, même en essayant de les varier. Surtout en fin de phrase :

— Je vous aime, soupira-t-il.
— Moi aussi, murmura-t-elle.
— Où êtes-vous donc ? crièrent leurs amis dans le jardin.
— Ici, répondit-il.

Je trouve excessive la haine des verbes de parole que professent, de nos jours, certains auteurs et lecteurs. Ils demeurent bien utiles pour préciser qui exprime quoi dans les dialogues à plusieurs intervenants ; bien utiles aussi pour préciser un état d’esprit, une manière d’être ou de dire.
Toutefois, il convient de ne pas en abuser. 

Alternez plutôt : les lignes de dialogue avec verbe de parole ; celles qui en sont dépourvues (dès que l'on peut s'en passer) ; et les phrases qui coupent le dialogue pour apporter toute précision nécessaire –  notamment, indiquer qui va s'exprimer juste après.

Songez aussi à varier la présentation en déplaçant le verbe de parole au sein de la ligne de dialogue, afin qu'il ne se trouve pas toujours rejeté à la fin.

Il s'approcha.
— Je vous aime.
— Moi aussi, murmura-t-elle.
Leurs amis crièrent dans le jardin :
— Où êtes-vous donc ?
— Ici, répondit-il. Nous n'en avons plus pour longtemps.


6) LES FAUTES DE RYTHME

Voir ce billet.


7) LES RÉPÉTITIONS

Voir le billet en deux parties accessible à partir d'ici.


8) LES EXCÈS DE PARTICIPES PRÉSENTS

Je ne suis pas favorable à leur éradication, comme certains auteurs auprès de qui cette tournure, trop évocatrice du gérondif anglais en -ing, passe pour un insupportable anglicisme alors qu'elle est très ancienne et parfaitement honorable. Je les préfère, en tout cas, aux phrases lourdingues bourrées de qui et autres méthodes d'évitement plus ou moins heureuses. Cependant, c'est comme tout : point trop n'en faut.

Pour plus d'éléments, voir ce billet.


9) LES EXCÈS D'ADVERBES EN -MENT.

Je ne fais pas partie non plus des ennemis fanatiques des adverbes en -ment, influencés par l'épuration/appauvrissement linguistique menée dans les écoles de journalisme. Parfois, un adverbe en -ment en dit long, de la manière la plus claire et la plus simple qui soit. Mais, là encore, il faut se garder d'abuser !


10) LES CONTRESENS

Il arrive qu'un auteur exprime le contraire de ce qu'il voulait dire, soit parce qu'il ne maîtrise pas la formulation, soit parce qu'il s'est emberlificoté dans ses propos et aboutit finalement à autre chose que son idée de départ.

Vous trouverez un exemple à la fin du paragraphe suivant.

Dans tous les cas, gardez à l'esprit que le meilleur moyen de ne pas commettre ces erreurs, c'est de faire simple, quitte à sectionner les phrases trop longues et à élaguer tout ce qui n'est pas directement utile à la compréhension, l'intrigue et l'ambiance. L'opinion de vos bêta-lecteurs sera aussi très précieuse.

En tout état de cause, rappelez-vous : « Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » (Boileau)

Quand les mots viennent en désordre, il faut prendre le temps de faire le tri et de définir le mode d'expression le plus efficace. En ne perdant jamais de vue le fait que ce qui est clair pour vous ne le sera pas forcément pour vos lecteurs !


11) LES PHRASES MAL CONSTRUITES

Quelques cas typiques me viennent à l'esprit.

● Les inversions, très fréquentes.

L'auteur, qui suit le fil de son inspiration, a souvent tendance à formuler ses idées comme elles lui viennent, en vrac, lorsqu'il les jette sur le papier ou le clavier. Le piège, c'est que cette formulation se grave dans sa mémoire, et qu'il risque de ne même plus remarquer son caractère inachevé. 

Elle pénétra dans la pièce où déjà les élèves s'étaient assis en babillant comme s'ils se connaissaient depuis toujours à des tables devant leur repas.

Au lieu de, par exemple :

Elle pénétra dans la pièce où déjà les élèves s'étaient assis à des tables, devant leur repas, en babillant comme s'ils se connaissaient depuis toujours.

Parfois, une phrase mal bâtie provoque une confusion sur le sujet : voir ce billet.

● Les maladresses de formulation. 

Les exemples suivants sont empruntés à un blog dont l'auteur, je l'espère, ne m'en tiendra pas rigueur.

