Bienvenue chez moi ! Sur ce blog, je dis ce que je pense. Bonne visite...

Vous pouvez aussi explorer ma page auteur Amazon ou mon profil facebook et sa quinzaine de groupes associés (des outils à vocations spécifiques pour les auteurs, blogueurs, illustrateurs et prestataires du livre), où vous découvrirez l'actualité de mes ami(s) : une enthousiasmante communauté de plus de 6 000 passionnés.

dimanche 26 août 2018

Autoédition : sommes-nous honnêtes ?




Finalement, il se sera écoulé très peu de temps avant que je ne revienne partager avec vous une poignée de réflexions sur la condition d'auteur indépendant.

Il y a quelques jours, j'ai répondu à une critique très positive dans mon groupe secret en citant des défauts de style, importants à mes yeux, que j'avais relevés dans ce roman. C'était la toute première fois – mais, tout compte fait, peut-être pas la dernière – que je critiquais nommément l'œuvre d'un indé. J'ignorais que l'auteur avait été admise dans ce groupe ; du coup, je venais de la blesser en public, acte que j'ai toujours évité de commettre avec le plus grand soin.

Cet incident soulève plusieurs points intéressants.


Le serpent de mer : est-ce que le contenu prime sur la forme ?

Les critiques que j'ai émises sur le roman en question portaient sur la forme. Réécriveur pro, j'ai pour réflexe de déceler tout ce qui ne va pas, ça fait partie du métier. Je le répète, je trouve toujours très dommage de voir des indés prometteurs gâcher leur potentiel en publiant un roman qui aurait gagné à être travaillé davantage.

La forme permet, ou non, de faire passer  le contenu. C'est pourquoi elle revêt une importance cruciale.

Les indés, qui sont rarement des pros de la filière littéraire, ont tendance à transformer cette question en débat idéologique. Ce qui importe, entend-on, c'est ce que l'auteur avait à dire, pas la façon dont il s'y est pris.
Théoriquement, cet argument n'est pas aberrant.

Le fond, ça compte ! Je déplore moi-même de voir si peu de chroniques de mes romans soulever les « messages », disons, les points de discussion.

Par exemple, Didier Betmalle, dont j'aime beaucoup les chroniques bien écrites et bien senties, a publié récemment une fiche de lecture sur mon roman de jeunesse Propos d'homme à homme sans évoquer les questions qui m'importaient : la tolérance, la quête esthétique voire hédoniste en tant que recherche de sens, la nocivité potentielle des injonctions morales, le fait que notre salut n'est pas toujours là où nous nous l'imaginons et qu'il sourd parfois du destin une indicible ironie. J'en ai été d'autant plus frustrée que Didier a pour habitude d'aller au fond des choses.

J'ai souffert aussi de voir les commentateurs d'Une nuit très noire passer à côté des points qui m'importaient, notamment l'idée que, dans mon univers, la mort est un événement secondaire par rapport à l'essentiel : quelle personne on a été, comment l'on s'est comporté dans l'existence. Aucun lecteur n'a commenté l'aspect dystopique de À cause d'une chanson, ni l'ironie/la morale de cette histoire, à savoir : le concept de civilisation et les valeurs inhérentes sont éminemment relatifs. Nul n'a évoqué la question qui est au centre de Une proie sans défense : où s'arrête le droit à la survie ? Et, bien entendu, très peu se sont risqués à une réflexion sur l'émancipation des femmes musulmanes après la lecture de Spi.

J'ai tendance à penser que c'est surtout parce qu'en ces temps de bousculade, de stress et d'inévitable léthargie intellectuelle, la mode de la « lecture vide » (comme les calories du même nom ; j'en ai déjà parlé) accoutume les lecteurs, fussent-ils auteurs, à n'appréhender que la couche superficielle : l'intrigue, les émotions, les idées les plus communes. Nous y reviendrons plus loin.

Et puis, bien sûr, pour entrer à fond – c'est le cas de le dire – dans un livre, il faudrait lire peu et lentement. Tout nous incite à l'inverse : la masse des publications, les sollicitations permanentes, le désir de découvrir et commenter un maximum de nos pairs, et, pour les blogueurs, la nécessité de résorber leur PAL et/ou d'alimenter leur blog pour le rendre plus visible.

C'est en partie à cause de ma frustration que je ne cours pas après les commentaires : ils répondent trop rarement à mes attentes. Ce que j'espère toujours, c'est une réaction argumentée aux idées et au style qui les porte. Toute autre forme d'hommage est agréable, et je remercie sincèrement les lecteurs qui en prennent le temps, mais ce n'est pas ce à quoi j'aspire, ce dont je me nourris.

Tout livre un peu consistant a quelque chose à dire, indéniablement. L'important, à mon humble avis, c'est que ce quelque chose soit perçu, qu'il suscite un dialogue, voire un débat. Pas à partir de remarques du genre « je n'aime pas votre façon de mélanger science et ésotérisme », qui témoignent à la fois d'une erreur de casting (un livre fantastique ne se cantonne pas dans le réalisme) et d'une irrévocable divergence de vues (Élie et l'Apocalypse s'est ainsi attiré les foudres de quelques zététiciens) ; plutôt avec des questions qui ouvrent des voies, amènent auteur et lecteur un peu plus loin dans leurs réflexions.

