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dimanche 2 septembre 2018

Autoédition, 36e épisode : la bande à Grevisse contre les ceusses qui pensent binaire



Les égalitaristes militants s'imaginent que nous raisonnons selon ce schéma.
C'est… comment dire, sans les vexer ? Simpliste. Et 100 % à côté de la plaque.


Une salve à boulets rouges contre d'autres pro-qualité que bibi m'incite à me remettre au clavier pour les soutenir (mes potos, pas les boulets). Comme moi, ils font la part des choses, heureusement ; mais à travers eux, je m'adresse à tous nos semblables, les lecteurs et auteurs que l'on stimagtise pour leur exigeance. Vraiment, on dirait qu'aux yeux de certains débatteurs, aimer la bonne littérature et se désoler de voir publier des manuscrits bâclés est une forme de perversion sociale ! Vous trouverez vers la fin un petit florilège de ce à quoi nous faisons face. Édifiant… 😪

Ne changeons rien, ce billet sera long et dense. Je ne donne pas dans la synthèse, comme Euloge Ngouma, le blogueur de Book addict, avec l'image ci-contre (bravo à lui !). J'essaie seulement de traiter chaque aspect de façon méthodique, et de proposer des pistes de réflexion tous azimuts. Voilà ce que c'est de ne plus être assez sexy pour la provoc. 😁

Sérieusement, pourquoi je m'acharne ? Parce que, face à des contradicteurs qui continuent à nous accuser de tous les maux, il faut encore et encore galvaniser les partisans de la démarche qualitative. 

Inutile que j'invite une fois de plus lesdits contradicteurs à ne me prendre à partie qu'après avoir tout lu, et pas en diagonale. Ça pourrait nous éviter de perdre du temps à dissiper des malentendus, mais, bof, je suis sans illusions : ils veulent comprendre de travers.

Pendant qu'on y est : je n'argumente pas pour être mieux perçue. Je ne fais rien par tactique, tout par conviction. Et ça m'est égal de passer pour l'une des « méchants » de service, du moment que cela aide un peu à faire avancer les choses.

Ah, et dernier point : si je radote, ce n'est pas l'effet du grand âge. Je le fais exprès, à l'intention des petits nouveaux qui débarquent sur mon blog ou mon facebook sans avoir enduré mes billets précédents, les veinards.


Ami, entends-tu le cri lourd (très très lourd) des Toussevô pleins de haine ?

Hé hé, je n'ai pas pu résister… comme Arnaud Le Bian avec sa blague sur une offrande de vin rouge. Ben oui, y en a qui les cherchent, à force. Toutefois, qu'ils sachent qu'il y a aussi des pro-qualité dans leurs rangs. Eh oui, j'ai des noms.

Bref. Auteurs de bonne volonté, ne vous laissez pas intimider par ceux qui vous accusent sans relâche de mépris envers je ne sais qui : en défendant la qualité, vous êtes dans le vrai, et votre combat pour le faire entendre est juste et légitime.
Récapitulons :

● Il ne s'agit pas de mépris, mais à la fois du goût de ce qui est bien fait (lequel n'est l'apanage d'aucune classe sociale) et du souci d'aider les auteurs, en particulier débutants, à donner le meilleur d'eux-mêmes.

● Jamais, dans aucun métier, aucun milieu, on n'a aidé quelqu'un à réussir, à faire éclore une œuvre, à accomplir un travail, en taisant ses échecs pour ménager son ego, ni en s'abstenant de lui donner des conseils de crainte de sembler paternel ou dominateur. Ceux qui prétendent le contraire espèrent un retour sur investissement ou pratiquent une démagogie irresponsable.

● Au contraire, le levain du progrès, c'est la remise en question. Lorsque quelques militants obtus auront compris qu'on n'appelle pas à la qualité et à des chroniques sincères (mais bienveillantes) par plaisir de se prétendre meilleurs, mais parce que c'est le seul moyen pour que le plus de monde possible exprime son potentiel, on a aura fait un grand bond en avant. 😏


Du « mépris », ben voyons ! (bis)

Non, les pro-qualité ne méprisent pas les auteurs qui ne savent pas écrire, bien au contraire. Parmi ces derniers, ceux désireux de progresser n'y parviendront pas parce qu'on leur aura répété ad nauseam que ce qu'ils pondent vaut n'importe quel chef-d'œuvre, mais parce qu'on leur aura prodigué des remarques constructives et rappelé que tout accomplissement exige énormément de travail.

● Bien sûr, certains travaillent déjà comme des fous dans leur coin. Y compris une partie des militants susdits. Mais cela ne sert pas à grand-chose s'ils n'entendent jamais que des avis complaisants.

● Bien sûr, nos egos sont fragiles, et des encouragements sont nécessaires pour éviter souffrance et abandon. Mais encourager un auteur, c'est lui démontrer son potentiel et lui donner des pistes pour s'améliorer – en aucun cas protester qu'il n'a pas besoin de recevoir des conseils.