Et puis, il y a cet objet, l’Aléthiomètre, une sorte de boussole dotée de nombreux symboles, qui selon les rumeurs, permet de répondre à toutes les questions, et qui est placé (sic) sous la protection de la jeune fille pour en percer les mystères.

Au lieu de :

Et puis, il y a cet objet, l’Aléthiomètre, une sorte de boussole dotée de nombreux symboles, qui selon les rumeurs, permet de répondre à toutes les questions, et qui est placée sous la protection de la jeune fille afin qu'elle en perce les mystères.

Vous remarquez en passant que « placée » doit s'accorder avec « sorte de boussole » et non avec les termes précédents, « objet » ou « aléthiomètre ».

● Les lourdeurs.

Ajoutons à cela l’existence d’une particule assez intrigante, la Poussière, qui se trouve au cœur de bien des débats, mais à laquelle certains prêtent la capacité d’aider à voyager dans des univers parallèles.

au lieu de :

Ajoutons à cela l’existence d’une particule assez intrigante, la Poussière : elle se trouve au cœur de bien des débats, et certains lui prêtent la capacité d’aider à voyager dans des univers parallèles.

Des défauts de construction peuvent aboutir à un contresens :

Mécanique quantique, religion, l’auteur aborde des sujets fort matures dans son œuvre, qui lui donne alors plusieurs niveaux de lecture.

au lieu de :

Mécanique quantique, religion, l’auteur aborde des sujets fort matures dans son œuvre, et cela lui donne alors plusieurs niveaux de lecture.

Car, bien sûr, ce n'est pas l'œuvre qui donne plusieurs niveaux de lecture, mais le fait qu'elle contient des sujets jugés matures.

Enfin, la virgule est importante pour alléger les phrases, laisser respirer le lecteur et éviter les contresens : voir ce billet.


12) LES AUTRES FAUTES DE SYNTAXE

Il y aurait trop de choses à dire sur ce sujet, et je risquerais d'en oublier. Mais vous trouverez sur internet de nombreuses sources d'information, par exemple ce petit guide gratuit qui, bien qu'il ne s'adresse pas à des auteurs, pourra leur rendre bien des services.


13) LES ERREURS DE TEMPS ET FAUTES DE CONJUGAISON

Voir ce billet.


14) LES FAUTES D'ORTHOGRAPHE

Pour se renseigner sur certaines, voir « Pour ne pas se tromper », la série de billets didactiques  publiés sur ce blog et mis à la disposition du site monbestseller.

La plupart des correcteurs orthographiques (ceux inclus dans votre traitement de texte et des outils plus performants, comme Antidote) vous seront utiles pour débroussailler le plus gros des fautes d'orthographe et de conjugaison, voire de syntaxe.
Quelques réserves :

 Si vous ne maîtrisez pas l'orthographe courante, ils ne vous seront guère utiles, car vous ne saurez pas arbitrer en cas de doute.

● Attention, les tournures littéraires sont parfois considérées comme fautives par ces outils sans imagination. Le style, c'est parfois un certain degré de transgression… Sans compter le problème des expressions parlées, parfois présentes dans les dialogues, et qui seront vues comme des fautes.

● Je ne saurais trop conseiller de faire procéder à une dernière vérification par un humain compétent : correcteur pro, professeur de français, auteur expérimenté… À moins d'être très pointu en la matière, on risque de fauter sans s'en rendre compte, car la langue française recèle d'innombrables pièges.

 Au minimum, vérifiez sur internet, en croisant les sources d'information, toute formulation qui vous semblera douteuse, ou simplement compliquée. Cela vous évitera le plus gros des bavures.


15) LES FAUTES DE TYPOGRAPHIE

Je ne saurais trop recommander de se référer à un bon manuel de typographie. Au minimum, consultez un site récapitulatif comme celui-ci.

Erreurs les plus répandues…

●L'absence de ligature : oeuf pour œuf ; et caetera (ou, pire, l'abominable mais très fréquent et coeterapour et cætera ; etc. 😊

Des raccourcis clavier vous permettent de saisir les ligatures : alt+0156 pour œ ; alt+145 pour æ… Pour les autres raccourcis, voir plus loin.

● Les majuscules non accentuées. Pour mémoire, sous Windows : É = alt+144 ; È = alt+212 ; À = alt+183 ; Ç = alt+128 ; etc. 

Vous trouverez sur internet des listes de raccourcis clavier, par exemple ici.