De même, je déplore que la majorité des blogueurs littéraires se contentent d'évoquer l'histoire et les sentiments qu'elle leur inspire. Je ne critique pas leur démarche, ils font comme ils le sentent ; mais, encore une fois, cela prouve que le règne de la littérature industrielle porte ses fruits, et que, le plus souvent, ils ne font qu'avaler un ouvrage après l'autre, comme on gobe des bonbons.

Aujourd'hui, on ne vend plus aux lecteurs des idées voire des pensées fortes ou originales, des connaissances nouvelles, des fenêtres ouvertes sur d'autres perspectives, bref, un enrichissement de l'esprit ; on leur vend du loisir. Un roman, ce n'est plus que quelques heures d'évasion pendant lesquelles le lecteur suit ventre à terre la piste d'une intrigue – parfois même pas intelligente, ou ne serait-ce que vraisemblable. Ce n'est plus qu'un ticket pour un tour sur un manège : de la tension, des émotions, un pack de sensations faciles, comme le Cinéma Sentant dans Le meilleur des mondes.

Un mot résume ce concept : page turner, l'ouvrage qui vous pousse à tourner les pages en accéléré pour connaître la suite. C'est censé être un compliment…
Je dirais plutôt qu'un bon livre, c'est un page returner : l'œuvre sur laquelle on s'attardera, dans laquelle on se plaira à revenir en arrière pour goûter un bon mot, noter une information, remâcher une phrase qui vous a caressé l'âme, une description emplie d'esthétisme et de pertinence, une idée saisissante ou exprimée de façon remarquable ; l'œuvre que l'on relira en y découvrant toujours de nouvelles nuances, de nouvelles saveurs.

C'est cela, une « pépite » littéraire, pas simplement une intrigue qui vous a passionné, ou un livre dénué de fautes. Mais de tels livres se font si rares que le débat sur le fond et la forme s'en trouve vidé de sa substance.
Ramenons-le à quelques vérités de base :

● Le fond, ce n'est pas l'histoire, c'est ce que le lecteur en retire, non en termes de sensations immédiates, mais pour se grandir lui-même. Est-ce qu'un tour sur la grande roue a autant d'importance, de valeur en soi, qu'une année d'études ? Bien sûr que non. Un bon livre peut (doit, si possible) vous apporter votre lot d'émotions, mais il doit avant tout faire en sorte que vous soyez différent, si peu que ce soit, après l'avoir lu.

● La forme est très importante. Là, inutile de me répondre que c'est affaire de goût.

Au regard de chaque lecteur, oui, sans doute : rappelons-le une fois de plus, les uns aimeront le style de Proust, les autres celui de Céline, de Montesquieu, de Kundera. Il n'est pas question de dire que l'un est supérieur à l'autre.

En revanche, à l'échelle de la littérature dans son ensemble, il y a d'un côté les auteurs de grand talent, dont le discours est impeccable quel que soit leur style personnel, et les Nuls qui enfilent des poncifs ou ne parviennent pas à aligner deux phrases correctes. Entre les deux, une infinie variété d'auteurs plus ou moins talentueux ou plus ou moins maladroits.

Le but est de tendre vers le talent maximum ; tout débat sur la relativité des appréciations ne fait que donner des excuses à la médiocrité et dissuader des auteurs prometteurs de donner leur maximum.

En littérature comme dans l'art en général, il y a beaucoup d'appelés et peu d'élus.

Pour commencer, je le répète, faire partie des « élus » n'a rien à voir avec la notoriété ou le nombre de ventes. L'auteur ambitieux au sens noble du terme doit se pénétrer de l'idée qu'il doit viser l'excellence, et rien d'autre. Le succès viendra peut-être, peut-être pas ; mais ne vaut-il pas mieux un lecteur qui sortira ébranlé de la lecture de votre livre, que des millions qui engloutissent du nanar comme de la pâtée pour chats ? Si vous optez pour le second destin, vous ne serez jamais un écrivain – juste un faiseur de livres. Je ne critique pas ce métier-là (respectable comme tout choix de vie), uniquement la confusion que l'on se plaît à entretenir.

Avoir la possibilité de s'autopublier n'implique donc pas le fait, ni même le droit, d'être « élu » ; seulement celui d'être potentiellement visible. Rien n'est automatique, tout doit se gagner. Il faut décider si l'on est là pour arrondir ses fins de mois, pour faire reluire son ego, ou pour être candidat au dépassement de soi et briguer une petite place parmi ceux qui ont quelque légitimité en tant qu'auteurs.

Et c'est là que la critique devient un outil stratégique.


Est-ce que critiquer, c'est mal ?

Les auteurs indés vivent très mal la critique. La personne dont je parlais au début de ce billet a réagi avec beaucoup d'élégance, mais n'a pu s'empêcher de dire qu'elle s'attendait à ce que son sujet dérange et l'assumait sans problème. Mauvaise réponse. Ce n'était pas le sujet qui me dérangeait, je ne suis pas allée assez loin pour en juger ; c'était le style, qui m'en a dissuadée – et c'est justement le cœur de notre propos. Dire « Je savais que l'histoire ne plairait pas, j'assume », désolée, c'est une réaction dictée par l'orgueil (lequel n'a rien de critiquable en soi) et une manière d'esquiver sa responsabilité d'auteur. Nous ne sommes pas là pour jouer les poètes maudits, mais pour prouver que nos ebooks méritent d'être téléchargés.