● Bien sûr, il y a des gens plus fragiles que d'autres, et certains réagiront mal. Mais on ne peut pas bannir la critique (bienveillante) sous prétexte qu'elle fera déprimer une minorité d'auteurs. Le même principe a incité à abaisser le niveau scolaire pour ne traumatiser personne, et on voit le résultat.

Même avec beaucoup d'expérience, nul ne peut progresser tout seul ; et la confiance en soi n'est pas un facteur de progrès, seulement de confort. A contrario, toute personne ayant accompli quelque chose n'a pu le faire qu'en sortant de sa zone de confort, en s'obligeant à repousser ses limites, en remettant en question le résultat de ses efforts.

Un monde d'indés qui tournent en rond dans leur bulle d'ego et dialoguent béatement avec un cercle de partisans, est-ce cela qu'il faudrait instaurer, selon les adversaires de la critique constructive ?

Écrire correctement n'est pas donné à tout le monde de naissance, et ni le talent ni le savoir-faire ne peuvent être redistribués comme on le ferait de richesses. Huer ceux qui apprécient talent et savoir-faire n'induit pas non plus, par magie, l'égalité des êtres devant l'un et l'autre.
Mais ceux qui n'écrivent pas correctement peuvent progresser, et c'est à cela que les encouragent les amoureux de bonne littérature.

Enfin – parce que je les vois venir, les Toussevô, je sais quel caillou ils croient sentir dans leur chaussure, quel grief les obsède : si le seul fait d'entendre appeler à la qualité et de voir critiquer les ouvrages bâclés doit conduire des auteurs (jamais nommés et même pas visés, le plus souvent) à la déprime ou au renoncement, alors c'est qu'ils n'étaient pas faits pour cette activité, et que les y encourager était quasi criminel : tôt ou tard, ils se seraient fait étriller durement par des lecteurs. Fermez le ban.


Ce qui est en jeu

En ce qui concerne mes billets, que les choses soient claires : à travers eux, je vous dévoile les points de vue des comités de lecture, des critiques ; les réactions des éditeurs face à un manuscrit et la conception qu'ils se font de ce qu'est un livre publiable (en dehors des plus opportunistes, qui préfèrent vendre une masse de daube – mais la méprisent autant que leurs confrères, ne vous y trompez pas. Le discours « le pouvoir aux lecteurs », c'est du marketing).

Bien sûr, l'indésphère est libre de prétendre avoir raison contre des générations de culture littéraire et de savoir-faire en matière d'aboutissement de manuscrits.

Elle pourrait même sortie grandie de sa volonté de se différencier, si, au lieu de véhiculer avec complaisance des slogans sur l'égalitarisme, elle s'attachait à remplacer certains préjugés ou pratiques éditoriales par l'évitement du copinage, la promotion des ouvrages originaux et le refus de prendre pour exemple les dérives mercantiles.

Mais si le combat des indés les plus activistes consiste à soutenir l'inverse, alors tout le monde ira dans le mur.

Encore un petit radotage pour la route ? Le talent et le savoir-faire ne s'affirment pas comme un droit, ils s'affinent à force de travail. Les auteurs et lecteurs qui publient des posts en ce sens, ou encore des critiques honnêtes, ne font qu'inciter chacun à suivre ce chemin.


Vade retro, Toussevô !

Les idéologues binaires, pour qui le monde se divise en vilains méprisants et en pauvres gens méprisés, feraient mieux d'écrire des tracts que des romans. Ou alors, s'ils ont des messages à faire passer en tant qu'auteurs, qu'ils se consacrent plutôt à les rendre percutants, au lieu de publier des appels pathétiques à la levée de boucliers. Malraux n'aurait jamais fait passer le sien, de message, si La condition humaine était un torchon truffé de fautes d'orthographe et de syntaxe, ou une exhortation bouffonne à s'unir contre les méchants amateurs de littérature.

J'ai une profonde horreur des idéologies, manichéennes par essence. Comme toute croyance institutionnalisée, elles imprègnent les gens d'une « morale » à l'emporte-pièce et de préjugés de la pire espèce, soutenus par leur certitude de détenir la Vérité. Attitude dont ils sont, d'ailleurs, prompts à accuser quiconque ne pense pas comme eux…

Du coup, voici ce que je suggère à celles et ceux qui se seraient égarés parmi mes amis : puisque la démarche qualité vous inspire tant de dégoût, pourquoi ne pas quitter mon profil et tous mes groupes pour aller scander ailleurs vos hymnes à la médiocrité confraternelle (sans jeu de mots) ?

Ah, mais zut alors, les groupes non sélectifs de cette infâme EBK sont tout de même bien pratiques pour chasser le lecteur pas trop exigeant… Une peu de cohérence, de grâce ; on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et cracher sur la crémière. Ou alors, c'est qu'on n'est pas l'idéaliste que l'on prétend, mais un opportuniste qui joue double jeu.


