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dimanche 31 octobre 2021

Enfer et damnation

 

 Crédit photographique

 


Mes parents sont morts trop jeunes. Du moins, je le pensais jusqu'à ces derniers temps. Intègres, altruistes, désintéressés, ils se dévouaient passionnément à des causes qui ne rapportaient qu'épuisement et désillusions, mais leur procurait le sentiment si chaud, si nourrissant, d'avoir au moins fait de leur mieux pour améliorer quelque chose. Grâce à quoi je n'ai jamais vu les vicissitudes amoindrir leur flamme admirable.

Cependant, ils l'auraient perdue au spectacle des grandes manœuvres actuelles – et ne s'en seraient pas remis. Ils auraient souffert mille morts. J'imagine leurs yeux incrédules, leurs soupirs d'angoisse, leurs cris de réprobation. Ils sont certes partis beaucoup trop tôt, mais dans une bienheureuse ignorance de la dérive en cours. Aussi en suis-je venue, moi qui crève à petit feu d'endurer cette situation jour après jour, à éprouver un sentiment impensable : me réjouir qu'ils ne soient plus là.

Sans être dupes des hypocrisies du système ou de ses profondes injustices, mes parents se savaient encore en démocratie. Bien que tout sauf naïfs, ils étaient pétris des valeurs qu'ils faisaient rayonner à leur modeste échelle et voulaient les croire plus ou moins partagées par les dirigeants. Ils savaient ces derniers retors, velléitaires, corrompus, avant tout soucieux de faire perdurer leur pouvoir et leur rente ; mais pas dévoyés à ce point.

Quelle torture ce serait pour eux de constater ce qu'il se passe ! De voir combien nos « élites » méprisent leurs peuples et les craignent… au point d'avoir ourdi la mise en tutelle, implacable et irréversible, de populations au complet, de la Terre entière si possible, dans le misérable objectif d'assurer la pérennité de leurs privilèges. Sous les anciens régimes, les pires tyrans n'auront jamais fait preuve d'autant de machiavélisme ni de bassesse, que ce soit faute de moyens ou seulement aux fins d'éviter leur propre perte.

Hélas, la technologie rend les tyrans actuels sûrs de détenir très bientôt une capacité inédite : celle d'annihiler toute réaction et de faire régner à jamais un ordre sans faille, aussi injuste et arbitraire qu'ils le jugeront nécessaire. Nous assistons donc à ce phénomène inouï : la révolution des élites contre leurs administrés. 

Si les coalisés – politiciens, hauts fonctionnaires, dirigeants de multinationales, sous la houlette des richissimes corrupteurs qu'ils ont en commun – s'accordent le temps et prennent la peine de donner à leur putsch anti-démocratique une apparence juste, égalitaire, vertueuse, en un mot (qu'ils aiment tant brandir) « progressiste », ce n'est sans doute pas uniquement par prudence : ce luxe est parfois l'apanage des psychopathes qui, ne voyant plus aucun obstacle à leur folie criminelle, s'offrent le luxe pervers de l'affubler de fausses prévenances et de hautes motivations.

C'est à tort que le peuple de Rome soupçonna Néron d'avoir fait brûler sa ville « pour le bien commun »  – eh oui, le prétexte n'est pas neuf.

Il en est tout autrement de nos incendiaires d'aujourd'hui, à l'œuvre de par le monde pour nous précipiter dans l'enfer qu'ils ont conçu : celui de la cybersurveillance, du crédit social à l'occidentale, de la décroissance pour les « sans-dents » et d'une éternelle néoféodalité pour la caste pluripartite du capitalisme de connivence.

Gavés de nourritures industrielles, de biens de consommation et de loisirs superficiels, les peuples de ce siècle-ci n'ont malheureusement plus assez d'esprit critique ou d'énergie vitale – on y a doublement veillé – pour un sursaut massif. Ils subissent, procrastinent, ratiocinent. Pire : ils se dressent les uns contre les autres ou individus contre individus… Et se réveilleront trop tard, abusés jusqu'au point de non retour. 

« Ceux Qui Savent » étant méthodiquement empêchés de les éclairer (pour certains, veuillez m'en croire, c'est même tout à fait inenvisageable), qui leur ouvrira les yeux, les tirera de leur torpeur ?