Pardonnez-moi, mes ami(e)s : quelque part, nous sommes tous des paons. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, nous aimerions assez être couverts de compliments à longueur de temps. La critique, un acte utile – voire, salvateur – est toujours mal vécue en autoédition.
Pourquoi ?

● Les indés sont en grande majorité des amateurs, au sens qu'ils écrivent par goût, le plus souvent sans en vivre. C'est un loisir, un plaisir ; la souffrance n'est pas censée faire partie de l'expérience.

● Dans l'indésphère, il y a pas de critique institutionnelle. Ce que les auteurs accepteraient humblement d'un éditeur ou d'un critique littéraire, ils le vivent mal venant d'un « simple » lecteur ou d'un autre auteur, même quand ce dernier est un pro issu de l'édition (cas moins rare qu'on ne le croit, je vous préviens).

● L'indésphère se caractérise par une atmosphère officielle de camaraderie décontractée, très agréable à vivre, mais  qui éloigne insidieusement ses auteurs des voies de la vraie professionnalisation – en termes de qualité, j'entends.

● Découragés par le nombre de daubes immondes en circulation et sachant à quel point eux-mêmes sont assoiffés de compliments – c'est bien normal –, les indés ont tendance à gratifier de véritables dithyrambes les livres qu'ils trouvent bien mieux écrits que la moyenne. Peut-être mieux écrits que les leurs, pour certains ? Lorsque cela arrive, cela ne doit pas entraver pour autant le devoir de critique constructive. L'humilité est de mise en tant qu'auteur, pas quand on endosse le rôle de lecteur ; l'adage « la critique est aisée, mais l'art est difficile » ne fait qu'augmenter une tolérance malsaine aux ouvrages ratés, sous le prétexte qu'ils ont coûté beaucoup d'efforts et que la perfection n'existe pas.

Bref, tout le monde oublie que l'on ne cesse jamais de s'améliorer ; que s'améliorer, c'est écouter les remarques, même vexantes ; et que pour aider autrui à le faire, il faut lui signaler les points améliorables. C'est d'une importance considérable (plus important encore que d'encourager les auteurs, oserai-je dire) dans un milieu qui ne peut compter ni sur l'œil averti des pros de l'édition – je parle bien sûr de vrais éditeurs, en raréfaction –, ni sur celui de critiques reconnus et pertinents. 

Lorsque quelqu'un se lance dans l'écriture, il est supposé s'accrocher suffisamment pour persister dans cette voie (qu'il publie ou non ; cela n'a rien à voir). S'il se décourage parce que les compliments sont trop rares, de toute façon il ne serait pas allé loin. L'écriture est un travail ingrat, le travail d'une vie.

On ne naît pas auteur. Certes, l'existence n'est pas facile, les sollicitations et les contraintes se multiplient de nos jours, et il est tentant de jeter l'éponge par découragement ou à cause d'un trop-plein de blessures d'ego. C'est la dure loi de la réussite – encore une fois, je ne parle pas de réussite matérielle, de nombre de ventes, de succès, mais seulement de qualité de travail.

Ce n'est pas une raison pour maintenir sous respiration artificielle, à grand renfort de compliments, les auteurs qui feraient beaucoup mieux de revoir leur copie. Au contraire, plus ils ont de talent en germe, plus il faudrait les secouer (tout en leur disant qu'ils ont du potentiel, cela va de soi) ; les extraire des torpeurs de la facilité, les obliger à donner le meilleur d'eux-mêmes. Ça, c'est le travail d'un éditeur à l'ancienne, comme il en existe encore quelques-uns. Cela n'existe pas dans l'indésphère, et c'est bien dommage.


La mollesse des critiques (fondées) est une plaie collective.

Les indés ont-ils envie de compromettre leur propre réputation, de risquer de s'attirer en retour des inimitiés et des commentaires négatifs, pour le seul plaisir d'aider d'autres auteurs à progresser ? Bien sûr que non. Certains, j'imagine, sont même très contents de voir qu'ils n'ont guère de concurrence en termes de qualité.
Mais en laissant les choses continuer ainsi, contrairement à leur impression, ils ne rendent service à personne, y compris eux-mêmes.

C'est précisément pourquoi j'ai critiqué assez vertement le livre évoqué plus haut, que portaient aux nues des auteurs que j'estime, dont Fred Soulier. Parce que nous ne devons pas nous comporter en lecteurs frustrés, à ce point exaspérés de tomber sur pléthore de livres infects, que nous sommes tentés de saluer tout ce qui émerge de la boue – en omettant d'y relever ce qui est dommage. 
Je sais, nous nous sentons obligés à l'indulgence ! Grosse erreur.

Le drame de l'indésphère, nous le savons, c'est sa réputation de médiocrité, de pathétique refuge pour ratés de l'édition. Nous ne tordrons pas le cou à cette injustice en scandant que cela ne reflète pas la réalité, mais en élevant méthodiquement le niveau général, ou du moins celui de la « crème ».