À objectifs différents, exigences différentes

En dévoilant certains aspects du monde du livre et les enjeux qui s'y dessinent, disais-je, j'espère avoir contribué à éclairer les auteurs autoédités sur des réalités. Libre à eux de les ignorer, mais alors, il leur faut adopter jusqu'au bout leur logique anti-système : publier pour s'amuser ou pour distraire leurs lecteurs et ne pas se mêler du débat sur la qualité. Option qui ne poserait aucun problème si des forcenés ne cherchaient pas à imposer l'amalgame entre écriture-hobby, écriture utilitaire – terme non péjoratif – et écriture littéraire.

Ah oui, revenons sur ce point : certains auteurs sans but littéraire, qui publient des livres grand public (ce que j'appelle « écriture utilitaire » : celle qui vise les ventes), croient avoir transpiré sang et eau quand ils ont simplement mis leur manuscrit au propre. C'est pourquoi les critiques les vexent profondément. Pourtant, tout éditeur sérieux considérerait que le résultat optimal n'est pas encore atteint. Rien ne vous oblige à courir dans cette catégorie-là ; vous pouvez aussi assumer votre choix tout à fait respectable : publier des histoires capables de se vendre, sans viser l'excellence. Et laisser ceux qui la visent travailler dans ce but et y encourager leurs pairs.

Tiens, à propos : les auteurs qui visent l'excellence n'y prétendent pas pour autant, figurez-vous ! Même en aspirant à la perfection, on ne l'atteint jamais. Les partisans de la qualité sont, au contraire, d'éternels insatisfaits de leur travail ; qui ont une haute opinion, non d'eux-mêmes, mais de leur idéal, la bonne littérature qui les a enchantés en tant que lecteurs. Ils rêvent de décrocher les étoiles, peut-on le leur reprocher ? 
En tout cas, les grands écrivains appartenaient à l'espèce exigeante, qu'ils aient couru après la Beauté et le Sens ou peaufiné leurs textes avec le soin amoureux d'un bon artisan, ne serait-ce que par respect pour leurs lecteurs. Prétendre le contraire ne rime à rien.

Et si les différences entre écriture utilitaire et écriture littéraire ne sont pas assez évidentes, je peux à la rigueur publier l'analyse objective d'un texte de Nila Kazar, de Jean-Christophe Heckers ou de Frédéric Soulier, par exemple, en parallèle du texte de l'un(e) des autoédités qui vendent du nanar grand public et prétendent que l'estampille « qualité » est affaire de goûts et d'interprétations. Après, ne venez pas vous plaindre.

On résume ?

● Vous revendiquez écrire d'avec les pieds juste pour le plaisir ? Ainsi soit-il, amusez-vous avec vos groupies et cessez d'agresser ceux qui ne partagent pas vos petits jeux.

● Vous ne songez qu'à vendre, et ça marche ? Tant mieux pour vous ! Vos lecteurs ne sont pas les nôtres, on vous les laisse bien volontiers.

Dans les deux cas (souvent confondus), nos articles ne s'adressent pas à vous ; quand il nous arrive de déplorer tout haut que tant de torchons engorgent les plateformes de vente et que tant de complaisance muselle la critique objective, inutile de venir défendre votre gamelle sous prétexte de jouer les moralisateurs.

● Vous vous donnez beaucoup de mal et les critiques vous brisent le cœur ? Demandez-vous ce que vous voulez vraiment et choisissez de retrousser vos manches avec notre aide, de rejoindre les groupes précédents… Ou, si le cas est désespéré, songez à vous mettre au tricot, comme dirait Fred. Il n'y a là aucune honte : tout le monde ne peut pas être chirurgien, ballerine, hockeyeur ou pilote de chasse.

Attention : on est écrivain quand on vit/a vécu de sa plume. Il est admissible d'ajouter à cela les indés qui ont fait leurs preuves en matière littéraire ; et là, il est bien entendu question de qualité. À défaut, on est un auteur autopublié. Quand ils voient un débutant s'autoproclamer écrivains, les professionnels du livre et les lecteurs chevronnés sautent en l'air ou se roulent par terre (ce sont des gens flexibles, vous voyez).


Envisager un à un les problèmes de l'indésphère

● En brocardant la mauvaise romance à l'eau de rose, j'espère avoir renforcé la détermination des auteurs de romans d'amour originaux et bien écrits. C'était une première étape, nécessaire pour éviter que le loi du nombre n'amène des auteurs de talent à se croire obligés de renoncer, ou, pire, d'imiter les faiseurs de daube. Ceci est valable dans tous les genres littéraires. Les indés véritablement légitimes ne sont pas ceux qui vendent à foison en flattant le penchant pour la facilité, mais ceux qui travaillent à produire des livres de qualité. Bis repetita…

● En luttant aux côtés des promoteurs de la qualité littéraire, j'ai voulu aider ces auteurs à sortir de l'ombre où ils se trouvent cantonnés par la dictature des algorithmes, et à contrer les attaques orchestrées par les partisans du droit d'écrire avec les pieds. De plus en plus de voix se sont élevées en faveur de la qualité – non sans courage, pour certaines. Résultat, les frictions persistent, mais ce n'est plus un sujet tabou.

