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On m'a demandé ce que veut exprimer l'image ci-dessus. Réponse : le désir ardent – qui fonde l'art d'écrire – de rendre ses textes plus affûtés, plus rayonnants ;

l'amour de la littérature, le goût de l'atypisme, l'exigence vis-à-vis de soi-même… Mais par-dessus tout, je voudrais simplement être un peintre de la vie.


jeudi 19 juillet 2018

Autoédition - Paroles d'auteur : "Triumvirat", de Bouffanges



Ma deuxième rubrique « Paroles d'auteurs » sera consacrée à Bouffanges (oui, tout court). Je l'ai rencontré il y a 2 ans en tant que fondateur de l'IndéPanda et j'aime beaucoup ses romans, aussi brillants qu'originaux.


J'ai commencé mon voyage dans son univers par Triumvirat, que j'ai chroniqué ici.

Je me dois de préciser que, si je déplorais dans cette chronique la présence de fautes, l'auteur m'a signalé avoir procédé depuis lors à une révision complète de ses ouvrages.

Quoi qu'il en soit, il n'est pas inutile de souligner que de petits défauts de fabrication empêchent rarement un lecteur, même aussi difficile que votre humble servante, de reconnaître la valeur d'un livre vraiment qualiteux. On se dit seulement : « Dommage ! À peu de chose près, cela aurait pu être parfait… »

Sur tous les autres plans, le travail de Bouffanges était déjà, lorsque je l'ai découvert, à donner en exemple aux auteurs débutants. Et je recommande vivement ses romans aux lecteurs désireux de découvrir une littérature intelligente, accrochante, très bien documentée. Ils seront bluffés par son savoir-faire.


J'en profite pour rappeler que les partisans de la qualité littéraire ne sont pas des puristes empalés sur des exigences désuètes, qui se promènent armés du Bon Usage de Grevisse et en appellent à l'Académie pour marquer les fauteurs au fer rouge de l'infamie…
Non, ce ne sont que des lecteurs passionnés, attentifs à ce qui différencie un bon livre d'un livre médiocre, voire franchement mauvais.

Qu'est-ce qu'un bon livre, me demanderez-vous ? Eh bien, n'en déplaise aux égalitaristes fanatiques, je le définirai en quelques mots comme celui que tout le monde n'aurait pas pu écrire. 

En d'autres termes, lorsque je critique une certaine production littéraire en la traitant de daube (ce qui, je l'admets, est une véritable injure au plat de même nom, tellement plus goûteux !), ce n'est pas pour le plaisir de dégommer à la 12,7 de pauvres livres imparfaits, mais parce qu'ils accumulent beaucoup trop de défauts graves pour ne pas mériter un procès en bonne et due forme.

Tout le monde peut écrire, se plaît-on à décréter depuis la naissance de l'autoédition… Certes ! Mais tout le monde ne peut pas écrire de bons livres. De même que tout le monde ne peut pas participer à un championnat d'athlétisme, pratiquer une greffe du cœur ou chanter avec la voix de Pavarotti. Quand, en plus, on affiche l'ambition de pondre du best-seller à la chaîne sans trop se fouler, on attire les critiques comme un paratonnerre, et ce n'est que justice.


À présent, je laisse la parole à l'auteur.


« Triumvirat est mon premier roman, achevé en 2014. J’ai mis trois ans à le finaliser, et ç’a été une expérience unique, comme souvent les premiers romans.

Ce qui m’a toujours attiré dans la littérature, plus que les histoires ou leurs personnages, c’est la façon de raconter. Depuis très longtemps je suis obsédé par l’exploration de nouveaux moyens narratifs, et c’est ce que j’ai maladroitement tenté dans ce roman.

L’histoire est en fin de compte très simple, pour ne pas dire simpliste : un jeune homme, Jacques, est en thèse de mathématiques combinatoires. Incroyablement doué dans ce domaine, il peine cependant à y trouver un véritable intérêt, et son attention est intégralement absorbée par un jeu, le triumvirat.

Ce jeu, dérivé des échecs, oppose deux joueurs qui doivent coopérer contre une armée tierce avant de devoir, en milieu de partie, se trahir l’un l’autre. A la suite d’une sélection en ligne à laquelle il participe, Jacques va parvenir à se qualifier pour un tournoi professionnel. Il franchira ensuite les étapes du triumvirat, qui le mèneront peu à peu au sommet de la discipline tout en l’éloignant de ses perspectives professionnelles.

Roman initiatique, donc, puisqu’il se proposait de poser la question éternelle : « faut-il privilégier son talent ou sa passion ? », sans jamais y répondre. Mais surtout essai formel, je le reconnais, puisque le roman est construit sur un schéma un peu inhabituel, mêlant à la narration classique des emails, des articles de journaux, des extraits d’encyclopédie ou de traités de stratégie.

Tout cela n’est pas purement gratuit, mais sert un dessein que j’espère un peu littéraire : offrir au lecteur des éléments factuels, non médiés par l’impression de l’auteur, pour mieux le laisser les interpréter.

Car il existe un second niveau de lecture, au travers du prisme de la trahison. Cette trahison est omniprésente, sur le tablier de jeu comme au-dehors. La trahison est présente en Jacques lui-même, entre celui qu'il pourrait devenir et celui qu’il deviendra. Et peut-être cette trahison est-elle présente par certains aspects entre le lecteur et l’auteur lui-même.

Lorsque j’ai eu achevé ce roman, je me suis empressé de l’envoyer à des éditeurs. Trois l’ont apprécié et m’ont encouragé dans ma démarche ; mais tous ont conclu que le public potentiel était trop étroit, et qu’il était donc impubliable.

Ayant du mal à leur donner tort, je me suis résigné à l’autoéditer, pour finalement constater que les lecteurs semblaient moins frileux que les éditeurs. Même si j’en ai évidemment vendu très peu, j’ai reçu avec bonheur plusieurs témoignages d’enthousiasme de la part de lecteurs habituellement versés dans des lectures aux schémas narratifs plus linéaires.

Fort de ces enseignements et des conseils éditoriaux, j’ai donc décidé de continuer à faire exactement ce dont j’avais envie, et j’ai réitéré avec d’autres récits, toujours dans l’idée de casser les codes des genres et des schémas narratifs habituels, parfois avec un certain succès, parfois moins.

Certains estiment que la littérature doit servir à divertir, à sortir de la réalité ; d’autres que la littérature doit témoigner de la réalité. Pour ma part, j’ai bien plus de prétention : je la crois capable de prescrire le réel, de l’anticiper pour le rendre plus lucide, plus délibéré.

Aussi, le meilleur retour de lecture qu’il m’ait été donné de recevoir fut celui d’une lectrice amatrice de jeux de société qui m’a certifié avoir pris des notes de bout en bout pour pouvoir tenter de reproduire le jeu chez elle afin de le tester. J’ignore si elle l’a vraiment fait, et je suis presque sûr qu’il doit très mal fonctionner (je ne l’ai jamais testé), mais l’idée que certains lecteurs puissent estimer le jeu si intéressant qu’il faille en provoquer l’intrusion dans la réalité est simplement jouissive. »


Cela vous donne-t-il envie de faire connaissance avec cet auteur ? Pour vous jeter sur les romans de l'ami Bouffanges, c'est par ici !