Amis indés qui ne faites pas partie des autoédités indignes, vous qui avez du talent et aimeriez trouver ou mériter votre public, dites-vous bien que les lecteurs exigeants, ceux qui attendent une certaine qualité de fond et de forme, ne viendront jamais faire leur marché parmi vous ; les grands médias ne s'intéresseront jamais à vos ouvrages ; les libraires ne les accueilleront pas dans leurs rayons (au-delà des problèmes liés au système de diffusion-distribution, qui relèvent d'un autre débat)… si le niveau de la production indépendante ne s'élève pas sensiblement.

Encourager nos camarades talentueux, leur dire que nous pensons qu'ils ont du potentiel, c'est indispensable. Mais porter aux nues un livre encore entaché de nombreux défauts, cela joue contre l'auteur et contre toute l'indésphère.

Il ne suffit plus de dire tout haut que beaucoup de livres autopubliés auraient mieux fait de ne pas l'être. Cette bataille-là est gagnée ; on ne se fait plus voler dans les plumes à ce sujet. Tout le monde a compris, même ceux que cela dérange, que « tout se vaut » est une ânerie et qu'il faut se garder de confondre, sous la même étiquette « liberté de publier », Engrossée par les tentacules et les romans de Nila Kazar ou autres auteurs sérieux. (Non parce qu'ils ont des lectorats différents : ça, c'est du trompe-l'œil, un argument de mauvaise foi. Simplement parce qu'ils ne sont pas comparables en termes de qualité.)

Ce qu'il faut à présent, c'est aider un maximum d'auteurs à poursuivre leur travail d'amélioration. Et cela ne se fera pas avec des compliments distribués à l'étourdie, pour leur faire plaisir, pour se faire plaisir ou par espoir de réciprocité. Cela se fera en disant la vérité aux auteurs prometteurs. En privé, de préférence, comme je l'ai toujours fait ; mais s'il faut le faire publiquement pour secouer le cocotier, s'il nous faut endosser le rôle ingrat de critiques littéraires pour apporter aux indés de talent ce qui leur manque : des remarques pertinentes, constructives, sans détours ni concessions diplomatiques, eh bien, pourquoi pas ?

Attention, il ne faudra pas se tromper d'auteurs en distribuant les critiques. Il ne sert à rien de pondre des chroniques détaillant toutes les horreurs ou toute la médiocrité contenus dans des ouvrages qui ne devraient même pas être publiés.

D'abord, on y passerait son temps, et en pure perte. 
Ensuite, je maintiens que la liberté de s'autopublier est une bonne chose. Pourvu que l'on ne prétende pas tout mettre dans le même sac, il est très bien que n'importe quoi puisse voir le jour. Chacun a le droit de s'exprimer. Certaines personnes peineront toujours à maîtriser l'écrit, ou sont dyslexiques, et n'en sont pas moins fondées à communiquer par ce biais si elles le souhaitent.
Face à un livre écrit avec les pieds, le silence suffit, ou une phrase sans aigreur ni méchanceté qui catalogue clairement l'ouvrage à l'intention du public.

Ce qu'il faut, en définitive, c'est établir une distinction dans les esprits (c'est en bonne voie) et dans les faits, entre la libre publication, chose louable en soi, et la bonne littérature, qui relève d'une autre dimension.

La seconde étape est plus compliquée que la précédente, mais un jour viendra où seront mis en place des moyens de trier les livres autoédités d'après leur qualité littéraire. Tout système, quel qu'il soit, est voué à s'organiser, à affirmer sa légitimité en mettant en vitrine le meilleur de sa production ; l'autoédition ne fera pas exception. Même si les auteurs sans talent ni sérieux, beaucoup plus nombreux, y sont hostiles, les autres feront ce qu'ils ont à faire.

En attendant, soyons honnêtes : ne louangeons pas nos petits camarades par calcul, par crainte ou par faiblesse – ni même dans un élan sincère de reconnaissance face à un livre qui tient à peu près la route, bravo !…
Consentons l'effort de décortiquer nos lectures et de faire savoir à l'auteur ce qui nous a semblé parfait, ce qu'il pourrait améliorer. Il en tiendra compte ou non, notre avis sera utile ou non, peu importe ; nous lui aurons procuré des pistes de travail possibles.

Cet effort de sincérité pourrait porter de très beaux fruits. Songeons-y, dans l'intérêt d'autrui comme vis-à-vis de nous-mêmes.

Excellente lecture et écriture à toutes et à tous !





dimanche 19 août 2018

Autoédition : ce n'est qu'un au-revoir



Ami(e)s auteurs, voici l'heure de faire à votre intention un dernier point sur mon expérience dans l'indésphère.
Ce sera, je l'espère, l'occasion de vous redynamiser un peu : je comprends, ô combien, vos attentes et vos découragements…

Pour illustrer ce billet, j'hésitais entre l'image ci-dessus et celle ci-dessous. Je vous livre les deux, reflets du froid qui règne parfois dans nos cœurs et de la liberté qu'il ne tient qu'à nous de reprendre.




En quelques années, vous expliquais-je dans un précédent billet, je crois en avoir fait assez au service de la collectivité pour pouvoir passer à autre chose sans me sentir coupable, malgré ma tendance pathologique à ce sentiment négatif.