● Il faut encore prendre de front les problèmes que pose le manque de retours critiques. Beaucoup d'auteurs sont demandeurs, conscients que c'est le seul moyen gratuit de progresser (ce soit dit en passant, chers égalitaristes, les en priver favoriserait les auteurs qui ont les moyens de se faire aider). Beaucoup d'autres sont rétifs et prennent le principe même de critique pour une agression. Quant aux auteurs ou chroniqueurs qui osent émettre ces avis, même bienveillants et argumentés, ils encaissent encore trop souvent des réactions violentes.

Bilan : les chantiers demeurent nombreux, mais on progresse. Il n'empêche que même si les partisans de la qualité se décomplexent d'une façon très réjouissante, ils sont encore la cible de trop d'attaques pour qu'on puisse se passer d'injections de rappel.


Vaudrait-il mieux se taire ?

Pour éviter de gaspiller mon temps à argumenter face à des contradicteurs de mauvaise foi, j'ai réduit peu à peu ma présence sur facebook et suis revenue à l'écriture de mes romans, bien qu'elle ne soit pas ma raison de vivre. Oui, cela en étonnera beaucoup, mais j'ai toujours trouvé plus de plaisir à réécrire pour autrui : j'ai besoin de me sentir utile ; chacun son trip. Le problème, c'est que, me sentant responsable du résultat (et quand quelqu'un d'autre peut en pâtir, c'est infiniment plus grave), j'endure alors un stress devenu incompatible avec mon état de santé.

J'identifie chez beaucoup d'autres auteurs cette volonté d'aider autrui. Et je suis chagrinée qu'au lieu de ne songer qu'à en faire leur profit et celui de leurs protégés, les égalitaristes réagissent en appelant aux armes.

Lorsque l'on est pris à partie par un auteur qui « frappe au foie », comme l'a dit Didier Betmalle, ou par un individu qui ne supporte pas le principe de la critique – même formulée au nom de l'entraide –, et se défoule en vous attaquant ad hominem, la meilleure attitude est l'indulgence ; ou, si les coups sont vraiment trop bas, l'indifférence.

Malgré cette évidence, je me suis toujours fait un devoir de répondre point par point, par respect pour le contradicteur, et surtout pour le public qui passerait par là : pas question de le laisser se faire manipuler. Car l'arme des débatteurs de mauvaise foi, c'est de brandir quelques accusations lapidaires en espérant que les personnes non informées les prendront pour argent comptant.

Un contradicteur de cette espèce ne veut pas défendre un point de vue : il veut terrasser quiconque émet une opinion qui le dérange. C'est ainsi que les défenseurs de la qualité littéraire ont régulièrement été accusés d'élitisme, d'arrogance, de jalousie, d'intérêt personnel, d'être des conservateurs rétrogrades (bel oxymore) accrochés à des valeurs périmées, et j'en passe.


Vous n'êtes pas seuls, nous sommes nombreux

La semaine dernière, je suis sortie de ma bienheureuse retraite pour publier ce billet, dont le thème est en substance « mettons fin aux commentaires et chroniques complaisants (qu'ils soient émis par crainte de représailles, en espoir de retour ou parce que l'on voudrait soutenir tous les auteurs qui n'écrivent pas n'importe comment) : des critiques constructives seraient dans l'intérêt des auteurs sérieux et des talents en devenir, dans la mesure où un indé ne peut disposer d'aucune autre aide, sinon payante. »

Cela me semble d'autant plus important qu'avec le numérique, un auteur peut profiter des observations pour réviser son manuscrit à tout moment ; les critiques ne sont donc pas des vexations inutiles, mais l'occasion d'améliorer ce que l'on propose à ses lecteurs.

Les réactions déferlèrent, sans équivoque : « c'est vrai, marre de la flagornerie et des échanges de bons procédés, marre aussi de se faire incendier chaque fois que l'on ose gentiment une remarque perçue comme négative. »

● Beaucoup d'auteurs-chroniqueurs et de blogueurs ont témoigné de leur renoncement à cause des réactions violentes d'auteurs auxquels ils adressaient des remarques. C'est navrant, surtout après un travail titanesque… et bénévole.
Si je puis me permettre une suggestion : n'acceptez jamais de livrer d'emblée à un inconnu une évaluation complète ; évoquez un ou deux problèmes, et voyez comment cet auteur réagit ; s'il monte sur ses grands chevaux, laissez tomber et oubliez-le, mais ne renoncez pas pour autant à signaler les points améliorables à d'autres auteurs.