Pour les débutants, je précise que les manœuvres indiquées consistent à maintenir la touche « alt » enfoncée tout en tapant le nombre indiqué sur le clavier numérique.

● Les tirets du 6 utilisés à la place des tirets de dialogue.

Rappel :

Les dialogues doivent commencer par un tiret cadratin « — » (alt+0151)

Utilisez le demi-cadratin « – » (alt+0150) pour les tirets d'incise,
exempleIl était beau – plus qu'elle ne l'aurait espéré
et pour les tirets d'énumération, si vous n'utilisez pas la fonction « liste à puces ».

Le tiret du 6 « - » correspond au trait d'union, comme dans « un pur-sang ».

 La mauvaise présentation des dialogues :
soit la présence de guillemets fermés ( » ) à chaque fin de ligne, à l'anglaise, soit l'absence de guillemets fermés après des guillemets ouverts. 
Pour mémoire, on peut utiliser 2 présentations pour ses dialogues.

La première est préférée par les puristes :

« Bonjour. (première ligne de dialogue)
— Vous partez ?
— Je le dois.
— Adieu, donc. » (fin du dialogue)

Personnellement, j'emploie la seconde forme, plus simple et moderne :

Il s'approcha.
— Bonjour.
— Et adieu, répondit-elle.
C'était fini.

N'oubliez pas non plus de placer entre guillemets les interventions isolées. Exemple :

Il s'approcha.
« Et voilà, c'est fini. »
L'instant d'après, il avait disparu.

Concernant les dialogues, vous trouverez quantité d'informations sur internet, par exemple ici.

● L’absence d’espaces insécables : elles servent à empêcher les coupures malvenues, notamment sur un livre imprimé.

Indispensables avant et après les tirets d’incise : « Oui – si possible » ; entre le texte et les guillemets ; entre le texte et les signes de ponctuation « ; », « : »« ! », « ? » ; entre un nombre et le signe « % » (typographie française) ; dans un nombre, en tant que séparateur : « 1 200 » ; etc.

Pour obtenir une espace insécable sous Windows : ctrl+maj+touche espace.

● Les espaces indues (dites surnuméraires) entre un mot et un point, exemple : « c'est fini . » Une faute que l'on rencontre beaucoup trop souvent.

● Les guillemets typographiques " utilisés à la place des guillemets à la française « ».

● Les apostrophes dactylographiques ' (par défaut sur les claviers, pas de chance) utilisées à la place des apostrophes typographiques en forme de virgule « ’ ».

Pour changer d'un coup toutes les apostrophes de votre texte (et rectifier la plupart des erreurs typographiques), vous pouvez par exemple utiliser Grammalecte, un outil gratuit à ajouter à votre traitement de texte Open Office ou Libre Office, ou à utiliser directement ici, sur le site Altramenta.

Attention : certaines polices, comme Verdana, conservent l'apostophe dactylographique.

 Les césures malheureuses.

Les règles de césure (coupure des mots en fin de ligne) sont si nombreuses et si complexes que mieux vaut vous recommander un site d'information comme celui-ci.

Rappelons seulement que vous n'aurez à vous en préoccuper que dans les manuscrits destinés à l'impression : en numérique, les outils de publication des plateformes se chargent de mettre le texte en page (pas toujours de la façon la plus avisée, mais tant pis, vous n'y serez pour rien !).

 La mise en page, justement.

C'est un vaste sujet ; je me bornerai à rappeler qu'une présentation en mode justifié (texte aligné à gauche ET à droite) est plus propre et plus facile à lire, aussi bien sur un blog qu'un site de publication, et a fortiori dans un livre imprimé !

Pour tous les autres aspects : marges d'impression, en-têtes, numérotation, règles de présentation en bas et haut de page, etc, référez-vous à un site internet tel que celui-ci, basique, ou celui-là, plus complet. 
(Aucun de ces liens ne conduit à des infos spécialisées dans la mise en page de livres : elles se trouvent le plus souvent sur des sites d'édition pro, que je ne veux pas avoir l'air de cautionner particulièrement.)


Enfin, pour vous guider dans votre travail de relectures/corrections, je vous invite à utiliser, s'il vous convient, le processus décrit dans ce billet


Voilà pour aujourd'hui, mes amis. N'hésitez pas à revenir de temps en temps consulter cette check-list : je l'étofferai au fur et à mesure que des illustrations ou d'autres points importants me viendront à l'esprit.

Excellent travail à toutes et à tous !