Je vous confiais que je suis lasse. Entre autres, de m'épuiser à argumenter, sur facebook et même sur mon blog, face à des intervenants parfois plus qu'offensifs et qui, lorsque l'on fait l'effort de débattre point par point, sont prompts à vous accuser de ne pas accepter la contradiction : un peu facile, non ?

J'ai toujours défendu mes convictions avec sérieux, surtout lorsqu'elles concernaient l'intérêt général. Je n'ai jamais agressé quiconque, ni sacqué nommément un auteur, ni adressé des remarques négatives sur un texte autrement que par MP. Une conception de la courtoisie qui ne peut se prétendre universelle.

Si d'aucuns se plaisent à traîner sur le net à longueur de temps pour y épingler ou provoquer leurs semblables, je préfère me donner d'autres priorités, à savoir (dans le désordre) : écrire, me battre pour guérir et veiller sur mes enfants.

J'aimerais pouvoir vous faire partager la sérénité qui s'est emparée de moi depuis que j'ai délégué la gestion de mes groupes à d'autres admins et, en prime, renoncé à ferrailler avec des inconnus. Ce sentiment délicieux m'a permis de reprendre le chemin de l'écriture. Là est mon bonheur, définitivement ; même si, au cours de mon aventure parmi vous, j'ai éprouvé beaucoup de joie à apporter mon aide.

J'espère que les conseils donnés en synthèse dans le présent billet vous seront utiles pour atteindre votre but en tant qu'auteur. Voici maintenant où et comment je resterai disponible pour celles et ceux qui en auront besoin.


Plus rarement sur facebook

Je n'y viens déjà plus guère que pour répondre aux messages de mes amis et prendre le relais des admins de mes groupes lorsqu'ils le demandent.

Une étape de plus est franchie : je n'interviendrai plus que dans mon groupe secret d'auteurs et lecteurs exigeants, qui m'apporte bien du plaisir, et sur le fil lorsque je suis taguée (je me réserve le choix de ne pas répondre aux interpellations hostiles). À moi les joies discrètes des affinités véritables !

Si vous voulez suivre mes publications et poursuivre nos échanges, restons entre nous : abonnez-vous à mon profil / suivez mes pages pour ne pas rater mes publications, qui se feront rares (sans compter que facebook sanctionne ce comportement par une audience de plus en plus restreinte) ; contactez-moi en MP pour bavarder ; taguez-moi si vous souhaitez que j'intervienne sur vos propres posts.


Avec moins de billets sur mon blog

Merci à ses visiteurs : entre 5000 et 8000 pages lues/mois, c'est une audience modeste, mais cela prouve tout de même que beaucoup d'entre vous sont en demande d'informations sur l'écriture, l'autoédition et le monde du livre. J'ai déjà énormément communiqué sur ces sujets, et faire tourner le compteur à visites ne saurait être un but en soi.

Je continuerai à proposer de temps en temps un petit billet d'humeur. Mais, contrairement à ce que j'avais annoncé, je renonce à publier régulièrement des billets pédagogiques sur l'écriture. (Et je n'ai toujours pas l'intention d'en faire un livre, navrée, Fred ! 😉) D'autres, dont c'est le métier, le feront aussi bien. Cet exercice est trop gourmand en temps ; il exige son tribut d'une énergie que je peine à conserver, alors que mon traitement s'alourdit et qu'écrire pour mon propre compte suffit à m'épuiser.

Néanmoins, vous vous en êtes rendu compte, j'ai du mal à vous refuser quelque chose ! Alors, si vous m'écrivez pour soulever un point précis, j'essaierai de pondre quelque chose sur le sujet en question. Ce n'est pas un engagement ferme, mais, bon, je ne veux pas vous laisser tomber complètement. Et je pense être tout aussi utile en répondant de façon ponctuelle à des questions précises, si des auteurs souhaitent me les poser. Je n'ai jamais refusé d'apporter mon aide dans ma mesure de mes possibilités, et cela ne changera pas.

Je n'ai pas mis en place de newsletter (outil pourtant très recommandé), parce que cela ne me dit rien de spammer mes amis. Ceux d'entre vous qui voudraient ne pas rater mes billets pourrront consulter mon facebook – profil ou page auteur – et s'abonner à mon blog ou/et mon profil Google+.


Rappel : plus de réécritures (ni de corrections) solidaires

C'en est fini pour de bon de cette partie de ma carrière, y compris mes réécritures bénévoles. Je fais une petite réserve en faveur de Marie Claude Barbin, parce que j'aime son courage et que nos collaborations ont été un vrai plaisir.

Ne plus être sollicitée m'évitera le chagrin de devoir décliner ; aussi, je préfère renouveler le message : dans ce domaine, considérez-moi comme à la retraite ! 😊

Je ne refuserai pas pour autant de donner à l'occasion quelques conseils, ou mon avis sur quelques paragraphes, aux auteurs que je connais assez pour être motivée. (Il faut bien se poser des limites… sans quoi, je me disperserais à nouveau.)

J'espère aussi pouvoir lire davantage d'entre vous, et je poursuivrai mes billets « Paroles d'auteurs » quand je trouverai le temps de lire. Autrement dit, mes ami(e)s, je ne vous abandonne pas ; je réduis seulement la voilure.


À présent, place au bilan qui vous intéresse.