● Une ou deux voix isolées ont revendiqué le refus de chroniquer autrui, à moins que ce ne soit dans le cadre d'un échange de bons procédés : cela suffisait à prouver que sur l'indésphère, toutes les attitudes coexistent, y compris l'opportunisme avoué, et qu'il est peut-être temps pour chacun de nous de sortir de l'ambiguïté en décidant à quelles valeurs il souhaite se référer : se voit-il comme un marchand pour qui tous les moyens seront bons pour sortir du lot, ou comme un passionné de l'écriture qui veut avant tout aller jusqu'au bout de son potentiel ?…

En tout cas, il me semble indispensable que les seconds n'aient pas à souffrir d'être confondus avec les premiers. D'où mon message récurrent : mes amis, plus de complexes : vendre n'est pas un critère justificateur. Votre mode de fonctionnement mérite d'être soutenu et même promu, parce que c'est lui qui, au-delà de notre microcosme, ouvrira les yeux du grand lectorat exigeant sur la qualité littéraire d'une partie des ouvrages indés.


La critique bienveillante n'est pas une agression, c'est une chance

Évidemment, il y a aura toujours des individus pour « casser » par plaisir, pour régler des comptes, pour vouloir faire du tort à ce qu'ils perçoivent comme de la concurrence ; il y aura toujours des lecteurs qui, en désaccord avec vos idées et les considérant comme une offense personnelle, réagiront avec humeur. Ces critiques-là, on les repère d'emblée. Ce n'est pas à ces misérables exceptions qu'il faut se référer quand on aborde le thème de la critique.

En autoédition, considérez que les critiques servent surtout à vous ouvrir les yeux sur des défauts de nos ouvrages. C'est pourquoi elles doivent être aimables, argumentées et fondées sur une certaine compétence. Mais, même si cette compétence est relative ou limitée à tel ou tel point précis, un avis est toujours utile. Le critique bénévole (ou pas) peut se tromper ? Raison de plus pour recueillir un maximum d'avis sincères.

Nul ne possède de légitimité universelle pour juger du talent d'autrui (c'est là-dessus que jouent, non sans mauvaise foi, certains partisans de « tout se vaut ») ; il n'empêche qu'une faute d'orthographe ou de syntaxe reste une faute ; qu'une pluie de clichés est une malfaçon flagrante ; et que, même au-delà de cet aspect basique, il est toujours intéressant de voir comment un lecteur perçoit notre travail.

Recevoir des critiques sans complaisance permet de relever des passages ou des aspects sur- ou sous-développé, de comprendre que tel ou tel point ou formulation peuvent être mal interprétés, etc.

Ou tout simplement de rectifier votre accroche : quand trois amatrices d'eau de rose, déçues par le style littéraire de Zone franche, l'ont gratifié de hargneux « C'est nul ! », cela m'a fait comprendre qu'il me fallait modifier la présentation pour expliquer sans barguigner à quel genre appartient vraiment cette histoire d'amour. En fin de compte, ces commentaires m'ont rendu service.

(J'en profite pour rappeler que la démarche qui consiste à ratisser large plutôt que de cibler les lecteurs qui vous conviennent – même rares au départ – amène vers votre livre trop de personnes auxquelles il ne conviendra pas. D'où mon conseil récurrent : oubliez la promo, affirmez plutôt ce que vous êtes.)

Bien sûr, on est toujours un peu attristé de ne pas faire l'unanimité, mais c'est un réflexe puéril et non constructif, que nous devons combattre.


Anecdote

En 1983, quand Roland Laudenbach, le patron des Éditions de La Table Ronde, m'a écrit au sujet de Propos d'Homme à homme « Si vous avez vraiment écrit cela à 22 ans, bravo ! » et autres compliments grisants, j'étais au nirvana. Oups, je vois venir les égalitaristes avec leurs gros sabots… Précisons donc que je ne raconte pas cela pour me faire mousser, mais pour mettre en lumière une vérité : tout est relatif, et l'humilité reste de mise.

Car la suite m'a dégrisée. Laudenbach m'a expliqué que sa maison ne publiait qu'une cinquantaine de manuscrits par an et qu'il me fallait de toute façon perfectionner le mien (rédigé en 3 semaines : tout restait à faire, j'aurais dû le savoir). À l'époque, je voulais tout, tout de suite. Comme je répondais que je ne me sentais pas capable de revenir sur mon travail – non parce que je le considérais comme parfait, mais parce que j'avais soif de passer à autre chose –, il m'a donné les noms de trois éditeurs à contacter de sa part. J'ai mis Propos dans un tiroir où il est resté plus de vingt ans : j'étais réellement passée à autre chose.

Mauvaise réaction, n'est-ce pas, si j'avais voulu percer à titre personnel ? Or, c'est un peu ce que font les indés qui publient tel quel et passent à la suite.