Il faut toutefois garder confiance, mais ce n'est pas facile. Peut-être une crise financière sans précédent coupera-t-elle tôt ou tard les ailes de nos élites si sûres de leur triomphe. On en viendrait presque à l'appeler de nos vœux, bien qu'un tel chaos ne soit pas décemment souhaitable. En tout cas, votre humble servante compterait sans regrets au nombre des dommages collatéraux. Je ne mourrais pas l'esprit serein, comme mes innocents parents, mais au moins avec l'espérance d'une vraie grande réinitialisation. Non pas un « reset » artificiel opéré à son profit par la grande mafia des tireurs de ficelles, mais une chance exceptionnelle, pour la société humaine, de repartir sur de meilleures bases…

Ou pas. Nous verrons bien. Au moins, après nous avoir menés en enfer sans l'ombre d'un scrupule, nos arrogants bourreaux connaîtraient-ils enfin une forme de damnation. Car, je vous l'assure : privés de leur confort et de leurs prérogatives, ces « hors-sol » trop longtemps shootés aux régimes d'exception souffriraient beaucoup plus que leurs anciens administrés si tout le monde se trouvait renvoyé en bloc à l'ère pré-industrielle.

En résumé ? Mes amis, regardons avec clairvoyance ce qu'il se passe, mais restons jusqu'au bout aussi intacts que possible. Quoi qu'il advienne, tenons-nous-en fermement à notre ultime privilège : non pas la vie, ni un semblant de prospérité, ni le moindre pouvoir, mais le plus précieux d'entre tous, l'humanité. On peut nous museler, nous assigner à résidence, nous piquer comme du bétail (en ce qui me concerne, je le répète, il faudra un fusil hypodermique pour y parvenir), réduire à néant nos dernières libertés, nous déposséder de tout, nous serons encore en mesure d'exercer nos prérogatives inviolables : indépendance d'esprit, lucidité, solidarité, compassion, dignité, courage.

Tenez bon, mes amis. Rien n'est encore joué, et quand bien même ! Vous pouvez à bon droit garder la tête haute. Nous avons, nous aurons toujours ce qu'ils n'ont pas : une conscience.

 

PS : après coup, je prends connaissance d'un article qui ne manquera pas de nourrir votre réflexion. Pour y accéder, copiez le lien dans votre navigateur, puis remplacez les portions entre parenthèses par les signes indiqués et  les astérisques par des a.
https(2 points)(slash slash)www(point)limpertinentmedi*(point)com/post/le-s*nit*ire-est-un-pr%C3%A9texte-%C3%A0-une-gouvern*nce-tot*lit*ire?postId=846aefad-fa86-4a0f-8272-5e9a34af05f6

 

 

3 commentaires:

  1. Si comme le disait Boris Vian, la conscience est la science des cons, je me fais fort de ne point en avoir. Cette foutue morale qui consiste à juger et à garder un profil bas ne me conviens pas. L'humain n'est pas une seule entité il est partagé par des sentiments contradictoires et lutte en lui-même. Est-il poussé par quelques forces extérieures? C'est possible mais nous avons encore le libre arbitre, à nous d'en faire bon usage.

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    1. Bonsoir à vous,
      Par "conscience", je n'entendais pas "baromètre moral" (j'ai souvent exprimé mes réserves, c'est le moins que l'on puisse dire, sur les jugements de cet ordre), mais le fait de rester conscient de ce qu'il se passe et rétif aux tentatives de manipulation. Quant au fait de garder un profil bas, ce n'est pas non plus ce que je prône. Je fais le constat d'une impuissance que j'espère provisoire, et j'essaie de réconforter tous ceux qui subissent. Pour ce qui est du libre-arbitre, permettez-moi d'être assez sceptique : il n'en existe plus guère. l'avenir nous dira si cette situation est appelée à durer, mais si vous avez des idées pour restaurer les libertés sans faire couler le sang, je vous invite à les exposer sans ambages.

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  2. Bonjour,
    Mon commentaire n'a rien à voir avec le sujet du billet, mais je viens de voir que vous avez mis un lien de votre blog vers le mien. Merci beaucoup! Du coup, je viens d'ajouter votre blog "Résister" à ma blogroll dynamique, et reviendrai volontiers vous lire.
    Je vous souhaite un excellent week-end!
    Cordiales salutations!

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