Ventes : décomplexez-vous !

Que prouve un nombre de ventes ? Que le livre aborde un sujet racoleur ? Qu'il a fait l'objet d'une promo agressive – voire, de moyens déshonorants ? Qu'il est écrit pour les Nuls ?…

Navrée pour cette petite provocation, mais à quoi bon nier qu'une rédaction simpliste favorise les ventes ? Elle flatte les lecteurs incultes, délasse les lecteurs paresseux. En prime, elle arrange les éditeurs : publier telle quelle de la daube – destinée à un public qui ne relèvera pas les couacs – est immensément plus rentable que de pousser un auteur talentueux à donner le meilleur de lui-même, puis d'assurer à son chef-d'œuvre un travail éditorial à la hauteur.

Oui, daubistes impénitents, ce n'est même pas la mode qui fait le succès, mais l'inverse : les considérations financières déterminent ce dont on inonde le marché, et le marketing fait le reste… La mode des livres "vidage de tête" est ainsi créée de toutes pièces, conformément à ce qui se pratique dans d'autres domaines (cf McDo…). Au final, le consommateur est le grand perdant de cette supercherie.

Preux défenseurs du droit sacro-saint à la daubimania, pitié, n'enfourchez pas vos chevaux de bataille : bien sûr que je respecte tous les lecteurs ! Cependant, leur faire croire que leurs goûts représentent le top du top est un bien mauvais service à leur rendre…


Le train (d'enfer) de la promotion

Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à faire la promotion de mes ouvrages et à demander des chroniques à cor et à cri. Certes, je suis comblée, comme vous-mêmes, lorsqu'un lecteur exprime qu'un de mes livres l'a touché ; mais poursuivre toute une communauté d'assiduités intéressées me dérangerait profondément, moi qui, à l'inverse, ai pour impulsion héréditaire de me mettre à son service. Peut-être est-ce de l'orgueil ? Je crois plutôt qu'entrer dans un jeu de contreparties dérogerait trop à ma conception du lien social : à mes yeux, les seules relations de valeur sont celles qui reposent sur le respect mutuel, sans aucune notion d'intérêt – même réciproque.

D'accord, dans notre monde pervers (je ne parle pas seulement du monde du livre), ceux qui écrasent tout sur leur passage obtiennent les plus grosses récompenses ! Cependant, les joies discrètes issues de l'amitié véritable me semblent bien plus nourrissantes.
En matière de commentaires, quelques retours sincères suffisent à mon bonheur. Quand ils émanent d'inconnus, c'est le nirvana : je peux être sûre à 100 % qu'il n'y a là ni gentillesse ni flatterie.
Au risque de me répéter, le nombre de ventes n'a aucune valeur en soi. Si quelqu'un qui vit de l'AAH vous le dit, c'est bien qu'encaisser des royalties n'a pas autant d'importance qu'on pourrait le croire… Ce qui compte n'est pas ce qu'on engrange, mais comment on l'a obtenu ; si c'est mérité ou non.

Certains penseront que si je me permets de ne pas courir après les ventes et les commentaires, c'est parce qu'avec une carrière de réécriveur derrière moi, je crois n'avoir rien à prouver. Faux : on a toujours quelque chose à se prouver. Mais pour nous confirmer que nous avons su relever ce défi personnel, il suffit d'une poignée d'avis, à condition de les choisir compétents. Autrement dit, le but n'est pas d'accumuler les commentaires dithyrambiques, mais de recueillir ceux, fussent-ils rares, qui ont une valeur en soi. Les bêlements d'un troupeau de moutons bien conditionnés, ça vaut pour les bergers dont le seul but est de les tondre…

N'oubliez pas : seuls les livres de qualité sont appelés à un succès durable, autre que purement commercial. Eux seuls méritent les éloges qu'ils attirent – rares ou non, peu importe. Et seules les ventes qui se font naturellement, sans battage ni échanges de bons procédés, représentent pour un auteur une valeur sûre : il est alors en droit de penser que son livre a été apprécié pour lui-même.

Si le vôtre demeure invisible, c'est bien dommage, sans doute injuste, et il y aurait, à ce propos, des choses à améliorer sur l'indésphère ; en attendant, l'incognito vaut mieux, me semble-t-il, qu'un succès artificiel et/ou immérité.

Après avoir un peu tout exploré et expérimenté, je me suis rangée à des avis qui me furent souvent adressés : à trop flâner sur facebook, nous perdons notre temps. Le train de la promotion ne circule pas n'importe où dans cette steppe immense, mais sur des voies bien définies… ou sous d'autres cieux.


En résumé

Amis auteurs, si vous hantez les réseaux sociaux par plaisir, pour chercher des infos ou vous sentir en bonne compagnie plutôt que seul chez vous, parfait ! En revanche, l'idée d'y construire votre lectorat relève de l'illusion. La seule chose indispensable à construire, je le répète, c'est votre crédibilité littéraire. Cela se fait seul face à sa page.

Améliorez votre savoir-faire ; bâtissez-vous un début d'œuvre en étoffant votre bibliographie, en vous frottant à d'autres genres si vous le souhaitez ; liez des contacts si cela vous aide à garder le moral. Mais vous immerger dans ce jeu de dupes qu'est la vie à facebook ouvert, cette valse des egos où chacun doit s'efforcer d'attirer l'attention, ne fait qu'éparpiller vos forces et gaspiller votre temps.