Aujourd'hui, je sais que je n'avais pas réellement une vocation d'écrivain ; je ne l'ai toujours pas et ne l'aurai jamais. J'écris pour mon plaisir et, si je peaufine mes propres écrits, c'est encore par plaisir – et par respect pour le lecteur. Comme je le disais plus haut, tout au long de ma vie, la réécriture pour le compte d'autrui m'a comblée bien davantage que ne l'aurait fait une carrière d'écrivain, porteuse de trop de contraintes et de compromissions.

Mais je suis consciente que la plupart des indés, contrairement à moi qui ne suis pas à prendre en exemple, sont vraiment désireux de « percer » et prêts à aller jusqu'au bout de leur potentiel.
Il y a une grosse différence entre les dilettantes de mon espèce et les véritables écrivains. Alors, dans quelle cour voulez-vous jouer ?


Défendez la qualité, ne vous laissez pas démonter

J'exhorte les auteurs autoédités réellement motivés à prendre la seule voie qui leur permettra de s'épanouir comme ils le souhaitent. Cette voie ne consiste pas en « marketing » à outrance et en courses après les ventes – ou, en tout cas, pas avant d'avoir un produit fini à faire connaître.
Il s'agit plutôt d'améliorer leur savoir-faire et, à l'étape suivante, de solliciter autant d'avis que nécessaire pour progresser davantage. Attention, pas trop tôt, c'est une erreur courante ; ou alors, ne soumettez que des extraits pour demander conseil ou vous faire confirmer que vous êtes dans la bonne voie.

En affirmant votre positionnement dans le camp de la qualité, vous recentrerez vos priorités littéraires, vous cesserez de perdre du temps avec un public qui n'est pas le vôtre, et vous contribuerez à un débat qui prouve que l'indésphère comporte aussi des auteurs exigeants envers eux-mêmes.

Votre destin vous appartient ; ne le laissez pas aux opportunistes et aux magouilleurs, pas plus qu'aux imposteurs, aux fumistes ou aux saboteurs, ni aux idéologues de caniveau qui voudraient que tout le monde patauge dans un joyeux laisser-aller.

Soyez vous-mêmes et tracez votre route, quitte à ne trouver votre récompense qu'en vous-mêmes : le bonheur d'écrire doit passer avant tout. Jamais la compromission n'a fait naître un grand auteur ; seulement la volonté d'aller jusqu'au bout de soi.


Contre-exemples

Alors que je répondais aux commentaires sur facebook après la parution de mon dernier billet, je suis tombée sur trois cas qui illustrent bien la triste situation actuelle.


Premier cas

Un auteur avait publié un extrait dans l'un de mes groupes en demandant des avis. Fanny Dumont a eu l'honnêteté d'émettre une critique polie et argumentée, quoique sans concession. C'est le jeu. Lorsque quelqu'un, au contraire, demande l'opinion d'autrui dans l'espoir de ne recueillir que des louanges, c'est lui qui pervertit l'échange, qui joue un jeu égotique, et cela ne peut que mal tourner.

J'ai soutenu la démarche de Fanny en proposant quelques pistes à cet auteur ; il s'est vexé et nous a répondu qu'il ne se soucie pas de ses fautes, le français étant une langue évolutive (sous-entendu : et lui, un homme évolué 😑). 

Voilà bien le genre d'attitude qui donne envie aux bénévoles, plus nombreux qu'on ne le croit sur l'indésphère, d'abandonner un auteur à son triste sort. Cela les décourage de faire œuvre utile et les conduit à abandonner l'entraide véritable au profit du silence ou de l'échange de compliments.

Alors, amis(e)s auteurs, quand on vous dit (courtoisement) ce qui ne va pas dans vos ouvrages, ne vous braquez pas. Prenez cela pour ce que c'est : un désir sincère de vous aider à améliorer votre ouvrage et à progresser dans la maîtrise de l'écriture. Celles et ceux qui consacrent du temps et de l'énergie à vous aider de la sorte – alors que tout auteur aurait plus urgent à faire – n'attendent pas de reconnaissance, mais ne méritent pas la réaction vindicative dictée par un ego blessé.

À moins d'être un génie spontané – et ceux-là s'attirent rarement des critiques constructives –, comment peut-on prétendre ne mériter que des louanges ? C'est absurde. Pire : ridicule. Les auteurs qui se comportent ainsi se déshonorent, et n'aboutiront à rien.

Quant aux critiques vachardes, aux attaques inutiles fondées sur une différence de point de vue et, a fortiori, aux commentaires qui visent à discréditer un ouvrage, la réponse est simple : bien faire et laisser braire. Écrire toujours mieux doit être votre seule préoccupation.


Deuxième cas

Un auteur que je ne connaissais pas m'a prise à parti en me taxant d'arrogance. Grand bien lui fasse, mais le problème est que de tels détracteurs détournent l'attention des vrais problèmes et apportent de l'eau au moulin de la mauvaise foi.