Repérer ou fonder sur facebook ou ailleurs un groupe d'auteurs proches de votre vision de la lecture ou de l'écriture, ou encore un groupe de lecteurs qui apprécient votre travail, est au contraire un acte utile. Le fréquenter (raisonnablement) vous soutiendra dans l'effort. Sans compter qu'à l'occasion, un petit élan d'indignations ou de passions partagées, cela permet de se défouler ! 😏

De toute façon, mieux vaut converser avec des personnes qui nous ressemblent, ou communiquer avec le lectorat qui nous sied, que tenter de vendre nos bouquins en brassant de l'air au milieu d'une gigantesque foire.


À qui s'adresser, sur quoi compter ?

Il y a quelque temps, j'ai surmonté ma hantise de harceler mes relations et sollicité l'avis des membres de l'un de mes groupes sur Propos d'homme à homme. J'ai scrupule à de telles demandes, sachant combien d'auteurs (dont ceux-là) cherchent désespérément à être lus. Pourtant, leur réaction m'a reboostée en un moment pénible.

Nous avons tous besoin de retours pour ne pas nous sentir trop isolés, pour conforter nos choix, nous permettre d'évoluer, ou simplement pour soutirer un peu de plaisir à une existence qui ne se laisse traire que goutte à goutte. Le tout est de ne pas adresser nos requêtes à la foule entière, mais à une minorité bien choisie de personnes compétentes et désintéressées.

Pareil en ce qui concerne les blogueurs. Il faudrait œuvrer à classifier ces derniers selon leurs goûts en matière de lecture, dont l'exigence littéraire (chacun, bien sûr, pouvant relever de plusieurs catégories.) En apportant de la clarté, cela faciliterait aussi bien les recherches des lecteurs que les démarches des auteurs. Quelques initiatives ont vu le jour, qui mériteraient encouragement.

Aux moins lus d'entre vous : je ne veux pas vous casser le moral. Avec le temps, un groupe facebook de lecteurs (de ceux qui interagissent, pas comme les groupes de promo où personne ne lit les publications) initiera peut-être en votre faveur un modeste bouche-à-oreilles – outil efficace, en l'absence de prescripteurs possédant la compétence et l'audience des grands éditeurs d'autrefois.

Le plus efficace de tous les tremplins reste la promo Amazon, seul véritable booster de ventes. La règle pour faire l'objet d'une offre éclair est simple : prix minimum de 2,99 € ; au moins un commentaire, une moyenne générale de 4 étoiles ; pas de changement de prix depuis 4 mois. À vérifier, car les conditions peuvent évoluer… Il ne vous reste plus qu'à attendre votre jour de chance ! Et n'allez pas imaginer que seuls les ouvrages grand public stéréotypés tireront profit de ce coup de pouce : comme je l'ai déjà dit, Élie et l'Apocalypse prouve le contraire.

Justement, EELA est un exemple typique de démarche sélective. J'aurais pu lui donner un début à la Harry Potter, en commençant par le chapitre 3 où une petite fille surdouée se fait martyriser par ses camarades. J'ai choisi une entrée en matière moins facile, avec de nombreuses informations et un scénario assez complexe. Autant décourager d'emblée les lecteurs qui ne voudraient que se vider la tête. Il y a dans ce roman beaucoup de personnages, beaucoup d'intrigues, beaucoup de documentation et le style est fluide, mais soutenu. Même si tout le monde peut lire EELA, il faut qu'il le veuille, que cela l'intéresse ; que ce soit une vraie rencontre, un coup de foudre plutôt qu'un mariage arrangé. Pas de forcing, pas de malentendu, pas de hasard non plus : les lecteurs de cette saga sont ceux pour lesquels elle est écrite, et ils le savent. 


Solutions d'avenir

Le moment venu, lorsque les auteurs et/ou blogueurs réunissant la légitimité et la motivation requises se seront organisées, d'autres solutions, plus pointues, se présenteront sans doute à vous. Au fond, on sait assez bien ce qu'il faudrait faire ; le problème, c'est que le désir (bien normal) de mettre en avant des projets perso, et des visions trop divergentes sur le but à atteindre, nuisent à la poursuite de l'essentiel : l'intérêt commun.

J'espère que le jour venu, un noyau d'auteurs sérieux sera prêt à aligner une bonne base diversifiée d'ouvrages de qualité, pour prouver au monde du livre et au grand public que l'autoédition n'est pas seulement un vaste défouloir ; ou une usine à historiettes grand public qui tournerait au seul profit d'éditeurs sans scrupules, comme prédit dans ces billets consacrés en tout ou partie à l'édition (du plus récent au plus ancien) :


Quelques pistes

Mes amis, je viens de vous exposer ce qui, dans un premier temps, me semble nécessaire et suffisant – pour moi-même et, à mon humble avis, pour beaucoup d'entre vous. Si cela ne vous suffit pas, soit ; mais songez tout de même à explorer de nouveaux moyens de rencontrer votre lectorat.

Le secret des marchands de romance ? Ils/elles ne s'adressent qu'à leur lectorat-cible, pas aux amateurs de littérature.
Leurs messages vous semblent généralistes ? Oh, que non ! Ce qui vous donne cette impression fallacieuse, c'est que leur lectorat est de très loin le plus nombreux ; et que vous, en tant qu'auteur "littéraire", vous vous êtes aventuré dans des groupes facebook ou des catégories Amazon où les amatrices de romance (ou les amateurs de thriller, etc)  sont majoritaires.
Ce ne sont donc pas ces auteurs-là qui chassent sur le terrain généraliste, mais vous qui chassez sur leur terrain. Et ça, c'est une grosse erreur. Je l'ai faite aussi sans m'en rendre compte, c'est pourquoi je suis bien placée pour en parler.

J'en profite pour rappeler que l'un des très gros problèmes sur Amazon, c'est que l'on trouve tout et n'importe quoi dans la catégorie "littérature". Comment l'empêcher ? Amazon ne va pas payer des employés compétents pour vérifier qu'il n'y a dans cette rubrique que des livres bien écrits… La seule parade possible, ce serait de sacquer méthodiquement les ouvrages qui usurpent cette définition, mais qui s'y risquerait ? Résultat, les visiteurs d'Amazon n'ont aucun moyen d'accéder directement aux livres de bonne qualité littéraire (y compris en ouvrages de genre : si le fait qu'un roman soit classé à la fois en "thriller" – ou "romance" – et en "littérature" assurait qu'il s'agit d'un thriller ou d'une romance bien écrits, ce serait trop beau !).
La seule solution, ce sera, le moment venu, un site (ou blog)-vitrine qui communiquera avec force sur le fait qu'on n'y trouvera que des liens vers des romans vraiment bien écrits. Et cela ne sera pas facile à mettre en œuvre, car cela nécessitera un comité de lecture, comme en édition. Compétent, éclectique et impartial.

Retour à notre propos : si vous êtes un auteur littéraire, ou capable de le devenir, inutile de vous efforcer de faire de la littérature grand public, inutile aussi de vous égosiller dans un paysage où les amateurs de littérature sont très minoritaires : c'est une perte de temps et d'énergie. Ne serait-ce que parce que sur ce terrain-là, il y a plus d'ouvrages à lire que de lecteurs pour le faire, même s'ils lisaient tous 24 h sur 24.

Il est donc indispensable, en premier lieu, de vous épanouir dans l'écriture comme si c'était votre seule préoccupation.
Au-delà de cela, deux options : 
– attendre que la notoriété s'ensuive (ou pas) ; 
– aller à la recherche des lecteurs qui vous ressemblent.


Comment faire ? me direz-vous.

C'est très simple.

1°) Devenez identifiable.

● Travaillez votre écriture.

Choisissez des thèmes non stéréotypés.

● Traitez-les de manière originale.

 Fignolez vos manuscrits de façon à sortir du lot.

 Tout le monde a vécu le moment où l'on ne peut plus voir un manuscrit en peinture, où l'on brûle de passer à autre chose. Mais si vous cherchez à vous faire remarquer des lecteurs, ne vous contentez jamais d'un rapport effort/résultat qui vous permette de publier sans trop de remords. Vous devez donner le meilleur de vous-même. À de rarissimes exceptions près, les auteurs passés à la postérité ne sont pas des génies spontanés, mais ceux qui ont su s'obliger à se sortir les tripes.

 Si un bêta-lecteur (il vous en faut : sur ce point, faites ce que je dis, pas ce que je fais) vous conseille de revoir votre copie, sollicitez 2 autres avis compétents avant de publier. Si tous trouvent quelque chose à redire à votre manuscrit, remettez-vous à l'ouvrage.

 Ne soyez jamais pressé de publier. "Le lièvre et la tortue", c'est l'histoire du mauvais et du bon auteur. L'avantage d'être indépendant, c'est qu'aucun éditeur ne vous cravache pour vous faire tenir la cadence… Profitez-en.

Bref, différenciez-vous. Voulez-vous être un hamburger standard parmi les millions produits à chaque instant, ou un plat unique en son genre dont se souviendront les fondus de gastronomie ? 

2°) Identifiez vos lecteurs.

● Entrez en contact avec ceux qui partagent vos exigences littéraires et s'intéressent à la même chose que vous.

● Oubliez les groupes de promo généralistes et ceux où sont majoritaires les amateurs de daube, même si le genre affiché (romance, thriller, polar…) correspond à celui de vos ouvrages.

● Recherchez les petits groupes facebook d'amateurs de bonnes lectures et les blogueurs vraiment exigeants.

● Créez votre groupe ou blog, si nécessaire, et communiquez sur ce thème. Davantage que sur vos ouvrages eux-mêmes, sans quoi vous ne serez qu'un auteur de plus qui fait sa promo.

Alors, VOS lecteurs viendront à vous. 


Il me plairait assez de vous offrir une description lyrique de mes journées sans facebook et sans campagne de promotion. Je préfère vous épargner en restant aussi brève et pragmatique que peut l'être une grande bavarde de mon espèce. 😁

J'espère vous avoir été utile et vous souhaite tout le succès que vous méritez. Je ne vous dis pas adieu, mais à un de ces jours, si vous le voulez bien…

Excellente écriture et lecture à toutes et à tous !