Ce monsieur a, notamment, déformé le contenu de mon billet pour faire un procès à mes mots et mes intentions. Oui, j'emploie parfois un langage très direct, et je manie volontiers l'ironie, pour rendre le sujet plus piquant et mieux attirer l'attention sur les enjeux sous-jacents.

« Il faut traiter les choses graves et sérieuses avec légèreté… » (Citation d'Alphonse Daudet, et non de tous ceux et celles auxquelles on la voit attribuée.)
Adoncques, ce ton particulier fait partie de ma façon de traiter des sujets brûlants sans les dramatiser, en laissant toujours au sourire la possibilité d'avoir le dernier mot. Les rédacteurs de Charlie Hebdo faisaient de même ; sans partager toutes leurs idées, je respectais leur démarche. Le but n'est pas de blesser, mais de marquer les esprits. On ne révolutionne rien avec des slogans bien-pensants, les philosophes des Lumières l'avaient compris : ce sont leurs satires qui ont fait avancer la société, pas le ronron précautionneux des béni-oui-oui.

Ce que les idéologues reprochent à certains autres partisans de la qualité, c'est précisément un ton léger, humoristique, parfois cinglant. Dans l'histoire de la littérature, on a beaucoup pratiqué cet esprit caustique. Les bons auteurs savaient qu'il constitue aussi, parfois, la seule façon de rester digne en criant son désespoir devant le spectacle des compromissions humaines.

Parce qu'il a l'esprit leste, mon contradicteur a trouvé opportun de retourner contre moi mon invitation à critiquer sans crainte. Je rappelle donc une fois de plus que le but, c'est de critiquer ce qui est clairement critiquable, avec bienveillance et de façon constructive, sur des points précis et argumentés ; pas dans le seul but de manifester son désaccord avec le thème d'un roman ou la façon dont il est traité : cela, ça regarde chaque auteur.

Tout lecteur est en droit de dire « je ne suis pas d'accord », surtout quand il est confronté à des propos dérangeants (comme ce passage qui m'avait hérissée dans l'excellent Bonbon : « Ce jour-là, je me suis promis de gifler la prochaine salope qui viendrait me parler violences conjugales. L'oeil au beurre noir qu'une fille a peut-être mérité, est risible face au pogrom permanent que perpètre la beauté. La vraie. Celle qui écrase les cœurs sur des tessons de bouteilles. »). Justement parce que le talent rendait plus percutant ce message nauséabond, j'ai jugé bon de réagir. En revanche, injurier l'auteur parce que ses idées diffèrent des nôtres est une aberration : n'avons-nous rien de mieux à faire ? Ah mais si, tiens : écrire !

Chez le monsieur sus-cité, le fond de l'affaire n'était pas un désaccord thématique ; plutôt l'attaque défensive (encore un oxymore – pertinent, celui-là) d'un auteur à qui cela évoque des déboires passés ou qui se croit potentiellement dans le collimateur de lecteurs exigeants. Avec par là-dessus, hélas, l'habituelle pincée moralisatrice.

Idéologie chez l'un, du genre qui incite ses affidés à refuser, à ceux qui ne partagent pas leurs vues, l'ouverture et la tolérance qu'eux-mêmes prônent à grands cris. Forcément, l'expression « les Nuls » est selon eux une insulte mortelle, un signe de mépris de classe, pas un raccourci satirique en clin d'œil à la collection bien connue (d'où la majuscule). L'humour fait très mauvais ménage, hélas, avec la conviction de détenir la vérité et d'être le preux chevalier des opprimés.

Pragmatisme chez votre humble servante, qui, comme vous, mes amis, ne prétend donner de leçons de morale à personne, seulement pointer des problèmes concrets en n'espérant rien de plus que contribuer si peu que ce soit à une prise de conscience et aider des auteurs à améliorer leurs écrits.

Troisième cas (vraiment navrant)


Extraits d'un post récent qui ne me visait pas – ou de façon collective. Publié en réaction à une critique sincère, il tape les pro-qualité très, très en dessous de la ceinture :

« (…) les fats et les imbus d'eux-mêmes » [pléonasme, ce soit dit en passant] ; « les gens qui ne respectent rien que leur propre gueule » « qui prêchent une bonne parole élitiste et gerbante à souhait » ; « leur prose dégoulinante de saleté, leurs chroniques dont je me torcherais bien avec » [grosse faute de syntaxe, si je puis me permettre : la formulation correcte est « avec lesquelles je me torcherais bien ». Non, on ne veut pas donner des leçons, il serait tellement plus confortable de nous occuper de nous-mêmes ! Mais on ne va pas non plus encaisser des pseudo-leçons d'éthique de la part d'auteurs qui ne respectent ni leur langue natale, ni leurs lecteurs.] 

Le plus débectant reste à venir : « Continuez à sucer leurs bites pas bandantes, à aduler leurs critiques moisies, leurs conseils de merde, leurs leçons futiles (…) » Sic.
Et on se dit humaniste. Où est l'intolérance, je vous le demande ?

La fin du post en question est révélatrice de l'ardeur guerrière avec laquelle les auteurs de ce genre se trompent de combat : il s'agit d'un véritable appel aux armes contre ceux (nous) qui s'efforcent seulement d'encourager les auteurs à ne pas publier n'importe quoi, et d'aider ceux qui demandent à progresser en leur proposant des critiques constructives plutôt que des congratulations hypocrites. En d'autres termes : pour les Toussevô, vive le nivellement par le bas !

En révélant ces propos d'une auteur que je ne nommerai pas, je sais très bien qu'on va me reprocher de cliver l'indésphère. Comme si elle n'était pas clivée depuis le tout début entre ceux qui aimeraient la voir aller vers le haut et ceux qui se satisfont de la situation…

Mesdames et messieurs les anti-qualité, je vous en prie, arrêtez de prendre votre troupeau de fans autopubliés pour des débiles. Votre but n'est pas de protéger de la critique (méritée) des auteurs trop susceptibles, mais de ne pas être attaqués vous-mêmes ; de continuer à briller sans effort au milieu d'une cour d'autopubliants privés de tout repère qualitatif et d'« écrivains » fumistes très contents d'eux-mêmes.


En conclusion

Je sais très bien que lorsqu'un auteur réfute le bien fondé du principe de la critique, c'est, consciemment ou inconsciemment, de crainte que ses propres ouvrages en fassent l'objet. Ou parce qu'il a déjà vécu – et mal vécu – cette épreuve.

Seulement, voilà : si l'on n'est pas prêt à supporter les critiques, il ne faut pas publier. Et si l'on n'est pas décidé à en faire son profit, on ne progressera jamais.

Une poignée d'auteurs courageux, comme récemment Arnaud Le Bian, publient des critiques argumentées sur le travail de leurs pairs. Je n'y ai vu nulle férocité, au contraire ; seulement le désir d'être sincères et d'aider. (En vérité, les plus féroces sont, on l'a vu, les commentaires d'amateurs de lecture bas de gamme lorsqu'ils tombent sur un livre écrit en français soutenu. Il semblerait que ne pas tout comprendre inspire de la haine… Triste réaction.)

Libre aux auteurs concernés de se vexer s'ils ne trouvent rien de plus sensé à faire. Dommage, mais c'est, hélas, une loi naturelle : seuls ceux qui sont assez forts pour surmonter leur chagrin face à la contradiction atteindront au meilleur d'eux-mêmes.

Amis auteurs, lorsque, avec de grands discours égalitaristes et des démonstrations de fausse compassion (« On t'a critiqué(e) ? Oh, mon/ma pauvre !… »), on cherche à vous faire prendre des vésicules biliaires pour des lanternes progressistes, ne vous y trompez pas. La bile n'éclaire rien ; elle corrompt.

De mon côté, en publiant ces billets, je tire quelques sonnettes d'alarme et vous propose des argumentaires, sachant que vous finirez bien par trouver des solutions ; je veux aussi vous soutenir, vous encourager dans la voie ingrate d'un certain perfectionnisme, vous faire sourire et vous permettre de vous défouler, vous qui endurez à longueur de temps le spectacle de comportements affligeants ou scandaleux. C'est peu de chose, mais à vous entendre, cela vous fait du bien : raison pour laquelle je persisterai chaque fois que j'en aurai le loisir.

De votre côté, lâchez-vous !


Vous n'avez pas à rougir de votre goût pour le travail bien fait.

Nous l'avons vu, un clivage existe déjà, irrémédiable. D'une part, les amoureux de la qualité littéraire ; de l'autre, ceux qui s'en moquent ou en ont une conception minimaliste. Chacun chez soi, et les clashs seront évités ! Nous ne sommes pas des politiciens : sauf ponctuellement, pour des actions d'intérêt général, rien ne sert de prétendre unifier de force des goûts et des objectifs aussi divergents – qui appellent des modes de promotion radicalement différents… Tout ce qui résulte de l'appel à l'union sacrée, c'est une grande pagaille qui sert l'intérêt de quelques-uns.

PS : pour celles et ceux qui en ont gros sur la patate, j'ai créé sur facebook le Cercle littéraire des éplucheurs de navets. (Le nom n'est pas une provocation, juste un clin d'œil.) Un groupe secret, non pas pour brocarder des impuissants – ce n'est pas notre genre –, mais pour jouir ensemble de nos bonnes lectures et nous indigner, le cas échéant, sans que nos petits battements d'ailes ne déclenchent un ouragan. Encore un cran plus intime que Lecteurs et auteurs exigeants, donc : admission sur invitations + vote, donc au compte-gouttes. Si vous êtes identifiés comme sincères, votre tour viendra. Pour le plaisir de faire un mot, j'ajouterais bien « tenue incorrecte exigée », mais on m'accuserait de singer Euloge, et en plus c'est même pas vrai. 😊 


Excellente lecture et écriture à toutes et à tous !